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מַתְנִי׳ בְּהֵמָה שֶׁמֵּת עוּבָּרָהּ בְּתוֹךְ מֵעֶיהָ וְהוֹשִׁיט הָרוֹעֶה אֶת יָדוֹ וְנָגַע בּוֹ, בֵּין בִּבְהֵמָה טְמֵאָה בֵּין בִּבְהֵמָה טְהוֹרָה – טָהוֹר. רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: בִּטְמֵאָה – טָמֵא, וּבִטְהוֹרָה – טָהוֹר.
MICHNA : En ce qui concerne un animal dont le fœtus est mort dans son ventre et le berger a introduit sa main dans le ventre et a touché le fœtus, que ce soit dans le cas d'un animal non kosher ou dans le cas d'un animal kosher, le fœtus n'a pas le statut de carcasse animale qui transmet l'impureté rituelle, et le berger demeure rituellement pur. Rabbi Yossei HaGelili dit : Dans le cas d'un animal non kosher, il est impur, et dans le cas d'un animal kosher, il est pur.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא דְּתַנָּא קַמָּא? אָמַר רַב חִסְדָּא: קַל וָחוֹמֶר, אִם הוֹעִילָה אִמּוֹ לְהַתִּירוֹ בַּאֲכִילָה, לֹא תּוֹעִיל לוֹ לְטַהוֹרֵיהּ מִידֵי נְבֵלָה?
GUEMARA : La Guemara demande : Quelle est la raison de la décision du premier tanna ? Rav Ḥisda a dit : Cela est évident au moyen d’une inférence a fortiori : Si le fait d’être à l’intérieur de sa mère permet de l’autoriser à la consommation par l’abattage de sa mère, même si le fœtus a été trouvé mort dans l’utérus, alors le fait d’être à l’intérieur de sa mère ne devrait-il pas aussi être efficace pour le rendre pur de l’impureté d’une carcasse animale ?
אַשְׁכְּחַן בְּהֵמָה טְהוֹרָה, בְּהֵמָה טְמֵאָה מְנָלַן? אָמַר קְרָא: ״וְכִי יָמוּת מִן הַבְּהֵמָה״ – זוֹ בְּהֵמָה טְמֵאָה, ״אֲשֶׁר הִיא לָכֶם לְאׇכְלָה״ – זוֹ בְּהֵמָה טְהוֹרָה, אִיתַּקַּשׁ בְּהֵמָה טְמֵאָה לִבְהֵמָה טְהוֹרָה: מָה בְּהֵמָה טְהוֹרָה – עוּבָּרָהּ טָהוֹר, אַף בְּהֵמָה טְמֵאָה – עוּבָּרָהּ טָהוֹר.
La Guemara demande : Nous avons trouvé une justification pour cette halakha concernant un animal casher ; d’où déduisons-nous que la même règle s’applique aussi à un animal non casher ? La Guemara répond que le verset déclare : « Et lorsqu’un animal domestique meurt, parmi ceux que vous mangez, quiconque touche à sa carcasse sera impur jusqu’au soir » (Lévitique 11:39). La Guemara interprète le verset ainsi : « Et lorsqu’un animal domestique meurt », cela fait référence à un animal non casher ; « parmi ceux que vous mangez », cela fait référence à un animal casher. Le verset met ainsi en parallèle un animal non casher et un animal casher en ce qui concerne la transmission de l’impureté d’une carcasse, et enseigne que de même que, concernant un animal casher, son fœtus mort dans son ventre est pur, comme cela a été déduit ci-dessus au moyen d’une inférence a fortiori, de même, concernant un animal non casher, son fœtus mort est pur.
וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יִצְחָק: דְּאָמַר קְרָא ״וְכׇל הוֹלֵךְ עַל כַּפָּיו בְּכׇל הַחַיָּה הַהֹלֶכֶת וְגוֹ׳״ – מְהַלְּכֵי כַּפַּיִם בְּחַיָּה טִמֵּאתִי לָךְ.
