אַהֲדָדֵי. כִּי פְּלִיגִי דְּאִיהוּ קָא שָׁתֵיק וְאִינְהוּ קָמְקַרְקְרָן: מָר סָבַר מַעֲשֶׂה קָא עָבֵיד בְּהוּ, וּמָר סָבַר מֵחֲמַת בִּעֲתוּתֵיהּ הוּא דְּקָא עָבְדָן.
les uns les autres, et il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Ils sont en désaccord lorsque le lion est calme et que les oiseaux caquettent. Un Sage, Shmuel, soutient : Ils caquettent parce qu’il agit sur eux, c’est-à-dire qu’il les griffe, et un Sage, Rav, soutient qu’ils font cela par peur du prédateur, mais pas nécessairement parce qu’il les griffe.
אָמַר אַמֵּימָר: הִלְכְתָא חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה. אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְאַמֵּימָר: הַאי דְּרַב מַאי? אֲמַר לֵיהּ: לָא שְׁמִיעַ לִי, כְּלוֹמַר, לָא סְבִירָא לִי.
Ameimar a dit : La halakha est qu’il faut être préoccupé dans un cas d’incertitude quant à savoir si un animal a été griffé. Rav Ashi dit à Ameimar : Et qu’en est-il de cette déclaration de Rav selon laquelle il n’est pas nécessaire de s’en préoccuper ? Ameimar lui dit : Je n’ai pas entendu cette déclaration ; c’est-à-dire que je ne tiens pas conformément à elle.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: הֲדַר בֵּיהּ רַב לְגַבֵּי דִּשְׁמוּאֵל, דְּהָהוּא שַׁרְקָפָא דִּסְפֵק דְּרוּסוֹת, דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב, שַׁדְּרִינְהוּ לְקַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל, חַנְקִינְהוּ וּשְׁדָנְהוּ בְּנַהֲרָא. וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ לָא הֲדַר בֵּיהּ – לִישְׁרִינְהוּ?
Ou, si tu préfères, dis plutôt que Rav s’est rétracté de sa déclaration et a concédé à Shmuel qu’il faut se montrer préoccupé dans un cas d’incertitude. Car il y avait un certain panier de oiseaux au sujet desquels il y avait une incertitude quant à savoir s’ils avaient été griffés par un faucon qui était entré parmi eux, affaire qui fut portée devant Rav. Rav les envoya devant Shmuel pour rendre une décision, et Shmuel les étrangla et les jeta dans la rivière. Et s’il te vient à l’esprit que Rav ne s’est pas rétracté de sa déclaration, alors qu’il les autorise à la consommation. Pourquoi les a-t-il envoyés à Shmuel ?
אֶלָּא מַאי הֲדַר בֵּיהּ? לֵיסְרִינְהוּ! אֶלָּא, אַתְרֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל הֲוָה.
La Guemara rejette cela : Mais alors, que diras-tu, que Rav s’est réellement rétracté ? Si c’est le cas, qu’il les interdise à la consommation sans les envoyer à Shmuel. Mais plutôt, il a envoyé les oiseaux à Shmuel parce que c’était le lieu de Shmuel, et bien que Rav fût en désaccord avec Shmuel, il aurait été inapproprié de rendre une décision contradictoire.
לְמָה לִּי לְמִיחְנְקִינְהוּ? לִישְׁדִּינְהוּ הָכִי בְּנַהֲרָא! מְפָרְחָן וְסָלְקָן.
La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin que Shmuel étrangle les oiseaux ? Qu’il les jette simplement dans la rivière tels quels. La Guemara répond : Shmuel craignait qu’ils ne s’envolent et ne quittent la rivière et ne finissent par se retrouver en la possession d’un Juif non averti.
וּלְשַׁהִינְהוּ שְׁנֵים עָשָׂר חוֹדֶשׁ? אָתֵי בְּהוּ לִידֵי תַקָּלָה. וְלִיזַבְּנִינְהוּ לְגוֹיִם? אָתוּ לְזַבּוֹנִינְהוּ לְיִשְׂרָאֵל.
La Guemara objecte : Mais qu’il retarde le fait de tuer ces oiseaux pendant douze mois. S’ils survivent, cela prouvera qu’ils ne sont pas des tereifot, et ils seront permis. La Guemara répond : Shmuel craignait que des gens ne rencontrent une pierre d’achoppement, car ils pourraient oublier que ces oiseaux sont interdits et les manger avant que douze mois ne se soient écoulés. La Guemara demande : Mais qu’il les vende à des non-Juifs afin qu’ils ne constituent pas une pierre d’achoppement. La Guemara répond : Shmuel craignait que peut-être les non-Juifs viennent les vendre de nouveau à des Juifs.
