בִּדְגִנּוּנְיָיתָא.
il faisait référence à la variété de jardin, qui est couramment consommée.
זֶרַע גַּרְגִּיר. לְמַאי חֲזֵי? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁכֵּן רִאשׁוֹנִים שֶׁלֹּא הָיָה לָהֶן פִּלְפְּלִין, שׁוֹחֲקִין אוֹתוֹ וּמַטְבִּילִין בּוֹ אֶת הַצָּלִי.
Ayant mentionné les graines de roquette, la Guemara demande : À quoi sont-elles propres ? En général, seules les feuilles de la plante sont consommées. Rabbi Yoḥanan a dit : Les premières générations, qui n’avaient pas de poivre, écrasaient ces graines et y trempaient leur viande rôtie. Par conséquent, les graines de roquette sont elles aussi consommées, bien que ce ne soit pas leur usage habituel.
רַבִּי זֵירָא כִּי הֲוָה חֲלִישׁ מִגִּרְסֵיהּ, הֲוָה אָזֵיל וְיָתֵיב אַפִּיתְחָא דְּרַב יְהוּדָה בַּר אַמֵּי, אָמַר: כִּי נָפְקִי וְעָיְילִי רַבָּנַן — אֵיקוּם מִקַּמַּיְיהוּ וַאֲקַבֵּל בְּהוּ אַגְרָא.
La Guemara raconte que lorsque Rabbi Zeira était épuisé par ses études, il allait s’asseoir à l’entrée de l’académie de Rav Yehuda bar Ami, et disait : Quand les Sages entreront et sortiront, je me lèverai devant eux et recevrai une récompense pour les honorer, car c’est une mitsva d’honorer les érudits de la Torah. Trop fatigué pour se livrer à une véritable étude de la Torah, il chercha un moyen de se reposer tout en accomplissant une autre mitsva en même temps.
נְפַק אֲתָא יָנוֹקָא דְּבֵי רַב, אֲמַר לֵיהּ: מַאי אַגְמְרָךְ רַבָּךְ? אֲמַר לֵיהּ: כְּשׁוּת ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, חֲזִיז ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. אֲמַר לֵיהּ: אַדְּרַבָּה, אִיפְּכָא מִיסְתַּבְּרָא, הַאי — מֵאַרְעָא קָא מִרַבֵּי, וְהַאי — מֵאַוֵּירָא קָא מִרַבֵּי.
Un jour, un jeune écolier sortait de la maison d’étude. Rabbi Zeira lui dit : Qu’est-ce que ton maître t’a enseigné aujourd’hui ? Il lui dit : La bénédiction appropriée pour la cuscute est : Qui crée le fruit de la terre ; la bénédiction appropriée pour le grain vert est : Par la parole de Qui toute chose est venue à l’existence. Rabbi Zeira lui dit : Au contraire, c’est l’inverse qui est plus raisonnable, car cela, le grain vert, tire sa nourriture de la terre, tandis que cela, la cuscute, tire sa nourriture de l’air, et il convient de réciter une bénédiction sur chaque élément selon sa source de nourriture.
וְהִלְכְתָא כְּיָנוֹקָא דְּבֵי רַב. מַאי טַעְמָא: הַאי — גְּמַר פֵּירֵי, וְהַאי — לָאו גְּמַר פֵּירֵי. וּמַאי דְּקָאָמְרַתְּ: הַאי מֵאַרְעָא קָא רָבֵי, וְהַאי מֵאַוֵּירָא קָא רָבֵי — לָא הִיא. כְּשׁוּת נָמֵי מֵאַרְעָא קָא רָבֵי, דְּהָא קָא חָזֵינַן דְּקָטְלִינַן לַהּ לְהִיזְמְתָא וּמָיְיתָא כְּשׁוּתָא.
La Guemara conclut : La halakha est conforme à l’jeune écolier. Quelle en est la raison ? Ceci, la cuscute, est un produit pleinement mûr, et cela, le grain vert, est un produit qui n’est pas pleinement mûr. Si un produit n’est pas pleinement mûr, on ne peut réciter que la bénédiction : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Et quant à ce que tu as dit : Ceci, le grain vert, tire sa nourriture du sol, tandis que cela, la cuscute, tire sa nourriture de l’air, cela n’est pas exact. La cuscute aussi tire sa nourriture du sol, car nous voyons que lorsque le buisson épineux est coupé, la cuscute qui y est attachée meurt. Cela montre que la cuscute tire elle aussi sa nourriture du sol, quoique indirectement.
