גְּמָ׳ לִמְקוֹם שֶׁרִיבָּה אִין, לִמְקוֹם שֶׁמִּיעֵט לָא? אֵימָא: אַף לִמְקוֹם שֶׁרִיבָּה.
GUEMARA : La Guemara demande : Cela signifie-t-il que, dans un endroit où il a étendu la limite, oui, les mesures de l’arpenteur sont acceptées, mais dans un endroit où il a réduit la limite, non, ses mesures ne sont pas acceptées ? Si sa mesure étendue est acceptée, sa mesure réduite devrait certainement l’être également. La Guemara répond : Dis que la michna veut dire que les mesures de l’arpenteur sont acceptées même dans un endroit où il a étendu la limite, sans craindre qu’il ait pu se tromper (Tossafot), et que les mesures de l’arpenteur sont certainement acceptées dans les endroits où il a réduit la limite de Chabbat.
רִיבָּה לְאֶחָד וּמִיעֵט לְאֶחָד כּוּ׳. הָא תּוּ לְמָה לִי? הַיְינוּ הָךְ! הָכִי קָאָמַר: רִיבָּה אֶחָד וּמִיעֵט אֶחָד — שׁוֹמְעִין לְזֶה שֶׁרִיבָּה.
Nous avons appris dans la michna : si l’arpenteur a étendu la limite pour l’un et l’a réduite pour l’autre, on accepte la mesure étendue. La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin de cela aussi ? Cette clause est la même que cette clause précédente dans la michna. La Guemara répond que voici ce que la michna a dit : Si deux arpenteurs ont mesuré la limite de Chabbat et que l’un a étendu la limite de Chabbat et l’un l’a réduite, on accepte la mesure de l’arpenteur qui l’a étendue.
אָמַר אַבָּיֵי: וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַרְבֶּה יוֹתֵר מִמִּדַּת הָעִיר בַּאֲלַכְסוֹנָא.
Abaye a dit : Les mesures de l’arpenteur qui a étendu la limite ne sont acceptées que tant qu’il n’étend pas la limite de plus que la différence entre la mesure de la limite de Chabbat de la ville calculée en diagonale depuis l’angle de la ville et celle calculée comme une ligne droite depuis le côté de la ville. Toutefois, si la différence entre les mesures dépasse ce montant, la limite de Chabbat doit être mesurée de nouveau.
שֶׁלֹּא אָמְרוּ חֲכָמִים אֶת הַדָּבָר לְהַחֲמִיר אֶלָּא לְהָקֵל. וְהָתַנְיָא: לֹא אָמְרוּ חֲכָמִים אֶת הַדָּבָר לְהָקֵל אֶלָּא לְהַחֲמִיר?
Nous avons appris dans la michna : Puisque les Sages n’ont pas énoncé la question, les lois des limites de Chabbat, pour être rigoureux, mais plutôt pour être indulgents. La Guemara demande : N’a-t-on pas enseigné le contraire dans une baraita : Les Sages n’ont pas énoncé la question, les lois des limites de Chabbat, pour être indulgents mais plutôt pour être rigoureux ?
אָמַר רָבִינָא: לֹא לְהָקֵל עַל דִּבְרֵי תוֹרָה, אֶלָּא לְהַחְמִיר עַל דִּבְרֵי תוֹרָה, וּתְחוּמִין דְּרַבָּנַן.
Ravina a dit qu’il n’y a pas de contradiction entre ces deux affirmations : l’institution même des limites de Chabbat a été établie non pour être plus indulgente que la loi de la Torah, mais plutôt pour être plus stricte au-delà de la loi de la Torah. Néanmoins, puisque les limites de Chabbat relèvent de la loi rabbinique, les Sages ont permis certaines souplesses quant à la manière dont les limites de Chabbat sont mesurées.
מַתְנִי׳ עִיר שֶׁל יָחִיד, וְנַעֲשֵׂית שֶׁל רַבִּים — מְעָרְבִין אֶת כּוּלָּהּ.
MICHNA : Bien que ce chapitre dans son ensemble traite des halakhot régissant l’union des limites de Chabbat, cette michna revient aux halakhot régissant l’union des cours. Si une ville privée, qui n’a pas beaucoup d’habitants, grandit et devient une ville publique densément peuplée, on peut établir une union des cours pour l’ensemble de la ville, à condition qu’elle n’inclue pas un domaine public tel que défini par la loi de la Torah.
