יָכוֹל אֲנִי לִפְטוֹר אֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ מִן הַדִּין מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ וְעַד עַכְשָׁיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָכֵן שִׁמְעִי נָא זֹאת עֲנִיָּיהּ וּשְׁכוּרַת וְלֹא מִיָּיִן״.
Je peux avancer un argument qui exempte le monde entier du jugement, depuis le jour où le Temple a été détruit jusqu’à présent. Comme il est dit : « Écoute donc ceci maintenant, toi qui es affligée et ivre, mais non de vin » (Isaïe 51:21), ce qui enseigne qu’à la suite de la destruction du Temple, tous les Juifs sont considérés comme intoxiqués et ne sont pas responsables des péchés qu’ils commettent.
מֵיתִיבִי: שִׁיכּוֹר מִקָּחוֹ מִקָּח, וּמִמְכָּרוֹ מִמְכָּר. עָבַר עֲבֵירָה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מִיתָה — מְמִיתִין אוֹתוֹ, מַלְקוֹת — מַלְקִין אוֹתוֹ. כְּלָלוֹ שֶׁל דָּבָר: הֲרֵי הוּא כְּפִיקֵּחַ לְכׇל דְּבָרָיו, אֶלָּא שֶׁפָּטוּר מִן הַתְּפִלָּה.
La Guemara soulève une objection à cet argument à partir de la baraita suivante : En ce qui concerne celui qui est en état d’ivresse, son acquisition est une acquisition contraignante ; c’est-à-dire qu’il ne peut pas se rétracter de la transaction lorsqu’il est sobre, et, de même, sa vente est une vente contraignante. De plus, s’il a commis une transgression pour laquelle il est passible de la peine de mort, il est exécuté ; et si l’infraction est punissable de coups de fouet, il est flagellé. Le principe est qu’il est comme une personne sobre en toutes choses, sauf qu’il est exempté de la prière. Par conséquent, même si le peuple d’Israël est considéré comme ivre, il demeure néanmoins responsable de ses actes.
מַאי ״יָכוֹלְנִי לִפְטוֹר״ דְּקָאָמַר נָמֵי — מִדִּין תְּפִלָּה.
La Guemara répond que même Rabbi Elazar ben Azarya ne voulait pas dire qu’ils devaient être exempts de responsabilité pour tous leurs péchés. Au contraire, quel est le sens de sa déclaration : Je peux exempter ? Lui aussi voulait dire qu’il pouvait les exempter du jugement de la prière, c’est-à-dire que les Juifs ne peuvent pas être tenus responsables d’avoir prié sans les intentions appropriées.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא הִגִּיעַ לְשִׁכְרוּתוֹ שֶׁל לוֹט, אֲבָל הִגִּיעַ לְשִׁכְרוּתוֹ שֶׁל לוֹט — פָּטוּר מִכּוּלָּם.
Rabbi Ḥanina a dit : Ils ont enseigné qu’une personne en état d’ivresse est responsable de tous ses actes seulement dans le cas où elle n’a pas atteint l’état de l’ivresse de Lot ; cependant, si elle a atteint l’état de l’ivresse de Lot, au point d’être totalement inconsciente de ses actes, elle est exemptée de toute responsabilité.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: כׇּל הַמֵּפִיק מָגֵן בִּשְׁעַת גַּאֲוָה, סוֹגְרִין וְחוֹתְמִין צָרוֹת בַּעֲדוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״גַּאֲוָה אֲפִיקֵי מָגִנִּים סָגוּר חוֹתָם צָר״.
Rabbi Ḥanina a dit : Quiconque fait passer un bouclier sur lui-même à un moment d’arrogance, c’est-à-dire quiconque réprime son mauvais penchant comme s’il était couvert d’un bouclier lorsqu’il est arrogant, par exemple lorsqu’il est ivre ou dans un cas semblable (Rabbeinu Ḥananel), les détresses lui seront fermées et scellées, comme il est dit : « Les canaux de [afikei] ses écailles sont son orgueil, fermés ensemble comme par un sceau étroit [tzar] » (Job 41:7). Le verset est interprété de manière homilétique : Lorsqu’à un moment d’arrogance une personne fait passer un bouclier [mapik] sur son mauvais penchant, ses détresses [tzarot] seront fermées et scellées devant lui.
מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״אָפִיק״ לִישָּׁנָא דְעַבּוֹרֵי הוּא? דִּכְתִיב: ״אַחַי בָּגְדוּ כְמוֹ נָחַל כַּאֲפִיק נְחָלִים יַעֲבוֹרוּ״.
