וּנְסוֹרֶת שֶׁל חָרָשִׁין דַּקָּה, וְסִיד, וְחַרְסִית לְבָנָה וּמְגוּפָה שֶׁכְּתָשָׁן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכִסָּהוּ״. יָכוֹל שֶׁאֲנִי מְרַבֶּה אַף זֶבֶל הַגַּס, וְחוֹל הַגַּס, וּשְׁחִיקַת כְּלֵי מַתָּכוֹת, וּלְבֵנָה וּמְגוּפָה שֶׁלֹּא כְּתָשָׁן, וְקֶמַח, וְסוּבִּין, וּמוּרְסָן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בֶּעָפָר״.
de la sciure fine de charpentiers, de la chaux, un tesson écrasé, et une brique ou le couvercle d’un tonneau en terre cuite que l’on a écrasé ? Le verset déclare : « Et il le couvrira, » c’est-à-dire avec n’importe quelle substance. On aurait pu penser que j’inclurais même du fumier épais, du sable grossier, de la limaille de récipients métalliques, une brique ou un couvercle qu’on n’a pas écrasé, de la farine, du son et du gros son. C’est pourquoi le verset déclare : « Et il le couvrira avec de la terre, » indiquant que toutes les substances ne peuvent pas être utilisées pour couvrir le sang.
וּמָה רָאִיתָ לְרַבּוֹת אֶת אֵלּוּ וּלְהוֹצִיא אֶת אֵלּוּ? אַחַר שֶׁרִיבָּה הַכָּתוּב וּמִיעֵט, מְרַבֶּה אֲנִי אֶת אֵלּוּ שֶׁהֵן מִין עָפָר, וּמוֹצִיא אֲנִי אֶת אֵלּוּ שֶׁאֵינָן מִין עָפָר.
La Guemara demande : Et qu’as-tu vu qui t’a conduit à inclure celles-ci substances et à exclure celles-là ? La Guemara répond : Après avoir noté que le verset a inclus certaines substances avec l’expression : « Et le couvrira », et a exclu d’autres avec l’expression : « Avec de la terre », j’inclus celles-ci substances, par exemple le sable fin, qui sont un type de terre dans lequel les plantes poussent, et j’exclus celles-là substances, par exemple le sable grossier, qui ne sont pas un type de terre, car les plantes n’y poussent pas.
אֵימָא: ״וְכִסָּהוּ״ – כָּלַל, ״עָפָר״ – פָּרַט, כְּלָל וּפְרָט – אֵין בַּכְּלָל אֶלָּא מַה שֶּׁבַּפְּרָט, עָפָר – אִין, מִידֵּי אַחֲרִינָא – לָא!
La Guemara demande : Pourquoi le verset doit-il être interprété de cette manière ? Dis que l’expression : « Et le couvrira, » est une généralisation, et l’expression : « Avec de la terre, » est un détail. Par conséquent, le verset constitue une généralisation et un détail, et selon le principe herméneutique correspondant, la généralisation n’inclut que ce qui est mentionné explicitement dans le détail. Par conséquent, seule la terre peut être utilisée pour couvrir le sang, tandis que toute autre substance, même des substances dans lesquelles poussent des plantes, ne peut pas être utilisée.
אָמַר רַב מָרִי: מִשּׁוּם דְּהָוֵה כְּלָל הַצָּרִיךְ לִפְרָט, וְכׇל כְּלָל הַצָּרִיךְ לִפְרָט – אֵין דָּנִין אוֹתוֹ בִּכְלָל וּפְרָט.
Rav Mari dit en réponse : Il ne faut pas proposer une telle interprétation parce que l’expression « et le couvrir » est une généralisation qui requiert un détail pour en clarifier la nature, et toute généralisation qui requiert un détail pour en clarifier la nature n’est pas interprétée par le principe herméneutique de la généralisation et du détail. Il est nécessaire que le verset précise que le sang doit être recouvert de terre afin de clarifier que la mitsva de couvrir le sang exige que le sang soit recouvert d’une substance qui absorbera le sang, et qu’il ne suffit pas de placer un récipient dessus.
דָּרַשׁ רַב נַחְמָן בַּר רַב חִסְדָּא: אֵין מְכַסִּים אֶלָּא בְּדָבָר שֶׁזּוֹרְעִין בּוֹ וּמַצְמִיחַ. אָמַר רָבָא: הַאי בּוּרְכָא!
§ Rav Naḥman bar Rav Ḥisda a enseigné : On ne peut recouvrir le sang d’un animal non domestiqué ou d’un oiseau qu’avec une substance dans laquelle on sème une graine et elle germe. Rava a dit : C’est une absurdité [burkha], car la michna et la baraita enseignent toutes deux qu’on peut utiliser des substances dans lesquelles les graines ne germent pas.
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְרָבָא: מַאי בּוּרְכָתֵיהּ? אֲנָא אַמְרִיתַהּ נִיהֲלֵיהּ, וּמֵהָא מַתְנִיתָא אַמְרִיתַהּ נִיהֲלֵיהּ: הָיָה מְהַלֵּךְ בַּמִּדְבָּר, וְאֵין לוֹ אֵפֶר לְכַסּוֹת – שׁוֹחֵק דִּינַר זָהָב וּמְכַסֶּה. הָיָה מְהַלֵּךְ בִּסְפִינָה, וְאֵין לוֹ עָפָר לְכַסּוֹת – שׂוֹרֵף טַלִּיתוֹ וּמְכַסֶּה.
