כְּמַאן — כְּרַב יוֹסֵף, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה?
La Guemara commente : Conformément à l’opinion de qui Rav Natan bar Oshaya a-t-il agi ? Apparemment, c’était conformément à l’opinion de Rav Yosef selon laquelle tout le monde convient qu’il doit se mettre en route, et conformément à l’opinion de Rabbi Yosei bar Yehuda selon laquelle il n’a pas besoin de déclarer qu’il établit sa résidence à l’extrémité de sa limite de Chabbat.
לָא, כְּרַבָּה, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara rejette cette suggestion : Non, ce n’est pas nécessairement le cas, car il est possible de dire qu’il a agi selon l’opinion de Rabba, et conformément à l’opinion de Rabbi Yehuda, et Rav Yehuda bar Ishtata a déclaré qu’il établit sa résidence à l’extrémité de sa limite de Chabbat.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר כֹּל שֶׁיָּכוֹל לְעָרֵב כּוּ׳. הָא תְּנֵינָא חֲדָא זִימְנָא: סָפֵק, רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמְרִים: הֲרֵי זֶה חַמָּר גַּמָּל.
Nous avons appris dans la mishna que Rabbi Meir dit : Quiconque peut établir un eirouv, et a annulé sa résidence à son endroit d’origine, sans établir d’eirouv, est comparé à la fois à un conducteur d’âne et à un conducteur de chameau. La Guemara demande : N’avons-nous pas déjà appris cela une fois auparavant dans une autre mishna : Dans un cas de doute, Rabbi Meir et Rabbi Yehuda disent : Cette personne est comparée à la fois à un conducteur d’âne et à un conducteur de chameau. Ici aussi, il est évident que la même règle s’applique, car telle est l’opinion de Rabbi Meir concernant tous les cas de doute.
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת לָא תֵּימָא טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר סָפֵק עֵירַב סָפֵק לֹא עֵירַב הוּא דְּהָוֵי חַמָּר גַּמָּל, אֲבָל וַדַּאי לֹא עֵירַב — לָא הָוֵי חַמָּר גַּמָּל.
Rav Sheshet a dit : Il est nécessaire d’énoncer cette décision ici également, afin que tu ne dises pas que la raison de l’affirmation de Rabbi Meir ne s’applique que dans un cas où il y a incertitude quant à savoir si quelqu’un a établi un eiruv ou n’a pas établi d’eiruv, et dans ce cas il est assimilé à la fois à un conducteur d’âne et à un conducteur de chameau. Cependant, dans un cas où il est certain qu’il n’a pas établi d’eiruv, il n’est pas assimilé à la fois à un conducteur d’âne et à un conducteur de chameau, mais sa limite de Chabbat est la même que celle du reste des habitants de sa ville.
אֶלָּא: אֲפִילּוּ וַדַּאי לֹא עֵירַב הָוֵי חַמָּר גַּמָּל. דְּהָא הָכָא וַדַּאי לֹא עֵירַב, וְקָא הָוֵי חַמָּר גַּמָּל.
Au contraire, dis que même dans un cas où il y a certitude qu’il n’a pas établi de eirouv, il est parfois comparé à la fois à un conducteur d’âne et à un conducteur de chameau, car ici il n’a certainement pas établi de eirouv, et pourtant il est comparé à la fois à un conducteur d’âne et à un conducteur de chameau. Il était donc nécessaire d’indiquer que même dans ce cas, où il n’y a aucune incertitude quant au fait qu’il ait ou non établi l’eirouv, mais seulement quant à l’emplacement de sa résidence, il a néanmoins le statut à la fois d’un conducteur d’âne et d’un conducteur de chameau.
מַתְנִי׳ מִי שֶׁיָּצָא חוּץ לַתְּחוּם אֲפִילּוּ אַמָּה אַחַת לֹא יִכָּנֵס. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: שְׁתַּיִם — יִכָּנֵס, שָׁלֹשׁ — לֹא יִכָּנֵס.
MICHNA :Celui qui est sorti intentionnellement, non dans le but d’accomplir une mitsva, au-delà de sa limite de Chabbat, même si ce n’était que d’une coudée, ne peut pas revenir. Rabbi Eliezer dit : S’il est sorti de deux coudées, il peut revenir ; cependant, s’il est sorti de trois coudées, il ne peut pas revenir.
