יֵשׁ דְּרוּסָה לְחָתוּל אוֹ אֵין דְּרוּסָה לְחָתוּל? אֲמַר לֵיהּ: אַף לְחוּלְדָּה יֵשׁ דְּרוּסָה. יֵשׁ דְּרוּסָה לְחוּלְדָּה אוֹ אֵין דְּרוּסָה לְחוּלְדָּה? אֲמַר לֵיהּ: אַף לְחָתוּל אֵין דְּרוּסָה.
Un chat rend-il un animal tereifa par griffure, ou un chat ne le rend-il pas tereifa par griffure ? Rav lui dit : Même une belette, qui est plus petite qu’un chat, rend un animal tereifa par griffure. Rav Kahana lui demanda aussi : Une belette rend-elle un animal tereifa par griffure, ou une belette ne le rend-elle pas tereifa par griffure ? Rav lui dit : Même un chat ne rend pas un animal tereifa par griffure.
לְחָתוּל וּלְחוּלְדָּה, יֵשׁ לָהֶן דְּרוּסָה אוֹ אֵין לָהֶן דְּרוּסָה? אֲמַר לֵיהּ: לְחָתוּל יֵשׁ דְּרוּסָה, לְחוּלְדָּה אֵין דְּרוּסָה.
Rav Kahana lui demanda aussi : En ce qui concerne un chat et une belette, rendent-ils un animal tereifa par griffure, ou ne le rendent-ils pas tereifa par griffure ? Rav lui dit : Un chat rend bien un animal tereifa par griffure, mais une belette ne le rend pas tereifa par griffure.
וְלָא קַשְׁיָא: הָא דַּאֲמַר לֵיהּ ״אַף לְחוּלְדָּה יֵשׁ דְּרוּסָה״ – בְּעוֹפוֹת, הָא דַּאֲמַר לֵיהּ ״אַף לְחָתוּל אֵין דְּרוּסָה״ – בְּאִימְּרֵי רַבְרְבֵי, הָא דַּאֲמַר לֵיהּ ״לְחָתוּל יֵשׁ דְּרוּסָה, לְחוּלְדָּה אֵין דְּרוּסָה״ – בִּגְדָיִים וּטְלָאִים.
La Guemara précise : Et la contradiction apparente entre ces réponses n’est pas difficile. Ce que Rav lui a dit : Même une belette rend un animal tereifa par griffure, a été dit au sujet d’un cas d’oiseaux griffés. Ce qu’il lui a dit : Même un chat ne rend pas un animal tereifa par griffure, a été dit au sujet d’un cas de brebis adultes. Ce que Rav lui a dit : Un chat rend un animal tereifa par griffure, mais une belette ne le rend pas tereifa par griffure, a été dit au sujet d’un cas de chevreaux et d’agneaux.
בָּעֵי רַב אָשֵׁי: שְׁאָר עוֹפוֹת טְמֵאִין, יֵשׁ לָהֶן דְּרוּסָה אוֹ אֵין לָהֶן דְּרוּסָה? אֲמַר לֵיהּ רַב הִלֵּל לְרַב אָשֵׁי: כִּי הֲוֵינַן בֵּי רַב כָּהֲנָא, אֲמַר: שְׁאָר עוֹפוֹת טְמֵאִין יֵשׁ לָהֶן דְּרוּסָה.
§ La michna déclare qu'un petit oiseau griffé par un faucon est une tereifa. Rav Ashi soulève un dilemme : En ce qui concerne d'autres oiseaux non casher en dehors d'un faucon, rendent-ils un oiseau tereifa par griffure, ou ne le rendent-ils pas tereifa par griffure ? Rav Hillel dit à Rav Ashi : Lorsque nous étions dans la maison d'étude de Rav Kahana, il a dit : D'autres oiseaux non casher rendent bien un oiseau tereifa par griffure.
וְהָאֲנַן תְּנַן: ״וּדְרוּסַת הַנֵּץ בְּעוֹף הַדַּק״! דְּרוּסַת הָנֵץ בְּדִכְוָותֵיהּ, וְאִינָךְ בִּדְזוּטְרָא מִינַּיְיהוּ. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: דְּרוּסַת הַנֵּץ בִּדְרַבִּי מִינֵּיהּ, וְאִינָךְ בְּדִכְוָותַיְיהוּ.