La Guemara demande : Et en ce qui concerne Rabbi Yosei HaGelili, quelle est la raison de sa décision ? Rabbi Yitzḥak a dit que le verset déclare au sujet des animaux non casher qui n’ont pas le sabot fendu : « Et tout ce qui marche sur ses pattes, parmi tout [bekhol] animal sauvage [ḥayya] qui marche à quatre pattes, ils sont impurs pour vous ; quiconque touche leur carcasse sera impur jusqu’au soir » (Lévitique 11:27). Rabbi Yosei HaGelili interprète ce verset ainsi : Ces animaux qui marchent sur leurs pattes, c’est-à-dire qui n’ont pas le sabot fendu, qui sont à l’intérieur du corps d’un animal, Je les ai rendus impurs pour vous. Rabbi Yitzḥak interprète le terme bekhol comme signifiant : à l’intérieur du corps de, et le mot ḥayya comme signifiant : un animal vivant. En conséquence, il comprend que le verset fait référence à un fœtus mort trouvé à l’intérieur d’un animal vivant.
אֶלָּא מֵעַתָּה, קָלוּט בִּמְעֵי פָרָה לִיטַמֵּא, דִּמְהַלְּכֵי כַפַּיִם בְּחַיָּה הוּא? מְהַלְּכֵי כַפַּיִם בִּמְהַלְּכֵי אַרְבַּע, וְהַאי מְהַלְּכֵי אַרְבַּע בִּמְהַלְּכֵי שְׁמֹנֶה הוּא.
La Guemara objecte : Si tel est le cas, alors un fœtus mort aux sabots non fendus trouvé à l’intérieur d’une vache devrait être impur, malgré le fait qu’il provienne d’une espèce cashère, car c’est un animal qui marche sur ses pattes et qui se trouve à l’intérieur du corps d’un animal cashère. La Guemara explique : Le verset rend impur un animal qui marche sur ses quatre pattes et qui se trouve à l’intérieur d’un animal qui marche sur quatre pattes. Mais il s’agit ici du cas d’un animal qui marche sur quatre à l’intérieur d’un animal qui marche sur huit. Puisque les sabots de la vache mère sont entièrement fendus en deux parties, elle marche en réalité sur huit parties et n’est pas l’animal auquel le verset fait référence.
פָּרָה בִּמְעֵי גָמָל לֹא תְּטַמֵּא, דִּמְהַלְּכֵי שְׁמֹנֶה בִּמְהַלְּכֵי אַרְבַּע הוּא, ״הוֹלֵךְ״, ״וְכׇל הוֹלֵךְ״ – לְרַבּוֹת פָּרָה בִּמְעֵי גָמָל.
La Guemara soulève une autre objection : Si tel est le cas, alors un fœtus mort ayant la forme d’une vache, qui a huit parties à ses pattes, à l’intérieur de l’utérus d’une chamelle, un animal non casher aux sabots non fendus, ne devrait pas être impur, puisqu’il s’agit d’un animal qui marche sur huit à l’intérieur d’un animal qui marche sur quatre, et le verset ne le vise pas. La Guemara répond que le verset aurait pu dire : Marche sur, mais au lieu de cela il dit : « Et tout ce qui marche sur, » c’est-à-dire que l’ajout du mot « tout » sert à inclure un fœtus mort de vache dans l’utérus d’une chamelle, enseignant qu’il est impur.
קָלוּט בִּמְעֵי קְלוּטָה לִיטַמֵּא, דִּמְהַלְּכֵי אַרְבַּע בִּמְהַלְּכֵי אַרְבַּע הוּא! לְהָכִי אַהֲנִי קַל וָחוֹמֶר דְּרַב חִסְדָּא.
La Guemara objecte : Si tel est le cas, alors un fœtus mort avec des sabots non fendus dans l’utérus d’une vache aux sabots non fendus devrait être impur, car c’est un animal qui marche sur quatre à l’intérieur d’un animal qui marche sur quatre, mais la halakha est que, puisque la mère appartient à une espèce casher, il est pur. La Guemara explique : C’est à cette fin que l’inférence a fortiori de Rav Ḥisda est efficace, car elle rend purs les fœtus de tous les animaux casher, même si leurs sabots ne sont pas complètement fendus.
