וְחַזְיַיהּ לִדְרַב מַתְנָא דְּאָתְיָא בְּזֶה הַכְּלָל, מַאי טַעְמָא? דְּדָמְיָא לִנְטוּלֵי. תְּנָא ״אֵלּוּ טְרֵפוֹת״ – הָנֵי הוּא דִּטְרֵפָה, הָא דְּרַב מַתְנָא כְּשֵׁרָה.
et le tanna a alors vu que le cas de Rav Mattana, où l’extrémité de la cuisse est déboîtée, relève apparemment de la rubrique : Tel est le principe, et l’on pourrait supposer que cela rend également l’animal tereifa. Quelle est la raison de cela ? C’est parce qu’une cuisse déboîtée est semblable à des cas d’organes retirés qui rendent l’animal tereifa. C’est pourquoi il a enseigné l’expression : Ce sont les tereifot, au début de la michna, pour souligner que ce sont seulement celles-ci qui rendent un animal tereifa, mais dans le cas de Rav Mattana, l’animal est casher.
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: אֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת דַּוְקָא, תְּנָא טְרֵפוֹת, וּתְנָא ״זֶה הַכְּלָל״, וְחַזְיַיהּ לִדְרַב מַתְנָא דְּלָא אָתְיָא בְּ״זֶה הַכְּלָל״, מַאי טַעְמָא? לָאו לִנְקוּבֵי דָּמְיָא, וְלָא לִפְסוּקֵי דָּמְיָא, וְלִנְטוּלֵי נָמֵי לָא דָּמְיָא, תְּנָא ״אֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת״ – הָנֵי הוּא דִּכְשֵׁרוֹת, הָא דְּרַב מַתְנָא טְרֵפָה.
Et selon Rabbi Shimon ben Lakish, qui dit que l’expression : Celles-ci sont casher, est dite spécifiquement, le tanna a enseigné la liste des tereifot, puis a enseigné ensuite que tel est le principe. Et le tanna a alors vu que le cas de Rav Mattana apparemment n’entre pas dans l’intitulé : Tel est le principe, et l’on pourrait supposer qu’il ne rend pas l’animal tereifa. Quelle en est la raison ? C’est parce qu’une cuisse déboîtée n’est pas semblable à des cas d’organes perforés, ni semblable à des cas d’organes coupés, comme la trachée, et n’est pas semblable à des cas d’organes retirés. C’est pourquoi il a enseigné l’expression : Celles-ci sont casher, afin de souligner que ce sont seulement celles-ci qui sont casher, mais dans le cas de Rav Mattana, l’animal est une tereifa.
גּוּפָא, אָמַר רַב מַתְנָא: הַאי בּוּקָא דְּאַטְמָא דְּשָׁף מִדּוּכְתֵּיהּ – טְרֵפָה, וְרָבָא אָמַר: כְּשֵׁרָה, וְאִי אִיפְּסִיק נִיבֵיהּ – טְרֵפָה. וְהִלְכְתָא: אִיפְּסִיק נָמֵי כְּשֵׁרָה, עַד דְּמִתְעַכְלָא אִתְעֲכוֹלֵי.
La Guemara traite de la question elle-même : Rav Mattana dit : Cette tête du fémur qui a été complètement déboîtée rend l’animal une tereifa. Et Rava a dit : L’animal est casher, mais si son tendon qui maintient l’os en place est coupé, il est une tereifa. La Guemara conclut : Et la halakha est la suivante : Même si le tendon est coupé, l’animal reste casher, à moins que le tendon ne se soit décomposé, auquel cas l’animal est une tereifa.
עַד כַּמָּה תֶּחְסַר? אָמַר זְעֵירִי: אַתּוּן דְּלָא מִיתְחֲמֵי לְכוֹן שִׁיעוּרָא, שִׁיעוּרֵיהּ בְּדִינָרָא קוּרְדִּינָאָה, וְהָוֵי כִּפְשִׁיטָא זוּטַרְתִּי, וּמִשְׁתַּכְחָא בֵּינֵי פְּשִׁיטֵי דְּפוּמְבְּדִיתָא.
