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וְהָתְנַן רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: שְׁתַּיִם — יִכָּנֵס, שְׁלֹשָׁה — לֹא יִכָּנֵס. מַאי לָאו, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְטַעְמֵיהּ דְּאָמַר וְהוּא בְּאֶמְצָעָן —
N’avons-nous pas appris dans une michna que Rabbi Eliezer dit : Si une personne a quitté sa limite de Chabbat en marchant deux coudées au-delà, elle peut y rentrer de nouveau dans sa limite initiale ; mais si elle a quitté sa limite de Chabbat en marchant trois coudées au-delà, elle ne peut pas y rentrer. Quoi, n’est-ce pas que Rabbi Eliezer suit son mode habituel de raisonnement, en ce qu’il a dit au sujet des quatre coudées attribuées à une personne où qu’elle se trouve, qu’elle est placée au milieu d’elles, c’est-à-dire qu’elle peut marcher deux coudées dans chaque direction ?
וְאַרְבַּע אַמּוֹת דִּיהַבוּ לֵיהּ רַבָּנַן כְּמַאן דְּמִיבַּלְעָן דָּמוּ, וְקָאָמַר ״יִכָּנֵס״ — אַלְמָא הַבְלָעַת תְּחוּמִין מִילְּתָא הִיא.
La Guemara explique que les quatre coudées que les Sages ont données à une personne sont considérées ici comme étant subsumées dans sa limite initiale, et c’est pour cette raison qu’il a dit : Il peut rentrer de nouveau dans sa limite initiale. Apparemment, il est d’avis que la subsomption de une limite de Chabbat dans une autre est quelque chose de significatif.
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה בַּר בַּר חָנָה לְאַבָּיֵי: וּמִדְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר קָמוֹתְבַתְּ לֵיהּ לְמָר? אֲמַר לֵיהּ: אִין, דִּשְׁמִיעַ לִי מִינֵּיהּ דְּמָר: עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא לִדְבַר הָרְשׁוּת, אֲבָל לִדְבַר מִצְוָה מוֹדוּ לֵיהּ.
Rabba bar bar Ḥana dit à Abaye : Soulèves-tu une objection contre notre Maître, Rabba, à partir de la déclaration de Rabbi Eliezer ? Mais la halakha n’est-elle pas conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer ? Abaye lui dit : Oui, car j’ai entendu de notre Maître lui-même que les Sages ne sont en désaccord avec Rabbi Eliezer que concernant celui qui est allé au-delà de sa limite pour une affaire volontaire, mais concernant celui qui est sorti pour une affaire de mitzva, ils sont d’accord avec lui au sujet de l’inclusion des limites, c’est-à-dire que si une limite est incluse dans une autre, il est permis de passer entre elles. Cela démontre que la halakha reconnaît le principe de l’inclusion des limites.
וְכׇל הַיּוֹצְאִין לְהַצִּיל חוֹזְרִין לִמְקוֹמָן. וַאֲפִילּוּ טוּבָא? וְהָא אָמְרַתְּ רֵישָׁא: ״אַלְפַּיִם אַמָּה״, וְתוּ לָא!
La michna enseigne : Tous ceux qui sortent pour sauver des vies peuvent retourner à leurs lieux d’origine pendant Chabbat. La Guemara demande : Cela signifie-t-il qu’il peut retourner à son lieu d’origine même s’il est sorti à plus de deux mille coudées au-delà de sa limite ? La première clause n’a-t-elle pas dit qu’une personne à qui il a été permis de se déplacer au-delà de sa limite de Chabbat reçoit deux mille coudées, et pas davantage ?
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: שֶׁחוֹזְרִין בִּכְלֵי זַיִין לִמְקוֹמָן. וּמַאי קוּשְׁיָא? דִּילְמָא לְהַצִּיל שָׁאנֵי!
Rav Yehouda a dit que Rav a dit : Cela signifie qu’ils peuvent revenir avec leurs armes vers leurs lieux d’origine, à condition qu’ils se trouvent dans une limite de deux mille coudées. La Guemara demande : Quelle est la difficulté à rentrer chez eux dans cette situation ? Peut-être dans le cas où des gens sont sortis pour combattre et sauver des vies, la loi est différente, et il leur est permis de rentrer chez eux même s’ils sont allés à plus de deux mille coudées au-delà de la limite.
אֶלָּא אִי קַשְׁיָא, הָא קַשְׁיָא: דִּתְנַן בָּרִאשׁוֹנָה לֹא הָיוּ זָזִין מִשָּׁם כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ.
