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הָא מַנִּי — רַבִּי מֵאִיר הִיא.
Conformément à l’opinion de qui est cette clause de la michna ? C’est l’opinion de Rabbi Meir, qui soutient qu’on attribue un karpef à chaque ville.
אִי רַבִּי מֵאִיר הִיא, הָא תָּנֵי לֵיהּ רֵישָׁא: נוֹתְנִין קַרְפֵּף לָעִיר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר?
La Guemara continue de demander : Si cela est conforme à l’opinion de Rabbi Meïr, n’avons-nous pas déjà appris dans la première clause : On attribue un karpef à chaque ville ; c’est l’avis de Rabbi Meïr ? Quel besoin y a-t-il de mentionner à nouveau l’opinion de Rabbi Meïr ?
צְרִיכָא, דְּאִי מֵהַהִיא, הֲוָה אָמֵינָא: חַד לַחֲדָא, וְחַד לְתַרְתֵּי. קָא מַשְׁמַע לַן דִּלְתַרְתֵּי תְּרֵי יָהֲבִינַן לְהוּ.
La Guemara répond : Il était nécessaire de mentionner à nouveau son opinion, car, si nous n'avions appris son opinion que de cette première clause, j'aurais pu dire que l'on attribue un karpef à une ville et aussi un karpef à deux villes. Par conséquent, la michna nous enseigne que pour deux villes, on attribue deux zones de karpef.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן הָכָא, מִשּׁוּם דִּדְחִיקָא תַּשְׁמִישְׁתַּיְיהוּ, אֲבָל הָתָם דְּלָא דְּחִיקָא תַּשְׁמִישְׁתַּיְיהוּ, אֵימָא לָא, צְרִיכָא.
Et, inversement, si la michna nous avait enseigné cette loi seulement ici, au sujet de deux villes, on aurait pu dire que ce n’est que dans ce cas qu’un karpef distinct est accordé à chaque ville, parce que un espace plus réduit entre les deux villes adjacentes serait trop exigu pour l’usage des deux villes. Mais là-bas, au sujet d’une seule ville, la superficie de la ville elle-même n’est pas trop exiguë pour l’usage de ses habitants, on pourrait dire qu’elle ne reçoit aucun karpef du tout. Il était donc nécessaire que la michna enseigne les deux clauses.
תְּנַן: וְכֵן שְׁלֹשָׁה כְּפָרִים הַמְשׁוּלָּשִׁין, אִם יֵשׁ בֵּין שְׁנַיִם הַחִיצוֹנִים מֵאָה וְאַרְבָּעִים וְאַחַת אַמָּה וּשְׁלִישׁ — עוֹשֶׂה אֶמְצָעִי אֶת שְׁלָשְׁתָּן לִהְיוֹת אֶחָד. טַעְמָא דְּאִיכָּא אֶמְצָעִי, הָא לֵיכָּא אֶמְצָעִי — לֹא. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא!
La Guemara tente à nouveau d’apporter une preuve à partir de la michna, dans laquelle nous avons appris : Et de même, dans le cas de trois villages alignés en une rangée, s’il n’y a que 141⅓ coudées séparant les deux villages extérieurs, le village du milieu réunit les trois villages en un seul. À ce stade, la Guemara comprend que la michna traite ici de trois villages disposés en ligne droite. Elle en tire donc l’inférence suivante : La raison pour laquelle les trois villages sont considérés comme un seul est uniquement parce qu’il y a un village au milieu, mais s’il n’y avait pas de village au milieu, ils ne seraient pas considérés comme un seul. Cela semble être une réfutation concluante de l’opinion de Rav Houna. Selon Rav Houna, les deux villages devraient être considérés comme un seul même sans le village du milieu, en raison du double karpef.
אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: הָא אִתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַבָּה אָמַר רַב אִידִי אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: לֹא מְשׁוּלָּשִׁין מַמָּשׁ, אֶלָּא רוֹאִין כׇּל שֶׁאִילּוּ מֵטִיל אֶמְצָעִי בֵּינֵיהֶן וְיִהְיוּ מְשׁוּלָּשִׁין, וְאֵין בֵּין זֶה לָזֶה אֶלָּא מֵאָה וְאַרְבָּעִים אַמָּה וְאַחַת וּשְׁלִישׁ — עָשָׂה אֶמְצָעִי אֶת שְׁלָשְׁתָּן לִהְיוֹת אֶחָד.
