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שַׁלְפִינְהוּ. אֲזַל רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ, נַקְטִינְהוּ מִבָּתְרֵיהּ.
et retira les roseaux, car il soutenait qu’ils étaient inutiles ; il considérait que tout le verger avait été entouré à des fins de résidence, en raison du pavillon de banquet. Rav Pappa et Rav Huna, fils de Rav Yehoshua, allèrent après lui et ramassèrent les roseaux, afin d’empêcher Rav Huna bar Ḥinnana de rétablir les cloisons, car ils étaient les élèves de Rava et voulaient faire appliquer sa décision.
לִמְחַר אֵיתִיבֵיהּ רָבִינָא לְרָבָא: עִיר חֲדָשָׁה מוֹדְדִין לָהּ מִיְּשִׁיבָתָהּ, וִישָׁנָה מֵחוֹמָתָהּ.
Le lendemain, pendant le Shabbat, Ravina souleva une objection à l’opinion de Rava à partir d’une baraita qui déclare : Dans le cas d’une ville nouvelle, on mesure la limite du Shabbat à partir de sa zone habitée, de l’endroit où elle est effectivement habitée ; et dans le cas d’une ville ancienne, on mesure la limite du Shabbat à partir de sa muraille, même si elle n’est pas habitée jusqu’à sa muraille.
אֵיזוֹ הִיא חֲדָשָׁה וְאֵיזוֹ הִיא יְשָׁנָה? חֲדָשָׁה, שֶׁהוּקְּפָה וּלְבַסּוֹף יָשְׁבָה. יְשָׁנָה, יָשְׁבָה וּלְבַסּוֹף הוּקְּפָה. וְהַאי נָמֵי כְּהוּקְּפָה וּלְבַסּוֹף יָשְׁבָה דָּמֵי!
Qu’est-ce qu’une ville חדשה, et qu’est-ce qu’une ville ancienne ? Une ville חדשה est une ville qui a été d’abord entourée d’une muraille, puis seulement habitée, c’est-à-dire que les habitants de la ville sont arrivés après que la muraille eut déjà été érigée ; une ville ancienne est une ville qui a été d’abord habitée, puis seulement entourée d’une muraille. Ravina souleva son objection : Et ce verger devrait lui aussi être considéré comme une ville qui a été d’abord entourée d’une muraille puis seulement habitée, puisqu’il n’avait pas été enclôt dès le départ à des fins d’habitation. Même si une habitation y fut ensuite construite, cela ne devrait pas en faire un lieu qui avait été enclôt à des fins d’habitation.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְרָבָא: וְהָאָמַר רַב אַסִּי מְחִיצוֹת אַדְרְכָלִין לָא שְׁמָהּ מְחִיצָה, אַלְמָא כֵּיוָן דְּלִצְנִיעוּתָא עֲבִידָא לַהּ — לָא הָוְיָא מְחִיצָה. הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן דְּלִצְנִיעוּתָא עֲבִידָא — לָא הָוְיָא מְחִיצָה.
Voyant qu’une objection supplémentaire pouvait être soulevée contre la position de son maître, Rav Pappa dit à Rava : Rav Asi n’a-t-il pas dit que les cloisons temporaires érigées par des architectes pour servir de protection contre le soleil et autres choses semblables ne sont pas considérées comme des cloisons valides ? Apparemment, puisqu’elle a été érigée seulement pour l’intimité, et non dans le but d’une habitation permanente, elle n’est pas considérée comme une cloison valide. Ici aussi, donc, en ce qui concerne la clôture autour du verger, puisqu’elle a été érigée seulement pour l’intimité, elle ne devrait pas être considérée comme une cloison valide.
וְאָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ לְרָבָא: וְהָאָמַר רַב הוּנָא: מְחִיצָה הָעֲשׂוּיָה לְנַחַת — לֹא שְׁמָהּ מְחִיצָה!
