בְּטַשָׁה בֵּיהּ, אֲמַרָה לֵיהּ: לֹא כָּךְ כָּתוּב ״עֲרוּכָה בַכֹּל וּשְׁמוּרָה״, אִם עֲרוּכָה בִּרְמַ״ח אֵבָרִים שֶׁלְּךָ — מִשְׁתַּמֶּרֶת, וְאִם לָאו — אֵינָהּ מִשְׁתַּמֶּרֶת. תָּנָא: תַּלְמִיד אֶחָד הָיָה לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁהָיָה שׁוֹנֶה בְּלַחַשׁ, לְאַחַר שָׁלֹשׁ שָׁנִים שָׁכַח תַּלְמוּדוֹ.
Elle lui donna un coup de pied et lui dit : N’est-il pas écrit ainsi : « Ordonné en toutes choses et sûr » (II Samuel 23:5), ce qui indique que si la Torah est ordonnée dans tes 248 membres, c’est-à-dire si tu engages tout ton corps dans son étude, elle sera préservée, et sinon, elle ne sera pas préservée. La Guemara rapporte que cela fut également enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer avait un élève qui étudiait en silence, et au bout de trois ans il oublia ses études.
תָּנָא, תַּלְמִיד אֶחָד הָיָה לוֹ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁנִּתְחַיֵּיב בִּשְׂרֵיפָה לַמָּקוֹם. אָמְרוּ: הַנִּיחוּ לוֹ אָדָם גָּדוֹל שִׁמֵּשׁ.
Incidemment à l’histoire citée ci-dessus impliquant un élève de Rabbi Eliezer, la Guemara cite l’épisode suivant : Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer avait un élève qui était passible de la peine de mort par brûlure, pour ses péchés contre Dieu, mais les Sages dirent : Laissez-le tranquille et ne le punissez pas comme il le mérite, parce qu’il a servi une grande personne.
אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, פְּתַח פּוּמָּיךְ קְרִי, פְּתַח פּוּמָּיךְ תְּנִי, כִּי הֵיכִי דְּתִתְקַיַּים בָּיךְ וְתוֹרִיךְ חַיֵּי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי חַיִּים הֵם לְמֹצְאֵיהֶם וּלְכׇל בְּשָׂרוֹ מַרְפֵּא״, אַל תִּקְרֵי ״לְמֹצְאֵיהֶם״ אֶלָּא ״לְמוֹצִיאֵיהֶם בַּפֶּה״.
La Guemara cite des instructions données par Shmuel qui sont semblables à celles de Berouria. Shmuel dit à Rav Yehouda : Érudit perspicace [shinnana], ouvre ta bouche et lis de la Torah, ouvre ta bouche et étudie le Talmud, afin que tes études demeurent en toi et que tu vives une longue vie, comme il est dit : « Car ils sont la vie pour ceux qui les expriment, et la santé pour toute leur chair » (Proverbes 4:22). Ne lis pas : « pour ceux qui les trouvent [lemotzeihem] », mais plutôt « pour ceux qui les expriment [lemotzi’eihem] », avec leur bouche.
אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, חֲטוֹף וֶאֱכוֹל חֲטוֹף וְאִישְׁתִּי, דְּעָלְמָא דְּאָזְלִינַן מִינֵּיהּ כְּהִלּוּלָא דָּמֵי.
La Guemara cite des instructions supplémentaires données par Shmuel : Shmuel dit à Rav Yehuda, son élève bien-aimé : Érudit perspicace, saisis et mange, saisis et bois, car le monde que nous quittons est comme un festin de mariage, dont la joie n’est que temporaire, et celui qui n’en profite pas maintenant ne pourra pas le faire à l’avenir.
אֲמַר לֵיהּ רַב לְרַב הַמְנוּנָא: בְּנִי אִם יֵשׁ לָךְ — הֵיטֵב לָךְ, שֶׁאֵין בַּשְּׁאוֹל תַּעֲנוּג, וְאֵין לַמָּוֶת הִתְמַהְמֵהַּ. וְאִם תֹּאמַר אַנִּיחַ לְבָנַי — חוֹק בַּשְּׁאוֹל מִי יַגִּיד לָךְ: בְּנֵי הָאָדָם דּוֹמִים לְעִשְׂבֵי הַשָּׂדֶה הַלָּלוּ נוֹצְצִין וְהַלָּלוּ נוֹבְלִין.