וּבְכַפְנִיּוֹת אֵין מְעָרְבִין? וְהָתַנְיָא: קוֹר נִיקָּח בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר, וְאֵין מִטַּמֵּא טוּמְאַת אוֹכָלִין. וְכַפְנִיּוֹת נִקָּחוֹת בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר, וּמִטַּמְּאוֹת טוּמְאַת אוֹכָלִים.
La Guemara examine maintenant la partie suivante de la déclaration de Rav : Et est-il exact que l’on ne peut pas établir un eiruv avec des dattes non mûres ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Cœur de palmier, le noyau intérieur tendre et comestible d’un palmier, peut être acheté avec de l’argent de la seconde dîme ; mais il ne contracte pas l’impureté rituelle des aliments, car ce n’est pas réellement un aliment, mais plutôt une partie de l’arbre lui-même. Et des dattes non mûres peuvent être achetées avec de l’argent de la seconde dîme, et elles contractent même l’impureté rituelle des aliments.
רָבֵי יְהוּדָה אוֹמֵר: קוֹר הֲרֵי הוּא כְּעֵץ לְכׇל דְּבָרָיו — אֶלָּא שֶׁנִּיקָּח בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר, וְכַפְנִיּוֹת הֲרֵי הֵן כִּפְרִי לְכׇל דִּבְרֵיהֶם — אֶלָּא שֶׁפְּטוּרוֹת מִן הַמַּעֲשֵׂר.
Rabbi Yehouda dit cela d’une manière quelque peu différente : le cœur de palmier est comme un arbre sous tous ses aspects juridiques, sauf qu’il peut être acheté avec l’argent de la seconde dîme, puisqu’il est comestible. Et les dattes non mûres sont comme un fruit à tous égards, car elles sont un véritable fruit, sauf sur un point, à savoir qu’elles sont exemptes des dîmes parce qu’elles ne sont pas encore complètement mûres.
הָתָם, בִּדְנִיסְחָנֵי.
La Guemara répond : Là-bas, la baraita fait référence au fruit des palmiers qui ne mûrit jamais complètement. Il est donc considéré comme un fruit à part entière même à l’état non mûr. Rav, en revanche, parlait du fruit des palmiers qui finit par mûrir. Son état non mûr n’est qu’une étape transitoire de son développement.
אִי הָכִי, בְּהָא לֵימָא רַבִּי יְהוּדָה פְּטוּרוֹת מִן הַמַּעֲשֵׂר? וְהָתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: לֹא הוּזְכְּרוּ פַּגֵּי בֵיתְיוֹנֵי אֶלָּא לְעִנְיַן מַעֲשֵׂר בִּלְבַד. פַּגֵּי בֵיתְיוֹנֵי וַאֲהִינֵי דְטוֹבִינָא חַיָּיבִין בְּמַעֲשֵׂר.
La Guemara demande : Si tel est le cas, Rabbi Yehuda dirait-il à ce sujet qu’ils sont exemptés des dîmes ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que Rabbi Yehuda a dit : Les figues non mûres de l’endroit appelé Beityoni n’ont été mentionnées qu’en ce qui concerne les dîmes, comme il est dit : Dans le cas des figues non mûres de Beityoni, et des dattes non mûres de l’endroit appelé Tuvina, on est tenu d’en prélever la dîme même si elles ne mûrissent jamais, puisqu’elles sont considérées comme des fruits pleinement développés à tous égards ?
אֶלָּא לְעוֹלָם לָאו בְּנִיסְחָנֵי, וּלְעִנְיַן טוּמְאַת אוֹכָלִין שָׁאנֵי, כִּדְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הוֹאִיל וְרָאוּי לְמַתְּקָן עַל יְדֵי הָאוּר, הָכָא נָמֵי: הוֹאִיל וְיָכוֹל לְמַתְּקָן עַל יְדֵי הָאוּר.
