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וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יוֹצִיא זֶה מִתּוֹךְ שֶׁלּוֹ לְתוֹךְ שֶׁל חֲבֵרוֹ.
à condition qu’il ne transporte rien de sa limite de quatre coudées dans celle de son prochain.
הָיוּ שְׁלֹשָׁה וְהָאֶמְצָעִי מוּבְלָע בֵּינֵיהֶן — הוּא מוּתָּר עִמָּהֶן, וְהֵן מוּתָּרִין עִמּוֹ, וּשְׁנַיִם הַחִיצוֹנִים אֲסוּרִין זֶה עִם זֶה.
Dans le cas où il y avait trois personnes dans cette situation, et certaines parties des quatre coudées de celui du milieu étaient incluses dans les limites respectives de chacun des autres, de sorte qu’il partageait une certaine zone avec chacun d’eux, il lui est permis de manger avec l’un ou l’autre d’entre eux, et il leur est à tous deux permis de manger avec lui ; mais il est interdit aux deux extérieurs de manger l’un avec l’autre, puisqu’ils ne partagent aucune zone commune.
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה — לְשָׁלֹשׁ חֲצֵירוֹת הַפְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ, וּפְתוּחוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים. עֵירְבוּ שְׁתַּיִם עִם הָאֶמְצָעִית — הִיא מוּתֶּרֶת עִמָּהֶן וְהֵם מוּתָּרוֹת עִמָּהּ, וּשְׁתַּיִם הַחִיצוֹנוֹת אֲסוּרוֹת זוֹ עִם זוֹ.
Rabbi Shimon a dit : À quoi cela est-il comparable ? C’est comme trois cours qui s’ouvrent l’une sur l’autre, et qui s’ouvrent aussi sur le domaine public. Si les deux extérieures cours ont fait un eiruv avec celle du milieu, celle du milieu est autorisée à transporter vers les deux extérieures, et elles sont autorisées à transporter vers elle, mais les deux extérieures cours ont l’interdiction de transporter de l’une à l’autre, car elles n’ont pas fait de eiruv l’une avec l’autre.
גְּמָ׳ בָּעֵי רָבָא: מַאי קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי? מִסְבָּר קָא סָבַר: חֶפְצֵי הֶפְקֵר קוֹנִין שְׁבִיתָה.
GUEMARA :Rava a soulevé un dilemme : quelle est l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Nuri ? Soutient-il que les objets sans propriétaire acquièrent une résidence pour le Chabbat, c’est-à-dire que même un objet qui n’appartient à personne acquiert une résidence au début du Chabbat et peut donc être transporté sur deux mille coudées dans chaque direction ?
וּבְדִין הוּא דְּלִיפְלוֹג בְּכֵלִים. וְהָא דְּקָמִיפַּלְגִי בְּאָדָם — לְהוֹדִיעֲךָ כּוֹחָן דְּרַבָּנַן, דְּאַף עַל גַּב דְּאִיכָּא לְמֵימַר: הוֹאִיל וְנֵיעוֹר קָנָה, יָשֵׁן נָמֵי קָנָה, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא.
Et selon cette compréhension, Rabbi Yoḥanan ben Nouri aurait en réalité dû être en désaccord avec les Sages même au sujet des ustensiles qui ont été laissés dans le champ, c’est-à-dire que, selon l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Nouri, des ustensiles sans propriétaire peuvent être déplacés de deux mille coudées dans chaque direction. Et la raison pour laquelle ils ont été en désaccord au sujet d’une personne est de faire ressortir la portée considérable de la décision rigoureuse des Sages, car bien qu’il y ait lieu de dire : Puisque une personne qui est éveillée acquiert pour elle-même deux mille coudées, elle les acquiert aussi lorsqu’elle est endormie, la michna nous enseigne néanmoins que les Sages n’ont pas accepté cet argument, et c’est pourquoi la controverse est enseignée spécifiquement à propos d’une personne.