De même, Rav dit à Rav Hamnuna : Mon fils, si tu as de l’argent, fais-toi du bien. Il ne sert à rien d’attendre, car il n’y a pas de plaisir dans le monde souterrain, et la mort ne tarde pas. Et si tu dis : Je vais économiser afin de laisser à mes enfants, qui t’a dit la loi du monde souterrain, c’est-à-dire, comment sais-tu lequel d’entre vous mourra le premier (Arukh) ? Les gens sont semblables à l’herbe des champs, en ce que ceux-ci fleurissent, c’est-à-dire grandissent, et leurs actions sont bénies, et ceux-ci se fanent et meurent.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הַמְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ וְאֵין עִמּוֹ לְוָיָיה — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לִוְיַת חֵן הֵם״.
Après avoir expliqué le verset « Car elles sont la vie pour ceux qui les trouvent » comme se rapportant à la Torah, la Guemara cite un autre enseignement lié à ce verset qui fait l’éloge de la Torah. Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Celui qui marche en chemin sans compagnon et qui a peur doit s’adonner à l’étude de la Torah, comme il est dit au sujet des paroles de la Torah : « Car elles seront une couronne gracieuse [livyat ḥen] pour ta tête, et des colliers autour de ton cou » (Proverbes 1:9). Le mot livyat est compris ici comme une référence à levaya, l’accompagnement, de sorte que le verset est interprété comme signifiant que la Torah est un accompagnement gracieux pour celui qui voyage.
חָשׁ בְּרֹאשׁוֹ — יַעֲסוֹק בְּתוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לִוְיַת חֵן הֵם לְרֹאשֶׁךָ״. חָשׁ בִּגְרוֹנוֹ — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַעֲנָקִים לְגַרְגְּרוֹתֶיךָ״. חָשׁ בְּמֵעָיו — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רִפְאוּת תְּהִי לְשָׁרֶּךָ״. חָשׁ בְּעַצְמוֹתָיו — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשִׁקּוּי לְעַצְמוֹתֶיךָ״. חָשׁ בְּכׇל גּוּפוֹ — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְכׇל בְּשָׂרוֹ מַרְפֵּא״.
Celui qui ressent une douleur à la tête doit s’adonner à l’étude de la Torah, comme il est dit : « Car elles seront une couronne de grâce pour ta tête. » Celui qui ressent une douleur à la gorge doit s’adonner à l’étude de la Torah, comme il est dit : « Et des colliers autour de ton cou. » Celui qui ressent une douleur dans les intestins doit s’adonner à l’étude de la Torah, comme il est dit : « Ce sera la santé pour ton nombril » (Proverbes 3:8). Celui qui ressent une douleur dans les os doit s’adonner à l’étude de la Torah, comme il est dit : « Et de la moelle pour tes os » (Proverbes 3:8). Celui qui ressent une douleur dans tout son corps doit s’adonner à l’étude de la Torah, comme il est dit : « Et la santé pour toute leur chair » (Proverbes 4:22).
אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרַבִּי חִיָּיא: בֹּא וּרְאֵה, שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וְדָם. מִדַּת בָּשָׂר וָדָם: אָדָם נוֹתֵן סַם לַחֲבֵירוֹ — לָזֶה יָפֶה, וְלָזֶה קָשֶׁה. אֲבָל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֵינוֹ כֵּן: נָתַן תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל — סַם חַיִּים לְכׇל גּוּפוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְכׇל בְּשָׂרוֹ מַרְפֵּא״.
Rav Yehuda, fils de Rabbi Ḥiyya, a dit : Viens voir que l’attribut de la chair et du sang n’est pas comme l’attribut du Saint, béni soit-Il. L’attribut de la chair et du sang, c’est que lorsque quelqu’un donne un remède à son prochain, il est bon pour cette partie de son corps et nuisible pour cette autre partie de son corps. Mais l’attribut du Saint, béni soit-Il, n’est pas ainsi ; Il a donné la Torah au peuple juif, et elle est un remède de vie pour tout le corps de la personne, comme il est dit : « Et la santé pour toute sa chair. »
אָמַר רַב אַמֵּי: מַאי דִּכְתִיב ״כִּי נָעִים כִּי תִשְׁמְרֵם בְּבִטְנֶךָ יִכּוֹנוּ יַחְדָּיו עַל שְׂפָתֶיךָ״, אֵימָתַי דִּבְרֵי תוֹרָה נְעִימִים — בִּזְמַן שֶׁתִּשְׁמְרֵם בְּבִטְנֶךָ, וְאֵימָתַי תִּשְׁמְרֵם בְּבִטְנֶךָ — בִּזְמַן שֶׁיִּכּוֹנוּ יַחְדָּו עַל שְׂפָתֶיךָ.
