דְּלָא קָא עָבֵיד אִיסּוּרָא, אֲבָל הָכָא דְּקָא עָבֵיד אִיסּוּרָא, הָכִי נָמֵי דְּיֵרֵד.
lorsqu’on ne commet pas de transgression en s’abstenant d’agir. Cependant, ici, où l’on commet une transgression à chaque instant supplémentaire où l’on reste dans l’arbre, en effet, il doit descendre de celui-ci.
תָּנֵי חֲדָא: אֶחָד אִילָן לַח וְאֶחָד אִילָן יָבֵשׁ, וְתַנְיָא אִידַּךְ: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּלַח, אֲבָל בְּיָבֵשׁ — מוּתָּר.
La Guemara cite une contradiction apparente : Il a été enseigné dans une baraita que tant un arbre vert qu’un arbre sec sont inclus dans l’interdiction de grimper à un arbre, tandis qu’il a été enseigné dans une autre baraita : Dans quel cas ces règles, selon lesquelles on ne peut pas grimper à un arbre, ont-elles été énoncées ? Concernant un arbre vert. Mais dans le cas d’un arbre sec, il est permis d’y grimper.
אָמַר רַב יְהוּדָה, לָא קַשְׁיָא: כָּאן — בְּשֶׁגִּזְעוֹ מַחְלִיף, כָּאן — בְּשֶׁאֵין גִּזְעוֹ מַחְלִיף.
Rav Yehuda a dit : Ce n’est pas difficile. Ici, la baraita qui inclut un arbre sec dans l’interdit fait référence à un arbre dont la souche produit de nouvelles pousses lorsqu’on le coupe ; tandis que là-bas, la baraita qui exclut un arbre sec de l’interdit fait référence à un arbre dont la souche ne produit pas de nouvelles pousses.
גִּזְעוֹ מַחְלִיף יָבֵשׁ קָרֵית לֵיהּ! אֶלָּא לָא קַשְׁיָא: כָּאן — בִּימוֹת הַחַמָּה, כָּאן — בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים.
La Guemara exprime son étonnement face à cette réponse : Tu appelles sec un arbre dont la souche produit de nouvelles pousses ? Cet arbre n’est pas sec du tout. Au contraire, il n’y a pas de difficulté, car les deux baraitot traitent d’un arbre sec dont la souche ne produira plus de nouvelles pousses. Cependant, ici, la baraita qui permet de grimper sur un arbre sec fait référence à l’été, lorsqu’il est évident que l’arbre est mort ; tandis que là-bas, la baraita qui interdit de grimper sur l’arbre fait référence à la saison des pluies, lorsque de nombreux arbres perdent leurs feuilles et qu’il n’est pas évident de savoir lesquels restent vivants et lesquels sont morts.
בִּימוֹת הַחַמָּה, הָא נָתְרִי פֵּירֵי! בִּדְלִיכָּא פֵּירֵי. וְהָא קָא נָתְרִי קִינְסֵי! בְּגִדּוּדָא.
La Guemara soulève une difficulté : En été, le fruit de l’année précédente laissé sur l’arbre sec tombera lorsqu’il y grimpera, et grimper à l’arbre devrait donc être interdit, de peur qu’il n’en vienne à cueillir le fruit. La Guemara répond : Nous traitons ici d’un cas où il n’y a pas de fruit sur l’arbre. La Guemara demande : Mais de petites branches tomberont lorsqu’il grimpera à l’arbre, et là encore cela devrait être interdit, de peur qu’il n’en vienne à les casser. La Guemara répond : Nous traitons ici d’un arbre qui a déjà été dépouillé de toutes ses petites branches.
אִינִי?! וְהָא רַב אִיקְּלַע לְאַפְסַטְיָא, וַאֲסַר בְּגִדּוּדָא! רַב בִּקְעָה מָצָא, וְגָדַר בָּהּ גָּדֵר.
