רַב אָשֵׁי אָמַר: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְשׇׁמְנוֹ, דְּתַנְיָא: שׇׁמְנוֹ מוּתָּר, וְיִשְׂרָאֵל קְדוֹשִׁים נָהֲגוּ בּוֹ אִיסּוּר.
Rav Ashi a dit : La décision de la michna selon laquelle les tendons doivent être brûlés n’est nécessaire que concernant la graisse autour du nerf sciatique, comme il est enseigné dans une baraita : La graisse autour du nerf sciatique est permise par la loi de la Torah, mais le peuple juif est saint et l’a considérée comme interdite. Puisqu’elle est permise par la loi de la Torah, elle a le statut de viande sacrificielle et ne peut pas être simplement jetée. Néanmoins, puisque le peuple juif la considère comme interdite, ils ne la mangent pas, même provenant de l’offrande pascale, malgré la mitzva de manger cette offrande en entier. Par conséquent, on la laisse jusqu’après le moment où la viande peut être consommée, puis on la brûle comme reste de viande sacrificielle.
רָבִינָא אָמַר: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְכִדְרַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל, שְׁנֵי גִידִין הֵן: פְּנִימִי סָמוּךְ לְעֶצֶם – אָסוּר, וְחַיָּיבִין עָלָיו; חִיצוֹן סָמוּךְ לְבָשָׂר – אָסוּר, וְאֵין חַיָּיבִין עָלָיו.
Ravina dit : La déclaration de la michna n’est nécessaire que concernant le nerf extérieur, et elle est conforme à ce que Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit. Comme Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Il y a deux nerfs inclus dans l’interdiction du nerf sciatique. Le nerf intérieur, qui est près de l’os, est interdit par la loi de la Torah, et l’on est passible de flagellation pour l’avoir mangé. Le nerf extérieur, qui est près de la chair, est interdit par la loi rabbinique, et, par conséquent, l’on n’est pas passible de flagellation pour l’avoir mangé. Dans le cas d’un sacrifice pascal, puisque le nerf extérieur est permis par la loi de la Torah, il prend le statut de viande sacrificielle restante lorsqu’il n’est pas mangé.
תָּא שְׁמַע: אָכַל מִזֶּה כְּזַיִת וּמִזֶּה כְּזַיִת – סוֹפֵג שְׁמוֹנִים, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ סוֹפֵג אֶלָּא אַרְבָּעִים.
La Guemara suggère : Viens et écoute une autre résolution du dilemme concernant la déclaration de Rabbi Yehouda, tirée d’une michna (96a) : Si quelqu’un a mangé un volume d’olive de ce nerf sciatique de la jambe droite et un volume d’olive de cet autre nerf sciatique de la jambe gauche, il encourt quatre-vingts coups de fouet. Rabbi Yehouda dit : Il n’encourt que quarante coups de fouet.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא מִיפְשָׁט פְּשִׁיטָא לֵיהּ – שַׁפִּיר, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ – הָוְיָא לַהּ הַתְרָאַת סָפֵק, וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: הַתְרָאַת סָפֵק לֹא שְׁמָהּ הַתְרָאָה.
Soit, si vous dites qu’il est évident pour Rabbi Yehouda que le nerf sciatique de la cuisse droite est celui qui est interdit par la loi de la Torah, c’est bien. Mais si vous dites qu’il est dans l’incertitude, pourquoi soutiendrait-il que l’on encourt le fouet dans quelque mesure que ce soit ? Lorsqu’on avertit l’individu de ne consommer aucun des nerfs sciatiques, ce qui est nécessaire pour être passible du fouet, il s’agit d’un avertissement incertain, et nous avons entendu au sujet de Rabbi Yehouda qu’il a dit : Un avertissement incertain n’est pas considéré comme un avertissement.
דְּתַנְיָא: הִכָּה אֶת זֶה, וְחָזַר וְהִכָּה אֶת זֶה, קִלֵּל אֶת זֶה, וְחָזַר וְקִלֵּל אֶת זֶה, הִכָּה שְׁנֵיהֶם בְּבַת אַחַת, אוֹ שֶׁקִּלֵּל שְׁנֵיהֶם בְּבַת אַחַת – חַיָּיב. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּבַת אַחַת – חַיָּיב, בְּזֶה אַחַר זֶה – פָּטוּר.
