מְטַפֵּס וְעוֹלֶה מְטַפֵּס וְיוֹרֵד.
doit monter et descendre dans le puits, et y boire.
אִינִי? וְהָאָמַר רַב יִצְחָק אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא הוּתְּרוּ פַּסֵּי בֵירָאוֹת אֶלָּא לִבְאֵר מַיִם חַיִּים בִּלְבַד. וְאִי לִבְהֵמָה, מָה לִי חַיִּים מָה לִי מְכוּנָּסִין? בָּעִינַן מִידֵּי דַּחֲזֵי לְאָדָם.
La Guemara soulève une difficulté : Est-ce bien le cas ? L’autorisation de planches verticales est-elle réservée aux animaux בלבד ? Rav Yitzḥak n’a-t-il pas dit que Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Des planches verticales entourant des puits n’ont été autorisées que là où les puits contiennent une eau de source potable et courante ? Si l’autorisation est seulement pour les animaux, quelle différence cela fait-il pour moi qu’il s’agisse d’une eau de source, et quelle différence cela fait-il pour moi qu’il s’agisse d’une eau recueillie ? Certes, l’eau recueillie est inférieure à l’eau de source, mais elle convient encore à la boisson des animaux. La Guemara répond : Nous exigeons quelque chose qui soit propre à la consommation humaine.
גּוּפָא: לֹא הוּתְּרוּ פַּסֵּי בֵירָאוֹת אֶלָּא לִבְהֵמָה בִּלְבַד, אֲבָל אָדָם מְטַפֵּס וְעוֹלֶה מְטַפֵּס וְיוֹרֵד. וְאִם הָיוּ רְחָבִין, אֲפִילּוּ לְאָדָם נָמֵי. וְלֹא יְמַלֵּא אָדָם מַיִם וְיִתֵּן לִפְנֵי בְהֶמְתּוֹ, אֲבָל מְמַלֵּא הוּא וְשׁוֹפֵךְ לִפְנֵי בְּהֵמָה וְשׁוֹתָה מֵאֵילֶיהָ.
La Guemara examine la baraita citée au cours de la discussion précédente. Revenant à la chose elle-même, la déclaration citée ci-dessus : Des planches verticales entourant des puits n’étaient permises que pour le bétail, mais une personne doit monter et descendre dans le puits et y boire. Mais si les puits étaient trop larges pour qu’elle puisse remonter, ils sont permis aussi pour une personne. Une personne ne peut pas remplir un seau d’eau et le tenir devant son animal pendant Chabbat, mais elle peut le remplir et la verser devant lui dans une auge, et l’animal boit de lui-même.
מַתְקֵיף לַהּ רַב עָנָן: אִם כֵּן, מָה הוֹעִילוּ פַּסֵּי בֵירָאוֹת? מָה הוֹעִילוּ?! לְמַלּאוֹת מֵהֶן!
Rav Anan s’oppose fermement à cette explication : Si tel est le cas, à quoi servent les planches entourant un puits ? La Guemara exprime immédiatement son étonnement : Comment peut-il demander à quoi servent-elles ? Elles permettent aux gens de puiser de l’eau des puits, ce qui serait autrement interdit.
אֶלָּא: מָה הוֹעִיל רֹאשָׁהּ וְרוּבָּהּ שֶׁל פָּרָה?
Au contraire, la question de Rav Anan doit être comprise ainsi : À quoi sert l’exigence selon laquelle l’espace clos doit être assez grand pour la tête de la vache et la majeure partie de son corps, si, de toute façon, on ne peut pas faire boire la vache directement du seau ?
אָמַר אַבָּיֵי: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בְּאֵיבוּס הָעוֹמֵד בִּרְשׁוּת הָרַבִּים גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה וְרוֹחַב אַרְבָּעָה וְרֹאשׁוֹ נִכְנָס לְבֵין הַפַּסִּין וְכוּ׳.
Abaye dit : En réalité, il est permis de faire boire l’animal de n’importe quelle manière dans la zone entourée par les planches autour du puits. De quoi s’agit-il ici ? Il s’agit d’un cas particulier, d’une mangeoire ou d’un abreuvoir qui se trouve dans le domaine public, et qui a dix palmes de hauteur et quatre palmes de largeur, c’est-à-dire qu’il constitue un domaine privé, et dont une extrémité s’avance dans la zone entre les planches verticales entourant un puits. Dans un tel cas, les Sages ont interdit de remplir un seau d’eau dans la zone entourée par les planches verticales et de le tenir devant son animal ; ils craignaient que la mangeoire ne soit endommagée, et que l’on en vienne à transporter le seau du domaine privé au domaine public ou inversement pendant qu’on réparait la mangeoire endommagée.