La Guemara poursuit avec des louanges pour l’étude de la Torah et la connaissance. Rav Ami a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Car c’est une chose agréable si tu les gardes au-dedans de toi ; qu’elles soient fermement unies sur tes lèvres » (Proverbes 22:18) ? Quand les paroles de la Torah sont-elles agréables ? Quand tu les gardes au-dedans de toi et que tu les connais. Et quand les garderas-tu au-dedans de toi ? Lorsqu’elles seront unies sur tes lèvres, c’est-à-dire lorsque tu les articules à voix haute et les exposes.
רַבִּי זֵירָא אָמַר מֵהָכָא: ״שִׂמְחָה לָאִישׁ בְּמַעֲנֵה פִיו וְדָבָר בְּעִתּוֹ מַה טּוֹב״, אֵימָתַי שִׂמְחָה לָאִישׁ — בִּזְמַן שֶׁמַּעֲנֶה בְּפִיו. לָשׁוֹן אַחֵר: אֵימָתַי שִׂמְחָה לָאִישׁ בְּמַעֲנֵה פִיו — בִּזְמַן שֶׁדָּבָר בְּעִתּוֹ מַה טּוֹב.
Rabbi Zeira a dit que cette idée est tirée d’ici : « Un homme a de la joie dans la réponse de sa bouche ; et une parole en son temps, combien elle est bonne » (Proverbes 15:23). Quand un homme a-t-il de la joie ? Quand une réponse liée à l’étude de la Torah est dans sa bouche. Une autre version : Quand un homme a-t-il de la joie dans la réponse de sa bouche ? Quand il connaît l’accomplissement de : « Et une parole en son temps, combien elle est bonne », c’est-à-dire lorsqu’il sait quand et comment traiter chaque question.
רַבִּי יִצְחָק אָמַר מֵהָכָא: ״כִּי קָרוֹב אֵלֶיךָ הַדָּבָר מְאֹד בְּפִיךָ וּבִלְבָבְךָ לַעֲשׂוֹתוֹ״, אֵימָתַי קָרוֹב אֵלֶיךָ — בִּזְמַן שֶׁבְּפִיךָ וּבִלְבָבְךָ לַעֲשׂוֹתוֹ.
Rabbi Yitzḥak a dit que cette idée est tirée d’ici : « Car cette chose est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique » (Deutéronome 30:14). Quand est-elle tout près de toi ? Lorsqu’elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique, c’est-à-dire lorsque tu articules ton étude de la Torah.
רָבָא אָמַר מֵהָכָא: ״תַּאֲוַת לִבּוֹ נָתַתָּה לּוֹ וַאֲרֶשֶׁת שְׂפָתָיו בַּל מָנַעְתָּ סֶּלָה״, אֵימָתַי תַּאֲוַת לִבּוֹ נָתַתָּה לּוֹ — בִּזְמַן שֶׁאֲרֶשֶׁת שְׂפָתָיו בַּל מָנַעְתָּ סֶּלָה.
Rava a dit que cette idée est en réalité tirée d’ici : « Tu lui as accordé le désir de son cœur, et tu n’as pas refusé la demande de ses lèvres, Sélah » (Psaumes 21:3). Quand lui as-Tu accordé le désir de son cœur ? Quand Tu n’as pas refusé la demande de ses lèvres, Sélah, c’est-à-dire lorsqu’il converse avec des paroles de Torah.
רָבָא רָמֵי: כְּתִיב ״תַּאֲוַת לִבּוֹ נָתַתָּה לּוֹ״. וּכְתִיב ״וַאֲרֶשֶׁת שְׂפָתָיו בַּל מָנַעְתָּ סֶּלָה״. זָכָה — תַּאֲוַת לִבּוֹ נָתַתָּה לוֹ. לֹא זָכָה — וַאֲרֶשֶׁת שְׂפָתָיו בַּל מָנַעְתָּ סֶּלָה.