La Guemara demande : Est-ce bien réellement le cas ? Mais Rav est arrivé dans un endroit appelé Apsetaya et a interdit à ses habitants de grimper même sur un arbre qui avait déjà été dépouillé de toutes ses branches. La Guemara répond : En vérité, aucune interdiction n’était en jeu, mais Rav a trouvé un champ sans surveillance, c’est-à-dire un endroit où la transgression était répandue, et l’a clôturé. Il a ajouté une rigueur comme mesure de sauvegarde et a interdit une action qui était fondamentalement permise.
אָמַר רָמֵי בַּר אַבָּא אָמַר רַב אַסִּי: אָסוּר לְאָדָם שֶׁיְּהַלֵּךְ עַל גַּבֵּי עֲשָׂבִים בְּשַׁבָּת, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָץ בְּרַגְלַיִם חוֹטֵא״.
Rami bar Abba a dit que Rav Asi a dit : Il est interdit à une personne de marcher sur l’herbe pendant le Chabbat, en raison du fait qu’il est dit : « Celui qui se hâte avec ses pieds pèche » (Proverbes 19:2). Ce verset enseigne que le simple fait de marcher implique parfois un péché, par exemple, pendant le Chabbat, lorsqu’on pourrait arracher l’herbe sur laquelle on marche.
תָּנֵי חֲדָא: מוּתָּר לֵילֵךְ עַל גַּבֵּי עֲשָׂבִים בְּשַׁבָּת, וְתַנְיָא אִידַּךְ: אָסוּר. לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּלַחִים, הָא — בִּיבֵשִׁים.
La Guemara cite une autre contradiction apparente : Il a été enseigné dans une baraita qu’il est permis de marcher sur l’herbe pendant Chabbat, et il a été enseigné dans une autre baraita qu’il est interdit de le faire. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Cette baraita fait référence à de l’herbe verte, que l’on pourrait arracher, transgressant ainsi l’interdiction de moissonner pendant Chabbat. Cette autre baraita fait référence à de l’herbe sèche, qui a déjà été détachée de sa source de vie, et par conséquent l’interdiction de moissonner n’est plus en vigueur.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא, הָא וְהָא בְּלַחִים, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן — בִּימוֹת הַחַמָּה, כָּאן — בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que les deux baraitot se réfèrent à de l’herbe verte, et pourtant il n’y a pas de difficulté : Ici, la baraita qui interdit de marcher sur l’herbe se réfère à l’été, lorsque l’herbe contient des graines qui pourraient être délogées par les pieds d’une personne, tandis que là-bas, la baraita qui le permet se réfère à la saison des pluies, lorsque ce problème n’existe pas.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא, הָא וְהָא בִּימוֹת הַחַמָּה, וְלָא קַשְׁיָא: הָא — דְּסָיֵים מְסָאנֵיהּ, הָא — דְּלָא סָיֵים מְסָאנֵיהּ.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que les deux baraitot se réfèrent à l’été, et ce n’est pas difficile : Cette baraita, qui permet de marcher sur l’herbe, se réfère à un cas où l’on porte ses chaussures, tandis que cette autre baraita, qui l’interdit, traite d’une situation où l’on ne porte pas ses chaussures, car l’herbe pourrait se coincer entre les orteils et être arrachée.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָא וְהָא דְּסָיֵים מְסָאנֵיהּ, וְלָא קַשְׁיָא: הָא — דְּאִית לֵיהּ עוּקְצֵי, הָא — דְּלֵית לֵיהּ עוּקְצֵי.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que les deux baraitot se rapportent à un cas où l’on porte ses chaussures, et malgré cela, il n’y a pas de difficulté : Cette baraita interdit de marcher sur l’herbe, car il s’agit d’un cas où la chaussure de la personne a un clou auquel l’herbe pourrait s’accrocher et être arrachée, tandis que cette autre baraita le permet, parce qu’elle traite d’un cas où la chaussure de la personne n’a pas de clou.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא, הָא וְהָא דְּאִית לֵיהּ עוּקְצֵי: הָא — דְּאִית לֵיהּ שְׁרָכָא, הָא — דְּלֵית לֵיהּ שְׁרָכָא.