אוֹ דִילְמָא, קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי בְּעָלְמָא: חֶפְצֵי הֶפְקֵר אֵין קוֹנִין שְׁבִיתָה, וְהָכָא הַיְינוּ טַעְמָא: הוֹאִיל וְנֵיעוֹר קָנָה, יָשֵׁן נָמֵי קָנָה?
Ou peut-être devons-nous comprendre sa position autrement, à savoir que de manière générale Rabbi Yoḥanan ben Nuri soutient que les objets sans propriétaire n’acquièrent pas de résidence par eux-mêmes. Mais ici, en ce qui concerne une personne, la raison est la suivante : puisque une personne qui est éveillée acquiert pour elle-même deux mille coudées, elle les acquiert aussi lorsqu’elle est endormie.
אָמַר רַב יוֹסֵף, תָּא שְׁמַע: גְּשָׁמִים שֶׁיָּרְדוּ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב — יֵשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ. בְּיוֹם טוֹב — הֲרֵי הֵן כְּרַגְלֵי כׇּל אָדָם.
Rav Yosef dit : Viens et écoute une solution à ce dilemme tirée de la baraita suivante : La pluie qui est tombée la veille d’une fête a deux mille coudées dans chaque direction, ce qui signifie qu’il est permis de transporter l’eau de pluie dans un rayon de deux mille coudées. Mais si la pluie est tombée pendant la fête elle-même, elle est comme les pieds de tout le monde, car elle n’a pas acquis de résidence, et par conséquent il est permis de transporter cette eau partout où il lui est permis de marcher.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי: ״חֶפְצֵי הֶפְקֵר קוֹנִין שְׁבִיתָה״, הָא מַנִּי — רַבִּי יוֹחָנָן הִיא.
Certes, il est compréhensible si vous dites que Rabbi Yoḥanan ben Nouri soutient que les objets sans propriétaire acquièrent une résidence ; conformément à l’opinion de qui est cette baraita ? C’est celle de Rabbi Yoḥanan ben Nouri, et par conséquent la pluie tombée la veille de la fête a acquis résidence à l’endroit où elle est tombée.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ: ״חֶפְצֵי הֶפְקֵר אֵין קוֹנִין שְׁבִיתָה״, הָא מַנִּי? לָא רַבִּי יוֹחָנָן וְלֹא רַבָּנַן!
Cependant, si tu dis qu’il soutient que les objets sans propriétaire n’acquièrent pas de résidence, conformément à l’opinion de qui est cette baraita ? Ni celle de Rabbi Yoḥanan ben Nouri, ni celle des Sages, car elle indique clairement que la pluie acquiert un lieu de résidence bien qu’elle n’ait pas de propriétaire. Nous devons plutôt dire que Rabbi Yoḥanan ben Nouri est d’avis que les objets sans propriétaire acquièrent une résidence, et cette baraita est conforme à son opinion.
יְתֵיב אַבָּיֵי וְקָאָמַר לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא לְאַבָּיֵי: וְדִילְמָא בִּגְשָׁמִים הַסְּמוּכִין לָעִיר עָסְקִינַן, וְאַנְשֵׁי אוֹתָהּ הָעִיר דַּעְתָּם עִילַּיְיהוּ!
Abaye s'assit et récita cette tradition. Rav Safra dit à Abaye : Peut-être parlons-nous de pluie qui est tombée près d'une ville, et les habitants de cette ville l'avaient à l'esprit, et c'est pourquoi elle acquiert deux mille coudées dans chaque direction.
אֲמַר לֵיהּ: לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּתְנַן: בּוֹר שֶׁל יָחִיד — כְּרַגְלֵי יָחִיד, וְשֶׁל אוֹתָהּ הָעִיר — כְּרַגְלֵי אוֹתָהּ הָעִיר, וְשֶׁל עוֹלֵי בָּבֶל — כְּרַגְלֵי הַמְמַלֵּא.