La Guemara pose une question : D’où peut-on déduire que le sens de ce mot afik est une formulation désignant le passage [aborei] ? La Guemara répond : Comme il est écrit : « Mes frères ont agi avec perfidie comme un oued, comme le chenal [afik] de ruisseaux qui passent [ya’avoru] » (Job 6:15). Cela implique que le terme afik est synonyme du verbe ya’avoru, qui renvoie à quelque chose qui se déplace et passe.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״כֹּל שֶׁאֵינוֹ מֵפִיק״ אִתְּמַר.
Rabbi Yoḥanan a dit : Ce n’est pas la bonne interprétation ; plutôt, il a été dit que quiconque ne couvre pas, mais tire [mapik] un bouclier à un moment d’arrogance, les malheurs lui seront fermés et scellés. En d’autres termes, une personne doit tirer ses armes et son bouclier afin de combattre son mauvais penchant lorsqu’il essaie de la dominer (Rabbeinu Ḥananel).
מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״מֵפִיק״ לִישָּׁנָא דְגַלּוֹיֵי הוּא? דִּכְתִיב: ״וַיֵּרָאוּ אֲפִיקֵי מַיִם וַיִּגָּלוּ מוֹסְדוֹת תֵּבֵל״.
La Guemara pose une question : D’où peut-on déduire que ce mot mapik est une formulation qui désigne la révélation ? La Guemara répond : Comme il est écrit : « Les canaux des [afikei] eaux furent vus, et les fondements du monde furent mis à nu » (Psaumes 18:16).
מִכְּדֵי, קְרָאֵי מַשְׁמַע בֵּין לְמָר וּבֵין לְמָר, מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּרַב שֵׁשֶׁת. דְּרַב שֵׁשֶׁת מָסַר שִׁינְתֵּיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ. מָר אִית לֵיהּ דְּרַב שֵׁשֶׁת, וּמָר לֵית לֵיהּ דְּרַב שֵׁשֶׁת.
La Guemara demande : À présent, puisque les versets peuvent être interprétés à la fois conformément à l’opinion de ce Maître et conformément à l’opinion de l’autre Maître, quelle est la différence pratique entre eux ? La Guemara répond : La différence pratique entre eux est en ce qui concerne la pratique suivante de Rav Sheshet, car Rav Sheshet confia la responsabilité de surveiller son sommeil à son assistant, en lui donnant pour instruction de le réveiller lorsque l’heure de la prière arriverait. Un Sage, Rabbi Ḥanina, est d’avis que la pratique de Rav Sheshet est correcte, car Rabbi Ḥanina soutient que si l’on a grand besoin de sommeil, il vaut mieux somnoler un moment puis se réveiller avec une vigueur renouvelée. Et un Sage, Rabbi Yoḥanan, n’est pas d’avis que la pratique de Rav Sheshet soit correcte. Il soutient qu’une personne doit rassembler ses forces et prier, plutôt que de céder au besoin de dormir.
אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: כֹּל שֶׁאֵין דַּעְתּוֹ מְיוּשֶּׁבֶת עָלָיו אַל יִתְפַּלֵּל, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּצָר אַל יוֹרֶה״. רַבִּי חֲנִינָא בְּיוֹמָא דְּרָתַח לָא מְצַלֵּי, אָמַר: ״בְּצָר אַל יוֹרֶה״ כְּתִיב. מָר עוּקְבָא בְּיוֹמָא דְשׁוּתָא לָא הֲוָה נָפֵיק לְבֵי דִינָא.
Rav Ḥiyya bar Ashi a dit que Rav a dit : Quiconque a l’esprit troublé ne doit pas prier, comme il est écrit : Lorsqu’on est dans la détresse, on ne doit pas rendre de décisions. La Guemara rapporte que Rabbi Ḥanina, un jour où il était en colère, ne priait pas, car il disait qu’il est écrit : Lorsqu’on est dans la détresse, on ne doit pas rendre de décisions. La Guemara rapporte de même que Mar Ukva, un jour de vent du sud, ne sortait pas pour aller au tribunal, car ce vent chaud et rude troublait sa clarté d’esprit habituelle.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הִלְכְתָא בָּעֲיָא צִילּוּתָא כְּיוֹמָא דְאִסְתָּנָא. אָמַר אַבָּיֵי: אִי אָמְרָה לִי אֵם קָרֵיב כּוּתָּחָא — לָא תְּנַאי.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : L’étude de la halakha exige de la clarté, comme lors d’un jour où un vent du nord souffle et dégage le ciel. Abaye a dit de même que si ma belle-mère me dit : Apporte-moi un plat de kutaḥ, je ne peux plus étudier la Torah de ma manière habituelle, car même une tâche simple comme celle-ci me trouble et me distrait de mon étude de la Torah.