Au contraire, s’il y a une difficulté, voici la difficulté : Comme nous l’avons appris dans une michna du traité Rosh HaShana, au début on prenait les témoins qui étaient venus à Jérusalem d’un endroit éloigné pendant le Chabbat pour témoigner qu’ils avaient vu la nouvelle lune, et on les amenait dans une cour spéciale, et ils ne bougeaient pas de là de toute la journée. Cela était conforme à la loi régissant celui à qui il avait été permis de sortir au-delà de sa limite, car, une fois sa mission accomplie, il ne lui était plus permis de se déplacer au-delà de quatre coudées.
הִתְקִין רַבָּן גַּמְלִיאֵל הַזָּקֵן שֶׁיֵּשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ. וְלֹא אֵלּוּ בִּלְבַד אָמְרוּ, אֶלָּא אֲפִילּוּ חֲכָמָה הַבָּאָה לְיַלֵּד, וְהַבָּא לְהַצִּיל מִן הַגַּיִיס וּמִן הַנָּהָר וּמִן הַמַּפּוֹלֶת וּמִן הַדְּלֵיקָה — הֲרֵי הֵן כְּאַנְשֵׁי הָעִיר, וְיֵשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ.
Cependant, Rabban Gamliel l’Ancien a institué qu’ils aient deux mille coudées dans chaque direction, afin que les témoins ne s’abstiennent pas de venir témoigner. Et ce ne sont pas seulement ceux-ci dont les Sages ont dit qu’on leur accorde deux mille coudées à l’endroit où ils sont arrivés, mais même une sage-femme qui vient pour accoucher, et quelqu’un qui vient secourir des Juifs d’une invasion de troupes gentiles ou d’une rivière ou d’un bâtiment effondré ou d’un incendie; ils sont comme les habitants de la ville où ils arrivent, et ils ont deux mille coudées dans chaque direction.
וְתוּ לָא? וְהָא אָמְרַתְּ: כׇּל הַיּוֹצְאִין לְהַצִּיל חוֹזְרִין לִמְקוֹמָן — אֲפִילּוּ טוּבָא!
On peut soulever la question suivante : ne leur accorde-t-on pas plus de deux mille coudées ? N’est-il pas dit dans la michna : Tous ceux qui sortent pour sauver des vies peuvent retourner à leurs emplacements d’origine pendant le Chabbat, ce qui indique qu’ils peuvent marcher même plus de deux mille coudées ?
אָמַר רַב [יְהוּדָה אָמַר רַב]: שֶׁחוֹזְרִין בִּכְלֵי זַיִין לִמְקוֹמָן, כִּדְתַנְיָא: בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ מַנִּיחִין כְּלֵי זֵיינָן בַּבַּיִת הַסָּמוּךְ לַחוֹמָה.
En réponse, Rav Yehuda a dit que Rav a dit : Il ne faut pas déduire de la michna qu’ils peuvent rentrer chez eux même s’ils sont sortis à plus de deux mille coudées de leur limite, mais plutôt qu’ils peuvent revenir avec leurs armes à leurs emplacements d’origine, à condition qu’ils se trouvent dans les deux mille coudées. Comme cela a été enseigné dans la Tosefta : Au début, ceux qui revenaient d’une mission de sauvetage déposaient leurs armes dans la première maison qu’ils rencontraient à leur retour, c’est-à-dire la maison la plus proche du mur, afin d’éviter de porter pendant le Shabbat plus que nécessaire.
פַּעַם אַחַת הִכִּירוּ בָּהֶן אוֹיְבִים וְרָדְפוּ אַחֲרֵיהֶם, וְנִכְנְסוּ לִיטּוֹל כְּלֵי זֵיינָן, וְנִכְנְסוּ אוֹיְבִים אַחֲרֵיהֶן. דָּחֲקוּ זֶה אֶת זֶה, וְהָרְגוּ זֶה אֶת זֶה יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁהָרְגוּ אוֹיְבִים. בְּאוֹתָהּ שָׁעָה הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ חוֹזְרִין לִמְקוֹמָן בִּכְלֵי זֵיינָן.