Abaye lui dit : Que cela ne te vienne pas à l’esprit qu’une telle compréhension soit correcte, car nous avons appris dans une michna : Une citerne qui appartient à un particulier, son eau est comme les pieds de ce particulier, le propriétaire de la citerne, en ce sens qu’elle peut être transportée partout où il lui est permis de marcher. Et une citerne qui appartient à une ville donnée, son eau est comme les pieds des habitants de cette ville, en ce sens qu’elle peut être transportée partout où les habitants de cette ville peuvent marcher, c’est-à-dire deux mille coudées dans chaque direction à partir de la ville. Et une citerne qui appartient aux pèlerins de Babylonie en route vers Eretz Yisrael, c’est-à-dire qu’elle appartient à tous les Juifs et n’a pas de propriétaire particulier, son eau est comme les pieds de celui qui puise l’eau, en ce sens qu’elle peut être transportée partout où il lui est permis de marcher.
וְתַנְיָא: בּוֹר שֶׁל שְׁבָטִים — יֵשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ. קַשְׁיָין אַהֲדָדֵי!
Et il a été enseigné dans une baraita : Une citerne qui appartient à l’une des tribus et n’a pas de propriétaire particulier, son eau a deux mille coudées dans chaque direction. Si tel est le cas, ces deux sources se contredisent, car la michna enseigne que l’eau qui appartient à l’ensemble de la communauté n’établit pas de résidence, tandis que le tanna de la baraita soutient qu’elle peut être transportée à deux mille coudées de son emplacement.
אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינַּהּ: הָא — רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי, הָא — רַבָּנַן.
Au contraire, afin de résoudre la contradiction, apprends d’ici : Cette source, qui affirme que l’eau peut être transportée sur deux mille coudées, a été enseignée conformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Nouri, qui dit que même les objets sans propriétaire acquièrent une résidence ; cette autre source, qui affirme que l’eau qui n’appartient à aucune personne en particulier est comme les pieds de celui qui la puise, a été enseignée conformément à l’opinion des Sages, qui disent que les objets sans propriétaire n’acquièrent pas de résidence.
כִּי אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, אֲמַר לֵיהּ: הָכִי קָאָמַר רַב סָפְרָא, וְהָכִי אַהְדַּרִי לֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: וְאַמַּאי לָא תֵּימָא לֵיהּ מִגּוּפַהּ? אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ גְּשָׁמִים הַסְּמוּכִין לָעִיר עָסְקִינַן — הַאי ״יֵשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ״?!
La Guemara rapporte que lorsque Abaye se présenta devant Rav Yosef, il lui dit : Voici ce qu’a dit Rav Safra, et voici ce que je lui ai répondu. Rav Yosef lui dit : Et pourquoi ne lui as-tu pas répondu à partir de labaraita elle-même ? S’il te venait à l’esprit que nous parlons de pluie qui est tombée près d’une ville, comment peut-on comprendre l’affirmation selon laquelle l’eau de pluie a deux mille coudées dans chaque direction ?
הָא ״כְּרַגְלֵי אַנְשֵׁי אוֹתָהּ הָעִיר״ מִיבַּעְיָא לֵיהּ!
Selon votre compréhension, selon laquelle l’eau de pluie peut être transportée sur deux mille coudées parce que les habitants de la ville l’avaient à l’esprit, la baraitaaurait dû dire : L’eau de pluie est comme les pieds des habitants de cette ville. Il faut plutôt dire que les habitants de la ville n’ont pas acquis l’eau et qu’elle peut être transportée dans un rayon de deux mille coudées, parce que la baraita a été enseignée conformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Nuri, selon laquelle les objets sans propriétaire acquièrent résidence.
אָמַר מָר: בְּיוֹם טוֹב — הֲרֵי הֵן כְּרַגְלֵי כׇּל אָדָם. וְאַמַּאי? לִיקְנֵי שְׁבִיתָה בְּאוֹקְיָינוֹס.