Rava a soulevé une contradiction interne dans ce même verset : Au début du verset, il est écrit : « Tu lui as donné le désir de son cœur, » ce qui implique qu’il suffit à une personne de demander dans son cœur, tandis qu’à la fin du verset il est écrit : « Et Tu n’as pas refusé la requête de ses lèvres, Sélah, » indiquant qu’il faut exprimer ses prières verbalement. Rava lui-même a résolu la contradiction : Si quelqu’un est chanceux, « Tu lui as donné le désir de son cœur, » même s’il ne donne pas d’expression verbale à ses désirs. Mais s’il n’est pas chanceux, au moins « Tu n’as pas refusé la requête de ses lèvres, Sélah. »
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב: כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״נֶצַח״ ״סֶלָה״ ״וָעֶד״ — אֵין לוֹ הֶפְסֵק עוֹלָמִית. נֶצַח, דִּכְתִיב: ״כִּי לֹא לְעוֹלָם אָרִיב וְלֹא לָנֶצַח אֶקְּצוֹף״.
En ce qui concerne la fin de ce verset, un Sage de l’école de Rabbi Eliezer ben Ya’akov a enseigné la baraita suivante : Partout où il est écrit netzaḥ, Selah, ou va’ed, la chose ne cessera jamais. Netzaḥ, comme il est écrit : « Car Je ne contesterai pas à jamais ; et Je ne serai pas éternellement [lanetzaḥ] en colère » (Isaïe 57:16), ce qui démontre que netzaḥ a un sens similaire à pour toujours.
סֶלָה, דִּכְתִיב: ״כַּאֲשֶׁר שָׁמַעְנוּ כֵּן רָאִינוּ בְּעִיר ה׳ צְבָאוֹת בְּעִיר אֱלֹהֵינוּ אֱלֹהִים יְכוֹנְנֶהָ עַד עוֹלָם סֶלָה״. וָעֶד, דִּכְתִיב: ״ה׳ יִמְלוֹךְ לְעוֹלָם וָעֶד״.
Sélah, comme il est écrit : « Ce que nous avions entendu, nous l’avons vu dans la ville du Seigneur des armées, dans la ville de notre Dieu ; que Dieu l’affermisse pour toujours, Sélah » (Psaumes 48:9), ce qui démontre que Sélah signifie pour toujours. Va’ed, comme il est écrit : « Le Seigneur régnera à tout jamais [va’ed] » (Exode 15:18).
(סִימָן: ״עֲנָקִים״ ״לְחָיָיו״ ״לוּחוֹת״ ״חָרוּת״). אָמַר רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר): מַאי דִּכְתִיב ״וַעֲנָקִים לְגַרְגְּרוֹתֶיךָ״, אִם מֵשִׂים אָדָם עַצְמוֹ כַּעֲנָק זֶה שֶׁרָף עַל הַצַּוָּאר וְנִרְאֶה וְאֵינוֹ נִרְאֶה — תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ. וְאִם לָאו — אֵין תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ.
À la lumière de la discussion précédente, la Guemara cite plusieurs exposés de versets proposés par Rabbi Eliezer, en leur donnant d’abord un mnémonique : Chaînes, joues, tables, gravé. Rabbi Eliezer dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et des chaînes autour de ton cou » (Proverbes 1:9) ? Si une personne se fait comme une chaîne qui pend lâchement autour du cou, c’est-à-dire si un érudit n’est ni insistant ni dérangeant pour les autres, et qu’il est aussi vu mais non vu, c’est-à-dire que, de même qu’une chaîne est couverte par les vêtements et les cheveux, de même l’érudit ne se donne pas à voir, son étude de la Torah durera. Mais sinon, s’il agit de manière grossière et arrogante, son étude de la Torah ne durera pas.
וְאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: מַאי דִּכְתִיב ״לְחָיָו כַּעֲרוּגַת הַבּוֹשֶׂם״, אִם מֵשִׂים אָדָם עַצְמוֹ כַּעֲרוּגָה זוֹ שֶׁהַכֹּל דָּשִׁין בָּהּ, וּכְבוֹשֶׂם זֶה שֶׁהַכֹּל מִתְבַּשְּׂמִין בָּהּ — תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים, וְאִם לָאו — אֵין תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים.
Et Rabbi Eliezer aussi a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Ses joues sont comme un parterre d’aromates » (Cantique des Cantiques 5:13) ? Si une personne se rend humble comme ce parterre que tout le monde foule aux pieds, et comme cet aromate dont tout le monde se parfume, c’est-à-dire qui profite non seulement à celui qui le porte, son étude de la Torah durera. Mais sinon, son étude de la Torah ne durera pas.
וְאָמַר רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר): מַאי דִּכְתִיב ״לוּחוֹת אֶבֶן״, אִם אָדָם מֵשִׂים עַצְמוֹ אֶת לְחָיָיו כְּאֶבֶן זוֹ שֶׁאֵינָהּ נִמְחֵית — תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ, וְאִם לָאו — אֵין תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ.
