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אֲבָל חוּט הַמִּשְׁקוֹלֶת יוֹרֵד כְּנֶגְדּוֹ — מוֹדְדוֹ מְדִידָה יָפָה.
Cependant, si un fil à plomb descend tout droit vers le bas, c’est-à-dire si la paroi du canyon est très escarpée, il mesure la largeur du canyon correctement au fond du canyon, sans tenir compte de ses parois.
וְכַמָּה עוֹמְקוֹ שֶׁל גֵּיא? אָמַר רַב יוֹסֵף: אַלְפַּיִם.
La Guemara demande : Et quelle est la profondeur d’un canyon qui peut être franchi s’il ne fait pas plus de cinquante coudées de large ? Rav Yosef a dit : Jusqu’à deux mille coudées ; mais s’il est plus profond que cela, il faut aussi mesurer la pente.
אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: עָמוֹק מֵאָה וְרוֹחַב חֲמִשִּׁים — מַבְלִיעוֹ. וְאִם לָאו — אֵין מַבְלִיעוֹ? הוּא דְּאָמַר כַּאֲחֵרִים, דְּתַנְיָא, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: אֲפִילּוּ עָמוֹק אַלְפַּיִם וְרוֹחַב חֲמִשִּׁים — מַבְלִיעוֹ.
Abaye souleva une objection à partir de la baraita suivante : Si un canyon a jusqu’à cent coudées de profondeur et jusqu’à cinquante coudées de largeur, on peut le franchir en le couvrant; sinon, on ne peut pas le franchir ainsi. Comment Rav Yossef pouvait-il dire que le canyon peut être franchi ainsi si sa profondeur est inférieure à deux mille coudées ? La Guemara répond : Il a énoncé son opinion conformément à l’opinion des Aḥerim ; comme cela a été enseigné dans une baraita : Aḥerim disent : Même si le canyon a deux mille coudées de profondeur et cinquante coudées de largeur, on peut le franchir en le couvrant.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב יוֹסֵף: אֲפִילּוּ יָתֵר מֵאַלְפַּיִם. כְּמַאן? דְּלָא כְּתַנָּא קַמָּא וְלָא כַּאֲחֵרִים!
La Guemara cite une version alternative de la discussion précédente. Certains disent que Rav Yosef a dit : Même si le canyon a plus de deux mille coudées de profondeur, il peut être franchi. La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui Rav Yosef a-t-il dit cela ? Cela n’est pas conforme à l’opinion du premier tanna, et cela n’est pas conforme à l’opinion des Aḥerim.
הָתָם — שֶׁאֵין חוּט הַמִּשְׁקוֹלֶת יוֹרֵד כְּנֶגְדּוֹ. הָכָא — בְּחוּט הַמִּשְׁקוֹלֶת יוֹרֵד כְּנֶגְדּוֹ.
La Guemara répond : Là-bas, là où les tanna’im sont en désaccord au sujet de la profondeur d’un canyon qui peut être franchi, ils parlent d’un cas où un fil à plomb ne descend pas tout droit vers le bas et où il y a donc lieu de mesurer la pente. Ici, en revanche, là où Rav Yosef dit que le canyon peut être franchi même s’il a plus de deux mille coudées de profondeur, il parle d’un cas où un fil à plomb descend tout droit vers le bas.
וְכִי אֵין חוּט הַמִּשְׁקוֹלֶת יוֹרֵד כְּנֶגְדּוֹ, עַד כַּמָּה? אָמַר אֲבִימִי: אַרְבַּע. וְכֵן תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל: אַרְבַּע.
La Guemara demande : Et là où un fil à plomb ne descend pas tout droit vers le bas, de combien doit-il s’écarter du sommet du canyon pour que la paroi du canyon soit considérée comme une pente plutôt qu’un mur vertical ? Avimi a dit : Quatre coudées. Si le lit du canyon se trouve à quatre coudées au-delà du bord supérieur du canyon, la paroi est en pente et doit être incluse dans la mesure. Et de même, Rami bar Ézéchiel a enseigné, sur la base d’une baraita, que la portée horizontale maximale est de quatre coudées.
הִגִּיעַ לְהַר, מַבְלִיעוֹ וְחוֹזֵר לְמִידָּתוֹ. אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּהַר הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ אַרְבַּע, אֲבָל בְּהַר הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ חָמֵשׁ — מוֹדְדוֹ מְדִידָה יָפָה.
Nous avons appris dans la michna : Si il est arrivé à une colline, il n’en mesure pas la hauteur, mais plutôt la franchit comme si elle n’était pas là puis reprend sa mesure. Rava a dit : Ils ont enseigné cette halakha seulement à l’égard d’une colline qui présente une pente de dix palmes sur une distance de quatre coudées. Cependant, à l’égard d’une colline plus douce, par exemple une qui présente une pente de dix palmes sur cinq coudées, il faut mesurer la colline correctement, c’est-à-dire qu’il doit inclure la pente elle-même dans sa mesure.
רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן מַתְנֵי לְקוּלָּא. אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּהַר הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ חָמֵשׁ, אֲבָל בְּהַר הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ אַרְבַּע — אוֹמְדוֹ וְהוֹלֵךְ לוֹ.
