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עוֹשֶׂה פַּס גָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה בְּמֶשֶׁךְ אַרְבַּע אַמּוֹת, וּמַעֲמִידוֹ לְאׇרְכּוֹ שֶׁל מָבוֹי.
On prépare une planche de dix palmes de hauteur, d’une longueur de quatre coudées, et on la place dans le sens de la longueur au milieu de l’allée, formant ainsi deux petites allées à l’entrée de l’allée, dont aucune n’a plus de dix coudées de largeur.
אִי נָמֵי כִּדְרַב יְהוּדָה, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: מָבוֹי שֶׁהוּא רָחָב חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה אַמָּה — מַרְחִיק שְׁתֵּי אַמּוֹת וְעוֹשֶׂה פַּס שָׁלֹשׁ אַמּוֹת.
Alternativement, on peut agir conformément à l’opinion de Rav Yehouda, car Rav Yehouda a dit : Si une ruelle a quinze coudées de large, comment en réduit-on la largeur ? Il s’éloigne de deux coudées de l’un des murs de la ruelle et prépare une planche de trois coudées de large, laissant ainsi une ouverture de seulement dix coudées.
וְאַמַּאי? יַעֲשֶׂה פַּס אַמָּה וּמֶחֱצָה, וְיַרְחִיק שְׁתֵּי אַמּוֹת, וְיַעֲשֶׂה פַּס אַמָּה וּמֶחֱצָה. שְׁמַע מִינַּהּ: עוֹמֵד מְרוּבֶּה עַל הַפָּרוּץ מִשְׁתֵּי רוּחוֹת לָא הָוֵי עוֹמֵד!
La Guemara demande : Et pourquoi faut-il réduire la largeur de cette manière ? On pourrait aussi préparer une planche d’une coudée et demie de large, s’éloigner de deux coudées, puis préparer une autre planche d’une coudée et demie de large, en laissant l’allée avec une ouverture de seulement dix coudées. Apparemment, on peut conclure du fait que Rav Yehuda n’a pas suggéré cette possibilité que, si la partie debout d’un mur est plus grande que la brèche seulement lorsqu’on combine les parties debout de deux côtés, c’est-à-dire des deux côtés de la brèche, cela n’est pas considéré comme si la partie debout était plus grande.
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ הָוֵי עוֹמֵד, וְשָׁאנֵי הָכָא, דְּאָתֵי אַוֵּירָא דְּהַאי גִּיסָא וְאַוֵּירָא דְּהַאי גִּיסָא וּמְבַטֵּל לֵיהּ.
La Guemara rejette cela : En réalité, je te dirais que, d’ordinaire, cela est considéré comme se tenant debout même lorsqu’il faut combiner les segments debout des deux côtés de la brèche. Cependant, ici, c’est différent, car l’air, c’est-à-dire l’ouverture de deux coudées, de ce côté de la planche la plus éloignée et l’air, c’est-à-dire l’ouverture de dix coudées, de cet autre côté de la planche se rejoignent et l’annulent. Par conséquent, dans ce cas, la planche la plus éloignée du mur ne peut pas servir à fermer la ruelle.
וְיַעֲשֶׂה פַּס אַמָּה וְיַרְחִיק אַמָּה, וְיַעֲשֶׂה פַּס אַמָּה וְיַרְחִיק אַמָּה, וְיַעֲשֶׂה פַּס אַמָּה. שְׁמַע מִינַּהּ עוֹמֵד כְּפָרוּץ — אָסוּר!
La Guemara suggère : Et l’on pourrait plutôt préparer une planche d’une coudée de large et s’éloigner d’une coudée, et préparer une autre planche d’une coudée et s’éloigner d’une coudée, et préparer une troisième planche d’une coudée, garantissant ainsi que l’espace ouvert ne soit pas plus grand que le segment debout des deux côtés. Apparemment, puisque Rav Yehuda n’a pas suggéré cette possibilité, on peut en conclure que si le segment debout d’un mur est égal au segment percé, porter dans l’allée est interdit.
