״בָּרוּךְ״ – אוֹפַנִּים הוּא דְּאָמְרִי לֵיהּ. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: כֵּיוָן דְּאִתְיְהִיב רְשׁוּתָא, אִתְיְהִיב.
La Guemara répond que ce sont les ofanim qui disent le verset : « Bénie soit la gloire du Seigneur depuis Son lieu », car le verset suivant mentionne « le bruit des ofanim » (Ézéchiel 3:13), et la déclaration de Rav Ḥanina citant Rav ne concernait pas les ofanim, mais les anges de service. Et si tu veux, dis que dès lors que la permission leur a été donnée de mentionner le nom de Dieu après trois mots lorsqu’ils disent : « Saint, saint, saint », la permission leur est aussi donnée de mentionner de nouveau le nom de Dieu en Le louant même après moins de trois mots.
״וַיָּשַׂר אֶל מַלְאָךְ וַיֻּכָל בָּכָה וַיִּתְחַנֶּן לוֹ״ – אֵינִי יוֹדֵעַ מִי נַעֲשָׂה שַׂר לְמִי, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״כִּי שָׂרִיתָ עִם אֱלֹהִים״ – הֱוֵי אוֹמֵר יַעֲקֹב נַעֲשָׂה שַׂר לַמַּלְאָךְ.
La Guemara continue de discuter de Jacob luttant avec l’ange. Le prophète déclare : « Ainsi il lutta [vayyasar] avec un ange, et l’emporta ; il pleura et lui adressa des supplications ; à Béthel il le trouverait, et là il parlerait avec nous » (Osée 12:5). De ce verset, je ne sais pas qui devint maître [sar], c’est-à-dire qui fut victorieux, sur qui. Lorsqu’un autre verset déclare : « Et il dit : Ton nom ne sera plus Jacob, mais Israël ; car tu as lutté avec des anges et avec des hommes, et tu as prévalu » (Genèse 32:29), tu dois dire que Jacob devint maître de l’ange.
״בָּכָה וַיִּתְחַנֶּן לוֹ״ – אֵינִי יוֹדֵעַ מִי בָּכָה לְמִי, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וַיֹּאמֶר שַׁלְּחֵנִי״, הֱוֵי אוֹמֵר: מַלְאָךְ בָּכָה לְיַעֲקֹב.
Le verset dans Osée dit : « Il pleura et lui adressa des supplications. » D’après ce verset, je ne sais pas qui a pleuré à qui. Lorsqu’un autre verset dit : « Et il dit : Laisse-moi partir, car l’aube s’est levée » (Genèse 32:27), tu dois dire que l’ange a pleuré auprès de Jacob.
״כִּי שָׂרִיתָ עִם אֱלֹהִים וְעִם אֲנָשִׁים״, אָמַר רַבָּה: רֶמֶז רָמַז לוֹ שֶׁעֲתִידִים שְׁנֵי שָׂרִים לָצֵאת מִמֶּנּוּ, רֹאשׁ גּוֹלָה שֶׁבְּבָבֶל וְנָשִׂיא שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, מִכָּאן רָמַז לוֹ גָּלוּת.
Le verset déclare : « Et il dit : Ton nom ne sera plus Jacob, mais Israël ; car tu as lutté avec des anges [elohim] et avec des hommes, et tu as prévalu » (Genèse 32:29). Rabba dit : L’ange a laissé entendre à Jacob que dans l’avenir deux princes sortiraient de lui : Ce sont le Exilarque qui est en Babylonie et le Nasi qui est en Eretz Yisrael. Et d’ici il a aussi laissé entendre à Jacob qu’il y aurait un exil.
״וּבַגֶּפֶן שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״, אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַב: אֵלּוּ שְׁלֹשָׁה שָׂרֵי גֵּאִים הַיּוֹצְאִים מִיִּשְׂרָאֵל בְּכׇל דּוֹר וָדוֹר, פְּעָמִים שֶׁשְּׁנַיִם כָּאן וְאֶחָד בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, פְּעָמִים שֶׁשְּׁנַיִם בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְאֶחָד כָּאן. יְהִיבוּ רַבָּנַן עֵינַיְיהוּ בְּרַבָּנָא עוּקְבָא וְרַבָּנָא נְחֶמְיָה בְּנֵי בְרַתֵּיה דְּרַב.