Au contraire, dis comme suit : En réalité, la baraita ne fait pas référence au fruit des palmiers qui ne mûrit jamais complètement, mais plutôt au fruit des palmiers qui finit par mûrir. Cependant, la halakha relative à l'impureté rituelle des aliments est différente, et le statut d’un élément comme aliment en ce qui concerne l’impureté des aliments ne peut pas être invoqué comme preuve de son statut comme aliment en ce qui concerne un eiruv. Comme l’a dit Rabbi Yoḥanan ailleurs : Puisqu’ils sont aptes à être adoucis par la cuisson au feu, ils sont considérés comme des aliments aux fins des dîmes ; ici aussi, nous pouvons dire : Puisqu’ils sont aptes à être adoucis par la cuisson au feu, les dattes non mûres sont aptes à contracter l’impureté des aliments. Cependant, en ce qui concerne un eiruv, nous exigeons un aliment prêt à être consommé, et quelque chose qui peut être préparé pour devenir un aliment ne suffit pas.
וְהֵיכָא אִתְּמַר דְּרַבִּי יוֹחָנָן? אַהָא דְּתַנְיָא: שְׁקֵדִים הַמָּרִים — קְטַנִּים חַיָּיבִין, גְּדוֹלִים פְּטוּרִין. מְתוּקִים — גְּדוֹלִים חַיָּיבִין, קְטַנִּים פְּטוּרִין. רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר מִשּׁוּם אָבִיו: זֶה וָזֶה, לִפְטוּר. וְאָמְרִי לַהּ: זֶה וָזֶה לְחִיּוּב. אָמַר רַבִּי אִילְעָא: הוֹרָה רַבִּי חֲנִינָא בְּצִיפּוֹרִי כְּדִבְרֵי הָאוֹמֵר זֶה וְזֶה לִפְטוּר.
La Guemara demande : Où cette remarque de Rabbi Yoḥanan a-t-elle été initialement énoncée ? La Guemara répond : Elle a été énoncée à propos de cette décision, qui a été enseignée dans une baraita : On est tenu de prélever la dîme sur des amandes amères lorsqu’elles sont encore petites et vertes, car elles sont propres à la consommation tant qu’elles ne sont pas encore développées. Lorsqu’elles sont grandes, en revanche, on est dispensé d’en prélever la dîme, car elles ne sont plus comestibles. On est tenu de prélever la dîme sur des amandes douces, grandes, tandis qu’on est dispensé de prélever la dîme sur les petites, car elles ne sont pas encore complètement mûres. Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yosei, a dit au nom de son père : On est dispensé de prélever la dîme sur l’une comme l’autre, les grandes et les petites amandes amères. Et certains disent qu’il a dit au nom de son père : On est tenu de prélever la dîme sur l’une comme l’autre. Rabbi Ila a dit : Rabbi Ḥanina a statué à Tzippori conformément à celui qui a dit : On est dispensé de prélever la dîme sur l’une comme l’autre.
וּלְמַאן דְּאָמַר זֶה וָזֶה לְחִיּוּב, לְמַאי חֲזֵי? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הוֹאִיל וְרָאוּי לְמַתְּקָן עַל יְדֵי הָאוּר.
La Guemara demande : Selon l’avis de celui qui a dit qu’on est tenu de prélever la dîme sur ceci comme sur cela, à quoi servent de grosses amandes amères ? Rabbi Yoḥanan a dit : Puisque ces amandes peuvent être adoucies et rendues comestibles au moyen d’une cuisson au feu, elles sont considérées comme un aliment en matière de dîmes.
אָמַר מָר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: קוֹר הֲרֵי הוּא כְּעֵץ לְכׇל דְּבָרָיו, אֶלָּא שֶׁנִּיקָּח בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר. הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא!
La Guemara examine plus avant la baraita citée précédemment. Le Maître a dit que Rabbi Yehouda dit : Le cœur de palmier est comme un arbre sous tous ses aspects juridiques, sauf qu’il peut être acheté avec de l’argent de la seconde dîme. La Guemara demande : L’opinion de Rabbi Yehouda est identique à celle du premier tanna.