La Guemara demande : Mais n’avons-nous pas appris dans la michna : Ou si elle a été griffée par un faucon dans le cas d’un petit oiseau, c’est une tereifa ? Apparemment, seul un faucon rend un petit oiseau tereifa par griffure. La Guemara répond : La michna veut dire qu’un petit oiseau griffé par un faucon devient une tereifa même dans un cas où il est aussi grand que le faucon. Mais ces autres oiseaux non casher ne peuvent rendre un petit oiseau tereifa que dans un cas où il est plus petit qu’eux. Et il y en a qui disent : Un petit oiseau griffé par un faucon devient une tereifa même dans un cas où il est plus grand que le faucon. Mais ces autres oiseaux non casher ne peuvent rendre un petit oiseau tereifa que dans un cas où il est, tout au plus, aussi grand qu’eux.
אָמַר רַב כָּהֲנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי: אֵין דְּרוּסָה לְשׁוּעָל. אִינִי? וְהָא כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: מַעֲשֵׂה וְדָרַס שׁוּעָל רָחֵל בַּמֶּרְחָץ שֶׁל בֵּית הִינֵי, וּבָא מַעֲשֶׂה לִפְנֵי חֲכָמִים, וְאָמְרוּ: יֵשׁ דְּרוּסָה! אָמַר רַב סָפְרָא: הָהִיא חָתוּל הֲוָה.
§ Rav Kahana a dit au nom de Rav Shimi bar Ashi : Un renard ne rend pas un animal tereifa par griffure. La Guemara demande : Est-ce bien le cas ? Pourtant, lorsque Rav Dimi est venu d’Eretz Yisrael en Babylonie, il a dit : Il y eut un incident dans lequel un renard a griffé une brebis dans le bain public de Beit Hini, et l’incident fut porté devant les Sages, et ils dirent : Ceci est un cas de griffure. Rav Safra a dit en réponse : Dans ce cas le prédateur était un chat, et non un renard.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב כָּהֲנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי: יֵשׁ דְּרוּסָה לְשׁוּעָל. אִינִי? וְהָא כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: מַעֲשֶׂה וְדָרַס שׁוּעָל רָחֵל בַּמֶּרְחָץ שֶׁל בֵּית הִינֵי, וּבָא מַעֲשֶׂה לִפְנֵי חֲכָמִים, וְאָמְרוּ: אֵין דְּרוּסָה! אָמַר רַב סָפְרָא: הָהוּא כֶּלֶב הֲוָה. אָמַר רַב יוֹסֵף: נָקְטִינַן אֵין דְּרוּסָה לְכֶלֶב.
Il y a ceux qui disent l’échange ci-dessus autrement : Rav Kahana a dit au nom de Rav Shimi bar Ashi : Un renard rend bien un animal tereifa par griffure. La Guemara demande : Est-ce bien le cas ? Pourtant, lorsque Rav Dimi est venu d’Eretz Yisrael en Babylonie, il a dit : Il y eut un incident dans lequel un renard a griffé une brebis dans le bain public de Beit Hini, et l’incident fut porté devant les Sages, et ils dirent : Ce n’est pas un cas de griffure. Rav Safra a dit en réponse : Dans ce cas, le prédateur était un chien, et non un renard. Et Rav Yosef a dit : Nous avons une tradition selon laquelle un chien ne rend pas un animal tereifa par griffure.
אָמַר אַבָּיֵי: נָקְטִינַן, אֵין דְּרוּסָה אֶלָּא בַּיָּד, לְאַפּוֹקֵי רֶגֶל דְּלָא. אֵין דְּרוּסָה אֶלָּא בְּצִפּוֹרֶן, לְאַפּוֹקֵי שֵׁן דְּלָא. אֵין דְּרוּסָה אֶלָּא מִדַּעַת, לְאַפּוֹקֵי שֶׁלֹּא מִדַּעַת דְּלָא. אֵין דְּרוּסָה אֶלָּא מֵחַיִּים, לְאַפּוֹקֵי לְאַחַר מִיתָה דְּלָא.
§ En ce qui concerne la définition du lacérage qui rend un animal tereifa, Abaye a dit : Nous avons une tradition : le lacérage ne se fait qu’avec la patte avant, à l’exclusion du lacérage avec la patte arrière, qui ne rend pas l’animal tereifa. De plus, le lacérage ne se fait qu’avec la griffe, à l’exclusion de l’attaque avec la dent, qui ne rend pas l’animal tereifa, car les dents ne contiennent pas de venin. Et le lacérage ne se fait que par un acte intentionnel, à l’exclusion d’un acte non intentionnel, qui ne rend pas l’animal tereifa, par exemple si le prédateur est tombé accidentellement sur la proie avec les griffes déployées. Et le lacérage ne se fait que lorsque le prédateur est vivant, à l’exclusion du cas où il a lacéré un animal après sa mort, ce qui ne rend pas l’animal tereifa.