De même, concernant le rêve de l’échanson de Pharaon, le verset déclare : « Et sur la vigne il y avait trois sarments [sarigim] ; et tandis qu’elle bourgeonnait, ses fleurs s’ouvrirent, et ses grappes produisirent des raisins mûrs » (Genèse 40:10). Rav Ḥiyya bar Abba dit que Rav dit : Ces trois sarments font référence aux trois princes orgueilleux [sarei ge’im] qui émergent du peuple juif à chaque génération. Il y a des moments où deux sont ici en Babylonie et un est en Eretz Yisrael, et il y a des moments où deux sont en Eretz Yisrael et un est ici en Babylonie. Lorsque cela fut dit dans la maison d’étude, les Sages présents tournèrent leurs yeux vers Rabbana Ukva et Rabbana Neḥemya, les fils de la fille de Rav, qui étaient de la famille de l’Exilarque et étaient deux dirigeants de la génération qui résidaient en Babylonie.
רָבָא אָמַר: אֵלּוּ שְׁלֹשָׁה שָׂרֵי גוֹיִם, שֶׁמְלַמְּדִים זְכוּת עַל יִשְׂרָאֵל בְּכׇל דּוֹר וָדוֹר.
Rava dit une explication différente du verset : Ces trois branches [sarigim] sont les trois anges serviteurs chargés de veiller sur les nations [sarei goyim], qui plaident en faveur du peuple juif à chaque génération.
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: ״גֶּפֶן״ – זֶה הָעוֹלָם, ״שְׁלֹשָׁה שְׂרִיגִים״ – זֶה אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב, ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – אֵלּוּ הָאִמָּהוֹת, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – אֵלּוּ הַשְּׁבָטִים.
Il est enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer dit une interprétation alternative du verset. « Vigne » ; cela fait référence au monde. « Trois sarments » ; cela fait référence à Abraham, Isaac et Jacob. « Et comme elle bourgeonnait, ses fleurs éclorent » ; ce sont les matriarches. « Et ses grappes donnèrent des raisins mûrs » ; ce sont les douze tribus, c’est-à-dire les douze fils de Jacob.
אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: וְכִי מַרְאִין לוֹ לְאָדָם מַה שֶּׁהָיָה? וַהֲלֹא אֵין מַרְאִין לוֹ לְאָדָם אֶלָּא מַה שֶּׁעָתִיד לִהְיוֹת! אֶלָּא ״גֶּפֶן״ – זֶה תּוֹרָה, ״שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״ – אֵלּוּ מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן וּמִרְיָם, ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – אֵלּוּ סַנְהֶדְרִין, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – אֵלּוּ הַצַּדִּיקִים שֶׁבְּכָל דּוֹר וָדוֹר.
Rabbi Yehoshua lui dit : Mais montre-t-on à une personne dans un rêve ce qui était dans le passé ? N’est-il pas vrai qu’on ne montre que ce qui sera dans l’avenir ? Puisque les patriarches, les matriarches et les fils de Jacob sont tous nés avant ce rêve, le rêve ne faisait pas allusion à eux. Au contraire, le verset doit être interprété ainsi : « Vigne » ; cela fait référence à la Torah. « Trois sarments » ; ce sont Moïse, Aaron et Myriam. « Et comme elle bourgeonnait, ses fleurs éclorent » ; ce sont les membres du Sanhédrin. « Et ses grappes produisirent des raisins mûrs » ; ce sont les justes qui vivent dans chaque génération.
אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל: עֲדַיִין צְרִיכִין אָנוּ לַמּוֹדָעִי, דְּמוֹקֵים לֵיהּ כּוּלֵּיהּ בְּחַד מָקוֹם. רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי אוֹמֵר: ״גֶּפֶן״ – זֶה יְרוּשָׁלַיִם, ״שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״ – זֶה מִקְדָּשׁ, מֶלֶךְ, וְכֹהֵן גָּדוֹל, ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – אֵלּוּ פִּרְחֵי כְהוּנָּה, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – אֵלּוּ נְסָכִים.