וְלִיחְנְקִינְהוּ וְלִישְׁדִּינְהוּ לְאַשְׁפָּה? וְלִיטַעְמָיךְ, נִישְׁדִּינְהוּ לִכְלָבִים! אֶלָּא, לְפַרְסוֹמֵי מִלְּתָא דְּאִיסּוּרָא.
La Guemara objecte : Mais qu’il les étrangle et les jette à la poubelle. Pourquoi Shmuel les a-t-il jetés dans la rivière ? La Guemara répond : Et selon ton raisonnement, nous devrions les jeter aux chiens, car au moins ils auraient ainsi une certaine utilité. Au contraire, Shmuel les a jetés dans la rivière, un lieu public, afin de rendre publique la question de l’interdiction.
הָהוּא בַּר אֲוָוזָא דַּהֲוָה בֵּי רַב אָשֵׁי, עָל לְבֵינֵי קְנַיָּא, נְפַק אֲתָא כִּי מְמַסְמַס קוֹעֵיהּ דְּמָא. אָמַר רַב אָשֵׁי: לָא אָמְרִינַן סְפֵק כַּלְבָּא סְפֵק שׁוּנָרָא – אֵימַר כַּלְבָּא? הָכָא נָמֵי, סְפֵק קַנְיָא סְפֵק שׁוּנָרָא – אֵימַר קַנְיָא מַחְיֵיהּ.
La Guemara rapporte qu’il y avait un certain canard dans la maison de Rav Ashi. Le canard entra parmi les roseaux, et ressortit avec la gorge tachée de sang. Rav Ashi dit : Ne disons-nous pas : S’il est incertain que le prédateur ait été un chien et incertain que ce fût un chat, je dirai que c’était un chien, qui ne peut pas griffer efficacement un animal ? Ici aussi, puisqu’il est incertain que le canard ait été blessé par un roseau et incertain qu’il ait été blessé par un chat, je dirai qu’un roseau l’a frappé, et le canard n’est pas une tereifa.
אָמְרִי בְּנֵי רַבִּי חִיָּיא: דְּרוּסָה שֶׁאָמְרוּ – צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים.
§ Les fils de Rabbi Ḥiyya, Yehuda et Ḥizkiyya, dirent : Un animal blessé par une griffe, au sujet duquel les Sages ont dit qu’il faut être préoccupé, nécessite une inspection de la chair adjacente aux intestins. Si la chair autour des intestins a rougi, l’animal est une tereifa, car le venin finira par pénétrer dans la cavité corporelle et perforer les intestins eux-mêmes.
אָמַר רַב יוֹסֵף: הָא דִּבְנֵי רַבִּי חִיָּיא – כְּבָר פָּירְשַׁהּ שְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס: דְּרוּסָה שֶׁאָמְרוּ – צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים.
Rav Yosef a dit : Cette déclaration des fils de Rabbi Ḥiyya a déjà été expliquée par Shmuel, car Shmuel dit au nom de Rabbi Ḥanina ben Antigonus : Un animal à griffes, au sujet duquel ils ont dit qu’il faut être préoccupé, nécessite une inspection près des intestins.
בָּעֵי אִילְפָא: יֵשׁ דְּרוּסָה לְסִימָנִים אוֹ אֵין דְּרוּסָה לְסִימָנִים? אָמַר רַבִּי זֵירָא: הָא דְּבָעֵי אִילְפָא – כְּבָר פֵּירְשַׁהּ רַב חָנָן בַּר רָבָא, דְּאָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא אָמַר רַב: דְּרוּסָה שֶׁאָמְרוּ צְרִיכָה בְּדִיקָה כְּנֶגֶד בֵּית הֶחָלָל כּוּלּוֹ, וַאֲפִילּוּ בְּסִימָנִין.
Ilfa soulève un dilemme : y a-t-il lacération par les griffes en ce qui concerne les simanim, ou n’y a-t-il pas lacération par les griffes en ce qui concerne les simanim ? Le venin pénètre-t-il dans les simanim comme il pénètre dans les intestins ? Rabbi Zeira a dit : Ce dilemme que soulève Ilfa a déjà été expliqué par Rav Ḥanan bar Rava, car Rav Ḥanan bar Rava dit que Rav dit : Un animal lacéré par les griffes, au sujet duquel ils ont dit qu’il faut être préoccupé, nécessite une inspection de la chair adjacente à toute la cavité corporelle, et même dans la zone des simanim.
בָּעֵי אִילְפָא: סִימָנִין שֶׁנִּדַּלְדְּלוּ, בְּכַמָּה? אָמַר רַבִּי זֵירָא: הָא דְּבָעֵי אִילְפָא – כְּבָר פֵּירְשַׁהּ רַבָּה בַּר בַּר חָנָה, דְּאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר שְׁמוּאֵל: סִימָנִים שֶׁנִּדַּלְדְּלוּ בְּרוּבָּן.
