וְקָטָן.
Et il existe une autre différence pratique entre eux concernant la question de savoir si un mineur peut recueillir le eiruv auprès des résidents de la cour et le déposer dans l’une des maisons. Selon l’opinion de Shmuel, cela ne constituerait pas un eiruv valide, car un mineur ne peut pas servir d’agent pour effectuer l’acquisition, tandis que selon l’opinion de Rabba, le eiruv est valide, puisque la nourriture elle-même établit la résidence commune pour tous les résidents.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַבָּה: לְדִידָךְ קַשְׁיָא וְלִשְׁמוּאֵל קַשְׁיָא. הָא תַּנְיָא: חֲמִשָּׁה שֶׁגָּבוּ אֶת עֵירוּבָן, כְּשֶׁהֵם מוֹלִיכִין אֶת עֵירוּבָן לְמָקוֹם אַחֵר — אֶחָד מוֹלִיךְ לְכוּלָּן. הוּא נִיהוּ דְּקָא קָנֵי, וְתוּ לָא. הוּא נִיהוּ דְּקָא דָּיַיר, וְתוּ לָא!
Abaye dit à Rabba : Il est difficile selon ton avis qu’un eiruv soit efficace sur la base du principe de résidence, et il est difficile selon l’opinion de Shmuel qu’il soit efficace sur la base du principe d’acquisition. Comme il a été enseigné dans une baraita : En ce qui concerne cinq personnes qui ont rassemblé leur eiruv, lorsqu’elles prennent leur eiruv ailleurs, afin d’établir un eiruv avec une autre cour, une personne peut l’y apporter pour eux tous. Cela indique que c’est seulement cette personne qui acquiert des droits, et personne d’autre, et c’est seulement cette personne qui acquiert résidence, et personne d’autre. Dans ce cas, comment les autres peuvent-ils se fier à cet eiruv ?
אֲמַר לֵיהּ: לָא לְדִידִי קַשְׁיָא, וְלָא לִשְׁמוּאֵל קַשְׁיָא, שְׁלִיחוּת דְּכוּלְּהוּ קָא עָבֵיד.
Rabba dit lui : Cela n’est difficile ni selon mon avis, ni selon l’avis de Shmuel, car la personne qui prend le eiruv agit comme mandataire, effectuant l’acquisition ou déterminant la résidence au nom de tous.
אָמַר רַבָּה אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן.
En ce qui concerne le cas des trois cours abordé ci-dessus, Rabba a dit que Rav Ḥama bar Gurya a dit que Rav a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon selon laquelle il est permis de transporter de la cour du milieu vers l’une ou l’autre des deux cours extérieures ; et inversement, cependant, il est interdit de transporter d’une cour extérieure à l’autre.
מַתְנִי׳ מִי שֶׁבָּא בְּדֶרֶךְ וְחָשְׁכָה לוֹ, וְהָיָה מַכִּיר אִילָן אוֹ גָדֵר, וְאָמַר: ״שְׁבִיתָתִי תַּחְתָּיו״ — לֹא אָמַר כְּלוּם.
MICHNA : En ce qui concerne celui qui venait en chemin à la veille de Chabbat, et la nuit tomba alors qu'il voyageait, et il connaissait un arbre ou une clôture situé à deux mille coudées de son emplacement actuel, et à deux mille coudées de sa maison, et il dit : Ma résidence est sous cet arbre, plutôt qu'à son emplacement actuel, il n'a rien dit, car il n'a pas établi un lieu fixe comme sa résidence.
״שְׁבִיתָתִי בְּעִיקָּרוֹ״ — מְהַלֵּךְ מִמְּקוֹם רַגְלָיו וְעַד עִיקָּרוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה, וּמֵעִיקָּרוֹ וְעַד בֵּיתוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה. נִמְצָא מְהַלֵּךְ מִשֶּׁחָשֵׁיכָה אַרְבַּעַת אֲלָפִים אַמָּה.
Cependant, s’il a dit : Ma résidence est au tronc de l’arbre, il y a acquis sa résidence et, par conséquent, il peut marcher de l’endroit où il se tient jusqu’au tronc de l’arbre, situé à deux mille coudées, et du tronc de l’arbre jusqu’à sa maison, soit encore deux mille coudées. Par conséquent, il marche après la tombée de la nuit un total de quatre mille coudées.
אִם אֵינוֹ מַכִּיר, אוֹ שֶׁאֵינוֹ בָּקִי בַּהֲלָכָה, וְאָמַר ״שְׁבִיתָתִי בִּמְקוֹמִי״ — זָכָה לוֹ מְקוֹמוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ.
Si l’on n’est pas familier avec un arbre ou tout autre point de repère remarquable, ou si l’on n’est pas expert en halakha, ignorant que la résidence peut être établie à distance, et qu’il a dit : Ma résidence est à mon emplacement actuel, alors sa présence à son emplacement actuel lui acquiert le droit de marcher deux mille coudées dans chaque direction.
עֲגוּלּוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מְרוּבָּעוֹת, כְּטַבְלָא מְרוּבַּעַת, כְּדֵי שֶׁיִּהְיֶה נִשְׂכָּר לַזָּוִיּוֹת.