Rabban Gamliel dit : Pour comprendre ce verset (Genèse 40:10), nous avons encore besoin de l’explication de Rabbi Elazar HaModa’i, qui est un expert en matière d’aggada, car il interprète toutes les expressions du verset comme se rapportant à un seul lieu. Rabbi Elazar HaModa’i dit : « Vigne » ; cela fait référence à Jérusalem. « Trois sarments » ; cela fait référence au Temple, au roi et au Grand Prêtre. « Et comme elle bourgeonnait [poraḥat], ses fleurs éclorent » ; ce sont les jeunes prêtres [pirḥei khehunna]. « Et ses grappes produisirent des raisins mûrs » ; ce sont les libations de vin.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מוֹקֵים לַהּ בְּמַתָּנוֹת, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: ״גֶּפֶן״ – זוֹ תּוֹרָה, ״שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״ – זֶה בְּאֵר, עַמּוּד עָנָן, וּמָן, ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – אֵלּוּ הַבִּכּוּרִים, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – אֵלּוּ נְסָכִים.
Rabbi Yehoshua ben Levi l’interprète en référence aux dons que Dieu a donnés au peuple juif, comme l’a dit Rabbi Yehoshua ben Levi : « Vigne » ; cela fait référence à la Torah. « Trois sarments » ; cela fait référence aux éléments miraculeux qui accompagnèrent le peuple juif dans le désert et le soutinrent et le protégèrent : le puits, la colonne de nuée et la manne. « Et comme elle bourgeonnait, ses fleurs éclorent » ; ce sont les prémices qui sont apportées au Temple. « Et ses grappes produisirent des raisins mûrs » ; ce sont les libations de vin.
רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר: ״גֶּפֶן״ – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״גֶּפֶן מִמִּצְרַיִם תַּסִּיעַ״. ״שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״ – אֵלּוּ שְׁלֹשָׁה רְגָלִים שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹלִין בָּהֶן בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה. ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – הִגִּיעַ זְמַנָּן שֶׁל יִשְׂרָאֵל לִפְרוֹת וְלִרְבּוֹת, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל פָּרוּ וַיִּשְׁרְצוּ״.
Rabbi Yirmeya bar Abba dit : « Vigne » ; cela fait référence au peuple juif, et de même un autre verset déclare : « Tu as arraché une vigne d’Égypte ; Tu as chassé des nations et l’as plantée » (Psaumes 80:9). « Trois sarments » ; ce sont les trois fêtes de pèlerinage, au cours desquelles le peuple juif monte à Jérusalem chaque année. « Et comme elle bourgeonnait, ses fleurs éclorent, » cela signifie que le temps est arrivé pour le peuple juif d’être fécond et de se multiplier, et de même un autre verset déclare : « Et les enfants d’Israël furent féconds, et s’accrurent abondamment, et se multiplièrent, et devinrent extrêmement puissants ; et le pays en fut rempli » (Exode 1:7).
״עָלְתָה נִצָּה״ – הִגִּיעַ זְמַן שֶׁל יִשְׂרָאֵל לִיגָּאֵל, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְיֵז נִצְחָם עַל בְּגָדַי וְכׇל מַלְבּוּשַׁי אֶגְאָלְתִּי״, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – הִגִּיעַ זְמַנָּהּ שֶׁל מִצְרַיִם לִשְׁתּוֹת כּוֹס הַתַּרְעֵלָה.
« Ses bourgeons [nitzah] ont éclos » signifie que le temps est arrivé pour que le peuple juif soit racheté. Et de même, un autre verset déclare : « Et leur éternité [nitzḥam] a éclaboussé Mes vêtements, et J’ai racheté tout Mon habit » (Isaïe 63:3). « Et ses grappes ont produit des raisins mûrs » signifie que le temps est arrivé pour l’Égypte de boire la coupe de la fureur, c’est-à-dire de recevoir sa punition.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רָבָא: שְׁלֹשָׁה כּוֹסוֹת הָאֲמוּרוֹת בְּמִצְרַיִם לָמָה? אֶחָד, שֶׁשָּׁתָת בִּימֵי מֹשֶׁה, וְאֶחָד שֶׁשָּׁתָת בִּימֵי פַּרְעֹה נְכֹה, וְאֶחָד שֶׁעֲתִידָה לִשְׁתּוֹת עִם כׇּל הַגּוֹיִם.
