תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: נָתְנוּ עֵירוּבָן בַּחִיצוֹנָה, וְשָׁכַח אֶחָד, בֵּין מִן הַחִיצוֹנָה וּבֵין מִן הַפְּנִימִית, וְלֹא עֵירַב — שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת, נָתְנוּ עֵירוּבָן בַּפְּנִימִית, וְשָׁכַח אֶחָד מִן הַפְּנִימִית וְלֹא עֵירַב — שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת. מִן הַחִיצוֹנָה וְלֹא עֵירַב — שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בָּזוֹ, פְּנִימִית מוּתֶּרֶת וְחִיצוֹנָה אֲסוּרָה.
Cela aussi a été enseigné dans une baraita : Si ils ont placé leur eiruv dans la cour extérieure, et une personne a oublié de contribuer au eiruv, qu’il soit résident de la cour extérieure ou de l’intérieure, les deux sont interdites. Si ils ont mis leur eiruv dans la cour intérieure, et un résident de la cour intérieure a oublié de contribuer au eiruv, les deux sont interdites. De même, si l’un des résidents de la cour extérieure n’a pas contribué au eiruv, les deux sont interdites. Telle est l’opinion de Rabbi Akiva. Et les Sages sont en désaccord et disent : Dans ce cas, où le eiruv a été déposé dans la cour intérieure et où la personne qui a oublié de contribuer au eiruv était un résident de la cour extérieure, la cour intérieure est permise et l’extérieure est interdite.
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה בַּר חָנָן לְאַבָּיֵי: מַאי שְׁנָא לְרַבָּנַן דְּאָמְרִי פְּנִימִית מוּתֶּרֶת — מִשּׁוּם דְּאָחֲדָא דַּשָּׁא וּמִשְׁתַּמְּשָׁא, לְרַבִּי עֲקִיבָא נָמֵי: תֵּיחַד דַּשָּׁא וּתְשַׁמֵּשׁ! אֲמַר לֵיהּ: עֵירוּב מַרְגִּילָהּ.
Rabba bar Ḥanan dit à Abaye : Quelle est la différence selon les Sages, qui disent que la cour intérieure est permise ? C’est parce que les résidents de la cour intérieure peuvent fermer la porte de leur cour aux membres de la cour extérieure et utiliser la cour intérieure seuls. Mais dans ce cas, selon Rabbi Akiva également, que les résidents de la cour intérieure ferment la porte de leur cour aux membres de la cour extérieure et utilisent leur cour seuls. Abaye lui dit : Si le eiruv de la cour extérieure n’avait pas été placé dans la cour intérieure, ton argument serait valable. Mais le fait que le eiruv soit déposé dans la cour intérieure habitue les résidents de la cour extérieure à y entrer.
לְרַבָּנַן נָמֵי עֵירוּב מַרְגִּילָהּ! דְּאָמְרָה: לְתַקּוֹנֵי שַׁיתַּפְתִּיךְ, וְלָא לְעַוּוֹתֵי.
La Guemara demande : Si tel est le cas, selon les Sages également nous devrions dire que le placement du eirouv dans la cour intérieure habitue les résidents de la cour extérieure à y entrer. La Guemara répond : Le raisonnement des Sages est que les membres de la cour intérieure peuvent dire à ceux de la cour extérieure : Nous nous sommes joints à vous dans un seul eirouv pour notre avantage, et non pour notre désavantage. Puisqu’un de vos résidents a oublié de contribuer à l’eirouv, nous n’acceptons plus ce partenariat.
לְרַבִּי עֲקִיבָא נָמֵי תֵּימָא: לְתַקּוֹנֵי שַׁיתַּפְתִּיךְ וְלָא לְעַוּוֹתֵי? דְּאָמְרָה לַהּ: מְבַטְּלִינַן לָךְ רְשׁוּתִי. וְרַבָּנַן, אֵין בִּיטּוּל רְשׁוּת מֵחָצֵר לְחָצֵר.
La Guemara demande : Même selon Rabbi Akiva, que les résidents de la cour intérieure disent aux résidents de la cour extérieure : Nous nous sommes joints à vous pour notre bénéfice et non pour notre préjudice. La Guemara répond que, selon Rabbi Akiva, le cas est que les résidents de la cour extérieure ont dit aux résidents de la cour intérieure : Nous renonçons à nos droits en votre faveur, auquel cas les habitants de la cour intérieure sont autorisés à porter dans leur propre cour. Par conséquent, sa décision selon laquelle la cour intérieure est également interdite ne s’applique qu’avant que les résidents de la cour extérieure ne renoncent à leurs droits. Et les Sages soutiennent qu’il n’y a pas de renonciation aux droits d’une cour à l’autre.
לֵימָא שְׁמוּאֵל וְרַבִּי יוֹחָנָן בִּפְלוּגְתָּא דְּרַבָּנַן וְרַבִּי עֲקִיבָא קָא מִיפַּלְגִי. דִּשְׁמוּאֵל אָמַר כְּרַבָּנַן, וְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר כְּרַבִּי עֲקִיבָא?