אָמְרִי: הַשְׁתָּא שֶׁלֹּא מִדַּעַת אָמְרַתְּ לָא, לְאַחַר מִיתָה מִיבַּעְיָא? לָא צְרִיכָא, דְּדָרֵיס וּפַסְקוּהָ לִידֵיהּ. מַהוּ דְּתֵימָא: בַּהֲדֵי דְּדָרֵיס שָׁדֵי זִיהֲרֵיהּ, קָא מַשְׁמַע לַן: בַּהֲדֵי דְּשָׁלֵיף שָׁדֵי זִיהֲרֵיהּ.
Les Sages disent : Maintenant que tu as dit qu’un acte non intentionnel de griffure ne rend pas un animal tereifa, est-il nécessaire de dire que griffer après la mort est sans effet ? La Guemara répond : Non, il est nécessaire d’enseigner cette halakha pour un cas où le prédateur a griffé alors qu’il était encore vivant, et on lui a coupé la patte alors que ses griffes étaient encore enfoncées dans la chair de la proie. De peur que tu ne dises : Il injecte son venin lorsqu’il griffe, Abaye nous enseigne qu’il injecte son venin lorsqu’il retire ses griffes. En conséquence, là où le venin n’a pas encore été injecté avant sa mort, c’est-à-dire avant que sa patte ne soit sectionnée, l’animal est casher.
אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמַר רַב: אֲרִי שֶׁנִּכְנַס לְבֵין הַשְּׁוָורִים, וְנִמְצָא צִפּוֹרֶן בְּגַבּוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶן – אֵין חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא אֲרִי דְּרָסוֹ. מַאי טַעְמָא? רוֹב אֲרָיוֹת דּוֹרְסִין וּמִיעוּטָן אֵין דּוֹרְסִין, וְכׇל הַדּוֹרֵס – אֵין צִפׇּרְנוֹ נִשְׁמֶטֶת, וְזֹאת, הוֹאִיל וְצִפּוֹרֶן יוֹשֶׁבֶת לוֹ בְּגַבּוֹ – אֵימַר בַּכּוֹתֶל נִתְחַכֵּךְ.
§ Rabba bar Rav Huna dit que Rav dit : Si un lion est entré parmi les bœufs et que, par la suite, une griffe a été trouvée fichée dans le dos de l’un des bœufs, il n’est pas nécessaire de craindre que peut-être le lion l’ait griffé. Quelle en est la raison ? Bien que la majorité des lions griffent leur proie et que seule une minorité d’entre eux ne griffe pas, on sait néanmoins, à propos de tout lion qui griffe, que sa griffe ne s’arrache pas au cours du processus. Et par conséquent, à propos de ce bœuf, puisqu’une griffe est fichée dans son dos, dis qu’il s’est frotté contre un mur dans lequel une griffe était incrustée.
אַדְּרַבָּה, רוֹב שְׁוָורִים מִתְחַכְּכִין, וּמִיעוּטָן אֵין מִתְחַכְּכִין, וְכׇל הַמִּתְחַכֵּךְ – אֵין צִפּוֹרֶן יוֹשֶׁבֶת לוֹ בְּגַבּוֹ, וְזֶה, הוֹאִיל וְצִפּוֹרֶן יוֹשֶׁבֶת לוֹ בְּגַבּוֹ, אֵימַר אֲרִי דְּרָסוֹ!
La Guemara objecte : Au contraire, dis que bien que la majorité des bœufs se frottent contre le mur et que seule une minorité ne se frotte pas, on sait néanmoins au sujet de tout bœuf qui se frotte qu’une griffe ne reste pas dans son dos. Et, par conséquent, au sujet de ce bœuf, puisqu’une griffe est dans son dos, dis que le lion l’a griffé.
אִיכָּא לְמֵימַר הָכִי, וְאִיכָּא לְמֵימַר הָכִי – אוֹקֵי (מִילְּתָא) [תּוֹרָא] אַחֶזְקֵיהּ, הָוֵה לֵיהּ סְפֵק דְּרוּסָה; וְרַב לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: אֵין חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה.