§ La michna déclare : Combien peut-il manquer à la trachée tout en restant casher ? Rabban Shimon ben Gamliel dit : Jusqu’à ce que la perforation soit de la même taille qu’un issar italien. Ze’eiri, qui est venu d’Eretz Israël, a dit à ce sujet : Vous, qui n’êtes pas familiers avec la mesure d’un issar italien, parce qu’il n’est pas utilisé en Babylonie, devez estimer sa mesure comme un dinar kurde. Et il est comme une petite pièce de peruta et on peut le trouver parmi les perutot de Poumbedita.
אָמַר רַבִּי חָנָא פָּתוּרָאָה: עִילָּא מִינַּאי הֲוָה קָאֵי בַּר נַפָּחָא, וּבְעָא מִינַּי דִּינָרָא קוּרְדִּינָאָה לְשַׁעוֹרֵי בֵּיהּ טְרֵיפְתָא, וּבְעַי לְמֵיקָם מִקַּמֵּיהּ וְלָא שְׁבַקְנִי. אָמַר לִי: שֵׁב בְּנִי שֵׁב, אֵין בַּעֲלֵי אוּמָּנִיּוֹת רַשָּׁאִין לַעֲמוֹד מִפְּנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים בְּשָׁעָה שֶׁעֲסוּקִין בִּמְלַאכְתָּם.
Rabbi Ḥana, le changeur, a dit : Bar Nappaḥa, c’est-à-dire Rabbi Yoḥanan, se tenait au-dessus de moi et m’a demandé un dinar kurde avec lequel mesurer les tereifot, conformément à la déclaration de Ze’eiri. Et j’ai voulu me lever devant lui par respect, mais il ne me l’a pas permis. Rabbi Yoḥanan m’a dit : Assieds-toi, mon fils, assieds-toi. Les artisans ne sont pas autorisés à se lever devant les érudits de la Torah lorsqu’ils sont occupés à leur travail.
וְלָא? וְהָתְנַן: כׇּל בַּעֲלֵי אוּמָּנִיּוֹת עוֹמְדִים מִפְּנֵיהֶם, וְשׁוֹאֲלִין בִּשְׁלוֹמָן, וְאוֹמְרִין לָהֶם: אַחֵינוּ אַנְשֵׁי מְקוֹם פְּלוֹנִי בּוֹאֲכֶם בְּשָׁלוֹם!
La Guemara demande : Et les artisans n’ont-ils pas le droit de se lever devant les érudits de la Torah ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Bikkurim 3:3) : Lorsque les pèlerins apportent leurs prémices à Jérusalem, tous les artisans se lèvent devant eux, les saluent et leur disent : Nos frères de tel et tel endroit, soyez les bienvenus ?
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵיהֶם עוֹמְדִין, מִפְּנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים אֵין עוֹמְדִין. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין: בֹּא וּרְאֵה כַּמָּה חֲבִיבָה מִצְוָה בִּשְׁעָתָהּ, שֶׁהֲרֵי מִפְּנֵיהֶם עוֹמְדִין, מִפְּנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים אֵין עוֹמְדִין.
Rabbi Yoḥanan a dit : Oui, ils se lèvent devant ceux qui apportent les prémices, mais ils ne se lèvent pas devant les érudits de la Torah. Rabbi Yosei bar Avin dit : Viens voir combien une mitsva est aimée lorsqu’elle est accomplie en son temps approprié, car les artisans se lèvent devant ceux qui ont apporté les prémices, tandis qu’ils ne se lèvent pas devant les érudits de la Torah.
מִמַּאי? דִּילְמָא כְּדֵי שֶׁלֹּא תְּהֵא נִמְצָא מַכְשִׁילָן לֶעָתִיד לָבֹא.
La Guemara rejette la déclaration de Rabbi Yossei bar Avin : D'où sait-on qu'ils se lèvent par respect ? Peut-être que les artisans se lèvent seulement afin de ne pas amener ceux qui apportent les premiers fruits à s'abstenir et à fauter à l'avenir. C'est-à-dire que si les artisans ne traitent pas avec beaucoup de respect ceux qui apportent les premiers fruits, ils risquent de ne pas faire l'effort de se rendre à Jérusalem l'année suivante.
