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כׇּל זְמַן שֶׁאָדָם מְמַשְׁמֵשׁ בָּהּ — מוֹצֵא בָּהּ תְּאֵנִים. אַף דִּבְרֵי תוֹרָה, כׇּל זְמַן שֶׁאָדָם הוֹגֶה בָּהֶן — מוֹצֵא בָּהֶן טַעַם.
chaque fois qu’une personne y cherche des figues à manger, elle y trouve des figues, de même que les figues d’un arbre ne mûrissent pas toutes en même temps, de sorte qu’on peut toujours trouver une figue récemment mûrie, ainsi en est-il aussi des sujets de la Torah. Chaque fois qu’une personne médite sur eux, elle y trouve une nouvelle signification.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי: מַאי דִּכְתִיב ״אַיֶּלֶת אֲהָבִים וְיַעֲלַת חֵן וְגוֹ׳״, לָמָּה נִמְשְׁלוּ דִּבְרֵי תוֹרָה לְאַיֶּלֶת? לוֹמַר לָךְ: מָה אַיָּלָה רַחְמָהּ צַר, וַחֲבִיבָה עַל בּוֹעֲלָהּ כׇּל שָׁעָה וְשָׁעָה כְּשָׁעָה רִאשׁוֹנָה — אַף דִּבְרֵי תוֹרָה חֲבִיבִין עַל לוֹמְדֵיהֶן כׇּל שָׁעָה וְשָׁעָה כְּשָׁעָה רִאשׁוֹנָה.
Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Une biche aimante et une gracieuse gazelle, que ses seins te rassasient en tout temps, et sois toujours enivré de son amour » (Proverbes 5:19) ? Pourquoi les paroles de la Torah ont-elles été comparées à une biche ? Pour t’enseigner que, de même que chez une biche, sa matrice est étroite et elle est chérie par son compagnon à chaque heure comme à la première heure, ainsi aussi, les paroles de la Torah sont chéries par ceux qui les étudient à chaque heure comme à la première heure.
״וְיַעֲלַת חֵן״ — שֶׁמַּעֲלָת חֵן עַל לוֹמְדֶיהָ. ״דַּדֶּיהָ יְרַוֻּךָ בְכׇל עֵת״ — לָמָּה נִמְשְׁלוּ דִּבְרֵי תוֹרָה כְּדַד? מָה דַּד זֶה כׇּל זְמַן שֶׁהַתִּינוֹק מְמַשְׁמֵשׁ בּוֹ — מוֹצֵא בּוֹ חָלָב, אַף דִּבְרֵי תוֹרָה, כׇּל זְמַן שֶׁאָדָם הוֹגֶה בָּהֶן — מוֹצֵא בָּהֶן טַעַם.
« Et une gracieuse biche » est expliqué ainsi : Que la Torah accorde de la grâce à ceux qui l’étudient. « Que ses seins te rassasient en tout temps » ; pourquoi les paroles de la Torah ont-elles été comparées à un sein ? De même que avec un sein, chaque fois qu’un bébé le cherche pour téter du lait, il y trouve du lait, de même, avec les paroles de la Torah. Chaque fois qu’une personne les médite, elle y trouve un sens nouveau.
״בְּאַהֲבָתָהּ תִּשְׁגֶּה תָּמִיד״ — כְּגוֹן רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר) בֶּן פְּדָת. אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר) שֶׁהָיָה יוֹשֵׁב וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה בַּשּׁוּק הַתַּחְתּוֹן שֶׁל צִיפּוֹרִי, וּסְדִינוֹ מוּטָל בַּשּׁוּק הָעֶלְיוֹן שֶׁל צִיפּוֹרִי. (תַּנְיָא) אָמַר רַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְעָזָר: פַּעַם אַחַת בָּא אָדָם לִיטְּלוֹ, וּמָצָא בּוֹ שָׂרָף.
« Et sois toujours transporté par son amour »; ton amour pour la Torah doit toujours te détourner des préoccupations mondaines, comme ce fut le cas de Rabbi Elazar ben Pedat. Ils dirent de lui, de Rabbi Elazar, qu’il s’asseyait et s’occupait de Torah sur le marché inférieur de Tzippori, tandis que son manteau était posé sur le marché supérieur de Tzippori. Son esprit était tellement concentré sur l’étude de la Torah qu’il agissait de cette manière inhabituelle. À ce sujet, la Guemara rapporte qu’il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yitzḥak ben Elazar a dit : Une fois, une personne est venue prendre ce manteau pour elle-même et a trouvé un serpent dessus qui le gardait.