Une fois, leurs ennemis remarquèrent qu’ils ne portaient plus leurs armes, et les poursuivirent ; et les défenseurs entrèrent dans la maison pour prendre leurs armes et combattre, et leurs ennemis entrèrent après eux, provoquant une grande confusion. Dans le chaos, les défenseurs commencèrent à se pousser les uns les autres, et ils se tuèrent entre eux plus que leurs ennemis n’en tuèrent parmi eux. À ce moment-là les Sages instituèrent qu’ils devaient retourner à leurs endroits, c’est-à-dire à leurs destinations, avec leurs armes.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: לָא קַשְׁיָא. כָּאן — שֶׁנִּצְּחוּ יִשְׂרָאֵל אֶת אוּמּוֹת הָעוֹלָם, כָּאן — שֶׁנִּצְּחוּ אוּמּוֹת הָעוֹלָם אֶת עַצְמָן.
La Guemara cite une résolution alternative selon laquelle Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Cela n’est pas difficile. Ici, dans la michna de Rosh HaShana où l’on n’a permis que deux mille coudées, il s’agit d’une situation où les Juifs ont vaincu les nations du monde, c’est-à-dire les gentils, au combat ; dans un tel cas, il n’y a pas d’inquiétude et ils n’ont pas besoin de retourner à leurs emplacements d’origine. Tandis que ici, dans la michna qui indique que les Sages ont permis même plus de deux mille coudées, il s’agit d’une situation où les nations du monde se sont vaincues elles-mêmes, c’est-à-dire les Juifs, auxquels la Guemara fait euphémiquement référence comme à elles-mêmes ; dans un tel cas, les Sages ont permis aux soldats vaincus de retourner à leurs emplacements d’origine.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: נׇכְרִים שֶׁצָּרוּ עַל עַיְירוֹת יִשְׂרָאֵל — אֵין יוֹצְאִין עֲלֵיהֶם בִּכְלֵי זֵיינָן, וְאֵין מְחַלְּלִין עֲלֵיהֶן אֶת הַשַּׁבָּת.
Puisque la Guemara a discuté de la guerre pendant Chabbat, la Guemara cite Rav Yehouda, qui a dit que Rav a dit : En ce qui concerne des non-Juifs qui ont assiégé des villes juives, ils ne peuvent pas sortir pour combattre contre eux avec leurs armes, et ils ne peuvent pas profaner Chabbat de toute autre manière à cause d’eux, mais ils doivent plutôt attendre après Chabbat.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי נׇכְרִים שֶׁצָּרוּ וְכוּ׳. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, כְּשֶׁבָּאוּ עַל עִסְקֵי מָמוֹן, אֲבָל בָּאוּ עַל עִסְקֵי נְפָשׁוֹת — יוֹצְאִין עֲלֵיהֶן בִּכְלֵי זֵיינָן, וּמְחַלְּלִין עֲלֵיהֶן אֶת הַשַּׁבָּת.
Cela aussi a été enseigné dans une baraita, avec une réserve : En ce qui concerne les gentils qui ont assiégé, etc. Dans quel cas cela est-il dit ? Cela est dit dans un cas les gentils sont venus et ont assiégé la ville pour des questions d’argent, c’est-à-dire du brigandage. Cependant, s’ils sont venus au sujet de vies humaines, c’est-à-dire qu’il y a lieu de craindre que les gentils attaquent, ils peuvent sortir contre eux avec leurs armes, et ils peuvent profaner le Shabbat à cause d’eux.
וּבָעִיר הַסְּמוּכָה לַסְּפָר, אֲפִילּוּ לֹא בָּאוּ עַל עִסְקֵי נְפָשׁוֹת אֶלָּא עַל עִסְקֵי תֶּבֶן וָקַשׁ — יוֹצְאִין עֲלֵיהֶן בִּכְלֵי זֵיינָן, וּמְחַלְּלִין עֲלֵיהֶן אֶת הַשַּׁבָּת.
Et en ce qui concerne une ville qui est située près de la frontière, même si les gentils ne sont pas venus au sujet de vies humaines, mais plutôt au sujet de foin et de paille, c’est-à-dire pour attaquer et piller la ville, on peut sortir contre eux avec des armes, et on peut profaner le Shabbat à cause d’eux, car la frontière doit être gardée avec soin, afin d’empêcher les ennemis d’y prendre pied.
אָמַר רַב יוֹסֵף בַּר מִנְיוֹמֵי אָמַר רַב נַחְמָן: וּבָבֶל, כָּעִיר הַסְּמוּכָה לַסְּפָר דָּמְיָא. וְתַרְגּוּמָא: נְהַרְדְּעָא.