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: רַגְלוֹ אַחַת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם, וְרַגְלוֹ אַחַת חוּץ לַתְּחוּם — לֹא יִכָּנֵס, דִּכְתִיב: ״אִם תָּשִׁיב מִשַּׁבָּת רַגְלֶךָ״. ״רַגְלְךָ״ כְּתִיב.
GUEMARA :Rabbi Ḥanina a dit : Si l’un de ses pieds était à l’intérieur de la limite de Shabbat, et que son autre pied était au-delà de la limite de Shabbat, il ne peut pas rentrer de nouveau, comme il est écrit : « Si tu retiens ton pied [raglekha] à cause de Shabbat » (Isaïe 58:13). Le mot raglekhaest écrit sous une forme défective, sans la lettre yod, et peut donc être lu comme ton pied au singulier, indiquant que Shabbat peut être profané par le fait de rentrer de nouveau même avec un seul pied.
וְהָתַנְיָא: רַגְלוֹ אַחַת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם וְרַגְלוֹ אַחַת חוּץ לַתְּחוּם — יִכָּנֵס! הָא מַנִּי? אֲחֵרִים הִיא, דְּתַנְיָא: אֲחֵרִים אוֹמְרִים: לִמְקוֹם שֶׁרוּבּוֹ הוּא נִזְקָר.
La Guemara soulève une difficulté : Mais n’a-t-on pas enseigné le contraire dans une baraita ? Si l’un de ses pieds était à l’intérieur de la limite de Chabbat, et que son autre pied était au-delà de la limite de Chabbat, il peut rentrer. La Guemara répond : Conformément à l’opinion de qui cela a-t-il été enseigné ? C’est conformément à l’opinion de Aḥerim, comme cela a été enseigné dans une baraita : Aḥerim disent : Il est rattaché à l’endroit où se trouve la majorité de son corps, et il lui est donc permis d’entrer, puisqu’il n’est sorti qu’avec un seul pied.
אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: רַגְלוֹ אַחַת בְּתוֹךְ הַתְּחוּם וְרַגְלוֹ אַחַת חוּץ לַתְּחוּם — יִכָּנֵס, דִּכְתִיב: ״אִם תָּשִׁיב מִשַּׁבָּת רַגְלֶךָ״ — ״רַגְלֶיךָ״ קָרֵינַן.
La Guemara cite une version différente de la discussion précédente. Certains disent que Rabbi Ḥanina a dit : Si l’un de ses pieds était à l’intérieur de la limite de Chabbat, et que son autre pied était au-delà de la limite de Chabbat, il peut rentrer de nouveau, comme il est écrit : « Si tu détournes tes pieds à cause du Chabbat » (Isaïe 58:13). Nous lisons le mot raglekha comme « tes pieds », au pluriel, ce qui indique que l’entrée d’un seul pied est permise.
וְהַתַּנְיָא: לֹא יִכָּנֵס! הוּא דְּאָמַר כַּאֲחֵרִים, דְּתַנְיָא: לִמְקוֹם שֶׁרוּבּוֹ הוּא נִזְקָר.
La Guemara soulève une difficulté. Mais n’a-t-on pas enseigné le contraire dans une baraita : Il ne peut pas rentrer de nouveau ? La Guemara répond : Rabbi Ḥanina a énoncé son opinion conformément à l’opinion des Aḥerim, comme cela a été enseigné dans une baraita : Il est rattaché à l’endroit où se trouve la majeure partie de son corps, et il lui est donc permis d’entrer, puisque la majeure partie de son corps demeure à l’intérieur de la limite de Chabbat.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר שְׁתַּיִם יִכָּנֵס שָׁלֹשׁ לֹא יִכָּנֵס. וְהָתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַחַת — יִכָּנֵס, שְׁתַּיִם — לֹא יִכָּנֵס. לָא קַשְׁיָא: הָא דַּעֲקַר חֲדָא וְקָם אַתַּרְתֵּי. הָא דַּעֲקַר תַּרְתֵּי וְקָם אַתְּלָת.