Et Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, dit à Rava : Rav Houna n’a-t-il pas dit qu’une cloison faite pour le repos d’objets à côté d’elle et leur procurant ainsi une protection n’est pas considérée comme une cloison valide ?
דְּהָא רַבָּה בַּר אֲבוּהּ מְעָרֵב לַהּ לְכוּלַּהּ מָחוֹזָא עַרְסְיָיתָא עַרְסְיָיתָא מִשּׁוּם פֵּירָא דְּבֵי תוֹרֵי. וְהָא פֵּירָא דְּבֵי תוֹרֵי כִּמְחִיצָה הָעֲשׂוּיָה לְנַחַת דָּמְיָא.
C’est ce que fit Rabba bar Avuh, lorsqu’il établit un eiruv séparément pour chaque rangée de maisons dans toute la ville de Meḥoza, à cause des fossés dont le bétail se nourrissait et qui séparaient les rangées de maisons les unes des autres. De tels fossés pour le bétail ne devraient-ils pas être considérés comme une cloison faite pour le repos d’objets à côté d’elle ? Une telle cloison est invalide. Toutes ces preuves indiquent que Rava avait tort d’enlever les clôtures de roseaux érigées par Rav Huna bar Ḥinnana, car ces clôtures étaient effectivement nécessaires.
קָרֵי עֲלַיְיהוּ רֵישׁ גָּלוּתָא: ״חֲכָמִים הֵמָּה לְהָרַע וּלְהֵיטִיב לֹא יָדָעוּ״.
En ce qui concerne la résolution de cet incident, l’Exilarque récita le verset suivant au sujet de ces rabbins : « Ils sont sages pour faire le mal, mais pour faire le bien ils n’ont aucune connaissance » (Jérémie 4:22), car le vendredi ils ont ruiné l’arrangement que Rav Houna bar Ḥinnana avait mis en place pour permettre de transporter de la maison au pavillon, et le lendemain tout ce qu’ils purent faire fut de prouver qu’ils avaient agi de manière inappropriée la veille et qu’il était interdit de transporter dans le verger.
אָמַר רַבִּי אִלְעַאי, שָׁמַעְתִּי מֵרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וַאֲפִילּוּ בֵּית כּוֹר. מַתְנִיתִין דְּלָא כַּחֲנַנְיָה. דְּתַנְיָא, חֲנַנְיָה אוֹמֵר: וַאֲפִילּוּ הִיא אַרְבָּעִים סְאָה כְּאִסְטְרַטְיָא שֶׁל מֶלֶךְ.
Nous avons appris dans la michna : Rabbi Elai a dit : J’ai entendu de Rabbi Eliezer qu’il est permis de porter dans un jardin ou un karpef, même si le jardin a la taille d’un beit kor, trente fois plus grand qu’un beit se’a. La Guemara note que tous s’accordent à dire que ce que la michna a enseigné n’était pas conforme à l’opinion de Ḥananya, comme cela a été enseigné dans une baraitaḤananya dit : Il est permis de porter même s’il a la taille de quarante beit se’a, comme la cour d’un roi.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּשְׁנֵיהֶם מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי יְשַׁעְיָהוּ לֹא יָצָא אֶל חָצֵר הַתִּיכוֹנָה״. כְּתִיב ״הָעִיר״ וְקָרֵינַן ״חָצֵר״ — מִכָּאן לָאִסְטְרַטְיָא שֶׁל מֶלֶךְ שֶׁהָיוּ כַּעֲיָירוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת.