La Guemara note que Rav Houna, fils de Rav Natan, enseigne une formulation indulgente de cette halakha : Rava a dit qu'ils n'ont enseigné cette halakha qu'à l'égard d'une colline qui présente une pente de dix palmes sur une distance de cinq coudées. Cependant, à l'égard d'une colline plus escarpée, qui présente une pente de dix palmes sur quatre coudées, il n'est pas nécessaire de prendre des mesures précises ; au contraire, il estime la longueur de la colline puis s'en éloigne et continue à mesurer depuis l'autre côté.
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יֵצֵא חוּץ לַתְּחוּם. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַב כָּהֲנָא: גְּזֵירָה שֶׁמָּא יֹאמְרוּ מִדַּת תְּחוּמִין בָּאָה לְכָאן.
Nous avons appris dans la michna qu’il est permis de mesurer un ravin ou une colline situés à l’intérieur de la limite de Chabbat, à condition de ne pas sortir au-delà de la limite. La Guemara demande : Quelle est la raison de cette restriction ? Rav Kahana a dit : C’est un décret, de peur que les gens disent : La mesure de la limite de Chabbat arrive jusqu’ici. Puisque les gens savent qu’il est sorti pour mesurer la limite de Chabbat, s’ils le voient mesurer à un certain endroit, ils supposeront que cette zone est incluse dans la limite de Chabbat.
אִם אֵינוֹ יָכוֹל לְהַבְלִיעוֹ. תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד מְקַדְּרִין, תַּחְתּוֹן כְּנֶגֶד לִבּוֹ, עֶלְיוֹן כְּנֶגֶד מַרְגְּלוֹתָיו. אָמַר אַבָּיֵי: נְקִיטִינַן אֵין מְקַדְּרִין אֶלָּא בְּחֶבֶל שֶׁל אַרְבַּע אַמּוֹת.
Nous avons appris dans la michna : Si, en raison de la largeur du canyon ou de la colline, on ne peut pas le franchir en tendant la corde, on peut le percer. Les Sages ont enseigné une baraita qui explique cette procédure : Comment perce-t-on au sens figuré une colline ? Deux personnes tiennent les deux extrémités d’une corde de mesure. Celle qui se trouve plus bas sur la colline tient la corde à la hauteur de son cœur, tandis que celle qui se trouve plus haut la tient à la hauteur de ses pieds, et elles continuent à mesurer de cette manière. Abaye a dit : Selon la tradition, nous maintenons que l’on ne peut percer qu’avec une corde de quatre coudées.
אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: (נְקִיטִינַן) אֵין מְקַדְּרִין לֹא בְּעֶגְלָה עֲרוּפָה וְלֹא בְּעָרֵי מִקְלָט — מִפְּנֵי שֶׁהֵן שֶׁל תּוֹרָה.
Rav Naḥman a dit que Rabba bar Avuh a dit : Selon la tradition, nous soutenons qu’on ne peut pas percer lorsqu’on mesure des distances pour le rite de la génisse décapitée. Ce rite est pratiqué lorsqu’une victime de meurtre est trouvée et que l’on ne sait pas qui l’a tuée. Les juges mesurent la distance entre l’endroit où se trouve le corps et la ville la plus proche, afin de déterminer quelle ville doit accomplir le rite (Deutéronome 21). De même, on ne peut pas percer lorsqu’on mesure des distances concernant les villes de refuge, afin de déterminer les limites à l’intérieur desquelles un homicide involontaire est protégé du vengeur du sang (Nombres 32). Parce que ces mesures proviennent de la Torah, les méthodes indirectes de mesure sont insuffisantes. La zone doit être mesurée comme si elle était plane.
מַתְנִי׳ אֵין מוֹדְדִין אֶלָּא מִן הַמּוּמְחֶה. רִיבָּה לְמָקוֹם אֶחָד, וּמִיעֵט לְמָקוֹם אַחֵר — שׁוֹמְעִין לִמְקוֹם שֶׁרִיבָּה. רִיבָּה לְאֶחָד וּמִיעֵט לְאֶחָד — שׁוֹמְעִין לַמְרוּבֶּה.
MISHNA : On ne peut mesurer la limite du Chabbat qu’avec un expert en arpentage. S’il s’avère que l’arpenteur a étendu la limite à un endroit et l’a réduite à un autre, de sorte que la ligne marquant la limite du Chabbat n’est pas droite, on accepte la mesure de l’endroit où il a étendu la limite et on redresse la limite en conséquence. De même, si l’arpenteur a étendu la limite pour l’un et l’a réduite pour l’autre, on accepte la mesure étendue.
וַאֲפִילּוּ עֶבֶד אֲפִילּוּ שִׁפְחָה נֶאֱמָנִין לוֹמַר עַד כָּאן תְּחוּם שַׁבָּת, שֶׁלֹּא אָמְרוּ חֲכָמִים אֶת הַדָּבָר לְהַחֲמִיר, אֶלָּא לְהָקֵל.
Et de plus, même un esclave non-juif et même une servante non-juive, dont les témoignages sont généralement considérés comme peu fiables, sont dignes de confiance pour dire : La limite de Chabbat s’étendait jusqu’ici ; car les Sages n’ont pas énoncé la question, les lois des limites de Chabbat, pour être stricts, mais plutôt pour être indulgents. L’interdiction de marcher plus de deux mille coudées est d’origine rabbinique et est donc interprétée avec indulgence.

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