אָמַר רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר רַב: אֵין בּוּרְגָּנִין בְּבָבֶל, וְלֹא פַּסֵּי בֵירָאוֹת בְּחוּץ לָאָרֶץ.
Il est interdit de marcher à plus de deux mille coudées d’une ville pendant le Chabbat. Cependant, s’il y a de petites cabanes de gardiens [burganin] à l’extérieur de la ville qui sont relativement proches les unes des autres, elles sont considérées comme faisant partie de la ville, et par conséquent la limite de deux mille coudées est mesurée à partir de la dernière de ces cabanes. Rav Yirmeya bar Abba a dit que Rav a dit : La loi concernant ces cabanes [burganin] ne s’applique pas en Babylonie, et la permission concernant les planches verticales entourant un puits ne s’applique pas en dehors d’Eretz Yisrael.
בּוּרְגָּנִין בְּבָבֶל לָא — דִּשְׁכִיחִי בִּידְקֵי, פַּסֵּי בֵירָאוֹת בְּחוּץ לָאָרֶץ לָא — דְּלָא שְׁכִיחִי מְתִיבָתָא. אֲבָל אִיפְּכָא עָבְדִינַן.
La Guemara explique : la loi concernant les huttes ne s’applique pas en Babylonie parce que les inondations y sont fréquentes ; et puisque les huttes risquent d’être emportées par les eaux de crue, elles ne sont pas considérées comme des habitations. La permission concernant les planches verticales entourant un puits ne s’applique pas en dehors d’Eretz Yisrael, parce que les yeshivot n’y sont pas courantes, et cette permission n’a été accordée qu’à ceux qui voyagent pour une mitsva, comme l’étude de la Torah. Mais nous disons le contraire, c’est-à-dire que nous appliquons la loi des huttes en dehors d’Eretz Yisrael et que nous appliquons la permission des planches verticales entourant un puits en Babylonie.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר רַב: אֵין בּוּרְגָּנִין וּפַסֵּי בֵירָאוֹת, לֹא בְּבָבֶל וְלֹא בַּחוּץ לָאָרֶץ. בּוּרְגָּנִין בְּבָבֶל לֹא — דִּשְׁכִיחִי בִּידְקֵי, בְּחוּץ לָאָרֶץ נָמֵי לָא — דִּשְׁכִיחִי גַּנָּבֵי.
La Guemara cite une version alternative de la discussion précédente. Certains disent que Rav Yirmeya bar Abba a dit que Rav a dit : Les lois concernant les huttes et les planches verticales entourant un puits ne s’appliquent ni en Babylonie spécifiquement, ni en dehors d’Eretz Israël en général. La Guemara explique : La loi concernant les huttes ne s’applique pas en Babylonie, parce que les inondations y sont fréquentes. Elle ne s’applique pas non plus en dehors d’Eretz Israël, parce que les voleurs qui volent dans de telles huttes y sont fréquents ; par conséquent, les gens ne considèrent pas les huttes comme des habitations.
פַּסֵּי בֵירָאוֹת בְּבָבֶל לָא — דִּשְׁכִיחִי מַיָּא. בְּחוּץ לָאָרֶץ נָמֵי לָא — דְּלָא שְׁכִיחִי מְתִיבָתָא.
La permission concernant des panneaux verticaux entourant un puits ne s’applique pas en Babylonie, car l’eau y est abondante. La Babylonie possède de nombreux fleuves et canaux, et par conséquent les puits n’y sont pas essentiels. En dehors d’Eretz Yisrael en général, cela ne s’applique pas non plus, car les yeshivot n’y sont pas courantes.
אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא לְמָרִי בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא: אָמְרִי אָתֵיתוּ מִבַּרְנִשׁ לְבֵי כְנִישְׁתָּא דְּדָנִיֵּאל דַּהֲוָה תְּלָתָא פַּרְסֵי בְּשַׁבְּתָא, אַמַּאי סָמְכִיתוּ — אַבּוּרְגָּנִין? הָא אָמַר אֲבוּהּ דַּאֲבוּהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: אֵין בּוּרְגָּנִין בְּבָבֶל!