Comme il est enseigné dans une baraita : Si quelqu’un n’est pas certain lequel de deux hommes est son père et qu’il a frappé celui-ci puis a frappé celui-là, ou a maudit celui-ci puis a maudit celui-là, ou a frappé les deux simultanément, ou a maudit les deux simultanément, il est passible de la peine de mort, car il a certainement frappé ou maudit son père. Rabbi Yehouda dit : S’il a frappé ou maudit les deux simultanément, il est passible, à condition qu’il ait été averti que son acte le rendra certainement passible de la peine de mort. Mais s’il les a frappés ou maudits l’un après l’autre, il est exempt. Apparemment, Rabbi Yehouda est d’avis qu’on ne punit pas à la suite d’un avertissement incertain ; puisque dans ce cas il est impossible de déterminer lequel d’entre eux est le père, chaque avertissement est inévitablement incertain. De même, si Rabbi Yehouda n’est pas certain de savoir quel nerf sciatique est interdit par la Torah, il devrait soutenir que, puisque l’avertissement avant de manger l’un ou l’autre des nerfs sciatiques est incertain, celui qui consomme les deux devrait être exempt.
הַאי תַּנָּא סָבַר לַהּ כְּאִידַּךְ תַּנָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: הַתְרָאַת סָפֵק שְׁמָהּ הַתְרָאָה.
La Guemara répond : Ce tanna de cette michna, en 96a, soutient conformément à l’opinion d’un autre tanna concernant l’opinion de Rabbi Yehouda, qui a dit que Rabbi Yehouda soutient qu’un avertissement incertain est considéré comme un avertissement.
דְּתַנְיָא: ״לֹא תוֹתִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר וְגוֹ׳״ – בָּא הַכָּתוּב לִיתֵּן עֲשֵׂה אַחַר לֹא תַעֲשֶׂה, לוֹמַר שֶׁאֵין לוֹקִין עָלָיו, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
Comme cela est enseigné dans une baraita : Le verset déclare au sujet de l’offrande pascale : « Vous n’en laisserez rien jusqu’au matin ; mais ce qui en restera jusqu’au matin, vous le brûlerez au feu » (Exode 12:10). Le verset vient fournir une mitsva positive de brûler la viande restante après avoir enseigné une interdiction de la laisser en reste, pour dire que l’on ne reçoit pas de flagellation pour la violation de l’interdiction ; telle est la déclaration de Rabbi Yehuda. Rabbi Yehuda soutient que l’on ne reçoit pas de flagellation pour toute transgression qui peut être réparée par l’accomplissement d’une mitsva positive.
רַבִּי יַעֲקֹב אוֹמֵר: לֹא מִן הַשֵּׁם הוּא זֶה, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּהָוֵה לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה, וְכׇל לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה – אֵין לוֹקִין עָלָיו.
Rabbi Ya’akov dit : Ceci, la halakha selon laquelle on ne reçoit pas la flagellation, n’est pas pour cette raison. Au contraire, c’est parce que laisser de la viande sacrificielle est une interdiction qui n’implique pas d’action, car on transgresse l’interdiction par l’inaction, et concernant toute interdiction qui n’implique pas d’action, on ne reçoit pas la flagellation pour sa transgression. L’avertissement préalable que l’on pourrait recevoir pour cette transgression est incertain, car les témoins qui avertissent l’individu ne peuvent pas être certains avant l’aube qu’il en laissera effectivement. Néanmoins, cette baraita indique que, n’était le fait que laisser de la viande sacrificielle peut être réparé par une mitsva positive, Rabbi Yehouda soutiendrait que l’on reçoit la flagellation pour avoir laissé de la viande sacrificielle.
תָּא שְׁמַע: אָכַל שְׁנֵי גִידִין מִשְּׁתֵּי יְרֵכוֹת מִשְּׁתֵּי בְהֵמוֹת – סוֹפֵג שְׁמוֹנִים; רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ סוֹפֵג אֶלָּא אַרְבָּעִים.
La Guemara suggère : Viens et écoute une résolution de l’incertitude concernant l’opinion de Rabbi Yehouda à partir d’une baraita : si quelqu’un a mangé deux nerfs sciatiques provenant de deux cuisses de deux animaux différents, il encourt quatre-vingts coups de fouet. Rabbi Yehouda dit : il n’encourt que quarante coups de fouet.
