פֵּיאָה מוּתֶּרֶת לְעִנְיַן כִּלְאַיִם, אֲבָל לֹא לְשַׁבָּת. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כִּמְחִיצּוֹת לְשַׁבָּת דְּלָא, כָּךְ מְחִיצּוֹת לְכִלְאַיִם דְּלֹא.
Une tresse de vignes entrelacées autour de poteaux pour former une cloison est permise en ce qui concerne les espèces diverses, c’est-à-dire qu’elle est considérée comme une cloison qui permet de planter des vignes à proximité d’autres cultures, mais non en ce qui concerne le Chabbat. Et Rabbi Yoḥanan a dit : De même que une telle tresse n’est pas considérée comme une cloison en ce qui concerne le Chabbat, de même elle n’est pas considérée comme une cloison en ce qui concerne les espèces diverses. Leurs opinions dans la controverse ici contredisent apparemment leurs opinions dans la controverse citée plus haut.
בִּשְׁלָמָא דְּרֵישׁ לָקִישׁ אַדְּרֵישׁ לָקִישׁ לָא קַשְׁיָא: הָא — דִידֵיהּ, הָא — דְרַבֵּיהּ. אֶלָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן אַדְּרַבִּי יוֹחָנָן קַשְׁיָא!
Certes, la contradiction apparente entre une déclaration de Reish Lakish et l’autre déclaration de Reish Lakish ne pose aucune difficulté, car cette déclaration, selon laquelle une telle tresse de vignes constitue une séparation efficace même en ce qui concerne le Chabbat, reflète sa propre opinion ; cette autre déclaration, selon laquelle elle n’est une séparation efficace qu’en ce qui concerne les espèces diverses, reflète l’opinion de son maître, Rabbi Yehuda, fils de Rabbi Ḥanina. Cependant, la contradiction apparente entre une déclaration de Rabbi Yoḥanan et l’autre déclaration de Rabbi Yoḥanan, pose une difficulté.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא: הָתָם — עַל גַּבָּן, הָכָא — מִן הַצַּד, שַׁפִּיר. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ: אִידֵּי וְאִידֵּי מִן הַצַּד, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
Certes, si tu dis que là-bas, où Rabbi Yoḥanan a statué qu’une tresse de vignes constitue une cloison efficace en ce qui concerne les espèces diverses, il s’agit d’un cas où les vignes ont été placées au-dessus de poteaux, tandis qu’ici, où il statue que cela est inefficace même en ce qui concerne les espèces diverses, il s’agit d’un cas où elles ont été attachées aux poteaux sur le côté, cela s’explique bien. Cependant, si tu dis que l’un comme l’autre sont des cas où les vignes ont été attachées sur le côté, que peut-on dire ?
לְעוֹלָם, אִידֵּי וְאִידֵּי מִן הַצַּד: הָתָם — בְּעֶשֶׂר, הָכָא — בְּיוֹתֵר מֵעֶשֶׂר.
La Guemara répond : En réalité, ce cas-ci comme ce cas-là sont des cas où les vignes étaient attachées aux poteaux latéraux par le côté. Là-bas, où Rabbi Yoḥanan a statué que le tressage constitue une cloison efficace en ce qui concerne les espèces diverses, il s’agit d’un cas où les poteaux n’étaient espacés que de dix coudées ; ici, où il statue que cela est inefficace même en ce qui concerne les espèces diverses, il s’agit d’un cas où les poteaux étaient espacés de plus de dix coudées.
וּמְנָא תֵּימְרָא דְּשָׁנֵי לַן בֵּין עֶשֶׂר לְיוֹתֵר מֵעֶשֶׂר — דַּאֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: לֹא כָּךְ הָיָה הַמַּעֲשֶׂה, שֶׁהָלַךְ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אֵצֶל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי לִלְמוֹד תּוֹרָה, אַף עַל פִּי שֶׁבָּקִי בְּהִלְכוֹת כִּלְאַיִם, וּמְצָאוֹ שֶׁיּוֹשֵׁב בֵּין הָאִילָנוֹת וּמָתַח זְמוֹרָה מֵאִילָן לְאִילָן. וְאָמַר לוֹ: רַבִּי, אִי גְּפָנִים כָּאן מַהוּ לִזְרוֹעַ כָּאן? אָמַר לוֹ: בְּעֶשֶׂר מוּתָּר, בְּיוֹתֵר מֵעֶשֶׂר אָסוּר.