Rabbi Yoḥanan a dit : Tous deux, Rabbi Elai et Ḥananya, ont tiré leur opinion du même verset, comme il est dit : « Et il arriva, avant qu’Isaïe ne soit sorti vers la cour du milieu, que la parole du Seigneur lui fut adressée, disant » (ii Rois 20:4). Dans le texte de la Torah, il est écrit : « La ville [ha’ir] », et nous le lisons comme : « La cour [ḥatzer] du milieu », car il y a dans ce verset une différence entre le mot écrit et la manière dont il est prononcé. De là on déduit que les cours royales étaient aussi grandes que des villes de taille intermédiaire. Par conséquent, il n’y a pas de contradiction, car la cour centrale du palais royal était elle-même comme une petite ville.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? מָר סָבַר: עֲיָירוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת הָוְיָין בֵּית כּוֹר. וּמָר סָבַר: אַרְבָּעִים סְאָה הָוְיָין.
La Guemara explique : À propos de quel principe sont en désaccord Rabbi Elai et Ḥananya ? Un Sage, Rabbi Elai, soutient : Les villes de taille intermédiaire sont de la taille d’un champ ayant une superficie de un beit kor ; et un Sage, Ḥananya, soutient : Elles sont de la taille de quarante se’a.
וִישַׁעְיָהוּ מַאי בָּעֵי הָתָם? אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מְלַמֵּד שֶׁחָלָה חִזְקִיָּה, וְהָלַךְ יְשַׁעְיָהוּ וְהוֹשִׁיב יְשִׁיבָה עַל פִּתְחוֹ.
La Guemara pose une question au sujet du récit de la Torah cité ci-dessus : Qu’est-ce qu’Isaïe devait faire dans la cour intérieure, c’est-à-dire pourquoi était-il là ? La Guemara répond : Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Cela enseigne qu’Ézéchias tomba malade, et Isaïe alla établir une académie de Torah à sa porte, afin que des érudits de la Torah s’assoient et s’occupent de la Torah à l’extérieur de sa chambre, dont le mérite aiderait Ézéchias à survivre.
מִכָּאן לְתַלְמִיד חָכָם שֶׁחָלָה, שֶׁמּוֹשִׁיבִין יְשִׁיבָה עַל פִּתְחוֹ. וְלָאו מִילְּתָא הִיא, דִּילְמָא אָתֵי לְאִיגָּרוֹיֵי בֵּיהּ שָׂטָן.
Sur cette base, il est déduit, concernant un érudit de la Torah qui est tombé malade, que l’on établit une académie à l’entrée de sa maison. La Guemara commente : Cela, toutefois, n’est pas une manière d’agir appropriée, car ils pourraient provoquer Satan contre lui. Provoquer Satan pourrait aggraver l’état de santé d’une personne malade au lieu de l’améliorer.
וְכֵן שָׁמַעְתִּי הֵימֶנּוּ: אַנְשֵׁי חָצֵר שֶׁשָּׁכַח אֶחָד וְלֹא עֵירַב — בֵּיתוֹ אָסוּר.
La michna cite une autre déclaration faite par Rabbi Elaï au nom de Rabbi Eliezer : Et moi aussi, j’ai entendu de lui une autre halakha : si l’un des résidents d’une cour a oublié et n’a pas participé à un eirouv avec les autres résidents, et que pendant Chabbat il a cédé la propriété de sa part dans la cour aux autres résidents, il lui est interdit, à lui qui a oublié d’établir un eirouv, d’apporter des objets ou de les sortir de sa maison vers la cour ; mais il est permis aux autres résidents d’apporter des objets de leurs maisons vers la maison de cette autre personne par l’intermédiaire de la cour, et inversement.
וְהָתְנַן: בֵּיתוֹ אָסוּר לְהוֹצִיא וּלְהַכְנִיס לוֹ וְלָהֶן?!
La Guemara soulève une objection : N’avons-nous pas appris dans une michna : Il est interdit à celui qui a oublié d’établir un eirouv de faire entrer des objets ou de les faire sortir de sa maison vers la cour, et aux autres résidents qui ont bien fait un eirouv, de faire sortir des objets de la maison vers la cour ou de les faire entrer dans la maison depuis la cour.
אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לָא קַשְׁיָא,
Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, a dit que Rav Chéchet a dit : Cela n’est pas difficile.

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