מִדְּקָאָמַר מִשְׁתֵּי יְרֵכוֹת מִשְּׁתֵּי בְהֵמוֹת, פְּשִׁיטָא דְּתַרְוַיְיהוּ לְאִיסּוּרָא, וּלְרַבִּי יְהוּדָה אִיצְטְרִיךְ. שְׁמַע מִינַּהּ מִיפְשָׁט פְּשִׁיטָא לֵיהּ, שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara commente : Du fait que le premier tanna a dit qu’il faisait référence à deux cuisses de deux animaux différents, il est évident qu’il voulait dire qu’elles provenaient toutes deux de la cuisse droite, car si l’une provenait de la cuisse droite et l’autre de la cuisse gauche, cela n’aurait pas d’importance qu’elles proviennent de deux animaux différents ou du même animal. Par conséquent, les deux nerfs sciatiques sont certainement interdits par la loi de la Torah, et selon le premier tanna, on encourt quatre-vingts coups de fouet pour les avoir mangés. Et il était nécessaire d’enseigner que selon Rabbi Yehuda, on n’encourt que quarante coups de fouet, comme cela sera expliqué. Concluez de cette baraita qu’il est évident pour Rabbi Yehuda que c’est le nerf sciatique de la cuisse droite qui est interdit par la loi de la Torah. La Guemara confirme : Concluez de là que telle est l’opinion de Rabbi Yehuda.
וְאִי פְּשִׁיטָא לֵיהּ, אַמַּאי סוֹפֵג אַרְבָּעִים וְתוּ לָא? לִילְקֵי שְׁמוֹנִים! הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן דְּלֵית בּוֹ כְּזַיִת, דְּתַנְיָא: אֲכָלוֹ וְאֵין בּוֹ כְּזַיִת – חַיָּיב, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עַד שֶׁיְּהֵא בּוֹ כְּזַיִת.
La Guemara cherche à clarifier la baraita : Mais s’il est évident pour Rabbi Yehouda que le nerf sciatique de la cuisse droite est interdit par la loi de la Torah, pourquoi encourt-il quarante coups de fouet et rien de plus ? Qu’il en reçoive quatre-vingts. La Guemara répond : Ici, nous traitons d’un cas où le volume de l’un des nerfs sciatiques n’est pas de la taille d’une olive, et Rabbi Yehouda soutient que, dans un tel cas, on ne reçoit pas de coups de fouet pour sa consommation. Comme il est enseigné dans une baraita : Si quelqu’un a mangé tout le nerf sciatique et que son volume n’est pas de la taille d’une olive, il est néanmoins passible de coups de fouet, parce qu’il a mangé une unité complète et naturelle d’aliment interdit. Rabbi Yehouda dit : Il n’est pas passible à moins qu’il n’ait un volume d’au moins la taille d’une olive.
וְטַעְמָא מַאי? אָמַר רָבָא: אָמַר קְרָא ״הַיָּרֵךְ״ – הַמְיוּמֶּנֶת שֶׁבַּיָּרֵךְ.
La Guemara demande : Et quelle est la raison pour laquelle Rabbi Yehouda soutient que seul le nerf sciatique de la cuisse droite est interdit par la loi de la Torah ? Rava a dit que c’est parce que le verset déclare : « C’est pourquoi les enfants d’Israël ne mangent pas le nerf sciatique qui est sur l’emboîture de la cuisse » (Genèse 32:33). L’article défini indique qu’il s’agit de la cuisse la plus importante.
וְרַבָּנַן, הַהוּא דְּפָשֵׁיט אִיסּוּרֵיהּ בְּכוּלֵּיהּ יָרֵךְ, לְאַפּוֹקֵי חִיצוֹן דְּלָא.
Et les Rabbins, qui soutiennent que les nerfs sciatiques des deux cuisses, droite et gauche, sont interdits par la loi de la Torah, expliquent l’article défini comme enseignant que l’interdiction s’applique à celui dont l’interdiction s’étend à toute la cuisse, c’est-à-dire le nerf intérieur. Cela sert à exclure le nerf extérieur, qui n’est pas interdit par la loi de la Torah.
וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר: אָמַר קְרָא ״בְּהֵאָבְקוֹ עִמּוֹ״ – כְּאָדָם שֶׁחוֹבֵק אֶת חֲבֵירוֹ, וְיָדוֹ מַגַּעַת לְכַף יְמִינוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ.
Et Rabbi Yehoshua ben Levi a dit que Rabbi Yehuda soutient que le nerf sciatique de la cuisse droite est interdit parce que le verset déclare : « Et lorsqu’il vit qu’il ne pouvait pas l’emporter sur lui, il toucha l’emboîture de sa cuisse ; et l’emboîture de la cuisse de Jacob se démit, comme il luttait avec lui » (Genèse 32:26). L’ange lutta avec Jacob comme un homme qui en enlace un autre afin de le jeter à terre, et sa main atteint l’emboîture de la cuisse droite de l’autre.
רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: כְּגוֹי נִדְמָה לוֹ, דְּאָמַר מָר: יִשְׂרָאֵל שֶׁנִּטְפַּל לוֹ גּוֹי בַּדֶּרֶךְ – טוֹפְלוֹ לִימִינוֹ.
Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit : L’ange lui apparut comme un gentil, comme le Maître l’a dit : Un Juif qui est accompagné d’un gentil sur la route et poursuit son voyage avec lui doit placer le gentil à sa droite, près de sa main dominante. Cela permet au Juif de se défendre contre toute attaque potentielle. Puisque Jacob suivit cette pratique, ce fut donc la cuisse droite de Jacob que l’ange toucha.
רַב שְׁמוּאֵל בַּר אַחָא קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא בַּר עוּלָּא אָמַר: כְּתַלְמִיד חָכָם נִדְמָה לוֹ, דְּאָמַר מָר: הַמְהַלֵּךְ לִימִין רַבּוֹ – הֲרֵי זֶה בּוּר.
Rav Shmuel bar Aḥa dit devant Rav Pappa au nom de Rava bar Ulla que l’ange apparut à Jacob comme un érudit de Torah, et par conséquent Jacob plaça l’ange à sa droite, comme le Maître l’a dit : Celui qui marche à la droite de son maître est un ignorant, car il ne sait pas comment se conduire avec de bonnes manières. Par conséquent, ce fut la cuisse droite de Jacob que l’ange toucha.
וְרַבָּנַן, מֵאֲחוֹרֵיהּ אֲתָא, וְנַשְּׁיֵיהּ בְּתַרְוַיְיהוּ.
Et les Rabbins, qui soutiennent que les nerfs sciatiques des deux cuisses sont interdits, comprennent que l’ange est venu par derrière Jacob et l’a frappé aux deux cuisses.
וְרַבָּנַן, הַאי ״בְּהֵאָבְקוֹ עִמּוֹ״ מַאי דָּרְשִׁי בֵּיהּ? מִבְּעֵי לֵיהּ לִכְאִידַּךְ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מְלַמֵּד שֶׁהֶעֱלוּ אֲבַק מַרְגְּלוֹתָם עַד כִּסֵּא הַכָּבוֹד, כְּתִיב הָכָא ״בְּהֵאָבְקוֹ עִמּוֹ״, וּכְתִיב הָתָם ״וְעָנָן אֲבַק רַגְלָיו״.
La Guemara demande : Et les Sages, que déduisent-ils de cette expression : « Comme il luttait avec lui » (Genèse 32:26) ? La Guemara répond : Ils en ont besoin pour l’autre interprétation de Rabbi Yehoshua ben Levi, comme Rabbi Yehoshua ben Levi l’a dit : Cela enseigne que la poussière [avak] de leurs pieds est montée jusqu’au trône de gloire. Il est écrit ici : « Comme il luttait [behe’avko] avec lui », et il est écrit là-bas dans une description de la manière dont Dieu punira les méchants : « Le Seigneur, dans le tourbillon et dans la tempête, est Son chemin, et les nuées sont la poussière de Ses pieds » (Nahum 1:3).
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ גִּיד הַנָּשֶׁה? שֶׁנָּשָׁה מִמְּקוֹמוֹ וְעָלָה, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״נָשְׁתָה גְבוּרָתָם הָיוּ לְנָשִׁים״.