Ilfa soulève un autre dilemme : En ce qui concerne les simanim qui ont été détachés, quelle mesure de détachement rend l’animal tereifa ? Rabbi Zeira a dit : Ce dilemme qu’Ilfa soulève a déjà été expliqué par Rabba bar bar Ḥana, car Rabba bar bar Ḥana dit que Shmuel dit : En ce qui concerne les simanim qui ont été détachés, s’ils ont été détachés dans leur majorité, l’animal est une tereifa.
בָּעֵי רַב אַמֵּי: הֲמַסְמָסָה מַהוּ? אָמַר רַבִּי זֵירָא: הָא דְּבָעֵי רַב אַמֵּי – כְּבָר פֵּירְשַׁהּ רַב יְהוּדָה, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בִּדְרוּסָה, עַד שֶׁיַּאֲדִים בָּשָׂר כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים; נִתְמַסְמֵס הַבָּשָׂר – רוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִילּוּ אֵינוֹ.
Rav Ami soulève un dilemme : quelle est la halakha concernant un animal qui a été griffé dans une zone qui n’entoure pas la cavité corporelle, comme les pattes, et dont on a trouvé de la putréfaction dans la chair de cette zone ? Rabbi Zeira a dit : Ce dilemme que Rav Ami soulève a déjà été expliqué par Rav Yehuda, car Rav Yehuda dit que Rav dit : En ce qui concerne un animal griffé, la blessure ne le rend pas tereifa à moins que la chair adjacente à l’intestin ne rougisse ; mais si la chair a pourri, on considère la zone pourrie comme si elle n’existait pas. Si l’animal serait une tereifa lorsqu’il manque cette chair, il est aussi une tereifa si la chair a pourri.
הֵיכִי דָּמֵי נִתְמַסְמֵס? אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: כֹּל שֶׁהָרוֹפֵא גּוֹרְדוֹ וּמַעֲמִידוֹ עַל בָּשָׂר חַי. אָמַר רַב אָשֵׁי: כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא, אַיְיתוֹ קַמַּן הָהִיא רֵיאָה, דְּכִי הֲווֹ מוֹתְבִי לַהּ – יָתְבָה שַׁפִּיר, וְכִי הֲווֹ מַדְלוּ לַהּ – הֲוָה תָּלְחָה וְנָפְלָה תִּילְחֵי תִּילְחֵי, וְטָרֵיפְנָא לַהּ מִדְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ.
La Guemara demande : Qu’est-ce qui est considéré comme de la chair pourrie ? Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, a dit : C’est toute chair dans un état tel que le médecin la gratte et laisse l’animal avec sa chair vive exposée afin qu’elle guérisse. Rav Ashi a dit : Lorsque nous étions dans la maison d’étude de Rav Kahana, on nous apporta un certain poumon qui, lorsqu’on le posait, tenait bien, mais lorsqu’on le soulevait, il se désintégrait et tombait en morceaux. Et nous l’avons jugé tereifa sur la base de la déclaration de Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, selon laquelle on considère la chair pourrie comme si elle n’existait pas. Puisque l’animal serait une tereifa s’il lui manquait le poumon (voir 42a), il est également une tereifa si le poumon est pourri.
רַב נַחְמָן אָמַר: בְּקוֹץ – עַד שֶׁתִּינָּקֵב לֶחָלָל, בִּדְרוּסָה – מִשֶּׁיַּאֲדִים בָּשָׂר כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים. רַב זְבִיד מַתְנֵי הָכִי: בִּדְרוּסָה – מִשֶּׁיַּאֲדִים בָּשָׂר כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים, בְּסִימָנִים – עַד שֶׁיַּאֲדִימוּ סִימָנִים עַצְמָם.
Rav Naḥman a dit : Si un animal a été perforé par une épine, il n’est pas une tereifa tant que la perforation n’atteint pas la cavité du corps. Mais dans le cas d’un animal griffé par une griffe, dès que la chair adjacente aux intestins rougit, il est une tereifa. Rav Zevid avait l’habitude d’enseigner la halakha de cette manière : Dans le cas d’un animal griffé par une griffe, dès que la chair adjacente aux intestins rougit, il est une tereifa ; mais s’il a été griffé dans les simanim, il n’est pas une tereifa à moins que les simanim eux-mêmes ne rougissent. Si seule la chair autour d’eux a rougi, l’animal est casher, car le venin peut ne pas pénétrer dans les simanim eux-mêmes.
אָמַר רַב פַּפִּי, בָּעֵי רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי:
Rav Pappi a dit : Rav Beivai bar Abaye soulève un dilemme :