תָּנָא דְּבֵי רַב עָנָן: מַאי דִּכְתִיב ״רוֹכְבֵי אֲתוֹנוֹת צְחוֹרוֹת יוֹשְׁבֵי עַל מִדִּין [וְהוֹלְכֵי עַל דֶּרֶךְ שִׂיחוּ]״, ״רוֹכְבַי אֲתוֹנוֹת״ — אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, שֶׁמְּהַלְּכִין מֵעִיר לְעִיר וּמִמְּדִינָה לִמְדִינָה לִלְמוֹד (בּוֹ) תּוֹרָה. ״צְחוֹרוֹת״ — שֶׁעוֹשִׂין אוֹתָהּ כְּצָהֳרַיִם. ״יֹשְׁבֵי עַל מִדִּין״ — שֶׁדָּנִין דִּין אֱמֶת לַאֲמִיתּוֹ. ״וְהוֹלְכֵי״ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי מִקְרָא. ״עַל דֶּרֶךְ״ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי מִשְׁנָה. ״שִׂיחוּ״ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי תַלְמוּד, שֶׁכׇּל שִׂיחָתָן דִּבְרֵי תוֹרָה.
Pour louer davantage la Torah et ceux qui l’étudient, un Sage de l’école de Rav Anan enseigna : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Vous qui montez des ânesses blanches, vous qui êtes assis sur de riches étoffes, et vous qui marchez sur le chemin, parlez-en » (Juges 5:10) ? « Vous qui montez des ânesses blanches » ; ce sont les érudits de la Torah, qui voyagent de ville en ville et de province en province pour étudier la Torah. « Blanches [tzeḥorot] » désigne ceux qui la rendent claire comme midi [tzahorayim], c’est-à-dire qui rendent la Torah compréhensible. « Vous qui êtes assis sur des sièges [midin] » fait référence à ceux qui jugent [danin] un jugement absolument vrai. « Et vous qui marchez » ; ce sont les maîtres de la Torah, qui sont les moins importants parmi les érudits. « Sur le chemin » ; ce sont les plus importants maîtres de la Mishna. « Parlez-en » ; ce sont les maîtres du Talmud, les plus importants de tous, car toute leur conversation porte sur des sujets de Torah.
אָמַר רַב שֵׁיזְבִי מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: מַאי דִּכְתִיב ״לֹא יַחֲרוֹךְ רְמִיָּה צֵידוֹ״ — לֹא יִחְיֶה וְלֹא יַאֲרִיךְ יָמִים צַיָּיד הָרַמַּאי.
La Guemara poursuit ce sujet : Rav Sheizvi a dit au nom de Rabbi Elazar ben Azarya : Quel est le sens de ce qui est écrit : « L’homme paresseux [remiyya] ne fera pas rôtir [yaḥarokh] sa prise » (Proverbes 12:27) ? Le chasseur trompeur [rammai] ne vivra pas [yiḥyeh] une longue vie [ya’arikh]. Un chasseur trompeur continue à chasser de plus en plus d’animaux sans garder ceux qu’il a déjà attrapés. De même, quelqu’un qui continue à étudier de nouveaux éléments sans revoir ce qu’il a déjà appris ne réussira pas.
רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: צַיָּיד הָרַמַּאי יַחֲרוֹךְ?
Rav Sheshet a dit : Est-ce qu’un chasseur trompeur aura quelque chose à faire rôtir ? Celui qui agit de cette manière est un sot, mais il est difficile de le décrire comme trompeur.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: מָשָׁל לְצַיָּיד שֶׁצָּד צִפֳּרִים, אִם רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן מְשַׁבֵּר כְּנָפָיו — מִשְׁתַּמֵּר, וְאִם לָאו — אֵין מִשְׁתַּמֵּר.
Lorsque Rav Dimi arriva d’Eretz Israël en Babylonie, il dit : Cela est comparable à un chasseur qui chasse des oiseaux ; s’il brise les ailes des oiseaux une par une au fur et à mesure qu’il les capture afin qu’ils ne puissent plus s’envoler, sa proie sera assurée, et sinon, elle ne sera pas assurée. Selon cette explication, le mot rammai est interprété comme rusé plutôt que trompeur. Un chasseur rusé assure sa proie ; de même, un étudiant rusé révise chaque leçon et retient ainsi ce qu’il apprend.
