וְרַב יוֹסֵף אָמַר: רַבִּי שִׁמְעוֹן וְרַבָּנַן בִּפְלוּגְתָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי וְרַבָּנַן קָא מִיפַּלְגִי. דִּתְנַן: שֶׁמֶן שֶׁצָּף עַל גַּבֵּי יַיִן, וְנָגַע טְבוּל יוֹם בְּשֶׁמֶן — לֹא פָּסַל אֶלָּא שֶׁמֶן בִּלְבַד, וְרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר: שְׁנֵיהֶן חִיבּוּרִין זֶה לָזֶה.
Et Rav Yosef dit : En réalité, il s’agit ici d’une seule ruelle, et Rabbi Shimon et les Sages sont en désaccord sur le même point de litige entre Rabbi Yoḥanan ben Nouri et les Sages. Comme nous l’avons appris dans une michna : si de l’huile de terouma flottait à la surface du vin, et qu’une personne qui s’était immergée pendant la journée touchait l’huile, elle ne disqualifiait que l’huile seule. Cependant, elle ne disqualifiait pas le vin, car il est considéré comme séparé de l’huile. Seule l’huile est disqualifiée, et elle ne rend pas d’autres objets rituellement impurs. Et Rabbi Yoḥanan ben Nouri dit : Ils sont tous deux reliés l’un à l’autre et sont considérés comme un seul ensemble, de sorte que le vin aussi est rituellement impur.
רַבָּנַן — כְּרַבָּנַן, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן — כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי.
La Guemara explique : l’opinion des Rabbins dans notre michna est conforme à l’opinion des Rabbins dans l’autre michna, qui soutiennent que le vin et l’huile ne sont pas liés et ne peuvent donc pas être utilisés ensemble dans un eirouv, et l’opinion de Rabbi Shimon est conforme à l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Nouri, qui soutient que le vin et l’huile sont liés et peuvent être utilisés ensemble dans un eirouv.
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן תַּדַּאי אוֹמֵר: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה צְרִיכִין לְעָרֵב. וַאֲפִילּוּ לָזֶה בְּיַיִן וְלָזֶה בְּיַיִן?
Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer ben Taddai dit : Dans ces deux cas, celui de vin et vin, et cet autre cas, celui de vin et huile, ils doivent établir un eiruv. La Guemara s’étonne : A-t-il dit cela même si l’association est avec celui-ci pour du vin et aussi avec l’autre pour du vin ? Pourquoi ces associations ne suffiraient-elles pas pour considérer les éléments comme réunis ?
אָמַר רַבָּה: זֶה בָּא בִּלְגִינוֹ וְשָׁפַךְ, וָזֶה בָּא בִּלְגִינוֹ וְשָׁפַךְ — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּהָוֵי עֵירוּב.
Rabba a dit : S’ils se sont associés de la manière suivante, de sorte que l’un est venu avec sa jarre remplie de vin et en a versé le contenu dans un tonneau, et l’autre est venu avec sa jarre et a versé son vin dans ce même tonneau, tous conviennent qu’il s’agit d’un eirouv valide, même s’ils n’ont pas agi spécifiquement dans ce but.
כִּי פְּלִיגִי כְּגוֹן שֶׁלָּקְחוּ חָבִית שֶׁל יַיִן בְּשׁוּתָּפוּת, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן תַּדַּאי סָבַר: אֵין בְּרֵירָה, וְרַבָּנַן סָבְרִי: יֵשׁ בְּרֵירָה.
Là où ils sont en désaccord, c’est dans le cas où ils ont acheté un tonneau de vin en partenariat. Rabbi Eliezer ben Taddai soutient : Il n’existe pas de principe de clarification rétroactive, c’est-à-dire qu’il n’existe pas de présomption halakhique selon laquelle le statut halakhique indéterminé des objets peut être clarifié rétroactivement. Par conséquent, après que le vin a été consommé, il n’est pas possible de clarifier rétroactivement quelle portion du vin appartenait à chaque personne. On ne peut donc pas dire que chacun possède une partie particulière du vin, ce qui le rend impropre à un eiruv. Mais les Sages soutiennent qu’il existe une clarification rétroactive, et ils peuvent donc s’appuyer sur ce partenariat pour établir un eiruv.
רַב יוֹסֵף אָמַר: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן תַּדַּאי וְרַבָּנַן בְּסוֹמְכִין עַל שִׁיתּוּף בִּמְקוֹם עֵירוּב קָמִיפַּלְגִי.
Rav Yosef a dit que cette controverse doit être comprise différemment, car Rabbi Eliezer ben Taddai et les Sages sont en désaccord sur la question de savoir si l’on peut s’appuyer sur une association d’une ruelle au lieu d’un eiruv, c’est-à-dire si l’association d’une ruelle pour permettre de porter dans la ruelle dispense les cours qui donnent sur la ruelle de devoir établir un eiruv afin de porter d’une cour à l’autre.
דְּמָר סָבַר: אֵין סוֹמְכִין, וּמָר סָבַר: סוֹמְכִין.