La manière dont les deux mille coudées sont mesurées fait l’objet d’un débat tannaïtique. Ces coudées sont mesurées circulairement, c’est-à-dire comme un cercle ayant un rayon de deux mille coudées ; telle est la déclaration de Rabbi Ḥanina ben Antigenos. Et les Rabbins disent : Elles sont mesurées en carré, c’est-à-dire comme une tablette carrée, chaque côté mesurant quatre mille coudées, afin qu’il gagne les coins. Il lui est également permis de marcher du milieu jusqu’aux coins du carré, soit une distance d’environ 2 800 coudées.
וְזוֹ הִיא שֶׁאָמְרוּ: הֶעָנִי מְעָרֵב בְּרַגְלָיו. אָמַר רַבִּי מֵאִיר: אָנוּ אֵין לָנוּ אֶלָּא עָנִי. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֶחָד עָנִי וְאֶחָד עָשִׁיר, לֹא אָמְרוּ מְעָרְבִין בְּפַת אֶלָּא לְהָקֵל עַל הֶעָשִׁיר, שֶׁלֹּא יֵצֵא וִיעָרֵב בְּרַגְלָיו.
Et c’est là le sens de ce que les Sages ont dit : Le pauvre établit un eiruv avec ses pieds, c’est-à-dire que celui qui n’a pas le pain nécessaire pour établir un eiruv peut marcher jusqu’à n’importe quel endroit situé dans sa limite de Chabbat et déclarer : Ceci est mon lieu de résidence, et sa limite de Chabbat est mesurée à partir de cet endroit. Rabbi Meïr a dit : Nous n’avons cette indulgence que pour un pauvre, qui n’a pas de nourriture pour deux repas. Cependant, celui qui a du pain ne peut établir sa résidence qu’avec du pain. Rabbi Yehouda dit : Cette indulgence s’applique à la fois au pauvre et à la personne riche. Les Sages ont dit qu’on n’établit un eiruv qu’avec du pain uniquement afin d’être indulgent envers la personne riche, afin qu’elle n’ait pas à se donner de la peine et à sortir établir un eiruv avec ses pieds. Au lieu de cela, elle peut désigner un agent pour y déposer du pain à sa place. Cela, toutefois, n’annule pas la possibilité de se rendre personnellement à cet endroit afin d’y établir sa résidence sans pain.
גְּמָ׳ מַאי ״לֹא אָמַר כְּלוּם״?
GUEMARA : Nous avons appris dans la michna que celui qui déclare son intention d’établir sa résidence sous un arbre, sans préciser l’emplacement exact, n’a rien dit. La Guemara demande : Quel est le sens précis de il n’a rien dit ?
אָמַר רַב: לֹא אָמַר כְּלוּם כׇּל עִיקָּר, דַּאֲפִילּוּ לְתַחְתָּיו שֶׁל אִילָן לָא מָצֵי אָזֵיל.
Rav a dit : Il n’a absolument rien dit, et n’a réussi à établir sa résidence nulle part, et il ne peut même pas aller à l’endroit sous cet arbre. Le fait de ne pas avoir précisé un endroit particulier l’empêche d’établir sa résidence sous l’arbre. Le fait qu’il ait cherché à établir sa résidence ailleurs qu’à son emplacement actuel l’empêche d’établir sa résidence à son emplacement actuel. En conséquence, il ne peut pas marcher à plus de quatre coudées de l’endroit où il se tient.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: לֹא אָמַר כְּלוּם לְבֵיתוֹ, אֲבָל לְתַחְתָּיו שֶׁל אִילָן מָצֵי אָזֵיל.
Et Shmuel dit : Il n’a rien dit au sujet du fait d’aller chez lui, si cela se trouve à deux mille coudées au-delà de l’arbre ; cependant, en ce qui concerne l’espace sous l’arbre, si toute sa ramure se trouve entièrement dans les deux mille coudées de son emplacement actuel, il peut effectivement aller là-bas.
וְנַעֲשֶׂה תַּחְתָּיו שֶׁל אִילָן חַמָּר גַּמָּל.
Et lorsque nous avons appris dans la michna qu’il n’a pas établi de résidence, cela signifie que le statut juridique de la zone sous l’arbre devient comparable à la fois à celui d’un conducteur d’âne, qui marche derrière l’animal et le pousse, et à celui d’un conducteur de chameau, qui marche devant l’animal et le guide, en ce sens que l’arbre l’attire dans les deux directions. Puisqu’il n’a pas précisé un endroit particulier comme sa résidence, n’importe quelle partie de la zone sous l’arbre pourrait être l’endroit où il a établi sa résidence.
בָּא לִמְדּוֹד מִן הַצָּפוֹן — מוֹדְדִין לוֹ מִן הַדָּרוֹם, בָּא לִמְדּוֹד מִן הַדָּרוֹם — מוֹדְדִין לוֹ מִן הַצָּפוֹן.
Par conséquent, si il vient mesurer deux mille coudées au nord de l’arbre afin de déterminer s’il peut ou non se rendre chez lui, en raison de l’incertitude quant à l’endroit précis où il a établi sa résidence, on mesure la distance pour lui de manière stricte depuis le sud. De même, si il vient mesurer la distance jusqu’à sa maison depuis le sud, on mesure la distance pour lui depuis le nord.