La Guemara demande : Disons que Shmuel et Rabbi Yoḥanan, qui sont en désaccord sur la question de savoir s’il existe une renonciation aux droits d’une cour à une autre, sont en désaccord sur le même point qui faisait l’objet d’un désaccord entre les Sages et Rabbi Akiva. Comme Shmuel a dit qu’il n’y a pas de renonciation aux droits d’une cour à une autre, conformément à l’opinion des Sages, et Rabbi Yoḥanan a dit qu’une telle renonciation est valable, conformément à l’opinion de Rabbi Akiva.
אָמַר לְךָ שְׁמוּאֵל: אֲנָא דַּאֲמַרִי אֲפִילּוּ לְרַבִּי עֲקִיבָא. עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא הָכָא, אֶלָּא בִּשְׁתֵּי חֲצֵירוֹת זוֹ לִפְנִים מִזּוֹ, דְּאָסְרָן אַהֲדָדֵי, אֲבָל הָתָם, מִי קָא אָסְרָן אַהֲדָדֵי?
La Guemara répond : Shmuel aurait pu te dire : Ce que j’ai dit est même conforme à l’opinion de Rabbi Akiva. Rabbi Akiva a énoncé son opinion selon laquelle il y a renonciation aux droits d’une cour à une autre seulement ici, au sujet de deux cours, l’une à l’intérieur de l’autre, qui se rendent mutuellement interdites. Cependant, là-bas, là où ils sont en désaccord au sujet de deux cours adjacentes, les cours se rendent-elles mutuellement interdites ? Par conséquent, même Rabbi Akiva conviendrait qu’il n’y a pas de renonciation aux droits d’une cour à une autre.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲנָא דַּאֲמַרִי אֲפִילּוּ לְרַבָּנַן. עַד כָּאן לָא קָאָמְרִי רַבָּנַן הָכָא, אֶלָּא דְּאָמְרָה לַהּ: אַדִּמְבַטְּלַתְּ לִי, קָא אָסְרַתְּ עִלַּאי. אֲבָל הָתָם, מִי קָאָסְרָה עֲלַהּ?
Et Rabbi Yoḥanan aurait pu dire : Ce que j’ai dit est même conforme à l’opinion des Rabbins. Les Rabbins ont énoncé leur opinion selon laquelle il n’y a pas de renonciation aux droits d’une cour à une autre seulement dans le cas ici, car les résidents de la cour intérieure ont dit aux résidents de la cour extérieure : Tant que vous ne renoncez pas à vos droits en notre faveur, vous rendez cela interdit pour nous de porter, et par conséquent, nous n’aurons aucun lien avec vous et renoncerons à la fois à la renonciation et à l’interdiction. Mais là-bas, est-ce qu’une cour interdit l’autre ? Puisque non, même les Rabbins conviendraient qu’il y a renonciation d’une cour à une autre.
וְאִם הָיוּ שֶׁל יְחִידִים וְכוּ׳. אָמַר רַב יוֹסֵף, תָּנֵי רַבִּי: הָיוּ שְׁלֹשָׁה — אֲסוּרִין.
Nous avons appris dans la michna : Et si les cours appartenaient à des particuliers, c’est-à-dire si une seule personne habitait dans chaque cour, ils ne sont pas tenus d’établir un eirouv. Rav Yossef a dit : Rabbi Yehouda HaNassi enseigne que s’il y avait trois personnes vivant dans les deux cours, que deux personnes habitent dans la cour extérieure et une dans la cour intérieure, ou que deux personnes habitent dans la cour intérieure et une dans la cour extérieure, il leur est interdit de porter sans eirouv.
אֲמַר לְהוּ רַב בִּיבִי: לָא תְּצִיתוּ לֵיהּ, אֲנָא אַמְרִיתַהּ נִיהֲלֵהּ, וּמִשְּׁמֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה אַמְרִיתַהּ נִיהֲלֵהּ, הוֹאִיל וַאֲנִי קוֹרֵא בָּהֶן רַבִּים בַּחִיצוֹנָה. אָמַר רַב יוֹסֵף: מָרֵיהּ דְּאַבְרָהָם! ״רַבִּים״ בְּ״רַבִּי״ אִיחַלַּף לִי.
Rav Beivai dit aux Sages : Ne l’écoutez pas, car il se trompe. C’est moi qui le lui ai dit, et je le lui ai dit au nom de Rav Adda bar Ahava, et non de Rabbi Yehuda HaNasi, mais en raison de sa maladie, Rav Yosef a oublié ce détail. Et la raison pour laquelle les habitants des deux cours ont l’interdiction de porter si deux personnes vivent dans la cour extérieure est que puisque je les appelle nombreux dans la cour extérieure, les Sages ont décrété une interdiction de porter, en raison d’un cas où deux personnes vivent dans la cour intérieure. En entendant cela, Rav Yosef dit avec étonnement : Maître d’Abraham ! J’ai confondu le mot Rabbi avec le mot nombreux [rabbim]. Il comprit alors qu’il avait, par erreur, compris cette décision comme attribuée à Rabbi Yehuda HaNasi plutôt que comme une halakha concernant de nombreuses personnes, une erreur qui avait conduit à sa version inexacte de l’enseignement.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: לְעוֹלָם מוּתָּרוֹת, עַד שֶׁיְּהוּ שְׁנַיִם בַּפְּנִימִית וְאֶחָד בַּחִיצוֹנָה.