Et d’où dis-tu que nous faisons une distinction entre une ouverture de dix coudées et une ouverture de plus de dix coudées ? Comme Rabbi Yoḥanan dit à Reish Lakish : Ce n’est pas ainsi que l’incident s’est produit. Lorsque Rabbi Yehoshua alla voir Rabbi Yoḥanan ben Nuri pour étudier la Torah, bien que Rabbi Yehoshua lui-même fût un expert des halakhot des espèces diverses et qu’il le trouva assis parmi les arbres, et Rabbi Yehoshua tendit une vigne d’un arbre à l’autre et lui dit : Rabbi, s’il y a ici des vignes, dans l’espace clos, quelle est la halakha concernant le fait de semer des espèces diverses ici, de l’autre côté de la séparation ? Rabbi Yoḥanan ben Nuri lui dit : Dans un cas où les arbres ne sont espacés que de dix coudées, cela est permis ; cependant, lorsqu’ils sont espacés de plus de dix coudées, cela est interdit.
בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא עַל גַּבָּן יוֹתֵר מֵעֶשֶׂר אָסוּר — וְהָתַנְיָא: הָיוּ שָׁם קָנִין הַדּוֹקְרָנִין וְעָשָׂה לָהֶן פֵּיאָה מִלְמַעְלָה, אֲפִילּוּ בְּיוֹתֵר מֵעֶשֶׂר מוּתָּר!
La Guemara clarifie le cas : De quoi parlons-nous ici ? Si tu dis que les vignes ont été placées au-dessus de les arbres, lorsqu’ils sont à plus de dix coudées de distance est-ce interdit ? Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita au sujet des espèces mélangées : S’il y avait là des roseaux fourchus et qu’il a tressé une tresse de vignes au-dessus d’eux, alors même si les roseaux étaient placés à plus de dix coudées de distance, cela est permis ? En ce qui concerne les espèces mélangées, la forme d’une entrée, lorsqu’elle est correctement construite, est certainement efficace.
אֶלָּא לָאו מִן הַצַּד, וְקָאֲמַר לֵיהּ בְּעֶשֶׂר מוּתָּר, יוֹתֵר מֵעֶשֶׂר אָסוּר. שְׁמַע מִינַּהּ.
Au contraire, cela ne fait-il pas référence à un cas où il a attaché les vignes aux arbres sur le côté, et il lui dit : Dans un cas où les arbres ne sont espacés que de dix coudées, cela est permis ; cependant, dans un cas où les arbres sont espacés de plus de dix coudées, cela est interdit ? La Guemara conclut : En effet, apprends-en qu’il existe une distinction entre des poteaux espacés de dix coudées et des poteaux espacés de plus de dix coudées, et que cette distinction résout la contradiction entre les deux déclarations de Rabbi Yoḥanan.
גּוּפָא, אָמַר רַב חִסְדָּא: צוּרַת הַפֶּתַח שֶׁעֲשָׂאָהּ מִן הַצַּד — לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם.
La Guemara examine maintenant la question elle-même concernant la déclaration de Rav Ḥisda citée plus haut. Rav Ḥisda a dit : Si quelqu’un a préparé une ouverture sous la forme d’une entrée sur le côté, en plaçant la traverse horizontale sur les côtés, plutôt qu’au-dessus, des montants verticaux, il n’a rien fait.
וְאָמַר רַב חִסְדָּא: צוּרַת הַפֶּתַח שֶׁאָמְרוּ, צְרִיכָה שֶׁתְּהֵא בְּרִיאָה כְּדֵי לְהַעֲמִיד בָּהּ דֶּלֶת, וַאֲפִילּוּ דֶּלֶת שֶׁל קַשִּׁין.