אָמַר (רַבָּה) אָמַר רַב סְחוֹרָה אָמַר רַב הוּנָא: מַאי דִּכְתִיב ״הוֹן מֵהֶבֶל יִמְעָט וְקוֹבֵץ עַל יָד יַרְבֶּה״, אִם עוֹשֶׂה אָדָם תּוֹרָתוֹ חֲבִילוֹת חֲבִילוֹת, — מִתְמַעֵט, וְאִם לָאו — קוֹבֵץ עַל יָד יַרְבֶּה.
De même, Rabba a dit que Rav Seḥora a dit que Rav Houna a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « La richesse acquise par vanité [hevel] diminuera ; mais celui qui amasse peu à peu l’augmentera » (Proverbes 13:11) ? Si une personne transforme sa Torah en paquets [ḥavilot, dérivé du mot hevel en remplaçant le heh par un ḥet], en étudiant de grandes quantités à la fois, sa Torah diminuera. Et sinon, c’est-à-dire s’il apprend peu à peu et révise ce qu’il a appris, celui qui amasse peu à peu l’augmentera.
אָמַר רַבָּה: יָדְעִי רַבָּנַן לְהָא מִלְּתָא, וְעָבְרִי עֲלַהּ. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אֲנָא עֲבַדְתַּהּ, וְאִיקַּיַּים בִּידַאי.
Rabba a dit : Les Sages le savent, mais néanmoins le transgressent, c’est-à-dire qu’ils ne tiennent pas compte de ce conseil. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : J’ai fait cela, en étudiant petit à petit et en révisant régulièrement ce que j’avais appris, et mon étude a effectivement duré.
תָּנוּ רַבָּנַן, כֵּיצַד סֵדֶר מִשְׁנָה: מֹשֶׁה לָמַד מִפִּי הַגְּבוּרָה. נִכְנַס אַהֲרֹן, וְשָׁנָה לוֹ מֹשֶׁה פִּירְקוֹ, נִסְתַּלֵּק אַהֲרֹן וְיָשַׁב לִשְׂמֹאל מֹשֶׁה. נִכְנְסוּ בָּנָיו, וְשָׁנָה לָהֶן מֹשֶׁה פִּירְקָן. נִסְתַּלְּקוּ בָּנָיו, אֶלְעָזָר יָשַׁב לִימִין מֹשֶׁה, וְאִיתָמָר לִשְׂמֹאל אַהֲרֹן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לְעוֹלָם אַהֲרֹן לִימִין מֹשֶׁה חוֹזֵר. נִכְנְסוּ זְקֵנִים וְשָׁנָה לָהֶן מֹשֶׁה פִּירְקָן. נִסְתַּלְּקוּ זְקֵנִים, נִכְנְסוּ כׇּל הָעָם וְשָׁנָה לָהֶן מֹשֶׁה פִּירְקָן. נִמְצְאוּ בְּיַד אַהֲרֹן אַרְבָּעָה, בְּיַד בָּנָיו שְׁלֹשָׁה, וּבְיַד הַזְּקֵנִים שְׁנַיִם, וּבְיַד כׇּל הָעָם אֶחָד.
La Guemara continue de discuter des méthodes d’étude de la Torah. Les Sages ont enseigné la baraita suivante : Quel était l’ordre de l’enseignement de la Loi orale ? Comment la Loi orale a-t-elle été enseignée pour la première fois ? Moïse apprit directement de la bouche du Tout-Puissant. Aaron entra et s’assit devant lui, et Moïse lui enseigna sa leçon telle qu’il l’avait apprise de Dieu. Aaron se déplaça sur le côté et s’assit à la gauche de Moïse. Les fils d’Aaron entrèrent, et Moïse leur enseigna leur leçon pendant qu’Aaron écoutait. Les fils d’Aaron se déplacèrent sur le côté ; Éléazar s’assit à la droite de Moïse et Itamar s’assit à la gauche d’Aaron. Rabbi Yehouda fut en désaccord avec le premier tanna au sujet de la disposition des sièges et dit : En réalité, Aaron retournait s’asseoir à la droite de Moïse. Les anciens entrèrent et Moïse leur enseigna leur leçon. Les anciens se déplacèrent sur le côté, et toute la nation entra et Moïse leur enseigna leur leçon. Par conséquent, Aaron avait entendu la leçon quatre fois, ses fils l’avaient entendue trois fois, les anciens l’avaient entendue deux fois, et toute la nation l’avait entendue une fois.
