וּלְדִידַן מִיסְתָּם נָמֵי לָא סָתֵים.
et pour nous, les habitants de Babylonie, non seulement cela est interdit, mais cela ne scelle pas non plus une perforation ? Il ne se peut pas que cette graisse soit interdite par la loi de la Torah s’ils en permettent la consommation. Bien que nous soyons rigoureux quant à sa consommation, nous pouvons néanmoins soutenir qu’elle scelle effectivement une perforation.
דְּאַקַּשְׁתָּא – כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דַּאֲסִיר, כִּי פְּלִיגִי – דְּאַיִּיתְרָא.
La Guemara explique : la caillette a la forme d’un arc. Le côté tourné vers l’extérieur est courbé comme l’arc lui-même, tandis que le côté tourné vers l’intérieur est plat et droit comme la corde de l’arc. En ce qui concerne la graisse qui se trouve sur l’arc, tout le monde est d’accord, même les habitants d’Eretz Yisrael, qu’elle est interdite à la consommation. Cette graisse, donc, est la ḥimtza, qui ne scelle pas une perforation selon Rav Naḥman. Lorsqu’ils sont en désaccord, c’est au sujet de la graisse qui se trouve sur la corde de l’arc. Les habitants d’Eretz Yisrael l’autorisent à la consommation, tandis que ceux de Babylonie l’interdisent. Selon Rav Naḥman, les habitants de Babylonie devraient concéder que, malgré cela, elle constitue néanmoins un scellement efficace. C’est donc cela, la bar ḥimtza.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, דְּאַיִּיתְרָא – כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי, כִּי פְּלִיגִי – דְּאַקַּשְׁתָּא.
Il y a ceux qui disent qu’en ce qui concerne la graisse qui se trouve sur la corde de l’arc, tous s’accordent à dire qu’elle est permise. C’est donc le bar ḥimtza. Lorsqu’ils sont en désaccord, c’est au sujet de la graisse qui se trouve sur l’arc. Les habitants d’Eretz Yisrael la permettent, mais les habitants de Babylonie l’interdisent. C’est donc le ḥimtza.
כִּי הָא דְּאָמַר רַב אַוְיָא אָמַר רַבִּי אַמֵּי: מְקַמְּצִין, וְכֵן אָמַר רַבִּי יַנַּאי מִשּׁוּם זָקֵן אֶחָד: מְקַמְּצִין. אָמַר רַב אַוְיָא: הֲוָה קָאֵימְנָא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַמֵּי, קְמַצוּ וְהַבוּ לֵיהּ, וַאֲכַל.
La Guemara ajoute : Lorsqu’il a été déclaré que seuls les habitants d’Eretz Yisrael permettent la consommation de la graisse sur la corde de l’arc, cela signifie qu’ils la mangeaient de la manière comme Rav Avya dit que Rabbi Ami dit : On prend une poignée de la graisse qui se trouve au-dessus de la graisse sur la corde de l’arc, car c’est cette graisse qui est interdite par le verset : « Et toute la graisse qui est sur les entrailles » (Lévitique 3:3), et le reste est permis à la consommation. Et ainsi dit Rabbi Yannai, lui aussi habitant d’Eretz Yisrael, au nom d’un certain ancien : On prend une poignée. Rav Avya a dit : Je me tenais devant Rabbi Ami. Les gens là-bas prirent une poignée de la graisse sur la corde de l’arc et la lui donnèrent, la graisse restante, et il en mangea.
שַׁמָּעֵיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא הֲוָה קָאֵי קַמֵּיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא, אֲמַר לֵיהּ: קְמוֹץ, הַב לִי דְּאֵיכוֹל. חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה קָמְחַסֵּם, אֲמַר לֵיהּ: בַּבְלָאָה אַתְּ, גּוֹם שְׁדִי.
La Guemara raconte : Le serviteur de Rabbi Ḥanina se tenait devant Rabbi Ḥanina, un habitant d’Eretz Yisrael. Rabbi Ḥanina lui dit : Prends une poignée de cette graisse sur la corde de l’arc et donne-moi le reste afin que j’en mange. Rabbi Ḥanina vit que le serviteur hésitait, alors il lui dit : Tu es Babylonien et tu considères généralement toute cette graisse comme interdite. Si c’est le cas, coupe toute la graisse et jette-la.
תַּנְיָא: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בְּנֵי מֵעַיִין שֶׁנִּיקְּבוּ, וְלֵיחָה סוֹתַמְתָּן – כְּשֵׁרָה. מַאי לֵיחָה? אָמַר רַב כָּהֲנָא: שִׁירְקָא דִּמְעַיָּיא דְּנָפֵיק אַגַּב דּוּחְקָא.
§ La michna déclare que si les intestins grêles sont perforés, l’animal est une tereifa. À ce sujet, il est enseigné dans une baraita : Rabban Shimon ben Gamliel dit : Si les intestins ont été perforés mais que du mucus scelle les intestins perforés, l’animal est cachère. La Guemara demande : Qu’est-ce que ce mucus ? Rav Kahana a dit : C’est le mucus des intestins qui sort sous pression, lorsqu’on gratte avec un couteau.
גְּמִירִי חַבְרַיָּא דְּרַבִּי אַבָּא מֵרַבִּי אַבָּא, וּמַנּוּ? רַבִּי זֵירָא, וְאָמְרִי לַהּ חַבְרַיָּא דְּרַבִּי זֵירָא מֵרַבִּי זֵירָא, וּמַנּוּ? רַבִּי אַבָּא. אָמַר רַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: הָכִי אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵפָה, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאֵבֶל.