Et Rav Ḥisda aussi a dit : L’ouverture sous forme d’embrasure de porte dont les Sages ont parlé doit être assez solide pour y fixer une porte, même s’il ne s’agit que d’une porte de paille.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ מִשּׁוּם רַבִּי יַנַּאי: צוּרַת הַפֶּתַח צְרִיכָה הֶיכֵּר צִיר. מַאי הֶיכֵּר צִיר? אָמַר רַב אַוְיָא: אַבְקָתָא.
Reish Lakish a dit au nom de Rabbi Yannai : L'ouverture en forme d'embrasure nécessite une marque dans le montant de la porte pour les gonds. La Guémara demande : Qu'est-ce qu'une marque pour les gonds ? Rav Avya a dit : Des anneaux [avkata] dans lesquels on insère le gond, afin qu'il soit possible d'installer une porte dans l'ouverture.
אַשְׁכְּחִינְהוּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אַוְיָא לְתַלְמִידֵי דְּרַב אָשֵׁי, אֲמַר לְהוּ: אֲמַר מָר מִידֵּי בְּצוּרַת הַפֶּתַח? אֲמַרוּ לֵיהּ: לֹא אָמַר וְלֹא כְּלוּם.
La Guemara rapporte que Rav Aḥa, fils de Rav Avya, a un jour trouvé les élèves de Rav Ashi et leur a dit : Le Maître, Rav Ashi, a-t-il dit quelque chose au sujet de une ouverture sous la forme d’une porte ? Ils lui dirent : Il n’a rien dit, ce qui implique qu’une indication pour des gonds n’est pas nécessaire.
תָּנָא: צוּרַת הַפֶּתַח שֶׁאָמְרוּ, קָנֶה מִכָּאן וְקָנֶה מִכָּאן וְקָנֶה עַל גַּבֵּיהֶן. צְרִיכִין לִיגַּע, אוֹ אֵין צְרִיכִין לִיגַּע? רַב נַחְמָן אָמַר: אֵין צְרִיכִין לִיגַּע. וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר: צְרִיכִין לִיגַּע.
Un Sage a enseigné une baraita : La forme d’une ouverture de porte dont ils ont parlé consiste en un roseau d’ici, d’un côté, et un roseau de là, du côté opposé, et un roseau au-dessus d’eux. La Guemara demande : Faut-il que les roseaux inférieurs atteignent une hauteur suffisante pour toucher le roseau supérieur, ou n’ont-ils pas besoin de le toucher ? Rav Naḥman a dit : Ils n’ont pas besoin de le toucher ; et Rav Sheshet a dit : Ils ont besoin de le toucher.
אֲזַל רַב נַחְמָן וַעֲבַד עוֹבָדָא בֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא כִּשְׁמַעְתֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת לְשַׁמָּעֵיהּ רַב גַּדָּא: זִיל, שְׁלוֹף שְׁדִינְהוּ. אֲזַל, שְׁלַף, שְׁדִינְהוּ. אַשְׁכְּחוּהוּ דְּבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא, חַבְשׁוּהוּ. אֲזַל רַב שֵׁשֶׁת, קָם אַבָּבָא, אֲמַר לֵיהּ: גַּדָּא, פּוֹק תָּא! נְפַק וַאֲתָא.
La Guemara raconte que Rav Naḥman alla de l’avant et accomplit un acte dans la maison de l’Exilarque conformément à sa propre opinion. Il construisit une ouverture en forme d’embrasure de porte, de sorte que le roseau supérieur n’était pas en contact avec les roseaux inférieurs. Rav Sheshet dit à son assistant, Rav Gadda : Va, enlève ces roseaux et jette-les. L’assistant alla, enleva les roseaux et les jeta. Des membres de la cour de l’Exilarque le trouvèrent et l’emprisonnèrent pour avoir détruit la forme d’embrasure de porte qui leur permettait de porter. Rav Sheshet alla et se tint à la porte de la prison, et l’appela : Gadda, sors et viens à moi. Les hommes de l’Exilarque le relâchèrent, et il sortit et vint vers Rav Sheshet.
אַשְׁכְּחֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת לְרַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל, אֲמַר לֵיהּ: תָּנֵי מָר מִידֵּי בְּצוּרַת הַפֶּתַח? אֲמַר לֵיהּ: אִין, תְּנֵינָא: כִּיפָּה, רַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב בִּמְזוּזָה, וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין. וְשָׁוִין שֶׁאִם יֵשׁ בְּרַגְלֶיהָ עֲשָׂרָה שֶׁהִיא חַיֶּיבֶת.
La Guemara rapporte que Rav Sheshet a un jour trouvé Rabba bar Shmuel et lui a dit : Le Maître a-t-il enseigné quelque chose au sujet des halakhot de la forme d’une entrée ? Il lui a dit : Oui, nous avons appris dans une baraita : En ce qui concerne un portail voûté, Rabbi Meir considère que le propriétaire est tenu de fixer une mezouza, et les Sages considèrent qu’il en est exempté. Cependant, ils s’accordent tous deux à dire que si ses montants, les côtés verticaux du portail avant qu’il ne se cintre, mesurent dix palmes de hauteur, alors le portail requiert une mezouza.
אָמַר אַבָּיֵי: הַכֹּל מוֹדִים אִם גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה וְאֵין בְּרַגְלֶיהָ שְׁלֹשָׁה, אִי נָמֵי: יֵשׁ בְּרַגְלֶיהָ שְׁלֹשָׁה, וְאֵין גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה — וְלֹא כְּלוּם.
Afin d’expliquer le différend, Abaye a dit : Tout le monde convient que si toute l’arche a dix paumes de hauteur, mais que ses supports ont moins de trois paumes de hauteur, ou, alternativement, si ses supports ont trois paumes de hauteur mais que toute l’arche a moins de dix paumes de hauteur, l’arche ne nécessite aucunemezouza. Ces deux entrées n’ont pas les paramètres requis de la forme d’une porte pour nécessiter une mezouza.
כִּי פְּלִיגִי בְּיֵשׁ בְּרַגְלֶיהָ שְׁלֹשָׁה וּגְבוֹהָה עֲשָׂרָה, וְאֵין רְחָבָה אַרְבָּעָה, וְיֵשׁ בָּהּ לָחוֹק לְהַשְׁלִימָהּ לְאַרְבָּעָה.
Là où ils sont en désaccord, c’est dans un cas où les supports ont trois palmes de hauteur et toute l’arche a dix palmes de hauteur, et à la hauteur de dix palmes l’arche a moins de quatre palmes de largeur ; cependant, il y a de la place pour creuser la zone afin de la compléter à quatre palmes, de sorte que l’ouverture de l’arche mesure quatre palmes de large et dix palmes de haut.
רַבִּי מֵאִיר סָבַר: חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים, וְרַבָּנַן סָבְרִי: אֵין חוֹקְקִין לְהַשְׁלִים.
Abaye explique la divergence : Rabbi Meir soutient que l’on creuse l’espace pour compléter les quatre paumes, c’est-à-dire que l’arche est considérée comme ayant déjà été creusée, et l’ouverture possède les dimensions requises. Et les Sages soutiennent que l’on ne creuse pas l’arche pour compléter les quatre paumes. Puisque l’ouverture n’a pas réellement une largeur de quatre paumes à une hauteur de dix paumes, il n’est pas nécessaire d’y fixer une mezouza. Rabba bar Shmuel indique que tous s’accordent à dire que le linteau n’a pas besoin de toucher les montants de l’entrée ; si l’ouverture de l’arche avait une largeur de quatre paumes à une hauteur de dix paumes, elle nécessiterait une mezouza même si le plafond est séparé par l’arche et ne touche pas directement les montants. De même, en ce qui concerne la forme d’une entrée, le roseau supérieur n’a pas besoin de toucher les roseaux inférieurs, contrairement à l’opinion de Rav Sheshet.
אֲמַר לֵיהּ: אִי מַשְׁכַּחַתְּ לְהוּ — לָא תֵּימָא לְהוּ לְבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא וְלָא מִידֵּי מֵהָא מַתְנִיתָא דְכִיפָּה.
Rav Sheshet dit à Rabba bar Shmuel : Si tu les trouves, ne dis pas aux membres de la maison de l’Exilarque quoi que ce soit au sujet de cette baraita d’un portail voûté, car elle constitue une preuve contre mon opinion.