נִסְתַּלֵּק מֹשֶׁה וְשָׁנָה לָהֶן אַהֲרֹן פִּירְקוֹ. נִסְתַּלֵּק אַהֲרֹן שָׁנוּ לָהֶן בָּנָיו פִּירְקָן. נִסְתַּלְּקוּ בָּנָיו, שָׁנוּ לָהֶן זְקֵנִים פִּירְקָן. נִמְצָא בְּיַד הַכֹּל אַרְבָּעָה.
Moïse ensuite partit pour sa tente, et Aaron enseigna aux autres sa leçon comme il l’avait apprise de Moïse. Aaron ensuite partit et ses fils enseignèrent aux autres leur leçon. Ses fils ensuite partirent et les anciens enseignèrent au reste du peuple leur leçon. Ainsi, tous, Aaron, ses fils, les anciens et tout le peuple, entendirent la leçon enseignée par Dieu quatre fois.
מִכָּאן אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: חַיָּיב אָדָם לִשְׁנוֹת לְתַלְמִידוֹ אַרְבָּעָה פְּעָמִים. וְקַל וָחוֹמֶר, וּמָה אַהֲרֹן שֶׁלָּמַד מִפִּי מֹשֶׁה, וּמֹשֶׁה מִפִּי הַגְּבוּרָה — כָּךְ, הֶדְיוֹט מִפִּי הֶדְיוֹט — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
C’est d’ici que Rabbi Eliezer a dit : Une personne est tenue d’enseigner à son élève sa leçon quatre fois. Et cela découle par un raisonnement a fortiori : Si Aaron, qui a appris de Moïse lui-même, et Moïse avait reçu la Torah directement de la bouche du Tout-Puissant, avait besoin de cette méthode ; un élève ordinaire apprenant de la bouche d’un maître ordinaire, à plus forte raison doit-il revoir ses études quatre fois.
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁחַיָּיב אָדָם לִשְׁנוֹת לְתַלְמִידוֹ עַד שֶׁיִּלְמָדֶנּוּ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלַמְּדָהּ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״, וּמִנַּיִן עַד שֶׁתְּהֵא סְדוּרָה בְּפִיהֶם — שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׂימָהּ בְּפִיהֶם״,
Rabbi Akiva dit : D’où déduisons-nous qu’une personne est tenue d’enseigner à son élève jusqu’à ce qu’il apprenne la matière et la comprenne ? Comme il est dit : « Maintenant donc, écrivez pour vous ce cantique, et enseignez-le aux enfants d’Israël ; mettez-le dans leur bouche, afin que ce cantique soit pour moi un témoignage contre les enfants d’Israël » (Deutéronome 31:19). Ce verset indique qu’il faut enseigner la Torah aux autres. Et d’où déduisons-nous qu’il faut enseigner à ses élèves jusqu’à ce que la matière soit ordonnée dans leur bouche ? Comme il est dit : « Mettez-le dans leur bouche, » afin qu’ils soient capables de l’enseigner aux autres.
וּמִנַּיִין שֶׁחַיָּיב לְהַרְאוֹת לוֹ פָּנִים — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֵלֶּה הַמִּשְׁפָּטִים אֲשֶׁר תָּשִׂים לִפְנֵיהֶם״.
Et d’où déduisons-nous que un enseignant doit montrer à ses élèves les raisons des enseignements ? Comme il est dit : « Voici les lois que tu placeras devant eux » (Exode 21:1), ce qui indique que la leçon doit être présentée de manière logique pour les élèves.
וְלִיגְמְרוּ כּוּלְּהוּ מִמֹּשֶׁה! כְּדֵי לַחֲלוֹק כָּבוֹד לְאַהֲרֹן וּבָנָיו, וְכָבוֹד לַזְּקֵנִים.
En ce qui concerne la manière dont la Torah orale a été enseignée, la Guemara demande : Tous auraient dû étudier auprès de Moïse lui-même quatre fois. La Guemara répond : l’enseignement a été réparti de cette manière afin de faire honneur à Aaron et à ses fils, et aussi de faire honneur aux anciens.
וְנֵיעוּל אַהֲרֹן וְנִיגְמַר מִמֹּשֶׁה, וְלִיעַיְילוּ בָּנָיו וְלִיגְמְרוּ מֵאַהֲרֹן, וְלִיעַיְילוּ זְקֵנִים וְלֵילְפוּ מִבָּנָיו, וְלֵיזְלוּ וְלַיגְמְרִינְהוּ לְכוּלְּהוּ יִשְׂרָאֵל! כֵּיוָן דְּמֹשֶׁה מִפִּי הַגְּבוּרָה גָּמַר, מִסְתַּיְּיעָא מִלְּתֵיהּ.