Et Rabbi Eliezer dit en outre : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Tables [luḥot] de pierre » (Exode 31:18) ? Si une personne rend ses joues [leḥayav] semblables à cette pierre qui ne s’use pas, son étude de la Torah durera. Mais sinon, c’est-à-dire s’il n’est pas assidu dans ses études, son étude de la Torah ne durera pas.
וְאָמַר רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר): מַאי דִּכְתִיב ״חָרוּת עַל הַלּוּחוֹת״, אִלְמָלֵי לֹא נִשְׁתַּבְּרוּ לוּחוֹת הָרִאשׁוֹנוֹת — לֹא נִשְׁתַּכְּחָה תּוֹרָה מִיִּשְׂרָאֵל.
Et, enfin, Rabbi Eliezer dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Les tables étaient l’œuvre de Dieu, et l’écriture était l’écriture de Dieu, gravée sur les tables » (Exode 32:16) ? Cela enseigne que, si les premières tables, dont parle ce verset, n’avaient pas été brisées, la Torah n’aurait jamais été oubliée par le peuple juif, car la Torah aurait été gravée dans leurs cœurs.
רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: אֵין כׇּל אוּמָּה וְלָשׁוֹן שׁוֹלֶטֶת בָּהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״חָרוּת״ — אַל תִּיקְרֵי ״חָרוּת״, אֶלָּא חֵירוּת.
Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : Si les tables n’avaient pas été brisées, aucune nation ni langue n’aurait jamais dominé sur eux, comme il est dit : « gravé » ; ne lis pas cela comme gravé [ḥarut] mais plutôt liberté [ḥeirut].
אָמַר רַב מַתְנָה: מַאי דִּכְתִיב ״וּמִמִּדְבָּר מַתָּנָה״, אִם מֵשִׂים אָדָם עַצְמוֹ כְּמִדְבָּר זֶה שֶׁהַכֹּל דָּשִׁין בּוֹ — תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ. וְאִם לָאו — אֵין תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ.
De même, Rav Mattana a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Le puits que les princes ont creusé, que les nobles du peuple ont foui, avec le sceptre, avec leurs bâtons. Et du désert ils allèrent à Mattana” (Nombres 21:18) ? Si une personne se rend humble comme ce désert, qui est ouvert à tous et sur lequel tout le monde marche, son étude de la Torah durera et lui sera donnée en cadeau [mattana]. Et sinon, son étude de la Torah ne durera pas.
רָבָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף בַּר חָמָא הֲוָה לֵיהּ מִלְּתָא לְרַב יוֹסֵף בַּהֲדֵיהּ, כִּי מְטָא מַעֲלֵי יוֹמָא דְכִיפּוּרֵי אֲמַר: אֵיזִיל וַאֲפַיְּיסֵיהּ. אֲזַל, אַשְׁכְּחֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ דְּקָא מָזֵיג לֵיהּ כָּסָא. אֲמַר: הַב לִי וְאֶימְזְגֵיהּ אֲנָא. יְהַב לֵיהּ, מַזְגֵיהּ. כִּדְטַעְמֵיהּ אָמַר: דָּמֵי הַאי מְזִיגָא לִמְזִיגָא דְּרָבָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף בַּר חָמָא. אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא הוּא.
La Guemara raconte que Rav Yossef nourrissait un grief contre Rava, fils de Rav Yossef bar Ḥama, qui, dans la Guemara, est généralement appelé simplement Rava, et, à cause de ce grief, les deux ne se rencontraient jamais. Lorsque la veille de Yom Kippour arriva, Rava dit : J’irai l’apaiser. Il alla et trouva le serviteur de Rav Yossef en train de lui préparer une coupe de vin. Il dit au serviteur : Donne-la-moi, et je la préparerai. Il la donna à Rava, et Rava la prépara. Rav Yossef était aveugle et ne pouvait pas voir son visiteur, mais lorsqu’il goûta le vin, il dit : Ce mélange ressemble au mélange de Rava, fils de Rav Yossef bar Ḥama, qui ajoutait trop d’eau au vin. Rava lui dit : C’est moi.
אֲמַר לֵיהּ: לָא תִּתֵּיב אַכַּרְעָיךָ עַד דִּמְפָרְשַׁתְּ לִי הָנֵי קְרָאֵי. מַאי דִּכְתִיב: ״וּמִמִּדְבָּר מַתָּנָה וּמִמַּתָּנָה נַחֲלִיאֵל וּמִנַּחֲלִיאֵל בָּמוֹת וּמִבָּמוֹת הַגַּיְא״?