Et si tu veux, dis plutôt que les deux font référence à un cas où la chaussure a un clou, et il n’y a pas de difficulté : Cette baraita, qui interdit de marcher sur l’herbe, fait référence à un cas où l’herbe est longue et emmêlée, et peut facilement se prendre dans la chaussure, tandis que cette autre baraita fait référence à un cas où l’herbe n’est ni longue ni emmêlée.
וְהָאִידָּנָא דְּקַיְימָא לַן כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, כּוּלְּהוּ שְׁרֵי.
La Guemara conclut : Et maintenant, puisque nous maintenons que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, qui soutient qu’il n’y a pas de responsabilité pour un acte interdit commis involontairement lors de l’accomplissement d’un acte permis, tous ces cas sont permis, car ici aussi, l’intention de la personne est simplement de marcher et non d’arracher de l’herbe pendant Chabbat.
וְאָמַר רָמֵי בַּר חָמָא אָמַר רַב אַסִּי: אָסוּר לְאָדָם שֶׁיָּכוֹף אִשְׁתּוֹ לִדְבַר מִצְוָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָץ בְּרַגְלַיִם חוֹטֵא״.
La Guemara cite une autre halakha dérivée du verset mentionné dans la discussion précédente. Rami bar Ḥama a dit que Rav Asi a dit : Il est interdit à un homme de contraindre sa femme dans la mitzva conjugale, c’est-à-dire les relations sexuelles, comme il est dit : « Celui qui se hâte avec ses pieds faute » (Proverbes 19:2). L’expression « ses pieds » est comprise ici comme un euphémisme pour les rapports sexuels.
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הַכּוֹפֶה אִשְׁתּוֹ לִדְבַר מִצְוָה הָוְיָין לוֹ בָּנִים שֶׁאֵינָן מְהוּגָּנִין. אָמַר רַב אִיקָא בַּר חִינָּנָא, מַאי קְרָאָה: ״גַּם בְּלֹא דַעַת נֶפֶשׁ לֹא טוֹב״.
Et Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Quiconque force sa femme à accomplir la mitzva conjugale aura des enfants indignes en conséquence. Rav Ika bar Ḥinnana a dit : Quel est le verset qui y fait allusion ? « Aussi, l’âme sans connaissance n’est pas bonne » (Proverbes 19:2). Si le rapport a lieu sans que la femme le sache, c’est-à-dire sans son consentement, l’âme de la descendance ne sera pas bonne.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״גַּם בְּלֹא דַעַת נֶפֶשׁ לֹא טוֹב״ — זֶה הַכּוֹפֶה אִשְׁתּוֹ לִדְבַר מִצְוָה. ״וְאָץ בְּרַגְלַיִם חוֹטֵא״ — זֶה הַבּוֹעֵל וְשׁוֹנֶה.
Cela aussi a été enseigné dans une baraita : « De plus, sans connaissance l’âme n’est pas bonne » ; c’est celui qui force sa femme à accomplir la mitsva conjugale. « Et celui qui se hâte avec ses pieds faute » ; c’est celui qui a des rapports avec sa femme et répète l’acte d’une manière qui lui cause de la douleur ou de la détresse.
אִינִי?! וְהָאָמַר רָבָא: הָרוֹצֶה לַעֲשׂוֹת כׇּל בָּנָיו זְכָרִים יִבְעוֹל וְיִשְׁנֶה! לָא קַשְׁיָא: כָּאן — לְדַעַת, כָּאן — שֶׁלֹּא לְדַעַת.