Comme un Sage, Rabbi Eliezer ben Taddai, soutient qu’on ne peut pas se fier à cela dans ce cas, car le transport dans les cours exige spécifiquement un eirouv, et la mise en commun des ruelles est insuffisante. Et un Sage, c’est-à-dire les Sages, soutient qu’on peut se fier à la mise en commun des ruelles et l’utiliser pour permettre le transport également entre les cours.
אָמַר רַב יוֹסֵף: מְנָא אָמֵינָא לַהּ, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר. וְאָמַר רַב בְּרוֹנָא אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן תַּדַּאי. מַאי טַעְמָא, לָאו מִשּׁוּם דְּחַד טַעְמָא הוּא?
Rav Yossef a dit : D’où est-ce que je dis cela, que tel est l’objet de leur différend ? Comme Rav Yehouda a dit que Rav a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Meïr, ce qui sera détaillé plus loin, selon laquelle on ne peut pas se fier à une association de ruelles à la place d’un eirouv. Et Rav Berouna a dit que Rav a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer ben Taddaï, selon laquelle, dans les deux cas, ils doivent établir un eirouv. Quelle est la raison pour laquelle il a statué ainsi ? N’est-ce pas parce que le raisonnement des deux décisions est un et le même ?
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְאִי חַד טַעְמָא, תַּרְתֵּי הִילְכְתָא לְמָה לִי?! הָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא עָבְדִינַן כִּתְרֵי חוּמְרֵי בְּעֵירוּבִין.
Abaye lui dit : Mais si c’est une seule raison, pourquoi ai-je besoin de deux décisions ? Au contraire, il suffirait de statuer dans un seul cas, à partir duquel nous pourrions également déduire l’autre. Rav Yosef répondit : Il y a néanmoins une raison pour les deux décisions, car cela vient nous enseigner que nous n’agissons pas conformément à deux rigueurs d’un seul tanna en matière de eiruv. Si Rav n’avait statué que conformément à Rabbi Meir, nous n’aurions su que la halakha est conforme à son opinion concernant un détail précis du cas. Il a donc statué conformément à deux Sages : Rabbi Eliezer ben Taddai concernant une association de ruelles avec du vin, et Rabbi Meir concernant une association de ruelles avec du pain. Chacun est rigoureux concernant un détail différent du cas.
מַאי רַבִּי מֵאִיר וּמַאי רַבָּנַן? דְּתַנְיָא: מְעָרְבִין בַּחֲצֵירוֹת בְּפַת, וְאִם רָצוּ לְעָרֵב בְּיַיִן — אֵין מְעָרְבִין. מִשְׁתַּתְּפִין בְּמָבוֹי בְּיַיִן, וְאִם רָצוּ לְהִשְׁתַּתֵּף בְּפַת — מִשְׁתַּתְּפִין.
Ayant mentionné Rabbi Meir, la Guemara demande maintenant : Quelle est la déclaration de Rabbi Meir, et quelle est la déclaration des Sages ? Comme cela a été enseigné dans la baraita suivante : On peut établir un eirouv avec du pain entre des cours qui s’ouvrent les unes sur les autres, mais si l’on voulait établir un eirouv avec du vin, on ne peut pas établir un eirouv de cette manière. On peut faire la fusion des cours qui s’ouvrent sur une ruelle avec du vin, et si l’on voulait établir une fusion de ruelles avec du pain, on peut faire la fusion des cours des ruelles de cette manière.
מְעָרְבִין בַּחֲצֵירוֹת וּמִשְׁתַּתְּפִין בְּמָבוֹי שֶׁלֹּא לְשַׁכֵּחַ תּוֹרַת עֵירוּב מִן הַתִּינוֹקוֹת, שֶׁיֹּאמְרוּ: אֲבוֹתֵינוּ לֹא עֵירְבוּ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אוֹ מְעָרְבִין אוֹ מִשְׁתַּתְּפִין.
Pourquoi établit-on un eirouv entre des cours et aussi associe-t-on les cours qui donnent sur une ruelle ? C’est afin que la catégorie halakhique de l’eirouv ne soit pas oubliée par les enfants, car si l’on n’utilisait que l’association des ruelles, les enfants diraient plus tard : Nos pères n’ont jamais établi d’eirouv. Par conséquent, on établit un eirouv à des fins éducatives ; telle est l’opinion de Rabbi Meïr. Et les Sages disent : On peut soit établir un eirouv, soit associer les ruelles.
פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי נְחוּמִי וְרַבָּה, חַד אָמַר: בְּפַת דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּבַחֲדָא סַגִּי, כִּי פְּלִיגִי בְּיַיִן.
Rabbi Naḥumi et Rabba étaient en désaccord au sujet de cette question. L’un d’eux a dit : Dans le cas du pain, qui peut être utilisé à la fois pour un eiruv et pour une association de ruelles, tout le monde s’accorde à dire qu’un seul, soit un eiruv, soit une association de ruelles, suffit. Là où ils sont en désaccord, c’est dans le cas du vin, qui ne peut être utilisé que pour une association de ruelles et non pour un eiruv ; Rabbi Meir soutient qu’un eiruv est également nécessaire, tandis que les Sages soutiennent que ce n’est pas requis.