La Guemara examine plus avant la baraita citée plus tôt. Le Maître a dit : Si la pluie est tombée pendant la Fête elle-même, elle est comme les pieds de tout le monde. La Guemara soulève une difficulté : Et pourquoi cela devrait-il être ainsi ? L’eau aurait dû acquérir résidence dans l’océan [okeyanos], où elle se trouvait lorsque la Fête a commencé. Et puisque l’eau est sortie pendant la Fête au-delà de sa limite après s’être évaporée et s’être transformée en nuages, il devrait être interdit de déplacer l’eau de plus de quatre coudées.
לֵימָא דְּלָא כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּאִי כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר — הָא אָמַר: כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ מִמֵּי אוֹקְיָינוֹס הוּא שׁוֹתֶה!
Disons que cette baraita a été enseignée non conformément à l’opinion de Rabbi Eliezer. Car si elle est conformément à l’opinion de Rabbi Eliezer, il a dit : Le monde entier boit des eaux de l’océan ; c’est-à-dire que l’eau évaporée de l’océan est la source de la pluie.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: הָכָא בְּעָבִים שֶׁנִּתְקַשְּׁרוּ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב עָסְקִינַן.
Rabbi Yitzḥak a dit : Ici, nous traitons de nuages qui étaient déjà formés à la veille de la Fête. Puisque ces nuages étaient déjà formés avant la Fête, l’eau n’a pas acquis de résidence dans l’océan et n’a pas dépassé sa limite pendant la Fête.
וְדִילְמָא הָנָךְ אָזְלִי, וְהָנָךְ אַחֲרִינֵי נִינְהוּ? דְּאִית לְהוּ סִימָנָא בְּגַוַּיְיהוּ.
La Guemara demande : Mais peut-être que ces nuages qui s’étaient déjà formés à la veille de la Fête s’en sont allés, et que ces nuages, dont la pluie est tombée, sont d’autres qui ont effectivement acquis résidence dans l’océan ? La Guemara répond : Nous traitons ici d’un cas où il y a un signe distinctif indiquant qu’il s’agit des mêmes nuages et non d’autres.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָוֵי סָפֵק דְּדִבְרֵיהֶם, וְסָפֵק דְּדִבְרֵיהֶם לְהָקֵל.
Et si tu le souhaites, dis qu’il y a une autre raison pour laquelle nous ne craignons pas qu’il puisse s’agir d’autres nuages : Cette question de savoir s’il s’agit ou non des mêmes nuages relève d’une incertitude concernant une loi rabbinique, et le principe est que, lorsqu’il s’agit d’une incertitude relative à une loi rabbinique, on peut suivre l’interprétation indulgente.
וְלִיקְנִי שְׁבִיתָה בְּעָבִים! תִּיפְשׁוֹט מִינַּהּ, דְּאֵין תְּחוּמִין לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה. דְּאִי יֵשׁ תְּחוּמִין לִיקְנֵי שְׁבִיתָה בְּעָבִים!
La Guemara demande : Que l’eau acquière résidence dans les nuages, là où elle se trouvait lorsque la fête a commencé, et que sa limite soit mesurée à partir de là. Puisque la baraita a enseigné que l’eau est comme les pieds de tout le monde, alors résous d’ici un autre dilemme, et dis qu’il n’y a pas d’interdit des limites de Chabbat au-dessus de dix paumes, et qu’il est permis de voyager à plus de deux mille coudées au-dessus de cette hauteur. Car s’il y a un interdit des limites de Chabbat au-dessus de dix paumes, que l’eau acquière résidence dans les nuages.
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: יֵשׁ תְּחוּמִין, וּמַיָּא בְּעֵיבָא מִיבְלָע בְּלִיעִי.
La Guemara rejette cet argument : En réalité, je peux te dire : Il y a une interdiction des limites de Chabbat même au-dessus de dix palmes, et l’eau n’acquiert pas de résidence dans les nuages parce qu’elle est absorbée dans les nuages. Puisque l’eau n’existe pas dans son état habituel à l’intérieur des nuages, mais prend plutôt une forme différente, elle n’y acquiert pas de résidence.

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