וְשֶׁל רַבִּים וְנַעֲשֵׂית שֶׁל יָחִיד — אֵין מְעָרְבִין אֶת כּוּלָּהּ אֶלָּא אִם כֵּן עָשָׂה חוּצָה לָהּ. כָּעִיר חֲדָשָׁה שֶׁבִּיהוּדָה, שֶׁיֵּשׁ בָּהּ חֲמִשִּׁים דָּיוֹרִין, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: שָׁלֹשׁ חֲצֵירוֹת שֶׁל שְׁנֵי בָתִּים.
Et si une ville publique perd des habitants avec le temps et devient une ville privée, on ne peut pas établir un eiruv pour toute la ville à moins de maintenir une zone à l’extérieur de l’eiruv qui soit comme la taille de la ville de Ḥadasha en Judée, qui compte cinquante habitants. Il est permis de porter à l’intérieur de l’eiruv, mais il reste interdit de porter dans la zone exclue de l’eiruv. La raison de cette exigence est de faire en sorte que les lois de l’eiruv ne soient pas oubliées. C’est la déclaration de Rabbi Yehuda. Rabbi Shimon dit : La zone exclue n’a pas besoin d’être si grande ; il suffit plutôt d’exclure trois cours avec deux maisons chacune.
גְּמָ׳ הֵיכִי דָּמֵי עִיר שֶׁל יָחִיד וְנַעֲשֵׂית שֶׁל רַבִּים? אָמַר רַב יְהוּדָה: כְּגוֹן דִּאיסְקַרְתָּא דְּרֵישׁ גָּלוּתָא.
GUEMARA : La Guemara demande : Quelles sont les circonstances d’une ville privée qui devient une ville publique ? Rav Yehouda a dit : Par exemple, le village de l’Exilarque [de’iskarta] était un petit village réservé à la famille de l’Exilarque et à ses serviteurs ; puisqu’il était fréquenté par de nombreuses personnes, il est devenu une ville publique.
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּשְׁכִיחִי גַּבֵּי הַרְמָנָא, מַדְכְּרִי אַהֲדָדֵי — כּוּלְּהוּ יִשְׂרָאֵל נָמֵי בְּצַפְרָא דְּשַׁבְּתָא שְׁכִיחִי גַּבֵּי הֲדָדֵי. אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן: כְּגוֹן דִּיסְקַרְתָּא דְנַתְּזוּאִי.
Rav Naḥman lui dit : Quelle est la raison d’apporter cet exemple ? Si tu dis que parce que de grands nombres de personnes se trouvent à la résidence du gouverneur [harmana] afin de demander des licences et des autorisations, et ils se rappellent les uns aux autres la raison pour laquelle il est permis d’y établir un eiruv, et par conséquent ils n’arriveront pas à des conclusions erronées au sujet d’autres endroits, alors chaque ville devrait avoir le même statut, puisque tout le peuple juif se trouve également réuni le matin de Shabbat lorsqu’ils viennent prier. Au contraire, Rav Naḥman dit : Par exemple, le village de Natzu’i était une ville privée appartenant à un seul individu avant qu’un grand afflux de résidents ne la transforme en ville publique.
תָּנוּ רַבָּנַן: עִיר שֶׁל יָחִיד וְנַעֲשֵׂית שֶׁל רַבִּים וּרְשׁוּת הָרַבִּים עוֹבֶרֶת בְּתוֹכָהּ, כֵּיצַד מְעָרְבִין אוֹתָהּ? עוֹשֶׂה לֶחִי מִכָּאן וְלֶחִי מִכָּאן, אוֹ קוֹרָה מִכָּאן וְקוֹרָה מִכָּאן, וְנוֹשֵׂא וְנוֹתֵן בָּאֶמְצַע. וְאֵין מְעָרְבִין אוֹתָהּ לַחֲצָאִין, אֶלָּא אוֹ כּוּלָּהּ, אוֹ מָבוֹי מָבוֹי בִּפְנֵי עַצְמוֹ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Si une ville privée devient publique, et qu’un véritable domaine public la traverse, comment y établit-on un eiruv ? On place un poteau latéral d’un côté, sur un côté du domaine public, et un poteau latéral de l’autre côté, sur l’autre côté ; ou on place une poutre d’un côté, sur un côté du domaine public, et une autre poutre de l’autre côté, sur l’autre côté. On peut alors porter des objets et les placer entre ces séparations symboliques, car le domaine public est désormais considéré comme l’une des cours de la ville. Et on ne peut pas établir un eiruv pour la moitié de la ville ; plutôt, on peut établir soit un seul eiruv pour toute la ville, soit des eiruvin séparés pour chaque ruelle séparément sans inclure les autres parties de la ville.
הָיְתָה שֶׁל רַבִּים, וַהֲרֵי הִיא שֶׁל רַבִּים
La baraita continue : si c’était à l’origine une ville publique, et elle reste une ville publique,