אָמַר אַבָּיֵי: שְׁלָקוֹ וְטִגְּנוֹ אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.
Abaye a dit : Il y a une différence pratique entre eux dans un cas où l’on a fait bouillir ou frire le cœur de palmier. Selon Rabbi Yehouda, il ne contracte pas l’impureté rituelle des aliments même s’il a été bouilli ou frit, tandis que le premier tanna soutient que, dans ce cas, il contracte l’impureté.
מַתְקֵיף לַהּ רָבָא: מִי אִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר שְׁלָקוֹ וְטִגְּנוֹ לָא? וְהָתַנְיָא: הָעוֹר וְהַשִּׁילְיָא אֵין מִטַּמְּאִין טוּמְאַת אוֹכָלִין. עוֹר שֶׁשְּׁלָקוֹ, וְשִׁילְיָא שֶׁחִישֵּׁב עָלֶיהָ — מִטַּמְּאִין טוּמְאַת אוֹכָלִין!
Rava s’oppose vivement à cela : y a-t-il vraiment quelqu’un qui ait dit que même si on l’a bouilli ou frit, il ne contracte pas l’impureté rituelle des aliments ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : La peau et le placenta d’un animal, que les gens ne mangent généralement pas, ne contractent pas l’impureté rituelle des aliments ; cependant, une peau que l’on a bouillie jusqu’à ce qu’elle devienne comestible et un placenta que l’on avait l’intention de manger contractent l’impureté des aliments ? Cela indique que même quelque chose qui n’était pas à l’origine propre à être mangé contracte l’impureté des aliments une fois qu’il a été bouilli ou frit, et il devrait en aller de même pour le cœur de palmier selon tous les avis.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ בְּרָכָה. דְּאִתְּמַר: קוֹר — רַב יְהוּדָה אָמַר: ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״.
Au contraire, Rava a dit : Il y a une différence pratique entre eux en ce qui concerne la bénédiction qui doit être récitée avant de manger, car il a été déclaré que les amora’im étaient en désaccord au sujet de la bénédiction récitée sur le cœur de palmier : Rav Yehuda a dit que la bénédiction appropriée est : Qui crée le fruit de la terre. Et Shmuel a dit que la bénédiction appropriée est : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence.
רַב יְהוּדָה אָמַר: ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ — אוּכְלָא הוּא. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ — כֵּיוָן שֶׁסּוֹפוֹ לְהַקְשׁוֹת, לָא מְבָרְכִינַן עִילָּוֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״.
La Guemara explique les deux avis : Rav Yehuda a dit que la bénédiction appropriée est : Qui crée le fruit de la terre, car c’est un aliment. Puisque le cœur de palmier est comestible, il est appelé un fruit, et nous récitons une bénédiction sur lui de la même manière que pour tous les fruits. Et Shmuel a dit que la bénédiction appropriée est : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Puisqu’il finira par durcir et devenir comme un arbre non comestible, nous ne récitons pas sur lui la bénédiction : Qui crée le fruit de la terre, car il finira par perdre le statut de fruit.
אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, כְּווֹתָיךְ מִסְתַּבְּרָא, דְּהָא צְנוֹן שֶׁסּוֹפוֹ לְהַקְשׁוֹת, וּמְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״.
Shmuel dit à Rav Yehuda : Shinnana, ton avis est raisonnable, car un radis finira par durcir, et pourtant nous récitons à son sujet la bénédiction : Celui qui crée le fruit de la terre.
וְלָא הִיא, צְנוֹן נָטְעִי אִינָשֵׁי אַדַּעְתָּא דְפוּגְלָא, דִּיקְלָא — לָא נָטְעִי אִינָשֵׁי אַדַּעְתָּא דְקוֹרָא. וְאַף עַל גַּב דְּקַלְּסֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה, הִלְכְתָא כְּווֹתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל.
La Guemara commente : Mais il n’en est pas ainsi, car les gens plantent des radis avec l’intention de les manger lorsqu’ils sont tendres ; mais les gens ne plantent pas des palmiers avec l’intention de manger le cœur de palmier. Par conséquent, le cœur de palmier n’est pas considéré comme le fruit du palmier, mais plutôt comme un aliment qui en est extrait, sur lequel seule la bénédiction suivante doit être récitée : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Et la Guemara conclut : Même si Shmuel a loué Rav Yehuda, la halakha est conforme à l’opinion de Shmuel.