La Guemara rejette cet argument : Rav Houna aurait pu te dire : N’a-t-il pas été énoncé au sujet de cette michna que Rabba a dit que Rav Idi a dit que Rabbi Ḥanina a dit : Cela ne signifie pas que les villages sont réellement alignés en une rangée de trois villages sur une ligne droite. Au contraire, même si le village du milieu est décalé sur un côté et que les villages extérieurs sont séparés par plus de deux mesures de karpef, nous considérons leur espacement et faisons l’évaluation suivante : Tout cas où, si le village du milieu était placé entre les deux autres de sorte qu’ils soient trois villages alignés en une rangée, il n’y aurait que une distance de 141⅓ coudées entre l’un et l’autre, alors le village du milieu fait des trois villages un seul. Selon cette explication, la michna peut être comprise même comme un appui à l’opinion de Rav Houna.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְאַבָּיֵי: כַּמָּה יְהֵא בֵּין חִיצוֹן לָאֶמְצָעִי? אֲמַר לֵיהּ: אַלְפַּיִם אַמָּה.
En ce qui concerne ce cas, Rava dit à Abaye : Quelle distance peut y avoir entre un village extérieur et celui du milieu, pour que ce dernier réunisse encore les trois villages en un seul ? Abaye lui dit : Deux mille coudées.
וְהָא אַתְּ הוּא דְּאָמְרַתְּ: כְּווֹתֵיהּ דְּרָבָא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא מִסְתַּבְּרָא, דְּאָמַר: יוֹתֵר מֵאַלְפַּיִם אַמָּה!
Rava répondit : N’est-ce pas toi toi-même qui as dit : Il est raisonnable de statuer conformément à l’opinion de Rava, fils de Rabba bar Rav Huna, qui a dit : La limite de Chabbat d’une ville en forme d’arc se mesure à partir de la corde imaginaire tendue entre les deux extrémités de la ville, même si la distance entre le centre de la corde et le centre de l’arc est de plus de deux mille coudées. Pourquoi les trois villages, dans ce cas, ne seraient-ils pas eux aussi considérés comme un seul village, même s’ils sont séparés par plus de deux mille coudées ?
הָכִי הַשְׁתָּא? הָתָם, אִיכָּא בָּתִּים. הָכָא, לֵיכָּא בָּתִּים.
Abaye a rejeté la comparaison : Comment pouvez-vous comparer ? Là-bas, dans le cas de la ville en forme d’arc, il y a des maisons qui unissent la ville en une seule unité, tandis qu’ici, il n’y a pas de maisons reliant les villages extérieurs. Par conséquent, si deux villages sont séparés par plus de deux mille coudées, la mesure de la limite du Chabbat, ils ne peuvent pas être considérés comme une seule entité.
וַאֲמַר לֵיהּ רָבָא לְאַבָּיֵי: כַּמָּה יְהֵא בֵּין חִיצוֹן לְחִיצוֹן? כַּמָּה יְהֵא?! מַאי נָפְקָא לָךְ מִינַּהּ? כׇּל שֶׁאִילּוּ מַכְנִיס אֶמְצָעִי בֵּינֵיהֶן וְאֵין בֵּין זֶה לָזֶה אֶלָּא מֵאָה וְאַרְבָּעִים וְאַחַת וּשְׁלִישׁ.
Et Rava dit à Abaye : Quelle distance peut y avoir entre un village extérieur et l’autre village extérieur ? Abaye exprima sa surprise face à cette question : Quelle distance peut y avoir entre eux ? Quelle est la différence pratique pour toi ? Tout cas où, si le village du milieu était placé entre eux, il n’y aurait que une distance de 141⅓ coudées entre l’un et l’autre, le village du milieu transforme les trois villages en un seul. Par conséquent, le détail crucial n’est pas la distance entre les villages extérieurs, mais la taille du village du milieu.
וַאֲפִילּוּ אַרְבַּעַת אַלְפַּיִם אַמָּה? אֲמַר לֵיהּ: אִין. וְהָאָמַר רַב הוּנָא: עִיר הָעֲשׂוּיָה כְּקֶשֶׁת, אִם יֵשׁ בֵּין שְׁנֵי רָאשֶׁיהָ פָּחוֹת מֵאַרְבַּעַת אֲלָפִים אַמָּה מוֹדְדִין לָהּ מִן הַיֶּתֶר, וְאִם לָאו מוֹדְדִין לָהּ מִן הַקֶּשֶׁת!
