לָא, בְּמֵאָה.
Rav Dimi répondit à Abaye : Non, la michna veut dire que, bien qu’il n’y ait pas cent une fois la quantité de nourriture non sacrée par rapport à la terouma, la terouma est annulée parce qu’il y a cent fois son volume de nourriture non sacrée.
וְהָא מִדְּרֵישָׁא בְּמֵאָה הָוֵי, סֵיפָא בְּשִׁשִּׁים! דְּקָתָנֵי רֵישָׁא: לְהַחְמִיר מִין וּמִינוֹ כֵּיצַד? שְׂאוֹר שֶׁל חִטִּין שֶׁנָּפַל לְעִיסַּת חִטִּין, וְיֵשׁ בּוֹ כְּדֵי לְחַמֵּץ, בֵּין יֵשׁ בּוֹ כְּדֵי לְהַעֲלוֹת בְּמֵאָה וְאֶחָד, בֵּין אֵין בּוֹ כְּדֵי לְהַעֲלוֹת בְּמֵאָה וְאֶחָד – אָסוּר.
Abaye répondit : Mais puisque la première clause affirme qu’elle est annulée dans cent fois son volume, il doit être que la clause suivante se réfère à un cas où il y a soixante fois son volume. Comme la michna (Orla 2:6) l’enseigne dans la première clause : Lorsqu’il est dit que la halakha est d’être rigoureux si un type de teruma est mélangé à un aliment profane de son type, comment cela s’accomplit-il ? Par exemple, dans le cas d’un levain deteruma de blé tombé dans une pâte faite de blé profane, et qu’il y a assez deteruma pour faire lever le blé profane, qu’il y ait assez de blé profane pour neutraliser la teruma à cent un fois son volume, ou qu’il n’y ait pas assez de blé profane pour neutraliser la teruma à cent un fois son volume, toute la pâte est interdite à un non-prêtre.
אֵין בּוֹ לְהַעֲלוֹת בְּמֵאָה וְאֶחָד, בֵּין שֶׁיֵּשׁ בּוֹ כְּדֵי לְחַמֵּץ, בֵּין אֵין בּוֹ כְּדֵי לְחַמֵּץ – אָסוּר. רֵישָׁא וְסֵיפָא בִּמְאָה?
Mais s’il n’y a pas assez de blé profane pour neutraliser la teruma dans cent un fois son volume, alors, qu’il y ait assez de teruma pour faire lever le blé profane ou qu’il n’y ait pas assez de teruma pour faire lever le blé profane, toute la pâte est interdite à un non-prêtre. Suggéreriez-vous que la première proposition et la dernière proposition affirment toutes deux que la teruma est annulée dans cent fois son volume ?
לָא, רֵישָׁא בִּמְאָה וְחַד, וְסֵיפָא בִּמְאָה.
Rav Dimi répondit : Non. La première clause fait référence à un cas où la teruma est mélangée à cent une fois son volume d’aliments non sacrés, et la dernière clause fait référence à un cas où la teruma est mélangée à cent fois son volume d’aliments non sacrés.
וְכִי יֵשׁ בּוֹ כְּדֵי לְחַמֵּץ בִּמְאָה וְחַד, אַמַּאי לָא בְּטִיל? אִישְׁתִּיק.
Abaye demanda à Rav Dimi : Si tel est le cas, lorsque la michna déclare que s’il y a assez de terouma pour faire lever le blé profane, tout le mélange est interdit aux non-prêtres, pourquoi en est-il ainsi ? Si du levain est mélangé à cent un fois son volume de blé profane, il n’aura aucun effet de levée, alors pourquoi n’est-il pas annulé ? Rav Dimi n’avait pas de réponse et garda le silence.
אֲמַר לֵיהּ: דִּלְמָא שָׁאנֵי שְׂאוֹר דְּחִימּוּצוֹ קָשֶׁה. אֲמַר לֵיהּ: אַדְכַּרְתַּן מִילְּתָא דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: לֹא כׇּל הַשִּׁיעוּרִין שָׁוִין, שֶׁהֲרֵי צִיר שִׁיעוּרוֹ קָרוֹב לְמָאתַיִם. דִּתְנַן: דָּג טָמֵא צִירוֹ אָסוּר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: רְבִיעִית בְּסָאתַיִם.
Abaye lui dit : Peut-être que le levain est différent, parce que ses propriétés de fermentation sont puissantes, et il existe certaines formes de levain qui peuvent avoir un effet sur une si grande quantité de pâte. Rav Dimi lui dit : Tu m’as rappelé une chose qu’a dite Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina : Toutes les mesures ne sont pas égales, car la mesure requise pour annuler la saumure de poisson non casher est proche de deux cents fois son volume. Comme nous l’avons appris dans une michna (Terumot 10:8) : La saumure d’un poisson non casher est interdite. Rabbi Yehuda dit : Un quart delog de saumure de poisson non casher rend une nourriture casher interdite même si elle est mélangée à deux se’a de nourriture permise, ce qui représente cent quatre-vingt-douze fois un quart de log.
וְהָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מִין בְּמִינוֹ לֹא בָּטֵיל? שָׁאנֵי צִיר, דְּזֵיעָה בְּעָלְמָא הוּא.
La Guemara demande : Comment Rabbi Yehouda peut-il dire que la saumure de poisson est annulée tout court ? Rabbi Yehouda ne dit-il pas qu’un type d’aliment mélangé avec un aliment de son propre type n’est pas annulé ? La Guemara répond : La saumure est différente, car elle n’est que de la sueur, c’est-à-dire qu’elle n’a pas le statut halakhique du poisson lui-même.
כֵּיצַד מְשַׁעֲרִינַן? אָמַר רַב הוּנָא: כְּבָשָׂר בְּרָאשֵׁי לְפָתוֹת. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּהַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: אֵין בְּגִידִין בְּנוֹתֵן טַעַם.
§ La michna (96b) enseigne : Comment mesure-t-on s’il y a suffisamment de nerf sciatique pour transmettre du goût à la viande de toute la cuisse ? On le considère comme si le nerf sciatique était de la viande et la cuisse, un navet. Si la viande transmettait du goût au navet lorsqu’ils étaient cuits ensemble, alors toute la cuisse est interdite. La Guemara déclare que Rav Houna dit : La michna veut dire que cela se mesure comme de la viande cuite dans une marmite avec des têtes de navet. La Guemara note que la michna n’est pas conforme à l’opinion de ce tanna, comme cela est enseigné dans une baraita : Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yoḥanan ben Beroka, dit : Les nerfs sciatiques ne transmettent aucun goût du tout.
הָהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא, הֲוָה יָתֵיב רַבִּי יְהוּדָה בַּר זְבִינָא אַבָּבָא. כִּי נְפַק, אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֲמַר לָךְ? אֲמַר לֵיהּ: שַׁרְיָא נִיהֲלֵיהּ.
Il y avait un certain homme qui se présenta devant le rabbin Ḥanina pour demander le statut d’une cuisse d’un animal qui avait été cuite avec son nerf sciatique, et le rabbin Yehuda bar Zevina était assis à la porte. Lorsque l’homme sortit, le rabbin Yehuda bar Zevina lui dit : Qu’est-ce que le rabbin Ḥanina t’a dit ? L’homme lui dit : Il m’a permis de manger la cuisse.
אֲמַר לֵיהּ הֲדַר עַיְּילַיהּ לְקַמֵּיהּ, אֲמַר: מַאן הַאי דְּקָא מְצַעַר לִי? זִיל אֵימָא לֵיהּ לְמַאן דְּיָתֵיב אַבָּבָא: אֵין בְּגִידִין בְּנוֹתֵן טַעַם.
Rabbi Yehuda bar Zevina lui dit : Apporte l’animal devant lui de nouveau ; peut-être n’a-t-il pas pleinement compris la question. Lorsque l’homme retourna auprès de Rabbi Ḥanina, Rabbi Ḥanina dit : Qui est cet individu qui me dérange ? Va dire à l’individu assis à la porte, c’est-à-dire Rabbi Yehuda bar Zevina : Les nerfs sciatiques ne transmettent pas de saveur. Par conséquent, il peut retirer le nerf sciatique et le reste de la viande est permis.
כִּי אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַמֵּי, מְשַׁדַּר לְהוּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק בֶּן חֲלוּב, דְּמוֹרֵי בַּהּ לְהֶיתֵּירָא מִשּׁוּם דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ. וְהִלְכְתָא: אֵין בְּגִידִין בְּנוֹתֵן טַעַם.
Lorsque des gens venaient devant Rabbi Ami pour demander la halakha d’une cuisse qui avait été cuite avec le nerf sciatique à l’intérieur, il les envoyait devant Rabbi Yitzḥak ben Ḥalov, qui tranchait avec indulgence sur cette question et disait que c’était permis, au nom de Rabbi Yehoshua ben Levi. Rabbi Ami lui-même ne soutenait pas cela, mais il ne voulait pas statuer avec rigueur pour les autres. Et la halakha est que les nerfs sciatiques ne donnent aucun goût du tout.
גִּיד הַנָּשֶׁה שֶׁנִּתְבַּשֵּׁל. וְלִיבְטוֹל בְּרוּבָּא!
§ La michna déclare (96b) : En ce qui concerne un nerf sciatique qui a été cuit avec d’autres tendons, lorsqu’on identifie le nerf sciatique et qu’on le retire, les autres tendons sont interdits si le nerf sciatique était assez grand pour donner du goût. Et s’il ne l’identifie pas, tous les tendons sont interdits, car chacun d’eux pourrait être le nerf sciatique. La Guemara objecte : Que le nerf sciatique soit annulé par une simple majorité.