La Guemara répond : On peut dire ceci, et on peut dire cela. Par conséquent, maintiens la question selon son statut présumé, auquel cas le bœuf n’est pas une tereifa. En conséquence, le bœuf est permis parce que ce cas est un cas d’incertitude quant à savoir si l’animal a été griffé, et Rav est conforme à sa ligne habituelle de raisonnement, comme il dit : Il n’est pas nécessaire de se préoccuper dans un cas d’incertitude quant à savoir si un animal a été griffé.
אָמַר אַבָּיֵי: לָא אֲמַרַן אֶלָּא צִפּוֹרֶן, אֲבָל מְקוֹם צִפּוֹרֶן – חוֹשְׁשִׁין, וְצִפּוֹרֶן נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא לַחָה, אֲבָל יְבֵשָׁה – עָבְדָה דְּמִשְׁתַּמְטָא.
Abaye a dit : Nous avons dit qu’il n’est pas nécessaire de craindre que le lion ait griffé le bœuf seulement lorsque la griffe a été trouvée dans son dos, car il est connu qu’une griffe ne s’arrache pas pendant qu’elle griffe. Mais si seul l’emplacement d’une griffe a été trouvé, c’est-à-dire une perforation, il faut craindre. Et même si la griffe a été trouvée dans son dos, nous avons dit qu’il n’est pas nécessaire de craindre seulement lorsqu’elle était humide, car cela indique qu’elle était bien attachée à la chair. En conséquence, si le lion avait griffé le bœuf, cette griffe n’aurait pas été arrachée. Mais si la griffe était sèche, il faut craindre, parce qu’il arrive qu’une telle griffe soit arrachée pendant qu’elle griffe.
וְלַחָה נָמֵי לָא אֲמַרַן, אֶלָּא חֲדָא, אֲבָל תַּרְתֵּי וּתְלָת – חָיְישִׁינַן, וְהוּא דְּקָיְימָא בְּדָרָא דְּסִיחוּפֵיהּ.
Et en ce qui concerne une griffe humide, nous avons dit qu’il n’y a lieu de s’inquiéter que lorsque une griffe a été trouvée dans son dos. Mais s’il y avait deux ou trois griffes enfoncées dans son dos, il faut s’en inquiéter, car il était peu probable que plusieurs griffes se soient enfoncées dans le mur. Et telle est la halakha seulement lorsqu’elles sont disposées en rangée, comme elles le sont dans la patte de un lion.
אִיתְּמַר: רַב אָמַר: אֵין חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה.
§ Il a été déclaré : Rav dit : Il n’est pas nécessaire de se préoccuper dans un cas d’incertitude quant à savoir si un animal a été griffé. Et Shmuel dit : Il faut se préoccuper dans un cas d’incertitude quant à savoir si un animal a été griffé, et l’animal doit être inspecté.
דְּכוּלֵּי עָלְמָא, סָפֵק עָל, סָפֵק לָא עָל – אֵימָא לָא עָל. סְפֵק כַּלְבָּא, סְפֵק שׁוּנָרָא – אֵימָא כַּלְבָּא. עָל, שְׁתֵיק וְיָתֵיב בֵּינַיְיהוּ – אֵימַר שְׁלָמָא שַׁוִּי. קְטַע רֵישֵׁיהּ דְּחַד מִינַּיְיהוּ – נָח מֵרִיתְחֵיהּ. אִיהוּ קָא מְעַוֵּאי וְאִינְהוּ קָמְקַרְקְרָן – בַּעוֹתֵי קָא מְבַעֲתִי
La Guemara explique : Tout le monde est d’accord que, dans un cas où il est incertain qu’un prédateur soit entré dans l’enclos ou le poulailler et qu’il est incertain qu’il ne soit pas entré, je dirai qu’il n’est pas entré. De plus, s’il est établi qu’un animal est entré mais qu’il est incertain qu’il s’agissait d’un chien et incertain qu’il s’agissait d’un chat, je dirai qu’il s’agissait d’un chien, qui ne peut pas rendre un animal tereifa par griffure. Et même si un prédateur est entré, mais qu’il est resté silencieux et s’est assis parmi les animaux, je dirai qu’il a fait la paix avec eux, comme s’il était apprivoisé, et ne les a pas griffés. Et s’il a décapité l’un d’eux, je dirai que sa colère s’est apaisée ensuite, et qu’il n’a pas griffé les autres animaux. Et si il rugissait et qu’eux gloussaient, je dirai qu’ils ne font que faire peur