גּוּפָא, אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כְּשׁוּת וַחֲזִיז מְעָרְבִין בָּהֶן, וּמְבָרְכִין עֲלֵיהֶם ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. כְּשׁוּת בְּכַמָּה? כִּדְאָמַר רַב יְחִיאֵל: כִּמְלֹא הַיָּד — הָכָא נָמֵי כִּמְלֹא הַיָּד.
La Guemara examine maintenant la question elle-même citée dans la discussion précédente au nom de Rav. Rav Yehouda a dit que Rav a dit au sujet de la cuscute et du grain vert : on peut établir un eirouv avec eux, et lorsqu’on les mange, on récite la bénédiction : Qui crées le fruit de la terre. La Guemara demande : Quelle quantité de cuscute faut-il utiliser pour établir un eirouv ? La Guemara répond : Comme Rav Yeḥiel l’a dit au sujet d’une question similaire : Une poignée. Ici aussi, la mesure est une poignée.
חֲזִיז בְּכַמָּה? אָמַר רַבָּה בַּר טוֹבִיָּה בַּר יִצְחָק אָמַר רַב: כִּמְלֹא אוּזִילְתָּא דְאִיכָּרֵי.
De même, quelle quantité de grain vert est nécessaire pour établir un eirouv ? Rabba bar Toviya bar Yitzḥak a dit au nom de Rav : Une pleine gerbe de fermiers.
אֲמַר רַב חִלְקִיָּה בַּר טוֹבִיָּה: מְעָרְבִין בְּקִלְיָא. בְּקִלְיָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא בְּיַרְקָא דְקִלְיָא, וְכַמָּה? אָמַר רַב יְחִיאֵל: כִּמְלֹא הַיָּד.
Rav Ḥilkiya bar Toviya a dit : On peut établir un eiruv avec de la salicorne. La Guemara exprime son étonnement : Te viendrait-il à l’esprit qu’on puisse établir un eiruvavec de la salicorne ? Les gens ne mangent pas de salicorne. Plutôt, on peut établir un eiruvavec l’herbe dont on prépare les cendres de salicorne, car elle est propre à la consommation humaine avant d’être brûlée. Et quelle quantité en faut-il pour établir un eiruv ? Rav Yeḥiel a dit : Une poignée.
רַבִּי יִרְמְיָה נְפַק לְקִירְיָיתָא, בְּעוֹ מִינֵּיהּ: מַהוּ לְעָרֵב בְּפוֹלִין לַחִין? לָא הֲוָה בִּידֵיהּ. כִּי אֲתָא לְבֵי מִדְרְשָׁא, אֲמַרוּ לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יַנַּאי: מְעָרְבִין בְּפוֹלִין לַחִין. וְכַמָּה? אָמַר רַב יְחִיאֵל: כִּמְלֹא הַיָּד.
La Guemara rapporte que Rabbi Yirmeya sortit un jour pour visiter certains villages, et les villageois lui demandèrent : Quelle est la halakha concernant l’établissement d’un eiruv avec des fèves humides ? Il n’avait pas de réponse à leur donner. Lorsqu’il arriva à la maison d’étude, on lui dit : Voici ce qu’a dit Rabbi Yannai : On peut établir un eiruv avec des fèves humides. Et quelle quantité est nécessaire à cette fin ? Rav Yeḥiel dit : Une poignée.
אָמַר רַב הַמְנוּנָא: מְעָרְבִין בִּתְרָדִין חַיִּין. אִינִי? וְהָאָמַר רַב חִסְדָּא: סִילְקָא חַיָּיא קָטֵיל גַּבְרָא חַיָּיא!
Rav Hamnuna a dit : On peut aussi établir un eiruv avec des betteraves crues. La Guemara soulève une difficulté : Est-ce bien le cas ? Rav Ḥisda n’a-t-il pas dit : La betterave crue tue une personne en bonne santé, ce qui indique que les betteraves sont mauvaises pour la santé et ne devraient donc pas convenir à l’établissement d’un eiruv ?