La Guemara demande pourquoi une méthode différente n’a pas été adoptée, une méthode qui aurait impliqué moins de peine pour Moïse : Aaron aurait dû entrer et étudier auprès de Moïse ; ses fils auraient ensuite dû entrer et étudier auprès d’Aaron ; les anciens auraient ensuite dû entrer et étudier auprès des fils d’Aaron ; puis ils auraient dû sortir et enseigner à tout le peuple juif. La Guemara répond : Puisque Moïse avait étudié directement de la bouche du Tout-Puissant, il aurait été plus efficace que chacun entende la Torah au moins une fois de la bouche même de Moïse.
אָמַר מָר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לְעוֹלָם אַהֲרֹן לִימִין מֹשֶׁה חוֹזֵר. כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתַנְיָא: שְׁלֹשָׁה שֶׁהָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ — הָרַב בָּאֶמְצַע, וְגָדוֹל בִּימִינוֹ, וְקָטָן בִּשְׂמֹאלוֹ. לֵימָא רַבִּי יְהוּדָה הִיא וְלָא רַבָּנַן?
Le Maître a dit dans la baraita que Rabbi Yehouda dit : En réalité, Aaron revenait s’asseoir à la droite de Moïse, c’est-à-dire que, peu importe le nombre de personnes présentes, Aaron s’asseyait toujours à la droite de Moïse. La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui a-t-il été enseigné dans une baraita traitant des règles de bienséance : Si trois personnes marchaient en chemin, le maître doit marcher au milieu et le plus grand des deux élèves doit être à sa droite et le plus petit doit être à sa gauche ? Dirons-nous que c’est l’opinion de Rabbi Yehouda et non celle des Sages ? Selon les Sages, le plus grand des deux élèves doit se placer à la gauche du maître afin que le côté droit de l’élève soit tourné vers son maître.
אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנַן, מִשּׁוּם טִירְחָא דְאַהֲרֹן.
La Guemara répond : On peut même dire que cette baraita a été enseignée conformément à l’opinion des Sages, et la raison pour laquelle ils ont dit qu’Aaron restait à la gauche de Moïse même après l’entrée des autres est en raison de la gêne pour Aaron s’il devait se lever et se rasseoir.
רַבִּי פְּרִידָא הֲוָה לֵיהּ הָהוּא תַּלְמִידָא דַּהֲוָה תָּנֵי לֵיהּ אַרְבַּע מְאָה זִימְנֵי וְגָמַר. יוֹמָא חַד בַּעְיוּהּ לְמִלְּתָא דְמִצְוָה. תְּנָא לֵיהּ וְלָא גְּמַר.
Après avoir discuté de l’importance de revoir son étude de la Torah, la Guemara raconte que Rabbi Perida avait un certain élève qu’il devait enseigner quatre cents fois, et ce n’est qu’alors qu’il apprenait la matière, car il était incapable de la comprendre autrement. Un jour, on demanda la présence de Rabbi Perida pour une affaire de mitsva après la leçon. Rabbi Perida enseigna à son élève quatre cents fois comme d’habitude, mais cette fois l’élève n’a pas réussi à apprendre la matière.
אֲמַר לֵיהּ: הָאִידָּנָא מַאי שְׁנָא? אֲמַר לֵיהּ: מִדְּהָהִיא שַׁעְתָּא דַּאֲמַר לֵיהּ לְמָר אִיכָּא מִילְּתָא דְּמִצְוָה — אַסְּחַאי לְדַעְתַּאי, וְכׇל שַׁעְתָּא אָמֵינָא: הַשְׁתָּא קָאֵי מָר, הַשְׁתָּא קָאֵי מָר. אֲמַר לֵיהּ: הַב דַּעְתָּיךְ וְאַתְנֵי לִיךְ. הֲדַר תְּנָא לֵיהּ אַרְבַּע מְאָה זִימְנֵי [אַחֲרִינֵי].
Rabbi Perida lui dit : Qu’est-ce qui est différent maintenant pour que tu sois incapable de saisir la leçon ? Il lui dit : Depuis le moment où l’on a dit au Maître qu’il y a une affaire de mitsva pour laquelle on a besoin de lui, mon esprit a été distrait de la leçon, et à chaque instant je me disais : Maintenant le Maître va se lever, maintenant le Maître va se lever pour aller accomplir la mitsva, et il ne terminera pas la leçon. Rabbi Perida lui dit : Fais attention cette fois et je t’enseignerai, et sache que je ne partirai pas tant que tu n’auras pas complètement maîtrisé la leçon. Il la lui enseigna de nouveau quatre cents fois supplémentaires.