אָמַר רָבָא: אִי קְרַצְתַּן כִּינָּה לָא תְּנַאי. מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא עֲבַדָה לֵיהּ אִמֵּיהּ שִׁבְעָה מָנֵי לְשִׁבְעָה יוֹמֵי.
De même, Rava a dit : Si je suis piqué par un pou, je ne peux plus étudier de ma manière habituelle. La Guemara rapporte que la mère de Mar, fils de Ravina, lui préparait sept vêtements pour les sept jours de la semaine, afin qu’il ne soit pas piqué par les poux que l’on trouve dans les vieux vêtements (Rabbeinu Ḥananel).
אָמַר רַב יְהוּדָה: לָא אִיבְּרִי לֵילְיָא אֶלָּא לְשִׁינְתָּא. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: לָא אִיבְּרִי סֵיהֲרָא אֶלָּא לְגִירְסָא. אָמְרִי לֵיהּ לְרַבִּי זֵירָא: מְחַדְּדָן שְׁמַעְתָּךְ. אֲמַר לְהוּ: דִּימָמֵי נִינְהוּ.
Rav Yehuda a dit : La nuit n’a été créée que pour dormir. Rabbi Shimon ben Lakish a dit : La lune n’a été créée que pour l’étude de la Torah à sa lumière. Lorsque des gens dirent à Rabbi Zeira : Tes enseignements sont extrêmement aigus, il leur dit : Ils ont été formulés pendant les heures du jour. Cela enseigne que l’étude de la Torah pendant la journée est la plus bénéfique pour la clarté de l’esprit.
אֲמַרָה לֵיהּ בַּרְתֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא לְרַב חִסְדָּא: לָא בָּעֵי מָר מֵינַם פּוּרְתָּא? אֲמַר לַהּ: הַשְׁתָּא אָתוּ יוֹמֵי דַּאֲרִיכֵי וְקַטִּינֵי, וְנֵינוּם טוּבָא.
La fille de Rav Ḥisda dit à son père, Rav Ḥisda, qui passait ses nuits à étudier : Le Maître ne souhaite-t-il pas dormir un peu ? Il lui dit : Des jours qui sont longs en quantité, mais courts quant à l’occasion d’étudier la Torah et d’accomplir des mitsvot arriveront bientôt, et nous dormirons beaucoup. Après ma mort, il y aura largement assez de temps pour dormir.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אֲנַן פּוֹעֲלֵי דִּימָמֵי אֲנַן. רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב יָזֵיף וּפָרַע.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Nous, érudits de la Torah, sommes des travailleurs de jour, car notre étude se fait principalement pendant la journée. La Guemara rapporte que Rav Aḥa bar Ya’akov avait l’habitude d’emprunter et de rembourser, c’est-à-dire que, s’il négligeait d’étudier pendant la journée pour une raison quelconque, il utilisait les heures de la nuit pour compenser le temps perdu.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הַבָּא מִן הַדֶּרֶךְ, אַל יִתְפַּלֵּל שְׁלֹשָׁה יָמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וָאֶקְבְּצֵם אֶל הַנָּהָר הַבָּא אֶל אַחֲוָא וַנַּחֲנֶה שָׁם יָמִים שְׁלֹשָׁה וָאָבִינָה בָּעָם וְגוֹ׳״.
Rabbi Elazar a dit : Celui qui revient chez lui d’un voyage ne doit pas prier pendant trois jours pendant qu’il se remet des difficultés de la route, comme il est dit : « Je les rassemblai près du fleuve qui coule vers Ahava, et nous y campâmes trois jours, et j’examinai le peuple » (Esdras 8:15), après quoi il est dit : « Alors je proclamai là un jeûne, près du fleuve d’Ahava, afin de nous humilier devant notre Dieu, pour Lui demander un voyage sûr pour nous » (Esdras 8:21), ce qui enseigne qu’ils se reposèrent trois jours avant de prier.
אֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל, כִּי אָתֵי בְּאוֹרְחָא, לָא מְצַלֵּי תְּלָתָא יוֹמֵי. שְׁמוּאֵל לָא מְצַלֵּי בְּבֵיתָא דְּאִית בֵּיהּ שִׁיכְרָא. רַב פָּפָּא לָא מְצַלֵּי בְּבֵיתָא דְּאִית בֵּיהּ הַרְסָנָא.