אָמַר רַב נַחְמָן: כְּסֶלַע – כְּיָתֵר מִכְּסֶלַע, כְּאִיסָּר – כְּיָתֵר מִכְּאִיסָּר.
§ La michna énonce : Quelle quantité de la trachée peut manquer tout en restant casher ? Rabban Shimon ben Gamliel dit : Jusqu’à ce que la perforation soit de la même taille qu’un issar italien. À ce sujet, Rav Naḥman dit : Chaque fois que les Sages précisent la mesure comme étant celle d’un sela, par exemple, en ce qui concerne un crâne endommagé aux fins des tereifot, ils veulent dire que même une surface exactement de la taille d’un sela est traitée comme étant supérieure à un sela. De même, lorsqu’ils précisent la mesure comme étant celle d’un issar, ils veulent dire qu’une surface exactement de la taille d’un issar est traitée comme si elle était supérieure à un issar.
אַלְמָא קָסָבַר רַב נַחְמָן: ״עַד״, וְלֹא עַד בַּכְּלָל.
Puisque Rav Naḥman soutient qu’une perforation exactement de la taille d’un issar est traitée comme si elle était plus grande qu’un issar, il doit soutenir qu’une telle perforation dans la trachée rend l’animal tereifa. La Guemara en déduit donc : Apparemment, Rav Naḥman soutient que chaque fois que les Sages emploient le mot : Jusqu’à, cela signifie jusqu’à, sans inclure la mesure, comme l’énonce la michna selon laquelle un animal dont la trachée est perforée est casher jusqu’à ce que la perforation atteigne la taille d’un issar.
אֵיתִיבֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: חֶבֶל הַיּוֹצֵא מִן הַמִּטָּה עַד חֲמִשָּׁה טְפָחִים – טָהוֹר. מַאי לָאו חֲמִשָּׁה כִּלְמַטָּה? לֹא, חֲמִשָּׁה כִּלְמַעְלָה.
Rava souleva une objection à l’opinion de Rav Naḥman à partir d’une michna (Kelim 19:2) : L’extrémité d’une corde qui dépasse d’un lit de cordes n’est pas susceptible d’impureté rituelle tant qu’elle n’a pas une longueur de cinq palmes. Si le lit devient impur, la corde reste pure, car elle n’a pas d’usage et n’est donc pas considérée comme faisant partie du lit. N’est-ce pas en train d’enseigner qu’une corde de exactement cinq palmes est traitée comme si sa longueur était inférieure à cette mesure ? Si tel est le cas, le mot : jusqu’à, signifie jusqu’à et y compris la mesure exacte. La Guemara répond : Non, une corde de exactement cinq palmes est comme une corde dont la longueur est au-dessus de cette mesure.
תָּא שְׁמַע: מֵחֲמִשָּׁה וְעַד עֲשָׂרָה – טָמֵא. מַאי לָאו עֲשָׂרָה כִּלְמַטָּה? לָא, עֲשָׂרָה כִּלְמַעְלָה.
La Guemara suggère : Viens et entends une preuve tirée de la suite de la michna : Si l’extrémité de la corde avait une longueur quelconque de cinq palmes jusqu’à dix, elle est susceptible d’impureté. Quoi, n’enseigne-t-elle pas qu’une corde mesurant exactement dix palmes est traitée comme si sa longueur était inférieure à cela ? La Guemara répond : Non, une corde mesurant exactement dix palmes est traitée comme une corde dont la longueur est supérieure à cela, et elle n’est pas susceptible d’impureté.
תָּא שְׁמַע: הַדַּקִּין שֶׁבִּכְלִי חֶרֶס, הֵן וְקַרְקְרוֹתֵיהֶן וְדוֹפְנוֹתֵיהֶם, יוֹשְׁבִין שֶׁלֹּא מְסוּמָּכִין –
La Guemara suggère : Viens et entends une preuve tirée d’une autre michna (Kelim 2:2) : En ce qui concerne les plus petits des récipients en terre cuite, si eux, ou même leurs bases ou côtés cassés, peuvent tenir debout, c’est-à-dire rester droits, sans soutien,