§ La Guemara cite une autre déclaration de Rabbi Yehoshua ben Levi concernant le nerf sciatique : Et Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Pourquoi son nom est-il appelé nerf sciatique [gid hanashe] ? C’est parce que le nerf sciatique a quitté [nasha] sa place et est monté. Et de même le verset dit : « Les hommes puissants de Babylone ont cessé de combattre, ils restent dans leurs forteresses ; leur force les a quittés [nashata], ils sont devenus comme des femmes » (Jérémie 51:30).
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי דִּכְתִיב ״דָּבָר שָׁלַח בְּיַעֲקֹב וְנָפַל בְּיִשְׂרָאֵל״? ״דָּבָר שָׁלַח בְּיַעֲקֹב״ – זֶה גִּיד הַנָּשֶׁה, ״וְנָפַל בְּיִשְׂרָאֵל״ – שֶׁפָּשַׁט אִיסּוּרוֹ בְּכׇל יִשְׂרָאֵל.
La Guemara poursuit avec d’autres exposés relatifs au nerf sciatique. Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Que signifie ce qui est écrit : « Le Seigneur a envoyé une parole à Jacob, et elle est tombée sur Israël » (Isaïe 9:7) ? « Il a envoyé une parole à Jacob » ; cela fait référence au nerf sciatique. « Et elle est tombée sur Israël » ; cela enseigne que son interdiction a été étendue à l’ensemble du peuple juif.
וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי דִּכְתִיב ״וּטְבוֹחַ טֶבַח וְהָכֵן״? פְּרַע לָהֶן בֵּית הַשְּׁחִיטָה, ״וְהָכֵן״ – טוֹל גִּיד הַנָּשֶׁה בִּפְנֵיהֶם, כְּמַאן דְּאָמַר גִּיד הַנָּשֶׁה נֶאֱסָר לִבְנֵי נֹחַ.
Et aussi Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et lorsque Joseph vit Benjamin avec eux, il dit à l’intendant de sa maison : Fais entrer les hommes dans la maison, et abats les animaux, et prépare la viande ; car les hommes dîneront avec moi à midi » (Genèse 43:16) ? Joseph ordonna à son intendant : Montre-leur l’endroit de l’abattage sur le cou de l’animal à eux afin que les frères sachent qu’il est abattu correctement. « Et prépare » enseigne que Joseph ordonna à l’intendant de retirer le nerf sciatique en leur présence afin que les frères sachent qu’il avait été entièrement retiré. La Guemara commente que cette opinion est selon celui qui a dit que le nerf sciatique était interdit aux enfants de Jacob même avant que la Torah ne soit donnée, lorsqu’ils avaient encore le statut de descendants de Noé.
״וַיִּוָּתֵר יַעֲקֹב לְבַדּוֹ״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שֶׁנִּשְׁתַּיֵּיר עַל פַּכִּין קְטַנִּים, מִכָּאן לַצַּדִּיקִים שֶׁחָבִיב עֲלֵיהֶם מָמוֹנָם יוֹתֵר מִגּוּפָם, וְכׇל כָּךְ לָמָּה? לְפִי שֶׁאֵין פּוֹשְׁטִין יְדֵיהֶן בְּגָזֵל.
La Guemara revient au verset où Jacob lutte avec l’ange. Le verset déclare : « Et Jacob resta seul ; et un homme lutta avec lui jusqu’au lever du jour » (Genèse 32:25). Rabbi Elazar dit : La raison pour laquelle Jacob resta seul était qu’il était resté pour récupérer quelques petites cruches qui avaient été laissées derrière. De là on déduit que les biens des justes leur sont plus chers que leur corps. Et pourquoi se soucient-ils autant de leurs biens ? C’est parce qu’ils ne tendent pas les mains vers des biens volés.
״וַיֵּאָבֵק אִישׁ עִמּוֹ עַד עֲלוֹת הַשָּׁחַר״, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִכָּאן לְתַלְמִיד חָכָם שֶׁלֹּא יֵצֵא יְחִידִי בַּלַּיְלָה. רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא אָמַר מֵהָכָא:
Le verset déclare : « Et un homme lutta avec lui jusqu’au lever du jour. » Rabbi Yitzḥak dit : De là on déduit qu’un érudit de la Torah ne doit pas sortir de sa maison seul la nuit, puisque Jacob est sorti seul la nuit et a été blessé. Rabbi Abba bar Kahana a dit que la source de cet enseignement est d’ici :