La Guemara est surprise par cet enseignement : Est-ce bien ainsi ? Mais Rava n’a-t-il pas dit : Celui qui veut que tous ses enfants soient des mâles doit avoir des relations avec sa femme et répéter l’acte ? La Guemara répond : Ce n’est pas difficile : Ici, là où Rava a donné ce conseil, il parlait d’un mari qui agit avec le consentement de sa femme. Là-bas, la baraita qui condamne ce comportement parle de celui qui agit sans son consentement.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל אִשָּׁה שֶׁתּוֹבַעַת בַּעְלָהּ לִדְבַר מִצְוָה הוֹוִין לָהּ בָּנִים שֶׁאֲפִילּוּ בְּדוֹרוֹ שֶׁל מֹשֶׁה לֹא הָיוּ כְּמוֹתָן. דְּאִילּוּ בְּדוֹרוֹ שֶׁל מֹשֶׁה כְּתִיב: ״הָבוּ לָכֶם אֲנָשִׁים חֲכָמִים וּנְבוֹנִים וִידוּעִים לְשִׁבְטֵיכֶם״, וּכְתִיב: ״וָאֶקַּח אֶת רָאשֵׁי שִׁבְטֵיכֶם אֲנָשִׁים חֲכָמִים וִידוּעִים״, וְאִילּוּ נְבוֹנִים לָא אַשְׁכַּח.
À propos des relations entre mari et femme, la Guemara cite que Rav Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Toute femme qui exige de son mari qu’il accomplisse sa mitzva conjugale aura des fils tels qu’il n’en existait pas même à la génération de Moïse. Au sujet de la génération de Moïse, il est écrit : « Prenez pour vous des hommes sages, intelligents et connus de chacune de vos tribus, et je les établirai à votre tête » (Deutéronome 1:13), et il est plus tard écrit : « Je pris alors les chefs de vos tribus, des hommes sages et connus, et je les établis à votre tête » (Deutéronome 1:15). Cependant, des hommes possédant l’intelligence, qui est une qualité plus élevée que la sagesse, Moïse ne put en trouver aucun.
וְאִילּוּ גַּבֵּי לֵאָה כְּתִיב: ״וַתֵּצֵא לֵאָה לִקְרָאתוֹ וַתֹּאמֶר אֵלַי תָּבוֹא כִּי שָׂכוֹר שְׂכַרְתִּיךָ״, וּכְתִיב: ״וּמִבְּנֵי יִשָּׂשכָר יוֹדְעֵי בִינָה לַעִתִּים לָדַעַת מַה יַּעֲשֶׂה יִשְׂרָאֵל רָאשֵׁיהֶם מָאתַיִם וְכׇל אֲחֵיהֶם עַל פִּיהֶם״.
Quant à Léa, il est écrit : « Léa sortit à sa rencontre et dit : Tu dois venir vers moi, car en vérité je t’ai loué avec les mandragores de mon fils » (Genèse 30:16). Sa récompense pour avoir exigé que Jacob accomplisse avec elle la mitsva conjugale fut la naissance d’Issacar, et il est écrit : « Des fils d’Issacar, des hommes qui avaient l’intelligence des temps, pour savoir ce qu’Israël devait faire ; leurs chefs étaient au nombre de deux cents, et tous leurs frères étaient sous leur commandement » (I Chroniques 12:33).
אִינִי?! וְהָאָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: עֶשֶׂר קְלָלוֹת נִתְקַלְּלָה חַוָּה, דִּכְתִיב:
La Guemara pose une question : Est-ce bien ainsi ? Est-il convenable qu’une femme réclame ses droits conjugaux à son mari ? Mais Rav Yitzḥak bar Avdimi n’a-t-il pas dit : Ève fut maudite de dix malédictions, à cause du péché de l’Arbre de la Connaissance, comme il est écrit : « À la femme Il dit : Je multiplierai grandement ta peine et ta grossesse ; c’est dans la douleur que tu enfanteras des enfants ; et pourtant ton désir se portera vers ton mari, et lui dominera sur toi » (Genèse 3:16) ?
״אֶל הָאִשָּׁה אָמַר הַרְבָּה אַרְבֶּה״, אֵלּוּ שְׁנֵי טִפֵּי דָמִים — אַחַת דַּם נִדָּה, וְאַחַת דַּם בְּתוּלִים. ״עִצְּבוֹנֵךְ״, זֶה צַעַר גִּידּוּל בָּנִים. ״וְהֵרוֹנֵךְ״, זֶה צַעַר הָעִיבּוּר. ״בְּעֶצֶב תֵּלְדִי בָּנִים״, כְּמַשְׁמָעוֹ.