Rav Naḥman bar Yitzḥak dit à Rava : Quelle est l’absurdité de sa déclaration ? J’ai dit cela à Rav Naḥman bar Rav Ḥisda et je le lui ai dit à partir de cette baraita : Si quelqu’un voyage dans le désert, où la terre n’est pas arable, et souhaite abattre un animal sauvage ou un oiseau, mais il n’a pas de terre avec laquelle couvrir le sang, il peut broyer un dinar d’or en poudre et couvrir le sang avec celle-ci. Si quelqu’un voyage sur un bateau et veut abattre un animal sauvage ou un oiseau mais il n’a pas de terre avec laquelle couvrir le sang, il peut brûler son vêtement et couvrir le sang avec les cendres. Il ressort clairement de la première clause de la baraita que le sable du désert, qui ne permet pas aux graines de germer, ne peut pas être utilisé pour couvrir le sang d’un animal sauvage ou d’un oiseau.
בִּשְׁלָמָא שׂוֹרֵף טַלִּיתוֹ וּמְכַסֶּה, אַשְׁכְּחַן אֵפֶר דְּאִיקְּרִי עָפָר, אֶלָּא דִּינַר זָהָב מְנָלַן? אָמַר רַבִּי זֵירָא: ״וְעַפְרוֹת זָהָב לוֹ״.
La Guemara analyse la baraita : Soit, on comprend que l’on peut brûler son vêtement et couvrir le sang avec les cendres, puisque nous avons trouvé une source au fait que les cendres sont appelées terre [afar], comme la Guemara le prouvera bientôt ; en conséquence, l’usage des cendres est conforme au verset : « Et couvre-le de terre. » Mais, en ce qui concerne un dinar d’or, d’où déduisons-nous que l’on peut le broyer en poudre et l’utiliser pour couvrir le sang ? Rabbi Zeira a dit : Le verset déclare : « Et il a de la poussière [afrot] d’or » (Job 28:6), indiquant que l’or est désigné comme poussière.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מְכַסִּין אֶלָּא בְּעָפָר, דִּבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מָצִינוּ אֵפֶר שֶׁקָּרוּי עָפָר, שֶׁנֶּאֱמַר ״וְלָקְחוּ לַטָּמֵא מֵעֲפַר שְׂרֵיפַת״. וּבֵית שַׁמַּאי: עֲפַר שְׂרֵיפָה אִיקְּרִי, עָפָר סְתָמָא לָא אִיקְּרִי.
La Guemara cite une baraita connexe dans laquelle les Sages ont enseigné : On ne peut couvrir le sang d’un animal non domestiqué ou d’un oiseau qu’avec de la terre ; c’est l’avis de Beit Shammai. Et Beit Hillel disent : Nous constatons que les cendres sont appelées poussière [afar], comme il est dit au sujet de la vache rousse : « Et pour l’impur, ils prendront des cendres [me’afar] de la combustion de l’offrande de purification du péché » (Nombres 19:17). Et Beit Shammai répondent : Les cendres sont appelées poussière de combustion [afar sereifa], mais elles ne sont pas appelées poussière ordinaire [afar].
תָּנָא: הוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶן הַשְּׁחוֹר, וְהַכְּחוֹל, וְנִקְרַת פִּיסּוּלִין, וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף הַזַּרְנִיךְ.
La Guemara note : Il est enseigné que les Sages ont ajouté ce qui suit à la liste des substances dans la michna avec lesquelles on peut couvrir le sang : Poussière de charbon, stibium [keḥol] et copeaux de ciselage. Et certains disent qu’ils ont inclus même l’arsenic [zarnikh].
אָמַר רָבָא: בִּשְׂכַר שֶׁאָמַר אַבְרָהָם אָבִינוּ ״וְאָנֹכִי עָפָר וָאֵפֶר״, זָכוּ בָּנָיו לִשְׁתֵּי מִצְוֹת: אֵפֶר פָּרָה, וַעֲפַר סוֹטָה.
§ La Guemara cite des récits aggadiques liés à la mitsva de couvrir le sang : Rava dit : En récompense de ce que notre patriarche Abraham a dit : « Et je ne suis que poussière [afar] et cendre » (Genèse 18:27), ses enfants ont mérité deux mitsvot : les cendres de la génisse rousse (voir Nombres, chapitre 19) et la poussière de la sota, c’est-à-dire de la terre prise du sol du Tabernacle et mélangée à l’eau qui examine si une femme a commis l’adultère ou non (voir Nombres 5:17).
וְלִיחְשׁוֹב נָמֵי עֲפַר כִּסּוּי הַדָּם? הָתָם הֶכְשֵׁר מִצְוָה אִיכָּא, הֲנָאָה לֵיכָּא.
La Guemara objecte : Mais que Rava prenne aussi en considération la terre utilisée dans la mitsva de recouvrir le sang. La Guemara répond : Là-bas, la terre sert bien d’accessoire à la mitsva de recouvrir le sang, mais elle n’apporte aucun bénéfice. Cela se produit après que l’animal a été abattu, et elle-même ne rend pas la viande propre à la consommation. En revanche, les cendres de la génisse rousse et la poussière de la sota apportent un bénéfice, car la première purifie celui qui est devenu rituellement impur, et la seconde mène à la paix entre mari et femme lorsque le fait de boire l’eau prouve qu’elle n’a pas commis d’adultère.
וְאָמַר רָבָא: בִּשְׂכַר שֶׁאָמַר אַבְרָהָם אָבִינוּ
Et Rava dit : En récompense pour ce que notre Patriarche Abraham a dit au roi de Sodome :