Et Shmuel dit : En réalité, ils sont permis, à moins qu'il n'y ait deux personnes vivant dans la cour intérieure et une dans la cour extérieure.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: וְגוֹי הֲרֵי הוּא כְּרַבִּים. מַאי שְׁנָא יִשְׂרָאֵל דְּלָא אָסַר, דְּמַאן דְּיָדַע — יָדַע, וּמַאן דְּלָא יָדַע סָבַר: עָירוֹבֵי עָירֵב, גּוֹי נָמֵי, אָמְרִינַן: דְּיָדַע — יָדַע, דְּלָא יָדַע סָבַר: אֲגִירֵי אוֹגַר!
Rabbi Elazar a dit : Et un non-Juif est considéré comme plusieurs, c’est-à-dire que, si un non-Juif habite dans la cour intérieure, le droit de passage du non-Juif dans la cour extérieure y rend le port interdit. La Guemara demande : Quelle différence y a-t-il concernant un Juif seul qui habite dans la cour intérieure, pour qu’il n’interdise pas au résident de la cour extérieure ? Parce que celui qui sait qu’une seule personne y habite le sait, et celui qui ne le sait pas pense qu’un eirouv a été établi. Si tel est le cas, dans le cas d’un non-Juif aussi, nous devrions dire que celui qui sait qu’une seule personne y habite le sait, et celui qui ne le sait pas pense que le Juif a dû louer le domaine au non-Juif.
סְתָם גּוֹי, אִי אִיתָא דְּאוֹגַר — מִיפְעָא פָּעֵי.
La Guemara répond : Ce n’est pas le cas, car un gentil ordinaire, s’il avait loué son domaine, il bavarderait à ce sujet, et tout le monde le saurait. S’il n’en a pas parlé, tout le monde supposera qu’il n’a pas loué son domaine.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: עֲשָׂרָה בָּתִּים זֶה לִפְנִים מִזֶּה, פְּנִימִי נוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ, וְדַיּוֹ.
Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : S’il y a dix maisons, l’une à l’intérieur de l’autre, de sorte que la personne qui habite dans la maison la plus intérieure doit passer par toutes les autres pour atteindre la cour, seule la plus intérieure participe à l’eiruv de la cour, et cela suffit. Les habitants des autres maisons sont considérés comme vivant dans la loge du gardien et le couloir de la plus intérieure, et ils n’ont donc pas besoin de participer à l’eiruv.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ חִיצוֹן. חִיצוֹן בֵּית שַׁעַר הוּא? חִיצוֹן שֶׁל פְּנִימִי.
Et Rabbi Yoḥanan a dit : Même l’extérieur doit contribuer au eiruv. La Guemara demande : la résidence extérieure est une loge de portier par rapport aux résidences intérieures, alors pourquoi devrait-elle contribuer au eiruv ? La Guemara répond que Rabbi Yoḥanan faisait référence à la maison extérieure de la plus intérieure. En d’autres termes, même l’avant-dernière maison, extérieure seulement par rapport à la maison la plus intérieure, doit contribuer au eiruv, car elle n’est pas considérée comme une loge de portier.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר: בֵּית שַׁעַר דְּיָחִיד שְׁמֵיהּ בֵּית שַׁעַר. וּמָר סָבַר: לָא שְׁמֵיהּ בֵּית שַׁעַר.
La Guemara explique : Sur quel principe sont-ils en désaccord ? Un Sage, Shmuel, soutient que la loge d’entrée d’un particulier est considérée comme une loge d’entrée, et par conséquent la neuvième maison, c’est-à-dire l’avant-dernière vers l’intérieur, est elle aussi une loge d’entrée, puisqu’elle sert de passage au particulier qui habite dans la maison la plus intérieure, et un Sage, Rabbi Yoḥanan, soutient que la loge d’entrée d’un particulier n’est pas considérée comme une loge d’entrée, et par conséquent la neuvième maison doit elle aussi contribuer au eiruv.
אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב: שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת וּשְׁלֹשָׁה בָּתִּים בֵּינֵיהֶן, זֶה בָּא דֶּרֶךְ זֶה, וְנוֹתֵן עֵירוּבוֹ בָּזֶה. וְזֶה בָּא דֶּרֶךְ זֶה, וְנוֹתֵן עֵירוּבוֹ בָּזֶה.
Rav Naḥman a dit que Rabba bar Avuh a dit que Rav a dit : En ce qui concerne deux cours qui ont trois maisons entre elles, et un habitant de cette cour passe par cette maison qui s’ouvre sur sa cour et place son eiruv dans cette maison du milieu, et un habitant de cette autre cour passe par cette maison qui s’ouvre sur sa cour et place son eiruv dans cette maison du milieu,