Rav Yitzḥak bar Avdimi poursuit en expliquant ce verset. « À la femme Il dit : Je multiplierai grandement [harba arbe] » ; ce sont les deux gouttes de sang propres à la femme, qui lui causent de la souffrance, l’une, le sang des menstruations et l’autre le sang de la virginité. « Ta douleur » ; c’est la douleur d’élever des enfants. « Et ta grossesse » ; c’est la douleur de la grossesse. « Dans la douleur tu enfanteras des enfants » ; conformément à son sens simple, c’est-à-dire la douleur de l’accouchement.
״וְאֶל אִישֵׁךְ תְּשׁוּקָתֵךְ״, מְלַמֵּד שֶׁהָאִשָּׁה מִשְׁתּוֹקֶקֶת עַל בַּעְלָהּ בְּשָׁעָה שֶׁיּוֹצֵא לַדֶּרֶךְ. ״וְהוּא יִמְשׇׁל בָּךְ״, מְלַמֵּד שֶׁהָאִשָּׁה תּוֹבַעַת בַּלֵּב וְהָאִישׁ תּוֹבֵעַ בַּפֶּה. זוֹ הִיא מִדָּה טוֹבָה בַּנָּשִׁים.
« Pourtant, ton désir sera tourné vers ton mari » enseigne que la femme désire son mari, par exemple, lorsqu’il prend la route ; « et lui dominera sur toi » enseigne que la femme réclame son mari dans son cœur mais est trop pudique pour exprimer son désir, tandis que l’homme réclame sa femme verbalement. Rav Yitzḥak bar Avdimi ajoute : C’est un bon trait chez les femmes, qu’elles s’abstiennent de formuler leur désir verbalement. Apparemment, il est inconvenant pour une femme de réclamer ses droits conjugaux à son mari.
כִּי קָאָמְרִינַן, דְּמַרְצְיָא אַרְצוֹיֵי קַמֵּיהּ.
La Guemara répond : Lorsque nous disons qu’une femme qui réclame ses droits conjugaux à son mari est digne de louange, cela ne signifie pas qu’elle doive exprimer explicitement ses désirs. Cela signifie plutôt qu’elle doit se rendre agréable à ses yeux, et il comprendra de lui-même ce qu’elle veut.
הָנֵי שֶׁבַע הָוְויָן! כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: עֲטוּפָה כְּאָבֵל, וּמְנוּדָּה מִכׇּל אָדָם, וַחֲבוּשָׁה בְּבֵית הָאֲסוּרִין.
La Guemara analyse la déclaration ci-dessus concernant les dix malédictions d’Ève : sont-elles באמת dix ? Il y en a seulement sept. Lorsque Rav Dimi vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit que les autres malédictions sont les suivantes : une femme est enveloppée comme une endeuillée, c’est-à-dire qu’elle doit se couvrir la tête ; et elle est mise à l’écart de tous et enfermée dans une prison, puisqu’elle passe généralement tout son temps à la maison.
מַאי מְנוּדָּה מִכׇּל אָדָם? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דַּאֲסִיר לַהּ יִיחוּד, אִיהוּ נָמֵי אֲסִיר לֵיהּ יִיחוּד. אֶלָּא דַּאֲסִירָא לְבֵי תְרֵי.
La Guemara demande : Quel est le sens de mise à l’écart de tous les hommes ? Si tu dis que c’est parce qu’il lui est interdit de s’isoler avec un homme, il est également interdit à un homme de s’isoler avec des femmes. Au contraire, cela signifie qu’il lui est interdit d’épouser deux hommes, tandis qu’un homme peut épouser deux femmes.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: מְגַדֶּלֶת שֵׂעָר כְּלִילִית, וְיוֹשֶׁבֶת וּמַשְׁתֶּנֶת מַיִם כִּבְהֵמָה, וְנַעֲשֵׂית כַּר לְבַעְלָהּ.