Rav Yosef lui dit : Ne t’assieds pas sur tes genoux avant de m’avoir expliqué ces versets : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et du désert à Mattanah ; et de Mattanah à Nahaliel ; et de Nahaliel à Bamoth ; et de Bamoth à la vallée dans le champ de Moab, jusqu’au sommet du Pisga, qui domine le désert » (Torah 21:19–20) ?
אֲמַר לֵיהּ: אִם אָדָם מֵשִׂים עַצְמוֹ כְּמִדְבָּר זֶה שֶׁהַכֹּל דָּשִׁין בּוֹ — תּוֹרָה נִיתְּנָה לוֹ בְּמַתָּנָה. וְכֵיוָן שֶׁנִּיתְּנָה לוֹ בְּמַתָּנָה — נְחָלוֹ אֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִמַּתָּנָה נַחֲלִיאֵל״. וְכֵיוָן שֶׁנְּחָלוֹ אֵל — עוֹלֶה לִגְדוּלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִנַּחֲלִיאֵל בָּמוֹת״.
Rava lui dit : Si une personne se rend humble comme ce désert, qui est ouvert à tous et sur lequel tout le monde marche, la Torah lui sera donnée en cadeau [mattana]. Et une fois qu’elle lui est donnée en cadeau, il en hérite [neḥalo] et Dieu [El] en fait Son héritage, comme il est dit : « Et de Mattanah à Nahaliel. » Et une fois que Dieu en a fait Son héritage, il s’élève vers la grandeur, comme il est dit : « Et de Nahaliel à Bamoth », ce qui signifie hauteurs.
וְאִם מֵגֵיס לִבּוֹ — הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַשְׁפִּילוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִבָּמוֹת הַגַּיְא״. וְאִם חוֹזֵר בּוֹ — הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַגְבִּיהוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל גֶּיא יִנָּשֵׂא״.
Et s’il devient hautain, le Saint, béni soit-Il, l’abaisse, comme il est dit : « Et de Bamoth à la vallée. » Et s’il se repent, le Saint, béni soit-Il, l’élève de nouveau vers le haut, comme il est dit : « Toute vallée sera élevée » (Isaïe 40:4).
אָמַר רַב הוּנָא: מַאי דִּכְתִיב: ״חַיָּתְךָ יָשְׁבוּ בָהּ תָּכִין בְּטוֹבָתְךָ לֶעָנִי אֱלֹהִים״, אִם אָדָם מֵשִׂים עַצְמוֹ כְּחַיָּה זוֹ שֶׁדּוֹרֶסֶת וְאוֹכֶלֶת, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי שֶׁמַּסְרַחַת וְאוֹכֶלֶת — תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ. וְאִם לָאו — אֵין תַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ. וְאִם עוֹשֶׂה כֵּן — הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עוֹשֶׂה לוֹ סְעוּדָה בְּעַצְמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תָּכִין בְּטוֹבָתְךָ לֶעָנִי אֱלֹהִים״.
Rav Houna a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Ton troupeau y a trouvé une demeure ; Toi, ô Dieu, Tu prépares de Ta bonté pour le pauvre » (Psaumes 68:11) ? Si une personne se fait comme un animal qui piétine sa proie et la mange immédiatement, sans être difficile quant à sa nourriture, c’est-à-dire si un érudit révise immédiatement ce qu’il a entendu de son maître ; et certains disent, comme un animal qui salit et mange, c’est-à-dire si un érudit n’est pas pointilleux quant au maintien de son honneur pendant son étude de la Torah, de même qu’un animal n’est pas pointilleux quant à la qualité de sa nourriture, son étude de la Torah durera. Et sinon, son étude de la Torah ne durera pas. Et s’il agit ainsi, le Saint, béni soit-Il, Lui-même lui préparera un festin, comme il est dit : « Toi, ô Dieu, Tu prépares de Ta bonté pour le pauvre », indiquant que Dieu, dans Sa bonté, préparera Lui-même un festin pour ce pauvre.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאי דִּכְתִיב ״נוֹצֵר תְּאֵנָה יֹאכַל פִּרְיָהּ״, לָמָּה נִמְשְׁלוּ דִּבְרֵי תוֹרָה כִּתְאֵנָה, מָה תְּאֵנָה זוֹ
Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Celui qui garde le figuier mangera de son fruit » (Proverbes 27:18) ? Pourquoi les paroles de la Torah ont-elles été comparées à un figuier ? De même que ce figuier,