Rava poursuivit sa série de questions : Est-ce vrai même si la distance entre les deux villages extérieurs est de quatre mille coudées ? Abaye lui dit : Oui. Rava demanda : Rav Houna n’a-t-il pas dit ce qui suit au sujet d’une ville en forme d’arc : Si la distance entre ses deux extrémités est inférieure à quatre mille coudées, on mesure la limite de Chabbat à partir de la corde imaginaire tendue entre les deux extrémités de l’arc ; et sinon, on mesure la limite de Chabbat à partir de l’arc lui-même ? Cela indique que, même s’il existe une rangée ininterrompue de maisons reliant les deux extrémités de la ville, si les deux extrémités sont séparées par plus de quatre mille coudées, la distance est trop grande pour qu’elle soit considérée comme une seule ville.
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם לֵיכָּא לְמֵימַר ״מַלֵּי״. הָכָא אִיכָּא לְמֵימַר ״מַלֵּי״.
Abaye lui dit : Là-bas, dans le cas de la ville en forme d’arc, il n’y a pas lieu de dire : Remplis cela, car il n’y a rien avec quoi remplir l’espace vide entre les deux extrémités de la ville. Cependant, ici, dans le cas des villages, il y a lieu de dire : Remplis cela, car le village du milieu est considéré comme s’il était projeté entre les deux villages extérieurs, et par conséquent les trois se combinent en un seul village.
אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא לְרָבָא: הֲרֵי בְּנֵי אֲקִיסְטְפוֹן, דְּמָשְׁחִינַן לְהוּ תְּחוּמָא מֵהַאי גִּיסָא דְּאַרְדָּשִׁיר, וּבְנֵי תְּחוּמָא דְאַרְדָּשִׁיר מָשְׁחִינַן לְהוּ תְּחוּמָא מֵהַאי גִּיסָא דַּאֲקִיסְטְפוֹן. הָא אִיכָּא דִּגְלַת דְּמַפְסְקָא יָתֵר מִמֵּאָה וְאַרְבָּעִים וְאַחַת וּשְׁלִישׁ?
Rav Safra dit à Rava : En ce qui concerne les habitants de la ville d’Akistefon, pour lesquels nous mesurons la limite de Chabbat depuis l’extrémité la plus éloignée de la ville d’Ardeshir, et les habitants d’Ardeshir, pour lesquels nous mesurons la limite de Chabbat depuis l’extrémité la plus éloignée d’Akistefon, comme si les deux agglomérations formaient une seule ville ; n’y a-t-il pas le Tigre, qui les sépare de plus de 141⅓ coudées ? Comment deux villes séparées par plus de deux longueurs de karpef peuvent-elles être considérées comme une seule entité ?
נְפַק, אַחְוִי לֵיהּ הָנָךְ אַטְמָהָתָא דְשׁוּרָא, דְּמִבַּלְעִי בְּדִגְלַת בְּשִׁבְעִים אַמָּה וְשִׁירַיִים.
Rava sortit et montra à Rav Safra les fondations d’un mur de l’une des villes, qui étaient submergées dans le Tigre à une distance de soixante-dix coudées et un peu plus de l’autre ville. En d’autres termes, les deux villes étaient en fait reliées par les vestiges d’un mur submergé dans le fleuve.
מַתְנִי׳ אֵין מוֹדְדִין אֶלָּא בְּחֶבֶל שֶׁל חֲמִשִּׁים אַמָּה, לֹא פָּחוֹת וְלֹא יוֹתֵר. וְלֹא יִמְדּוֹד אֶלָּא כְּנֶגֶד לִבּוֹ.
MICHNA :On ne peut mesurer une limite de Chabbat qu’avec une corde de cinquante coudées de long, ni moins ni plus, comme cela sera expliqué dans la Guemara. Et on ne peut mesurer la limite qu’à la hauteur du cœur, c’est-à-dire que celui qui vient mesurer la limite doit tenir la corde près de sa poitrine.
הָיָה מוֹדֵד וְהִגִּיעַ לְגַיְא אוֹ לְגָדֵר, מַבְלִיעוֹ, וְחוֹזֵר לְמִדָּתוֹ. הִגִּיעַ לְהַר, מַבְלִיעוֹ וְחוֹזֵר לְמִדָּתוֹ.
Si quelqu’un mesurait la limite et atteignait un ravin ou une clôture, la hauteur de la clôture et la profondeur du ravin ne sont pas comptées dans les deux mille coudées ; au contraire, il les franchit et ensuite reprend sa mesure. Deux personnes tiennent les deux extrémités de la corde tendue en ligne droite au-dessus du ravin ou de la clôture, et la distance est mesurée comme si la zone était complètement plate. Si quelqu’un atteignait une colline, il n’en mesure pas la hauteur ; au contraire, il la franchit comme si elle n’était pas là et ensuite reprend sa mesure,

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