Rav Ḥisda dit à Marei, fils de Rav Huna, fils de Rav Yirmeya bar Abba : Les gens disent que tu marches depuis la ville de Barnish jusqu’à la synagogue de Daniel, qui se trouve à une distance de trois parasanges [parsei], pendant Chabbat. Sur quoi t’appuies-tu ? T’appuies-tu sur les cabanes situées à la périphérie de la ville qui étendent la limite de Chabbat vers la synagogue ? Ton grand-père n’a-t-il pas dit au nom de Rav : La loi des cabanes ne s’applique pas en Babylonie ?
נָפֵק וְאַחְוִי לֵיהּ הָנְהוּ מָתָווֹתָא, דְּמִבַּלְעָן בְּשִׁבְעִים אַמָּה וְשִׁירַיִים.
Marei alors sortit et montra à Rav Ḥisda certaines ruines de villes qui étaient subsumées dans une distance de soixante-dix coudées et un reste, soit deux tiers d’une coudée, les unes des autres. Il s’appuya sur les ruines, plutôt que sur les huttes, afin qu’il soit permis de parcourir toute la distance de Barnish jusqu’à la synagogue de Daniel.
אָמַר רַב חִסְדָּא, דָּרֵישׁ מָרִי בַּר מָר: מַאי דִּכְתִיב ״לְכׇל תִּכְלָה רָאִיתִי קֵץ רְחָבָה מִצְוָתְךָ מְאֹד״, דָּבָר זֶה אֲמָרוֹ דָּוִד וְלֹא פֵּירְשׁוֹ, אֲמָרוֹ אִיּוֹב וְלֹא פֵּירְשׁוֹ, אֲמָרוֹ יְחֶזְקֵאל וְלֹא פֵּירְשׁוֹ, עַד שֶׁבָּא זְכַרְיָה בֶּן עִדּוֹ וּפֵירְשׁוֹ.
Rav Ḥisda a dit : Mari bar Mar a interprété de manière homilétique : Quel est le sens de ce qui est écrit : « J’ai vu une limite à toute chose ; mais Ton commandement est d’une étendue extrême » (Psaumes 119:96) ? Cette idée concernant l’ampleur de la Torah a été énoncée par David, mais il ne l’a pas expliquée ; elle a été énoncée par Job, mais lui non plus ne l’a pas expliquée ; elle a été énoncée par Ézéchiel, mais lui non plus ne l’a pas expliquée, jusqu’à ce que Zacharie, fils de Béréchia, fils d’Iddo, vienne et l’explique.
אֲמָרוֹ דָּוִד וְלֹא פֵּירְשׁוֹ, דִּכְתִיב: ״לְכׇל תִּכְלָה רָאִיתִי קֵץ רְחָבָה מִצְוָתְךָ מְאֹד״. אֲמָרוֹ אִיּוֹב וְלֹא פֵּירְשׁוֹ, דִּכְתִיב: ״אֲרוּכָּה מֵאֶרֶץ מִדָּהּ וּרְחָבָה מִנִּי יָם״.
Rav Ḥisda explique : Cette idée a été énoncée par David, mais il ne l’a pas expliquée, comme il est écrit : « J’ai vu une limite à toute perfection ; mais Ton commandement est d’une immensité extrême, » c’est-à-dire qu’il a déclaré que la Torah est extrêmement vaste, mais il n’a pas expliqué à quel point elle est vaste. De même, cette idée a été énoncée par Job, mais lui non plus ne l’a pas expliquée, comme il est écrit : « Sa mesure est plus longue que la terre et plus large que la mer » (Job 11:9).
אֲמָרוֹ יְחֶזְקֵאל וְלֹא פֵּירְשׁוֹ, דִּכְתִיב: ״וַיִּפְרֹשׂ אוֹתָהּ לְפָנַי וְהִיא כְתוּבָה פָּנִים וְאָחוֹר וְכָתוּב אֵלֶיהָ קִינִים וָהֶגֶה וָהִי״.
Et de même, cela a été déclaré par Ézéchiel, mais lui non plus ne l’a pas expliqué, comme il est écrit : « Et Il le déploya, » le rouleau, « devant moi, et il était écrit au-dedans et au-dehors ; et il y était écrit des lamentations, et mélodie [hegeh], et malheur [vahi] » (Ézéchiel 2:10).
״קִינִים״ — זוֹ פּוּרְעָנוּתָן שֶׁל צַדִּיקִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״קִינָה הִיא וְקוֹנְנוּהָ״. ״וָהֶגֶה״ — זוֹ מַתַּן שְׂכָרָן שֶׁל צַדִּיקִים לֶעָתִיד לָבֹא, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״עֲלֵי הִגָּיוֹן בְּכִנּוֹר״. ״וָהִי״ — זוֹ הִיא פּוּרְעָנוּתָן שֶׁל רְשָׁעִים לֶעָתִיד לָבֹא, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״הֹוָה עַל הֹוָה תָּבֹא״.