מַתְקֵיף לַהּ רַב אַחָדְבוּי בַּר אַמֵּי: חֲזִיר בִּמְעֵי חֲזִירְתָּא לָא לִיטַמֵּא, דִּמְהַלְּכֵי שְׁמֹנֶה בִּמְהַלְּכֵי שְׁמֹנֶה הוּא!
Rav Aḥadvoi bar Ami objecte à cette explication selon laquelle le verset rend impurs uniquement les animaux qui marchent sur quatre à l’intérieur d’animaux qui marchent sur quatre : Si tel est le cas, un fœtus mort de porc à l’intérieur de l’utérus d’une truie ne devrait pas être impur, puisque le porc a les sabots fendus, et donc il est un animal qui marche sur huit à l’intérieur d’un animal qui marche sur huit, et ainsi le verset ne parle pas de lui.
אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, מֵהָכָא: ״נֶפֶשׁ כִּי תִגַּע בְּכׇל טָמֵא אוֹ בְנִבְלַת חַיָּה טְמֵאָה אוֹ בְּנִבְלַת בְּהֵמָה טְמֵאָה אוֹ בְּנִבְלַת שֶׁרֶץ טָמֵא״.
Au contraire, Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit que l’opinion de Rabbi Yosei HaGelili est dérivée d’ici : Le verset déclare au sujet de l’offrande à échelle variable apportée par quelqu’un qui ignorait qu’il était impur lorsqu’il a mangé de la nourriture consacrée ou est entré dans le Temple : « Une personne qui a touché quelque chose d’impur, ou la carcasse d’un animal sauvage non casher, ou la carcasse d’un animal domestique non casher, ou la carcasse d’un animal rampant impur, et est coupable, cela lui ayant été caché qu’elle est impure » (Lévitique 5:2).
וְכִי נִבְלַת בְּהֵמָה טְמֵאָה מְטַמְּאָה, וּבִטְהוֹרָה לֹא מְטַמְּאָה? אֶלָּא אֵיזֶה זֶה? זֶה עוּבָּר, שֶׁבִּטְמֵאָה טָמֵא, וּבִטְהוֹרָה טָהוֹר.
Le verset présente une difficulté : Se pourrait-il que seule la carcasse d’un animal non casher transmette l’impureté, et que celle d’un animal casher ne transmette pas l’impureté ? La halakha est que les deux la transmettent. Plutôt, quel est cet animal auquel le verset fait référence ? Il s’agit d’un fœtus, qui s’il est à l’intérieur d’un animal non casher est impur, et s’il est à l’intérieur d’un animal casher est pur.
וּמֵאַחַר דְּנָפְקָא לֵיהּ מִדְּרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, דְּרַבִּי יִצְחָק לְמָה לִי? אִי לָאו דְּרַבִּי יִצְחָק, הֲוָה אָמֵינָא: כּוּלֵּיהּ לְכִדְרַבִּי הוּא דַּאֲתָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara demande : Et puisque cette halakha est dérivée de la déclaration de Rav Naḥman bar Yitzḥak, pourquoi ai-je besoin de la preuve de Rabbi Yitzḥak tirée du verset : « Et tout ce qui marche sur ses pattes, parmi tout animal non domestiqué qui marche à quatre pattes » (Lévitique 11:27) ? La Guemara explique : N’eût été la dérivation de Rabbi Yitzḥak, j’aurais dit que tout le verset exposé par Rav Naḥman bar Yitzḥak vient enseigner seulement ce que Rabbi Yehuda HaNasi en a dérivé, comme la Guemara le cite plus loin. La déclaration de Rabbi Yitzḥak nous enseigne que le verset doit aussi être exposé comme Rav Naḥman bar Yitzḥak l’a expliqué.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: נַמְתִּי לוֹ לְבֶן עַזַּאי, לָמַדְנוּ נִבְלַת בְּהֵמָה טְהוֹרָה שֶׁמְּטַמְּאָה, וְנִבְלַת בְּהֵמָה טְמֵאָה שֶׁמְּטַמְּאָה, נִבְלַת חַיָּה טְמֵאָה שֶׁמְּטַמְּאָה.
§ Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yonatan, élève de Rabbi Yishmael, dit : J’ai dit [namti] à ben Azzai : Nous avons appris que la carcasse d’un animal domestique casher transmet l’impureté du verset : « Et lorsqu’un animal domestique mourra, parmi ceux que vous mangez, quiconque touche sa carcasse sera impur jusqu’au soir » (Lévitique 11:39). Et nous avons appris que la carcasse d’un animal domestique non casher transmet l’impureté, et que la carcasse d’un animal sauvage non casher transmet l’impureté, du verset : « Une personne qui touche quoi que ce soit d’impur, ou la carcasse d’un animal sauvage non casher, ou la carcasse d’un animal domestique non casher » (Lévitique 5:2).
נִבְלַת חַיָּה טְהוֹרָה לֹא לָמַדְנוּ מִנַּיִן? נָם לִי: ״כָּל הוֹלֵךְ עַל כַּפָּיו בְּכׇל הַחַיָּה הַהֹלֶכֶת״.
Mais nous n’avons pas encore appris au sujet de la carcasse d’un animal sauvage casher. D’où est-il déduit qu’elle transmet l’impureté ? Ben Azzai m’a dit que cela est dérivé du verset : « Et tout ce qui marche sur ses pattes, parmi tout animal sauvage qui marche à quatre pattes » (Lévitique 11:27). L’expression inclusive « parmi tout » sert à inclure même la carcasse d’un animal sauvage casher parmi celles qui transmettent l’impureté.
נַמְתִּי לוֹ: וְכִי נֶאֱמַר ״וְכׇל חַיָּה״? וַהֲלֹא לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא ״בְּכׇל הַחַיָּה״, לִמְהַלְּכֵי כַּפַּיִם בְּחַיָּה הוּא דַּאֲתָא. נָם לִי: וּמָה יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר בְּדָבָר הַזֶּה?
Rabbi Yonatan poursuit. J’ai dit à ben Azzai : Mais est-il écrit : Et tout animal non domestiqué ? N’est-il pas écrit seulement : « Parmi tout animal non domestiqué » ? Et comme expliqué plus haut, cela vient enseigner qu’un fœtus mort ayant la forme de l’un des animaux qui marchent sur leurs pattes à l’intérieur d’un animal non domestiqué transmet l’impureté. Il me dit : Et que Rabbi Yishmaël, ton maître, dit-il à ce sujet ?
נַמְתִּי לוֹ: ״וְכִי יָמוּת מִן הַבְּהֵמָה״ – זוֹ בְּהֵמָה טְמֵאָה, ״אֲשֶׁר הִיא לָכֶם לְאׇכְלָה״ – זוֹ בְּהֵמָה טְהוֹרָה, לָמַדְנוּ חַיָּה בִּכְלַל בְּהֵמָה, וּבְהֵמָה בִּכְלַל חַיָּה.
Je lui ai dit que Rabbi Yishmael déduit toutes ces halakhot du verset : « Et lorsqu’un animal domestique meurt, parmi ceux que vous mangez, quiconque touche son cadavre sera impur jusqu’au soir » (Lévitique 11:39), comme suit : « Et lorsqu’un animal domestique [habehema] meurt », cela fait référence à un animal non casher ; « parmi ceux que vous mangez », cela fait référence à un animal casher. Et nous avons appris qu’une ḥayya est incluse dans la catégorie de behema, c’est-à-dire que le terme behema peut aussi désigner collectivement à la fois les animaux domestiques et les animaux sauvages. Et, de même, une behema est incluse dans la catégorie d’une ḥayya.
חַיָּה טְהוֹרָה בִּכְלַל בְּהֵמָה טְהוֹרָה, חַיָּה טְמֵאָה בִּכְלַל בְּהֵמָה טְמֵאָה,
De plus, une ḥayya casher est incluse lorsque la Torah fait référence à une behema casher, et une ḥayya non casher est incluse lorsque la Torah fait référence à une behema non casher.

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