Nous avons appris dans la michna que Rabbi Eliezer dit : S’il est sorti de deux coudées, il peut rentrer ; cependant, s’il est sorti de trois coudées, il ne peut pas rentrer. La Guemara demande : Mais n’a-t-il pas été enseigné autrement dans une baraita ? Rabbi Eliezer dit : S’il est sorti d’une coudée, il peut rentrer ; cependant, s’il est sorti de deux coudées, il ne peut pas rentrer. La Guemara répond : Ce n’est pas une difficulté. Ceci, la michna, fait référence à un cas où il s’est déplacé depuis la première coudée et se tient maintenant à deux coudées à l’extérieur, et il lui est donc permis de rentrer ; cependant cela, la baraita, fait référence à un cas où il s’est déplacé depuis la deuxième coudée et se tient maintenant à trois coudées à l’extérieur. Par conséquent, il lui est interdit de rentrer.
וְהָתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֲפִילּוּ אַמָּה אַחַת לֹא יִכָּנֵס! כִּי תַּנְיָא הָהִיא לְמוֹדֵד, דִּתְנַן: וְלַמּוֹדֵד שֶׁאָמְרוּ נוֹתְנִין לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה — אֲפִילּוּ סוֹף מִדָּתוֹ כָּלֶה בִּמְעָרָה.
La Guemara soulève une autre difficulté. Mais n’a-t-il pas été enseigné dans une autre baraita que Rabbi Eliezer dit : Même s’il est sorti d’une coudée, il ne peut pas rentrer. La Guemara répond : Lorsque cette baraita a été enseignée, c’était au sujet de quelqu’un qui mesure sa limite en comptant deux mille pas. Comme nous l’avons appris dans une michna : Et pour quelqu’un qui a établi sa résidence dans un endroit précis, et qui est maintenant en train de mesurer sa limite en comptant ses pas, au sujet de qui les Sages ont dit qu’on lui accorde deux mille coudées, même si sa mesure s’est terminée dans une grotte, il ne peut pas marcher ne serait-ce qu’une coudée au-delà de sa mesure.
מַתְנִי׳ מִי שֶׁהֶחֱשִׁיךְ חוּץ לַתְּחוּם אֲפִילּוּ אַמָּה אַחַת לֹא יִכָּנֵס. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֲפִילּוּ חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה אַמּוֹת יִכָּנֵס, שֶׁאֵין הַמָּשׁוֹחוֹת מְמַצִּין אֶת הַמִּדּוֹת מִפְּנֵי הַטּוֹעִין.
MICHNA : En ce qui concerne quelqu’un pour qui la nuit est tombée alors qu’il voyageait en dehors de la limite de Chabbat de la ville vers laquelle il se dirigeait, même s’il ne se trouvait qu’à une coudée au-delà de la limite, il ne peut pas entrer dans la ville. Rabbi Shimon dit : Même s’il se trouvait à quinze coudées au-delà de la limite, il peut entrer dans la ville, car les arpenteurs ne délimitent pas les mesures avec une précision absolue ; au contraire, ils marquent la limite de Chabbat en deçà des deux mille coudées, à cause de ceux qui se trompent.
גְּמָ׳ תָּנָא: מִפְּנֵי טוֹעֵי הַמִּדָּה.
GUEMARA : En ce qui concerne la déclaration de la michna : En raison de ceux qui se trompent, il est enseigné dans une baraita : En raison de ceux qui se trompent dans leur mesure. En d’autres termes, parce que les arpenteurs craignent d’avoir commis une erreur dans leurs mesures, ils sont rigoureux et ne placent pas le repère au bord de la limite, mais le déplacent de plusieurs coudées à l’intérieur de la limite.
הַדְרָן עֲלָךְ מִי שֶׁהוֹצִיאוּהוּ
מַתְנִי׳ כֵּיצַד מְעַבְּרִין אֶת הֶעָרִים? בַּיִת נִכְנָס בַּיִת יוֹצֵא, פִּגּוּם נִכְנָס פִּגּוּם יוֹצֵא, הָיוּ שָׁם גְּדוּדִיּוֹת גְּבוֹהוֹת עֲשָׂרָה טְפָחִים,
MICHNA :Comment étend-on les limites des villes afin de garantir que toutes leurs saillies soient incluses dans les frontières de la ville ? On trace une ligne droite le long du bord de la ville, et si une maison est en retrait et une autre maison fait saillie, ou si une tourelle [pagum] est en retrait et une autre tourelle fait saillie par rapport à cette ligne, et de même, s’il y avait des vestiges de murs hauts de dix palmes,