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ — מוּתָּר, וְשָׁאנֵי הָכָא דְּאָתֵא אַוֵּירָא דְּהַאי גִּיסָא וּדְהַאי גִּיסָא וּמְבַטֵּל לֵיהּ.
La Guemara rejette cette supposition : En réalité, je te dirais qu’en règle générale, porter est permis dans ce cas. Mais ici, c’est différent, puisque l’air, l’ouverture, de ce côté-ci de la planche et l’air, l’ouverture, de ce côté-là de la planche se rejoignent et annulent l’efficacité de la planche.
וְיַרְחִיק אַמָּה וְיַעֲשֶׂה פַּס אַמָּה וּמֶחֱצָה, וְיַרְחִיק אַמָּה וְיַעֲשֶׂה פַּס אַמָּה וּמֶחֱצָה.
La Guemara suggère : Et l’on pourrait s’éloigner d’une coudée du mur, et préparer une planche de une coudée et demie, puis s’éloigner encore d’une coudée, et préparer une autre planche de une coudée et demie. De cette manière, on pourrait réduire la largeur de l’entrée de la ruelle à dix coudées.
אִין הָכִי נָמֵי, וְכוּלֵּי הַאי לָא אַטְרְחוּהּ רַבָּנַן.
La Guemara répond : Oui, c’est bien ainsi ; cela fonctionnerait tout aussi bien. Mais les Sages ne l’ont pas autant contraint, en exigeant de lui qu’il prépare deux planches lorsqu’une seule suffit.
וְלֵיחוּשׁ דִּלְמָא שָׁבֵיק פִּיתְחָא רַבָּה, וְעָיֵיל בְּפִיתְחָא זוּטָא! אָמַר רַב אַדָּא בַּר מַתְנָה: חֲזָקָה אֵין אָדָם מַנִּיחַ פֶּתַח גָּדוֹל וְנִכְנָס בְּפֶתַח קָטָן.
La Guemara soulève une nouvelle question : Mais ne devons-nous pas craindre que quelqu’un abandonne l’usage de la plus grande entrée, large de dix coudées, et commence à entrer dans la ruelle par la plus petite entrée, qui a une largeur de deux coudées. Cela annulerait le statut de la plus grande ouverture en tant qu’entrée et rendrait la ruelle impropre au transport en son sein, puisqu’elle n’aurait plus d’entrée munie d’un poteau latéral. Rav Adda bar Mattana a dit : La présomption est qu’une personne n’abandonne pas une grande entrée pour entrer à la place par une plus petite entrée.
וּמַאי שְׁנָא מִדְּרַבִּי אַמֵּי וּדְרַבֵּי אַסִּי?
La Guemara soulève une difficulté : Et en quoi cela est-il différent de l’opinion de Rabbi Ami et Rabbi Assi, qui soutiennent que, dans le cas d’une ruelle dont le mur latéral est percé près de son entrée, si la brèche est assez grande pour qu’on puisse y entrer, il est interdit d’y porter ? Là aussi, une telle brèche ne devrait pas poser problème, car une personne n’abandonne pas une entrée plus grande pour entrer par une plus petite.
הָתָם קָא מְמַעֵט בְּהִילּוּכָא. הָכָא לָא קָא מְמַעֵט בְּהִילּוּכָא.
La Guemara répond : Là-bas, dans le cas de Rabbi Ami et Rabbi Asi, la plus petite entrée réduit sa distance de marche. Si l’on s’approche de l’allée par le côté, la plus petite entrée offre un raccourci, et l’on pourrait donc aussi y entrer. Cependant, ici, dans le cas des deux entrées, l’une de deux coudées et l’autre de dix coudées, cela ne réduit pas sa distance de marche, car les deux ouvertures sont situées à l’avant de l’allée.
תְּנַן הָתָם: עוֹר הָעַסְלָא וְחָלָל שֶׁלּוֹ — מִצְטָרְפִין בְּטֶפַח.