La Guemara rapporte que le père de Shmuel, lorsqu’il rentrait chez lui de voyage, ne priait pas pendant trois jours, car il devait se reposer du voyage. Shmuel lui-même ne priait pas dans une maison qui contenait une boisson alcoolisée, car l’odeur de l’alcool perturbait sa concentration pendant la prière. De même, Rav Pappa ne priait pas dans une maison qui contenait de petits poissons frits, à cause de leur odeur.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: כׇּל הַמִּתְפַּתֶּה בְּיֵינוֹ — יֵשׁ בּוֹ מִדַּעַת קוֹנוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּרַח ה׳ אֶת רֵיחַ הַנִּיחוֹחַ וְגוֹ׳״.
Rabbi Ḥanina a dit : Quiconque est apaisé par son vin, c’est-à-dire quiconque devient plus détendu après avoir bu, a en lui un élément de l’état d’esprit de son Créateur, qui a agi de façon semblable, comme il est dit : « Et le Seigneur sentit l’agréable odeur, et le Seigneur dit en Son cœur : Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l’homme » (Genèse 8:21). Pour ainsi dire, Dieu a agi plus favorablement envers Ses créatures après avoir été apaisé par l’odeur des holocaustes. L’odeur peut être aussi puissante que le fait même de boire ou de manger.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא: כׇּל הַמִּתְיַישֵּׁב בְּיֵינוֹ — יֵשׁ בּוֹ דַּעַת שִׁבְעִים זְקֵנִים. ״יַיִן״ נִיתַּן בְּשִׁבְעִים אוֹתִיּוֹת, וְ״סוֹד״ נִיתַּן בְּשִׁבְעִים אוֹתִיּוֹת. נִכְנַס יַיִן — יָצָא סוֹד.
Rabbi Ḥiyya a dit : Quiconque reste posé d’esprit après avoir bu du vin, et ne s’enivre pas, a un élément de l’état d’esprit de soixante-dix Anciens. L’allusion est la suivante : Le vin [yayin orthographié yod, yod, noun] a été donné en soixante-dix lettres, car la valeur numérologique des lettres composant le mot est soixante-dix, puisque yod vaut dix et noun vaut cinquante. De même, le mot secret [sod orthographié samekh, vav, dalet] a été donné en soixante-dix lettres, car samekh vaut soixante, vav vaut six et dalet vaut quatre. En général, lorsque le vin est entré dans le corps, un secret a émergé. Celui qui ne révèle pas de secrets lorsqu’il boit est manifestement béni d’un esprit ferme, comme celui de soixante-dix Anciens.
אָמַר רַבִּי חָנִין: לֹא נִבְרָא יַיִן אֶלָּא לְנַחֵם אֲבֵלִים וּלְשַׁלֵּם שָׂכָר לָרְשָׁעִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תְּנוּ שֵׁכָר לְאוֹבֵד וְגוֹ׳״.
Rabbi Ḥanin a dit : Le vin n’a été créé que pour consoler les endeuillés dans leur détresse, et pour récompenser les méchants dans ce monde afin qu’il ne leur reste aucune récompense dans le Monde à venir, comme il est dit : « Donnez une boisson forte à celui qui est près de périr, et du vin à l’âme amère. Qu’il boive, oublie sa pauvreté, et ne se souvienne plus de sa misère » (Proverbes 31:6). « Celui qui est près de périr » désigne les méchants, qui périront du monde, tandis que « l’âme amère » désigne les endeuillés.
אָמַר רַבִּי חָנִין בַּר פָּפָּא: כׇּל שֶׁאֵין יַיִן נִשְׁפָּךְ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ כַּמַּיִם — אֵינוֹ בִּכְלַל בְּרָכָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבֵרַךְ אֶת לַחְמְךָ וְאֶת מֵימֶיךָ״. מָה לֶחֶם שֶׁנִּיקָּח בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר — אַף מַיִם שֶׁנִּיקָּח בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר, וּמַאי נִיהוּ — יַיִן, וְקָא קָרֵי לֵיהּ מַיִם.
Rabbi Ḥanin bar Pappa a dit : Quiconque, dans la maison duquel le vin ne coule pas comme l’eau, n’est pas encore inclus dans la bénédiction de la Torah, comme il est dit : « Et Il bénira ton pain et ton eau » (Exode 23:25). L’eau mentionnée dans ce verset renvoie en réalité au vin, comme on l’apprend de la manière suivante : De même que le pain est quelque chose qui peut être acheté avec l’argent de la seconde dîme, c’est-à-dire qu’il est permis d’acheter du pain avec l’argent utilisé pour racheter la seconde dîme, de même le mot « eau » dans le verset désigne un liquide qui peut être acheté avec l’argent de la seconde dîme. Et qu’est-ce donc ? C’est le vin, car on peut acheter du vin avec l’argent de la seconde dîme, mais on ne peut pas acheter d’eau ; et pourtant, le verset l’appelle « eau ».