נְפַקָא בַּת קָלָא וַאֲמַר לֵיהּ: נִיחָא לָיךְ דְּלִיסְפּוֹ לָךְ אַרְבַּע מְאָה שְׁנֵי, אוֹ דְּתִיזְכּוֹ אַתְּ וְדָרָךְ לְעָלְמָא דְּאָתֵי? אָמַר: דְּנִיזְכּוֹ אֲנָא וְדָרַיי לְעָלְמָא דְּאָתֵי. אָמַר לָהֶן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: תְּנוּ לוֹ זוֹ וָזוֹ.
En raison du mérite de la grande dévotion de Rabbi Perida envers ses élèves, une Voix divine apparut et lui dit : Est-il préférable pour toi que quatre cents ans soient ajoutés à ta vie, ou que toi et le reste de ta génération méritiez le Monde à venir ? Il dit : Je préfère que moi et ma génération méritions le Monde à venir. Le Saint, béni soit-Il, dit aux anges : Donnez-lui les deux ; il vivra une très longue vie, et lui et le reste de sa génération mériteront le Monde à venir.
אָמַר רַב חִסְדָּא: אֵין תּוֹרָה נִקְנֵית אֶלָּא בְּסִימָנִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׂימָהּ בְּפִיהֶם״, אַל תִּקְרֵי ׳שִׂימָהּ׳, אֶלָּא ׳סַיְּמֶנָּהּ׳.
La Guemara poursuit sa discussion au sujet des méthodes d’étude de la Torah : Rav Ḥisda a dit : La Torah ne peut être acquise qu’au moyen de signes mnémotechniques qui aident la mémoire, comme il est dit : « Mets-la dans leur bouche. » Ne lis pas l’expression comme : Mets-la [simah], mais plutôt comme : Son signe [simanah], indiquant ainsi que les signes mnémotechniques aident à mémoriser la matière.
שַׁמְעַהּ רַב תַּחְלִיפָא מִמַּעְרְבָא, אֲזַל אַמְרַהּ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ, אֲמַר: אַתּוּן מֵהָתָם מַתְנִיתוּ לַהּ, אֲנַן מֵהָכָא מַתְנִינַן לַהּ: ״הַצִּיבִי לָךְ צִיּוּנִים שִׂימִי לָךְ וְגוֹ׳״ — עֲשׂוּ צִיּוּנִים לַתּוֹרָה. וּמַאי מַשְׁמַע דְּהַאי צִיּוּן לִישָּׁנָא דְסִימָנָא הוּא? דִּכְתִיב: ״וְרָאָה עֶצֶם אָדָם וּבָנָה אֶצְלוֹ צִיּוּן״.
Rav Taḥalifa de l’Ouest, c’est-à-dire d’Eretz Yisrael, entendit cette déclaration, alla et la rapporta devant Rabbi Abbahu, qui dit : Vous apprenez cela de là-bas ; nous, nous l’apprenons d’ici, comme le dit le verset : « Dresse pour toi des signaux [tziyyunim] ; établis-toi des repères » (Jérémie 31:20), ce qui est compris comme voulant dire : Établis des signes mnémotechniques pour la Torah. Et d’où peut-on déduire que ce terme tziyyun désigne un signe ? Comme il est écrit dans un autre verset : « Et lorsque ceux qui passent passeront par le pays, et que l’un d’eux verra un os humain, il dressera un signe [tziyyun] à côté de lui » (Ézéchiel 39:15), c’est-à-dire un signe indiquant qu’il y a à cet endroit une source d’impureté rituelle.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אָמַר, מֵהָכָא: ״אֱמוֹר לַחׇכְמָה אֲחוֹתִי אָתְּ וּמוֹדָע לַבִּינָה תִקְרָא״ — עֲשֵׂה מוֹדָעִים לַתּוֹרָה. רָבָא אָמַר: עֲשֵׂה מוֹעֲדִים לַתּוֹרָה.
Rabbi Eliezer a dit que nous apprenons cette même idée d’ici : « Dis à la sagesse : tu es ma sœur, et appelle l’intelligence ta parente [moda] » (Proverbes 7:4), ce qui signifie : Établis des signes [moda’im] qui transmettent la connaissance de la Torah. Rava a dit au sujet de ce verset : Fixe des temps déterminés [mo’adim] pour l’étude de la Torah.

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