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עַד שֶׁיְּהוּ בָּתִּים וַחֲצֵירוֹת פְּתוּחִין לְתוֹכוֹ. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֲפִילּוּ בַּיִת אֶחָד וְחָצֵר אַחַת. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ חוּרְבָּה.
à moins qu’il n’y ait des maisons et des cours qui s’ouvrent sur lui. Cette formulation implique qu’il doit y avoir au moins deux cours, dont chacune contient au moins deux maisons. En l’absence de ces conditions, cependant, cela n’est pas considéré comme une ruelle qui peut être rendue permise au moyen d’un poteau latéral ou d’une poutre transversale. Et Shmuel a dit : Même une seule maison sans cour et une seule cour avec une seule maison suffisent. Et Rabbi Yoḥanan a dit : Même une ruine et une cour avec une maison suffisent pour qu’un poteau latéral ou une poutre transversale permettent de porter dans une ruelle.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן אֲפִילּוּ בִּשְׁבִיל שֶׁל כְּרָמִים? אֲמַר לֵיהּ: לָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן אֶלָּא בְּחוּרְבָּה, דַּחֲזֵי לְדִירָה. אֲבָל שְׁבִיל שֶׁל כְּרָמִים, דְּלָא חֲזֵי לְדִירָה — לָא.
Abaye dit à Rav Yosef : Rabbi Yoḥanan a-t-il dit que même un chemin de vignoble et une cour avec une maison suffisent pour qu’un poteau latéral ou une poutre transversale rende permis le transport dans l’allée ? Il lui dit : Rabbi Yoḥanan a dit sa décision seulement dans le cas de ruines, propres à servir de résidence. Cependant, un chemin de vignoble, qui n’est pas propre à servir de résidence, n’est pas suffisant.
אָמַר רַב הוּנָא בַּר חִינָּנָא: וְאַזְדָּא רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ, דִּתְנַן (אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן): אֶחָד גַּגּוֹת וְאֶחָד קַרְפֵּיפוֹת וְאֶחָד חֲצֵרוֹת — רְשׁוּת אַחַת הֵן לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ לְתוֹכָן, וְלֹא לְכֵלִים שֶׁשָּׁבְתוּ בְּתוֹךְ הַבַּיִת.
Rav Houna bar Ḥinnana a dit : Et Rabbi Yoḥanan a suivi à cet égard sa ligne habituelle de raisonnement, comme nous l’avons appris dans une michna où Rabbi Shimon a dit : Les toits, les enclos et les cours sont tous considérés comme un seul domaine en ce qui concerne les ustensiles qui s’y trouvaient au début de Chabbat. Par conséquent, il est permis de transporter des ustensiles qui se trouvaient dans l’un de ces espaces au début de Chabbat vers n’importe lequel des autres espaces. Cependant, ils ne sont pas considérés comme le même domaine en ce qui concerne les ustensiles qui se trouvaient à l’intérieur de la maison au début de Chabbat. Si les propriétaires des maisons n’ont pas joint la cour au moyen d’un eirouv, il est interdit de transporter des ustensiles de leurs maisons vers le toit, l’enclos ou la cour.
וְאָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, וְהוּא שֶׁלֹּא עֵירְבוּ. אֲבָל עֵירְבוּ, גָּזְרִינַן דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְבָתִּים לְחָצֵר.
Et Rav a dit : la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon. Et cela ne s’applique que dans un cas les habitants des cours n’ont pas établi de eiruv pour chaque cour, de sorte qu’ils ne peuvent transporter que les ustensiles laissés dans les cours, mais ils ne peuvent pas sortir des ustensiles de leurs maisons vers leurs cours. Cependant, s’ils ont établi un eiruv pour chaque cour, nous décrétons l’interdiction de transporter même des ustensiles qui se trouvaient dans la cour au début du Shabbat, de peur qu’ils n’en viennent à sortir des objets de leurs maisons vers la cour. Cela conduirait à l’erreur de transporter ces objets d’une cour à une autre, ce qui est interdit.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בֵּין עֵירְבוּ וּבֵין לֹא עֵירְבוּ. וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, בֵּין עֵירְבוּ וּבֵין לֹא עֵירְבוּ. אַלְמָא: לָא גָּזְרִינַן דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְבָתִּים לְחָצֵר, הָכָא נָמֵי לָא גָּזְרִינַן דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹקֵי מָאנֵי דְחָצֵר לְחוּרְבָּה.
