דְּאִי דְּרַב — קַשְׁיָא דְּרַב אַדְּרַב בְּתַרְתֵּי: דְּאָמַר רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר רַב: מָבוֹי שֶׁנִּפְרַץ בִּמְלוֹאוֹ לֶחָצֵר, וְנִפְרְצָה חָצֵר כְּנֶגְדּוֹ — חָצֵר מוּתֶּרֶת וּמָבוֹי אָסוּר. וְאַמַּאי? לֶיהֱוֵי כְּמָבוֹי שֶׁכָּלֶה לִרְחָבָה!
Car si c’est une décision de Rav, la contradiction apparente entre une déclaration de Rav et une autre déclaration de Rav pose une difficulté à deux égards. Le premier concerne le fait que cette ruelle débouche sur le domaine public de deux côtés opposés, et le second est fondé sur ce qu’a dit Rav Yirmeya bar Abba, à savoir que Rav a dit : Si une ruelle a été ouverte sur toute la longueur de son mur arrière sur une cour, et de même la cour a été ouverte en face d’elle sur le domaine public, il est permis de porter dans la cour, et il est interdit de porter dans la ruelle, puisque cette ruelle est désormais ouverte de deux côtés opposés sur le domaine public. Pourquoi cela devrait-il être la décision ? Dans ce cas, qu’elle soit comme une ruelle qui se termine dans une arrière-cour, où Rav Yehouda a statué que rien de plus n’est nécessaire pour permettre de porter.
אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא לָא יָדַעְנָא, עוֹבָדָא הֲוָה בְּדוּרָא דְּרָעֲוָתָא מָבוֹי שֶׁכָּלֶה לִרְחָבָה הֲוָה, וַאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה וְלָא אַצְרְכֵיהּ וְלָא מִידֵּי. וְאִי קַשְׁיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב — תֶּיהְוֵי מִשְּׁמֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל, וְלָא קַשְׁיָא מִידֵּי.
Rav Yosef dit à Abaye : Je ne sais pas selon lequel de ses maîtres Rav Yehuda a rendu cette décision. Tout ce que je sais, c’est qu’il y eut un incident dans un village de bergers où une ruelle se terminait dans une cour arrière, et l’affaire fut portée devant Rav Yehuda pour décision, et il n’exigea rien pour permettre de porter dans la ruelle. Et si, comme tu le dis, cela est difficile si nous disons qu’il a rendu sa décision au nom de Rav, qu’il soit suggéré qu’il l’a rendue au nom de son autre maître, Shmuel, et alors il n’y aura aucune difficulté.
הַשְׁתָּא דַּאֲמַר לֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת לְרַב שְׁמוּאֵל בַּר אַבָּא, וְאָמְרִי לֵיהּ לְרַב יוֹסֵף בַּר אַבָּא: אַסְבְּרָא לָךְ, כָּאן — שֶׁעֵירְבוּ, כָּאן — שֶׁלֹּא עֵירְבוּ.
La Guemara commente : Maintenant que Rav Sheshet a dit à Rav Shmuel bar Abba, et certains disent qu’il a dit à Rav Yosef bar Abba : Je vais t’expliquer la déclaration de Rav concernant une ruelle dont tout le mur arrière a été percé vers une cour. Il faut établir une distinction selon la nature du cas : Ici, il s’agit d’un cas où les habitants de la cour ont établi un eirouv ensemble. Dans ce cas, Rav permet de porter dans la ruelle et ne se préoccupe pas de la brèche vers la cour, car la cour et la ruelle sont considérées comme un seul domaine. Là-bas, il s’agit d’un cas où les habitants n’ont pas établi d’eirouv ensemble. Dans ce cas, Rav interdit de porter dans la ruelle, parce que la ruelle a maintenant de nouveaux habitants, c’est-à-dire les habitants de la cour, qui n’ont pas participé à l’eirouv, et ils empêchent les habitants de la ruelle de porter.
דְּרַב אַדְּרַב נָמֵי לָא קַשְׁיָא: כָּאן — שֶׁעֵירְבוּ בְּנֵי חָצֵר עִם בְּנֵי מָבוֹי, כָּאן — שֶׁלֹּא עֵירְבוּ.
Par conséquent, on peut dire que la déclaration de Rav Yehuda concernant une ruelle qui se termine dans une arrière-cour est conforme à l’opinion de Rav, car la contradiction apparente entre une déclaration de Rav et une autre déclaration de Rav également ne pose aucune difficulté. Ici, là où Rav Yehuda permet de porter dans une ruelle qui se termine dans une arrière-cour, il fait référence à un cas où les résidents de la cour et les résidents de la ruelle ont établi un eiruv commun, tandis que ici, là où Rav interdit de porter dans une ruelle dont tout le mur arrière a été ouvert sur une cour, il fait référence à un cas où les résidents de la cour et les résidents de la ruelle n’ont pas établi un eiruv commun.