La Guemara explique : « Lamentations », cela fait référence au châtiment des justes dans ce monde, comme il est dit : « C’est une lamentation, et ils en feront une lamentation » (Ézéchiel 32:16). « Et mélodie [hegeh] », cela fait référence à la récompense des justes dans le Monde à Venir, et la preuve que ce mot est une expression de joie est le verset qui déclare : « Sur un instrument à dix cordes, et sur la harpe, avec la mélodie [higayon] d’une lyre » (Psaumes 92:4). Et « malheur [vahi] », cela est le châtiment des méchants dans le Monde à Venir, comme il est dit : « Calamité [hova] viendra après calamité » (Ézéchiel 7:26).
עַד שֶׁבָּא זְכַרְיָה בֶּן עִדּוֹ וּפֵירְשׁוֹ, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֵלַי מָה אַתָּה רוֹאֶה וָאוֹמַר אֲנִי רוֹאֶה מְגִילָּה עָפָה אׇרְכָּהּ עֶשְׂרִים בָּאַמָּה וְרׇחְבָּהּ עֶשֶׂר בָּאַמָּה״. וְכִי פָּשְׁטַתְּ לַהּ, הָוְיָא לַהּ עֶשְׂרִין בְּעֶשְׂרִין. וּכְתִיב: ״הִיא כְתוּבָה פָּנִים וְאָחוֹר״, וְכִי קָלְפַתְּ לַהּ, כַּמָּה הָוְיָא לַהּ — אַרְבְּעִין בְּעֶשְׂרִין.
Mais néanmoins, Ézéchiel n’expliqua pas l’étendue de la Torah, jusqu’à ce que Zacharie, fils de Bérékia, fils d’Iddo, vienne et l’explique, comme il est écrit : « Et il me dit : Que vois-tu ? Et je dis : Je vois un rouleau volant [afa] ; sa longueur est de vingt coudées, et sa largeur de dix coudées » (Zacharie 5:2). Puisque le rouleau volait, cela implique qu’il avait deux côtés égaux, de sorte que, lorsque vous l’ouvrez, il mesure vingt sur vingt coudées. Et il est écrit : « Et il était écrit à l’intérieur et à l’extérieur », c’est-à-dire des deux côtés. Et lorsque vous les séparez et séparez les deux côtés, combien cela fait-il ? Sa surface totale s’élève à quarante sur vingt coudées, soit huit cents coudées de Dieu.
וּכְתִיב: ״מִי מָדַד בְּשׇׁעֳלוֹ מַיִם וְשָׁמַיִם בַּזֶּרֶת תִּכֵּן וְגוֹ׳״ — נִמְצָא כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ אֶחָד מִשְּׁלֹשֶׁת אֲלָפִים וּמָאתַיִם בַּתּוֹרָה.
Afin de déterminer la mesure de la coudée de Dieu, la Guemara cite un verset qui décrit, pour ainsi dire, la taille de l’écart entre le pouce de Dieu et son petit doigt. Et il est écrit : « Qui a mesuré les eaux dans le creux de Sa main, et évalué les cieux avec l’empan, et contenu la poussière de la terre dans une mesure » (Isaïe 40:12). Si le monde entier mesure un empan carré, soit un quart d’une coudée carrée, nous trouvons selon ce calcul que le monde entier est une partie sur trois mille deux cents de la Torah.
וְאָמַר רַב חִסְדָּא, דָּרֵישׁ מָרִי בַּר מָר, מַאי דִּכְתִיב: ״וְהִנֵּה שְׁנֵי דּוּדָאֵי תְאֵנִים מוּעָדִים לִפְנֵי הֵיכַל ה׳. הַדּוּד הָאֶחָד תְּאֵנִים טוֹבוֹת מְאֹד כִּתְאֵנֵי
Et Rav Ḥisda dit encore : Mari bar Mar interpréta de manière homilétique : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Le Seigneur me montra, et voici, deux paniers de figues étaient placés devant le temple du Seigneur, après que Nabuchodonosor, roi de Babylone, eut emmené en captivité Jéconia, fils de Joïaqim, roi de Juda, ainsi que les princes de Juda avec les artisans et les forgerons, de Jérusalem, et les eut amenés à Babylone. Un panier [dud] contenait de très bonnes figues, comme les figues