Et Shmuel dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, que les habitants des cours aient établi un eiruv pour chaque cour ou qu’ils n’aient pas établi d’eiruv pour chaque cour. Et de même, Rabbi Yoḥanan dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, qu’ils aient établi un eiruv pour chaque cour ou qu’ils n’aient pas établi d’eiruv pour chaque cour. Apparemment, Rabbi Yoḥanan soutient que nous ne décrétons pas contre le fait de transporter des ustensiles qui se trouvaient dans la cour au début de Chabbat de peur qu’ils n’en viennent à sortir des objets de leurs maisons vers la cour. Ici aussi, en ce qui concerne une ruelle qui contient une ruine, nous ne décrétons pas contre le fait de transporter dans la ruelle de peur qu’ils n’en viennent à sortir des objets de la cour vers la ruine en les transportant à travers la ruelle. Bien que la ruine ne soit pas incluse dans l’eiruv, puisqu’elle n’a pas d’habitants, et qu’il ne soit pas permis d’y transporter des objets, Rabbi Yoḥanan ne craint pas que l’on en vienne à transporter de cette manière interdite.
יָתֵיב רַב בְּרוֹנָא וְקָאָמַר לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר בֵּי רַב: אָמַר שְׁמוּאֵל הָכִי?! אֲמַר לֵיהּ: אִין, אֲמַר לֵיהּ: אַחְוִי לִי אוּשְׁפִּיזֵיהּ, אַחְוִי לֵיהּ. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל, אֲמַר לֵיהּ: אֲמַר מָר הָכִי? אֲמַר לֵיהּ: אִין.
Rav Beruna s’assit et récita cette halakha énoncée par Shmuel, selon laquelle une ruelle contenant une maison et une cour peut être rendue permise pour le transport au moyen d’un poteau latéral ou d’une traverse. Rabbi Elazar, un étudiant d’une académie de Torah, lui dit : Shmuel a-t-il vraiment dit cela ? Rav Beruna lui dit : Oui, il l’a dit. Il lui dit : Montre-moi où il loge et j’irai lui demander moi-même, et il le lui montra. Rabbi Elazar se présenta devant Shmuel et lui dit : Le Maître a-t-il vraiment dit cela ? Shmuel lui dit : Oui, je l’ai dit.
וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר: אֵין לָנוּ בְּעֵירוּבִין אֶלָּא כִּלְשׁוֹן מִשְׁנָתֵינוּ, שֶׁהַמָּבוֹי לַחֲצֵירוֹת כֶּחָצֵר לַבָּתִּים. אִישְׁתִּיק.
Rabbi Elazar souleva l’objection suivante : N’est-ce pas le Maître lui-même qui a dit au sujet d’une autre question : En ce qui concerne les halakhot de eirouv, nous n’avons que la formulation de notre michna. La michna déclare qu’une ruelle est à ses cours comme une cour est à ses maisons, ce qui indique qu’une ruelle doit avoir au moins deux cours pour être considérée comme une ruelle et être rendue permise au transport au moyen d’un poteau latéral ou d’une traverse. Shmuel garda le silence et ne lui répondit pas.
קַבְּלַהּ מִינֵּיהּ, אוֹ לָא קַבְּלַהּ מִינֵּיהּ? תָּא שְׁמַע, דְּהָהוּא מְבוֹאָה דַּהֲוָה דָּיַיר בֵּיהּ אַיְבוּת בַּר אִיהִי, עֲבַד לֵיהּ לִחְיָיא, וּשְׁרָא לֵיהּ שְׁמוּאֵל,
La Guemara demande : le silence de Shmuel indiquait-il qu’il acceptait l’objection de Rabbi Elazar et rétractait sa déclaration, ou bien ne l’acceptait-il pas de sa part ? La Guemara tente d’apporter une preuve à partir de l’incident suivant. Viens et écoute : Il y avait une certaine ruelle où vivait Ivut bar Ihi, qui ne contenait qu’une seule maison et une seule cour. Il y érigea un poteau latéral, et Shmuel lui permit d’y porter.

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