Il a été enseigné dans une baraita que les trois malédictions supplémentaires sont : Elle laisse pousser ses cheveux longs comme Lilith, un démon ; elle s’assoit et urine, comme un animal ; et sert d’oreiller à son mari pendant les rapports.
וְאִידַּךְ? הָנֵי שֶׁבַח הוּא לָהּ.
Et pourquoi l'autre Sage n'inclut-il pas ces malédictions ? La Guémara répond : Il soutient que celles-ci sont une louange pour elle, et non une souffrance, soit parce qu'il s'agit de pratiques pudiques, par exemple uriner en position assise, soit parce qu'elles ajoutent à son confort, par exemple sa position inférieure pendant les rapports.
דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא, מַאי דִּכְתִיב: ״מַלְּפֵנוּ מִבַּהֲמוֹת אָרֶץ וּמֵעוֹף הַשָּׁמַיִם יְחַכְּמֵנוּ״. ״מַלְּפֵנוּ מִבַּהֲמוֹת״ — זוֹ פְּרֵידָה, שֶׁכּוֹרַעַת וּמַשְׁתֶּנֶת מַיִם. ״וּמֵעוֹף הַשָּׁמַיִם יְחַכְּמֵנוּ״ — זֶה תַּרְנְגוֹל, שֶׁמְּפַיֵּיס וְאַחַר כָּךְ בּוֹעֵל.
Comme l’a dit Rabbi Ḥiyya : quel est le sens de ce qui est écrit : « Celui qui nous enseigne par les bêtes de la terre et nous rend plus sages par les oiseaux du ciel » (Job 35:11) ? Il explique : « Celui qui nous enseigne par les bêtes de la terre » ; c’est la mule femelle, qui s’accroupit et urine, et d’elle nous apprenons la pudeur. « Et nous rend plus sages par les oiseaux du ciel » ; c’est le coq, qui d’abord séduit la poule puis s’accouple avec elle.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אִילְמָלֵא לֹא נִיתְּנָה תּוֹרָה, הָיִינוּ לְמֵידִין צְנִיעוּת מֵחָתוּל, וְגָזֵל מִנְּמָלָה, וַעֲרָיוֹת מִיּוֹנָה. דֶּרֶךְ אֶרֶץ מִתַּרְנְגוֹל — שֶׁמְּפַיֵּיס וְאַחַר כָּךְ בּוֹעֵל.
De même, Rabbi Yoḥanan a dit : Même si la Torah n’avait pas été donnée, nous aurions néanmoins appris la modestie du chat, qui couvre ses excréments, et que le vol est répréhensible de la fourmi, qui ne prend pas de grain à une autre fourmi, et les relations interdites de la colombe, qui est fidèle à son partenaire, et les relations appropriées du coq, qui d’abord apaise la poule puis s’accouple avec elle.
וּמַאי מְפַיֵּיס לַהּ? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, הָכִי קָאָמַר לַהּ: זָבֵינְנָא לִיךְ זִיגָא דְּמָטוּ לִיךְ עַד כַּרְעָיךְ, לְבָתַר הָכִי אָמַר לַהּ: לִישְׁמַטְתֵּיהּ לְכַרְבַּלְתֵּיהּ דְּהָהוּא תַּרְנְגוֹלָא אִי אִית לֵיהּ וְלָא זָבֵינְנָא לִיךְ.
Que fait le coq pour apaiser la poule ? Rav Yehuda a dit que Rav a dit : Avant l’accouplement, il déploie ses ailes comme pour dire ceci : Je t’achèterai un manteau qui arrivera jusqu’à tes pieds. Après l’accouplement, le coq baisse la tête comme pour dire ceci : Que la crête de ce coq tombe s’il a les moyens et ne t’en achète pas un. Je n’ai tout simplement pas d’argent pour le faire.