Et c’est comme Rava l’a dit : Pourquoi y a-t-il trois coupes mentionnées au sujet de l’Égypte dans le rêve de l’échanson de Pharaon (voir Genèse 40:11) ? Elles sont une allusion à trois coupes de malheur qui frapperaient plus tard l’Égypte : Une que l’Égypte a bue aux jours de Moïse pendant les dix plaies et l’Exode ; une que l’Égypte a bue aux jours du pharaon Néko, le roi d’Égypte vaincu par Nabuchodonosor ; et une que l’Égypte boira à l’avenir avec toutes les autres nations, lorsqu’elles seront punies au temps du Messie.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא לְרַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא: כִּי דָרֵישׁ לְהוּ רַב לְהָנֵי קְרָאֵי בְּאַגַּדְתָּא, כְּוָותָךְ דָּרֵישׁ לְהוּ.
Rabbi Abba dit à Rabbi Yirmeya bar Abba : Lorsque Rav a interprété ces versets de manière homilétique, il les a interprétés selon la manière dont toi tu les as interprétés, et non selon l’un quelconque des autres avis cités ci-dessus.
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: אוּמָּה זוֹ כְּגֶפֶן נִמְשְׁלָה. זְמוֹרוֹת שֶׁבָּהּ – אֵלּוּ בַּעֲלֵי בָתִּים, אֶשְׁכּוֹלוֹת שֶׁבָּהּ – אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, עָלִין שֶׁבָּהּ – אֵלּוּ עַמֵּי הָאָרֶץ, קְנוֹקָנוֹת שֶׁבָּהּ – אֵלּוּ רֵיקָנִים שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל.
Semblable à l’interprétation de Rabbi Yirmeya bar Abba du mot vigne comme une allusion au peuple juif, Rabbi Shimon ben Lakish dit : Cette nation est comparée à une vigne. Les branches de la vigne soutiennent les grappes de raisin, les feuilles et les vrilles ; ceux-ci sont représentés parmi le peuple juif par les propriétaires, qui apportent un soutien financier à toute la nation. Les grappes de raisin sur la vigne, ce sont les érudits de la Torah. Les feuilles de la vigne, qui protègent les raisins, ce sont les ignorants, qui protègent les érudits de la Torah. Les vrilles de la vigne, qui ne servent pas directement les raisins eux-mêmes, ce sont les vides du peuple juif.
וְהַיְינוּ דִּשְׁלַחוּ מִתָּם: לִיבְעֵי רַחֲמִים אִיתְכָּלַיָּא עַל עָלַיָּא, דְּאִילְמָלֵא עָלַיָּא לָא מִתְקַיְּימָן אִיתְכָּלַיָּא.
Et voici le sens de l'instruction qu'ils envoyèrent de là-bas, c'est-à-dire d'Eretz Yisrael : Que les grappes de raisin prient pour les feuilles, car sans les feuilles, les grappes de raisin ne survivraient pas.
״וָאֶכְּרֶהָ לִּי בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר כָּסֶף״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: אֵין ״כִּירָה״ אֶלָּא לְשׁוֹן מְכִירָה, שֶׁנֶּאֱמַר ״בְּקִבְרִי אֲשֶׁר כָּרִיתִי לִי״.
§ La Guemara cite des interprétations homilétiques d’autres versets concernant les dirigeants du peuple juif en Eretz Yisrael et en Babylonie. Le verset déclare : « Je l’ai donc achetée [va’ekkereha] pour moi pour quinze pièces d’argent, et un ḥomer d’orge, et un demi-ḥomer d’orge » (Osée 3:2). Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon ben Yehotzadak : Le terme kira, qui constitue la base du verbe va’ekkereha, n’est rien d’autre qu’un langage renvoyant à une vente [mekhira], comme il est dit que Joseph a dit : « Mon père m’a fait jurer, en disant : Voici, je meurs ; dans mon tombeau que j’ai acquis [kariti] pour moi au pays de Canaan, c’est là que tu m’enterreras » (Genèse 50:5).
״בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר״ – זֶה חֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּנִיסָן שֶׁבּוֹ נִגְאֲלוּ יִשְׂרָאֵל מִמִּצְרַיִם, ״כָּסֶף״ – אֵלּוּ צַדִּיקִים, וְכֵן הוּא אוֹמֵר ״צְרוֹר הַכֶּסֶף לָקַח בְּיָדוֹ״.
Rabbi Yoḥanan poursuit : « Pour quinze pièces d’argent » ; cela fait référence au quinzième de Nisan, la date à laquelle le peuple juif fut délivré d’Égypte. « Argent » ; ce sont les justes. Et de même, un autre verset déclare : « Il a pris avec lui la bourse d’argent » (Proverbes 7:20), une allusion au fait que Dieu a emporté les justes avant la destruction du Premier Temple (voir Sanhedrin 96b).
״חוֹמֶר שְׂעוֹרִים וְלֶתֶךְ שְׂעוֹרִים״ – אֵלּוּ אַרְבָּעִים וַחֲמִשָּׁה צַדִּיקִים שֶׁהָעוֹלָם מִתְקַיֵּים בָּהֶם, וְאֵינִי יוֹדֵעַ אִם שְׁלֹשִׁים כָּאן וַחֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְאִם שְׁלֹשִׁים בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וַחֲמִשָּׁה עָשָׂר כָּאן. כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״וָאֶקְחָה שְׁלֹשִׁים הַכֶּסֶף וָאַשְׁלִיךְ אֹתוֹ בֵּית ה׳ אֶל הַיּוֹצֵר״ – הֱוֵי אוֹמֵר: שְׁלֹשִׁים בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וַחֲמִשָּׁה עָשָׂר כָּאן.
Le verset déclare : « Un ḥomer d’orge, et un demi-ḥomer d’orge. » Un ḥomer équivaut à trente se’a, et un demi-ḥomer équivaut à quinze se’a, pour un total de quarante-cinq se’a ; ce sont les quarante-cinq justes individus par le mérite desquels le monde continue à exister. Et bien que le verset fasse allusion au fait que trente de ces justes se trouvent en un lieu et quinze ailleurs, je ne sais pas si trente sont ici en Babylonie et quinze en Eretz Yisrael, ou si trente sont en Eretz Yisrael et quinze sont ici en Babylonie. Lorsqu’il est dit dans un autre verset : « Et j’ai pris les trente pièces d’argent et je les ai jetées dans le trésor, dans la maison du Seigneur » (Zacharie 11:13), tu dois dire que trente des justes sont en Eretz Yisrael et quinze sont ici en Babylonie.
אָמַר אַבָּיֵי: וְרוּבַּיְיהוּ מִשְׁתַּכְחִי בְּבֵי כְנִישְׁתָּא דְּתוּתֵי אַפְּתָא, וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וָאֹמַר אֲלֵיהֶם אִם טוֹב בְּעֵינֵיכֶם הָבוּ שְׂכָרִי וְאִם לֹא חֲדָלוּ וַיִּשְׁקְלוּ אֶת שְׂכָרִי שְׁלֹשִׁים כָּסֶף״.
Abaye a dit : Et la plupart des quinze justes en Babylonie se trouvent dans la synagogue sous la chambre haute. Et tel est le sens de ce qui est écrit : « Et je leur dis : Si cela est bon à vos yeux, donnez-moi mon salaire ; sinon, abstenez-vous. Et ils pesèrent pour mon salaire trente pièces d’argent » (Zacharie 11:12).
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵלּוּ שְׁלֹשִׁים צַדִּיקֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם, שֶׁאוּמּוֹת הָעוֹלָם מִתְקַיְּימִים עֲלֵיהֶם. עוּלָּא אָמַר: אֵלּוּ שְׁלֹשִׁים מִצְוֹת שֶׁקִּבְּלוּ עֲלֵיהֶם בְּנֵי נֹחַ, וְאֵין מְקַיְּימִין אֶלָּא שְׁלֹשָׁה. אַחַת
Rabbi Yehouda dit : Ce sont les trente justes parmi les nations du monde, par le mérite desquels les nations du monde continuent à exister. Oulla dit : Ce sont les trente mitzvot que les descendants de Noé ont d’abord acceptées sur eux-mêmes ; mais ils n’en accomplissent que trois. L’une de ces trois mitzvot est