La Guemara revient à la question du segment debout qui est plus grand que le segment brisé. Nous avons appris dans la Tosefta là-bas, dans le traité Kelim : Le cuir recouvrant un tabouret [asla] et son trou s’associent ensemble pour compléter un empan en ce qui concerne l’impureté rituelle transmise par une tente au-dessus d’un cadavre. Toute personne, ustensile ou nourriture se trouvant sous une couverture d’au moins un empan, avec une partie d’un cadavre d’au moins le volume d’une olive, devient rituellement impur par l’impureté transmise par un cadavre. La baraita enseigne que le revêtement en cuir d’un tabouret et son trou se combinent pour compléter la mesure d’un empan.
מַאי ״עוֹר הָעַסְלָא״? אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עוֹר כִּיסּוּי שֶׁל בֵּית הַכִּסֵּא.
La Guemara demande : Qu’est-ce que le revêtement en cuir d’un tabouret mentionné dans la Tosefta ? Rabba bar bar Ḥana a dit que Rav Yoḥanan a dit : le revêtement en cuir de toilettes.
וְכַמָּה? כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: אֶצְבָּעַיִים מִכָּאן, וְאֶצְבָּעַיִים מִכָּאן, וְאֶצְבָּעַיִים רֶיוַח בָּאֶמְצַע. כִּי אֲתָא רָבִין, אָמַר: אֶצְבַּע וּמֶחֱצָה מִכָּאן, וְאֶצְבַּע וּמֶחֱצָה מִכָּאן, וְאֶצְבַּע רֶיוַח בָּאֶמְצַע.
La Guemara demande : Et quelle taille le trou peut-il avoir tout en se combinant encore avec le revêtement de cuir pour compléter la largeur d’une paume ? Lorsque Rav Dimi vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit : Deux doigts de cuir d’ici, d’un côté, et deux doigts de cuir d’ici, de l’autre côté, et un espace de deux doigts pour le trou au milieu. Cependant, lorsque Ravin vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit : Un doigt et demi de cuir d’ici, et un doigt et demi de cuir d’ici, et un espace d’un seul doigt pour le trou au milieu.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב דִּימִי: מִי פְּלִיגִיתוּ? אֲמַר לֵיהּ: לָא, הָא — בְּרַבְרְבָתָא, הָא — בְּזוּטְרָתָא, וְלָא פְּלִיגִין.
Abaye dit à Rav Dimi : Est-ce que vous deux, toi-même et Ravin, êtes en désaccord sur le principe ? Rav Dimi lui dit : Non, plutôt cela, la déclaration de Ravin, fait référence au grand doigt, c’est-à-dire au pouce, et cela, ma propre déclaration, fait référence au petit doigt, l’auriculaire, et nous ne sommes pas en désaccord. Tous deux décrivaient un empan, qui équivaut à la largeur de quatre pouces ou de six auriculaires.
אֲמַר לֵיהּ: לָאיֵי, פְּלִיגִיתוּ, וּבְעוֹמֵד מְרוּבֶּה עַל הַפָּרוּץ מִשְׁתֵּי רוּחוֹת פְּלִיגִיתוּ. לְדִידָךְ הָוֵי עוֹמֵד מִשְׁתֵּי רוּחוֹת, לְרָבִין מֵרוּחַ אַחַת — הָוֵי עוֹמֵד, מִשְׁתֵּי רוּחוֹת — לָא הָוֵי עוֹמֵד.
Abaye lui dit : Cela n’est pas ainsi [la’ei]. Tu es en désaccord, et tu es en désaccord au sujet de la halakha dans un cas où la portion debout d’un mur est plus grande que la portion bréchée seulement lorsqu’on combine les portions debout de deux directions, c’est-à-dire des deux côtés de la portion bréchée. Selon toi, ce mur est considéré comme debout, même lorsqu’il faut combiner les portions debout de deux directions. Selon Ravin, si la portion debout d’un côté de la brèche est plus grande, le mur est considéré comme debout ; cependant, si la portion debout n’est plus grande qu’après avoir combiné les portions debout des deux directions, il n’est pas considéré comme debout.
דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לָא פְּלִיגִיתוּ, לְרָבִין הָכִי אִיבְּעִי לֵיהּ לְמֵימַר: אֶצְבַּע וּשְׁלִישׁ מִכָּאן, וְאֶצְבַּע וּשְׁלִישׁ מִכָּאן, וְאֶצְבַּע וּשְׁלִישׁ רֶיוַח בָּאֶמְצַע.
Abaye poursuit : Car si l’on devait envisager de dire que vous n’êtes pas en désaccord, mais que vous désignez simplement les mêmes mesures par des noms différents, pour exprimer son opinion, Ravin aurait dû dire ce qui suit : un doigt et un tiers de cuir d’un côté, et un doigt et un tiers de cuir de l’autre côté, et un espace de un doigt et un tiers pour le trou au milieu. Dans ce cas, il y aurait toujours une paume au total, mais chaque côté de cuir, à lui seul, ne serait pas plus grand que l’espace au milieu. Le fait que Ravin ait présenté un cas où le trou au milieu est plus petit que la largeur du cuir de chaque côté indique que son désaccord avec Rav Dimi est fondamental.
וְאֶלָּא מַאי — פְּלִיגִינַן? לְדִידִי, הָכִי אִיבְּעִי לִי לְמֵימַר: אֶצְבַּע וּשְׁנֵי שְׁלִישִׁים מִכָּאן, וְאֶצְבַּע וּשְׁנֵי שְׁלִישִׁים מִכָּאן, וְאֶצְבָּעַיִים וּשְׁנֵי שְׁלִישִׁים רֶיוַח בָּאֶמְצַע.
Rav Dimi répond : Mais plutôt, que veux-tu dire, que nous sommes en désaccord ? Si c’est le cas, pour exprimer l’opinion qui m’est attribuée à moi, j’aurais dû dire ceci : Un doigt et deux tiers de cuir d’ici, et un doigt et deux tiers de cuir de là, et un espace de deux doigts et deux tiers au milieu. Cela fournirait un cas plus frappant où, bien que la brèche soit bien plus grande que les segments debout de part et d’autre, les deux segments debout se combinent de sorte que les segments debout sont considérés comme plus grands que le segment ouvert.
אֶלָּא אִי אִיכָּא לְמֵימַר דִּפְלִגִינַן — בִּפָרוּץ כְּעוֹמֵד פְּלִגִינַן.
Au contraire, s'il y a lieu de dire que nous sommes en désaccord, notre différend porte sur un autre point, et nous débattons dans le cas où la section rompue est exactement égale à la section debout de chaque côté. Selon Ravin, elle est considérée comme rompue ; tandis que selon Rav Dimi, elle est considérée comme debout.
אִם יֵשׁ לוֹ צוּרַת הַפֶּתַח, אַף עַל פִּי שֶׁרָחָב מֵעֶשֶׂר — אֵינוֹ צָרִיךְ לְמַעֵט. אַשְׁכְּחַן צוּרַת הַפֶּתַח דְּמַהְנְיָא בְּרַחְבּוֹ, וַאֲמַלְתְּרָא דְּמַהְנְיָא בְּגׇבְהוֹ.
La Guemara revient à la michna : Si l’entrée de la ruelle a une ouverture en forme d’encadrement de porte, alors, même si elle est plus large que dix coudées, il n’est pas nécessaire de réduire sa largeur. La Guemara commente : Nous constatons qu’une ouverture en forme d’encadrement de porte est efficace pour permettre de porter dans une ruelle en ce qui concerne sa largeur, c’est-à-dire lorsque son entrée a plus de dix coudées de large, et qu’une corniche est efficace en ce qui concerne sa hauteur, c’est-à-dire lorsqu’elle dépasse vingt coudées de haut.

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