Rav Yosef bar Manyumi a dit que Rav Naḥman a dit : Et la Babylonie est considérée comme une ville située près de la frontière, et on peut y faire la guerre pendant le Chabbat même si les gentils sont venus pour un gain financier. Et cela signifie la ville de Neharde’a, qui était située près de la frontière.
דָּרֵשׁ רַבִּי דּוֹסְתַּאי דְּמִן בֵּירֵי: מַאי דִּכְתִיב: ״וַיַּגִּידוּ לְדָוִד לֵאמֹר הִנֵּה פְלִשְׁתִּים נִלְחָמִים בִּקְעִילָה וְהֵמָּה שׁוֹסִים אֶת הַגֳּרָנוֹת״.
Rabbi Dostai de la ville de Biri a exposé : Quel est le sens de ce qui est écrit : « On informa David, en disant : Voici, les Philistins combattent contre Keïla, et ils pillent les aires » (I Samuel 23:1), après quoi David demanda à Dieu comment il devait répondre.
תָּנָא: קְעִילָה עִיר הַסְּמוּכָה לַסְּפָר הָיְתָה, וְהֵם לֹא בָּאוּ אֶלָּא עַל עִסְקֵי תֶּבֶן וָקַשׁ, דִּכְתִיב: ״וְהֵמָּה שׁוֹסִים אֶת הַגֳּרָנוֹת״. וּכְתִיב ״וַיִּשְׁאַל דָּוִד בַּה׳ לֵאמֹר הַאֵלֵךְ וְהִכֵּיתִי בַּפְּלִשְׁתִּים הָאֵלֶּה וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל דָּוִד לֵךְ וְהִכִּיתָ בַפְּלִשְׁתִּים וְהוֹשַׁעְתָּ אֶת קְעִילָה״.
Il a été enseigné dans une baraita : Ke’ila était une ville située près de la frontière, et les Philistins ne vinrent que pour des affaires de foin et de paille, comme il est écrit : « Et ils pillent les aires de battage. » Et au verset suivant il est écrit : « Alors David consulta le Seigneur, disant : Irai-je frapper ces Philistins ? Et le Seigneur dit à David : Va, frappe les Philistins et sauve Ke’ila » (I Samuel 23:2), ce qui indique qu’on peut faire la guerre dans une ville frontalière pendant le Chabbat, même pour des questions d’argent.
מַאי קָמִבַּעְיָא לֵיהּ? אִילֵּימָא אִי שְׁרֵי אִי אָסוּר — הֲרֵי בֵּית דִּינוֹ שֶׁל שְׁמוּאֵל הָרָמָתִי קַיָּים.
La Guemara réfute cette preuve en demandant : Quel est le dilemme de David ? Si tu dis qu’il avait une question halakhique et qu’il doutait si c’était permis ou interdit de combattre les Philistins pendant Chabbat, on peut répondre : Mais le tribunal de Samuel de Rama était alors en existence, et au lieu de s’enquérir par le biais des Ourim VeToummim, il aurait dû consulter le Grand Sanhédrin.
אֶלָּא: אִי מַצְלַח אִי לָא מַצְלַח. דַּיְקָא נָמֵי, דִּכְתִיב: ״לֵךְ וְהִכִּיתָ בַפְּלִשְׁתִּים וְהוֹשַׁעְתָּ אֶת קְעִילָה״, שְׁמַע מִינַּהּ.
Au contraire, il demanda : Réussira-t-il ou ne réussira-t-il pas dans sa guerre ? La Guemara commente : Cela aussi est précis dans le langage du verset, comme il est écrit dans la réponse à la question de David : « Va frapper les Philistins et sauve Keïla. » Apprends de cela, de l’assurance que Dieu donna à David de sa victoire, que tel était l’objet de sa question.
מַתְנִי׳ מִי שֶׁיָּשַׁב בַּדֶּרֶךְ, וְעָמַד וְרָאָה הֲרֵי (זֶה) הוּא סָמוּךְ לָעִיר, [הוֹאִיל] וְלֹא הָיְתָה כַּוּוֹנָתוֹ לְכָךְ — לֹא יִכָּנֵס. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
MICHNA : En ce qui concerne une personne qui était assise au bord du chemin à la veille de Chabbat à la tombée de la nuit, sans savoir qu’elle se trouvait dans la limite de Chabbat de la ville, et lorsqu’elle se leva après que Chabbat avait déjà commencé, elle vit qu’elle était près de la ville, c’est-à-dire dans sa limite, puisqu’elle n’avait pas l’intention d’acquérir son lieu de résidence dans la ville, elle ne peut pas y entrer, mais mesure plutôt deux mille coudées à partir de son endroit ; telle est l’opinion de Rabbi Meïr.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: יִכָּנֵס. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה הָיָה וְנִכְנַס רַבִּי טַרְפוֹן בְּלֹא מִתְכַּוֵּין.