מַתְנִי׳ הֶכְשֵׁר מָבוֹי, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֶחִי וְקוֹרָה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אוֹ לֶחִי אוֹ קוֹרָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: לְחָיַיִן.
MICHNA : Il existe un désaccord fondamental concernant la méthode pour rendre une ruelle apte à ce qu’on puisse y porter pendant le Chabbat. Beit Shammaï disent : Il faut à la fois un poteau latéral et une poutre transversale. Beit Hillel disent : Soit un poteau latéral soit une poutre transversale. Rabbi Eliezer dit : Deux poteaux latéraux sont requis, un de chaque côté de la ruelle.
מִשּׁוּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אָמַר תַּלְמִיד אֶחָד לִפְנֵי רַבִּי עֲקִיבָא: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל מָבוֹי שֶׁהוּא פָּחוֹת מֵאַרְבַּע אַמּוֹת, שֶׁהוּא נִיתָּר אוֹ בְּלֶחִי אוֹ בְּקוֹרָה. עַל מָה נֶחְלְקוּ — עַל רָחָב מֵאַרְבַּע אַמּוֹת וְעַד עֶשֶׂר, שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֶחִי וְקוֹרָה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אוֹ לֶחִי אוֹ קוֹרָה. אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: עַל זֶה וְעַל זֶה נֶחְלְקוּ.
Au nom de Rabbi Yishmael, un élève dit devant Rabbi Akiva : Beit Shammai et Beit Hillel n’étaient pas en désaccord au sujet d’une ruelle de moins de quatre coudées de large, car ils conviennent tous deux que le transport est permis au moyen soit d’un poteau latéral, soit d’une poutre transversale. À propos de quoi étaient-ils en désaccord ? C’était à propos d’une ruelle qui est plus large que quatre coudées, et jusqu’à dix coudées de large ; car Beit Shammai disent : Elle requiert à la fois un poteau latéral et une poutre transversale. Et Beit Hillel disent : Elle requiert soit un poteau latéral, soit une poutre transversale. Rabbi Akiva dit au disciple : Il n’en est pas ainsi, car ils sont en désaccord à la fois sur ce cas, c’est-à-dire une ruelle de moins de quatre coudées de large, et sur cet autre cas, c’est-à-dire une ruelle large de quatre à dix coudées.
גְּמָ׳ כְּמַאן? דְּלָא כַּחֲנַנְיָה וְלָא כְּתַנָּא קַמָּא.
GUEMARA : Avant de clarifier les diverses opinions dans la michna, la Guemara cherche à déterminer : Conformément à l’opinion de qui cette michna a-t-elle été enseignée ? Apparemment, elle n’est conforme ni à l’opinion de Ḥananya, ni à l’opinion non attribuée du premier tanna de la baraita, qui sont en désaccord au sujet d’une ruelle ouverte sur le domaine public de deux côtés opposés. Le différend porte sur la question de savoir si la forme d’une entrée à une extrémité et un poteau latéral avec une poutre transversale à l’autre extrémité suffisent pour la rendre permise au transport en son sein, ou si de véritables portes sont requises, au moins à une extrémité. Cependant, ils s’accordent tous deux sur le fait qu’un poteau latéral et une poutre transversale seuls ne sont pas efficaces. Puisqu’à ce stade la Guemara suppose que le différend dans la michna entre Beit Shammaï et Beit Hillel s’applique à toutes les ruelles, qu’elles soient fermées d’un côté ou ouvertes sur le domaine public de deux côtés opposés, ces opinions reflètent une position entièrement différente.
אָמַר רַב יְהוּדָה, הָכִי קָאָמַר: הֶכְשֵׁר מָבוֹי סָתוּם כֵּיצַד? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֶחִי וְקוֹרָה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אוֹ לֶחִי אוֹ קוֹרָה.
Rav Yehouda a dit que voici ce que la michna dit : Comment une ruelle fermée est-elle rendue apte à ce qu’on puisse y porter pendant le Chabbat ? Beit Shammaï disent : Il faut à la fois un poteau latéral et une poutre transversale. Et Beit Hillel disent : Soit un poteau latéral, soit une poutre transversale.
בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֶחִי וְקוֹרָה, לְמֵימְרָא דְּקָא סָבְרִי בֵּית שַׁמַּאי: אַרְבַּע מְחִיצּוֹת דְּאוֹרָיְיתָא.
La Guemara examine le fondement de chaque opinion. Beit Shammai disent : Il faut à la fois un poteau latéral et une poutre transversale. Cela veut-il dire que Beit Shammai soutiennent que, pour qu’un espace soit considéré comme un domaine privé, quatre cloisons sont requises par la loi de la Torah ? Puisqu’un poteau latéral avec une poutre transversale est considéré comme une cloison, le fait qu’ils ne permettent pas de porter dans une ruelle sans poteau latéral indique qu’ils soutiennent qu’un domaine privé requiert quatre cloisons.
לָא, לִזְרוֹק — מִשָּׁלֹשׁ הוּא דְּמִיחַיַּיב, לְטַלְטֵל — עַד דְּאִיכָּא אַרְבַּע.
La Guemara rejette cet argument : Non, il n’y a pas de preuve, car on ne peut pas déduire les paramètres d’un domaine privé du nombre de cloisons requises pour permettre de porter. En ce qui concerne l’interdiction de la Torah de jeter un objet dans un domaine privé depuis le domaine public, dès lors qu’un espace clos possède trois cloisons, on est passible selon la loi de la Torah. Cependant, pour permettre de porter un objet à l’intérieur d’un domaine privé, les Sages ont décrété que cela n’est pas permis tant qu’il n’y a pas des cloisons sur les quatre côtés.
בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים אוֹ לֶחִי אוֹ קוֹרָה. לֵימָא קָא סָבְרִי בֵּית הִלֵּל שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת דְּאוֹרָיְיתָא?
La Guemara tente de tirer une déduction de ce que Beit Hillel disent : soit un poteau latéral, soit une poutre transversale sont requis. Faut-il en déduire que Beit Hillel soutiennent que au moins trois cloisons sont requises par la Torah, et qu’une zone qui en a moins n’est pas considérée comme un domaine privé ?
לָא, לִזְרוֹק — מִשְּׁתַּיִם הוּא דְּמִיחַיַּיב, לְטַלְטֵל — עַד דְּאִיכָּא שָׁלֹשׁ.
La Guemara rejette également cet argument : Aucune preuve ne peut être tirée d’ici. En ce qui concerne l’interdiction de la Torah de jeter un objet dans un domaine privé depuis le domaine public, dès lors qu’une zone enclavée n’a que deux cloisons, on est passible selon la loi de la Torah. Cependant, pour permettre à quelqu’un de porter un objet à l’intérieur d’un domaine privé, les Sages ont décrété que cela n’est pas permis tant qu’il n’y a pas de cloisons sur trois côtés. Une poutre transversale et un poteau latéral ne font pas office de cloisons, mais seulement de marqueurs visibles, afin qu’on ne porte pas par erreur à l’extérieur de l’allée.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר לְחָיַיִן. אִיבַּעְיָא לְהוּ: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְחָיַיִן וְקוֹרָה קָאָמַר, אוֹ דִילְמָא לְחָיַיִן בְּלֹא קוֹרָה קָאָמַר?
Nous avons appris dans la michna que Rabbi Eliezer dit : deux montants latéraux sont requis. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Rabbi Eliezer voulait-il dire que deux montants latéraux et une poutre transversale sont requis, ajoutant une rigueur à l’opinion de Beit Shammaï, selon laquelle, en plus de la poutre transversale, il faut non pas un, mais deux montants latéraux ? Ou peut-être voulait-il dire que deux montants latéraux sans poutre transversale sont requis.
תָּא שְׁמַע: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁהָלַךְ אֵצֶל רַבִּי יוֹסֵי בֶּן פְּרִידָא תַּלְמִידוֹ
Viens et entends une résolution à ce dilemme à partir de ce qui a été rapporté dans la Tosefta. Il y eut un incident impliquant Rabbi Eliezer, qui se rendit chez Rabbi Yosei ben Perida, son disciple,