Rabbi Yehouda dit : Il peut entrer dans la ville. Rabbi Yehouda a dit : Il arriva une fois que Rabbi Tarfon entra dans une ville pendant le Chabbat sans intention depuis le début du Chabbat d’y établir sa résidence.
גְּמָ׳ תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי טַרְפוֹן שֶׁהָיָה מְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ וְחָשְׁכָה לוֹ, וְלָן חוּץ לָעִיר. לְשַׁחֲרִית מְצָאוּהוּ רוֹעֵי בָקָר, אָמְרוּ לוֹ: רַבִּי, הֲרֵי הָעִיר לְפָנֶיךָ, הִכָּנֵס! נִכְנַס וְיָשַׁב בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ, וְדָרַשׁ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ.
GUEMARA :Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda a dit : Il arriva une fois que Rabbi Tarfon marchait en chemin la veille de Chabbat, et la nuit tomba sur lui, et il passa la nuit hors de la ville. Le matin, des bouviers venus faire paître leur bétail hors de la ville le trouvèrent et lui dirent : Maître, la ville est devant vous ; entrez. Il entra, s’assit dans la maison d’étude et enseigna toute la journée. Cela indique qu’il est permis d’entrer.
(אָמְרוּ לוֹ): מִשָּׁם רְאָיָיה? שֶׁמָּא בְּלִבּוֹ הָיְתָה, אוֹ בֵּית הַמִּדְרָשׁ מוּבְלָע בְּתוֹךְ תְּחוּמוֹ הָיָה.
Les autres rabbins dirent à Rabbi Yehouda : Apportes-tu une preuve de là ? Peut-être avait-il l’intention la veille d’acquérir résidence dans la ville, ou peut-être que la maison d’étude était comprise dans sa limite de Shabbat. Si la maison d’étude se trouvait à moins de deux mille coudées de l’endroit où il a établi sa résidence, tous conviennent qu’il peut y entrer.
מַתְנִי׳ מִי שֶׁיָּשַׁן בַּדֶּרֶךְ וְלָא יָדַע שֶׁחָשֵׁיכָה — יֵשׁ לוֹ אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי.
MICHNA : En ce qui concerne celui qui dormait sur la route à la veille de Chabbat et ne savait pas que la nuit était tombée, il dispose de deux mille coudées dans chaque direction ; telle est l’opinion de Rabbi Yoḥanan ben Nouri, qui soutient que la connaissance et la conscience ne sont pas nécessaires pour qu’une personne acquière une résidence, mais que la présence d’une personne dans un lieu donné y établit sa résidence.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: וְהוּא בְּאֶמְצָעָן.
Mais les Rabbins disent : Il n’a que quatre coudées, puisque, comme il n’a pas acquis sciemment un lieu de résidence, il n’a pas établi de limite de Chabbat. Rabbi Eliezer dit : Il n’a que quatre coudées au total et il est au milieu d’elles, c’est-à-dire qu’il a deux coudées dans chaque direction.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לְאֵיזֶה רוּחַ שֶׁיִּרְצֶה יֵלֵךְ. וּמוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה שֶׁאִם בֵּירַר לוֹ, שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לַחֲזוֹר בּוֹ.
Rabbi Yehouda dit : Il peut marcher quatre coudées dans n’importe quelle direction qu’il souhaite. Mais Rabbi Yehouda convient que, s’il a choisi pour lui-même la direction dans laquelle il veut marcher ces quatre coudées, il ne peut pas se rétracter et marcher quatre coudées dans une autre direction.
הָיוּ שְׁנַיִם, מִקְצָת אַמּוֹתָיו שֶׁל זֶה בְּתוֹךְ אַמּוֹתָיו שֶׁל זֶה — מְבִיאִין וְאוֹכְלִין בָּאֶמְצַע,
En ce qui concerne un cas où il y avait deux personnes dans cette situation, placées de telle sorte qu’une partie des quatre coudées de l’une était incluse dans les quatre coudées de l’autre, elles peuvent chacune apporter de la nourriture et manger ensemble dans la zone partagée au milieu,

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