La Guemara rapporte : Les collègues de Rabbi Abba ont appris une tradition de Rabbi Abba. Et qui sont-ils ? L’expression : Collègues de Rabbi Abba, fait référence à Rabbi Zeira. Et certains disent que les collègues de Rabbi Zeira l’ont apprise de Rabbi Zeira. Et qui sont-ils ? Rabbi Abba. Voici la tradition : Rabbi Abba, fils de Rabbi Ḥiyya bar Abba, a dit que c’est ce que dit Rabbi Ḥiyya bar Abba que dit Rabbi Yoḥanan : La halakha est conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel concernant une tereifa, et la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon concernant les halakhot du deuil.
הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵפָה – הָא דַּאֲמַרַן. כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאֵבֶל, מַאי הִיא? דִּתְנַן: כׇּל שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים, בָּא מִמָּקוֹם קָרוֹב – מוֹנֶה עִמָּהֶן.
La Guemara développe : La halakha est conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel concernant une tereifa ; cela est la halakhaque nous avons énoncée plus haut, selon laquelle le mucus forme un sceau efficace dans les intestins. La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon concernant le deuil ; quelle est cette halakha ? Comme nous l’avons appris dans une baraita : Si quelqu’un apprend la mort d’un proche parent après que d’autres parents ont déjà commencé leur période de deuil, la halakha est la suivante : Pendant les trois premiers jours entiers du deuil, si une personne en deuil vient à la maison de deuil d’un endroit proche, elle compte ses jours de deuil avec les autres endeuillés et achève son deuil avec eux.
מִמָּקוֹם רָחוֹק – מוֹנֶה לְעַצְמוֹ. מִכָּאן וְאֵילָךְ, אֲפִילּוּ בָּא מִמָּקוֹם קָרוֹב – מוֹנֶה לְעַצְמוֹ. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֲפִילּוּ בְּיוֹם הַשְּׁבִיעִי, בָּא מִמָּקוֹם קָרוֹב – מוֹנֶה עִמָּהֶן.
La baraita continue : S'il est venu d'un endroit éloigné, il compte sept jours pour lui-même à partir du moment où il a été informé du décès. À partir de ce moment désormais, c'est-à-dire après les trois premiers jours, même s'il vient d'un endroit proche, il compte sept jours pour lui-même. Rabbi Shimon dit : Même le septième jour, si il vient d'un endroit proche, il compte et achève son deuil avec les autres endeuillés.
אָמַר מַאן דְּהוּא: אִיזְכֵּי וְאֶיסַּק וְאֶגְמְרַהּ לִשְׁמַעְתָּא מִפּוּמֵּיהּ דְּמָרַהּ. כִּי סְלֵיק, אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא. אֲמַר לֵיהּ: אֲמַר מָר הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵפָה? אֲמַר לֵיהּ: הָא אֵין הֲלָכָה אֲמַרִי.
Quelqu’un, dont le nom n’a pas été donné, dit : Puissé-je mériter de monter en Eretz Yisrael et d’apprendre cette halakha de la bouche de son Maître. Lorsqu’il monta de Babylonie en Eretz Yisrael, il trouva Rabbi Abba, fils de Rabbi Ḥiyya bar Abba, et lui dit : Est-il vrai que le Maître a dit que la halakha est conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel concernant une tereifa ? Rabbi Abba lui dit : Cela n’est pas vrai. Au contraire, j’ai dit exactement le contraire, à savoir que la halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel, et même si du mucus scelle la perforation de l’intestin, l’animal est une tereifa.
כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאָבֵל, מַאי? אֲמַר לֵיהּ: פְּלוּגָתָא נִינְהוּ, דְּאִיתְּמַר: רַב חִסְדָּא אָמַר הֲלָכָה, וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֲלָכָה, וְרַב נַחְמָן אָמַר אֵין הֲלָכָה.
L’homme anonyme demanda de nouveau à Rabbi Abba : Qu’en est-il de l’autre décision rapportée en ton nom, selon laquelle la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon en matière de deuil ; est-ce exact ? Rabbi Abba lui dit : Il existe des opinions contradictoires à ce sujet, comme il a été déclaré que Rav Ḥisda dit que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, et Rabbi Yoḥanan dit de même : C’est cela la halakha. Mais Rav Naḥman dit : Ce n’est pas la halakha.
וְאֵין הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵפָה, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאֵבֶל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּאֵבֶל.
La Guemara conclut : Et la halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel concernant une tereifa, et la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon concernant le deuil, conformément à la déclaration de Shmuel, qui dit : La halakha est conforme à l’opinion de l’autorité la plus indulgente en matière de deuil.
אָמַר רַב שִׁימִי בַּר חִיָּיא: מַקִּיפִים בִּבְנֵי מֵעַיִים.
§ Rav Shimi bar Ḥiyya dit : Il est permis de comparer des perforations dans les intestins. Si l’on ne sait pas si une perforation s’est produite avant ou après l’abattage rituel, on peut faire une perforation supplémentaire et comparer les deux. Si leur apparence est semblable, on peut conclure que la perforation s’est produite après l’abattage rituel, et l’animal est casher.
הָנְהוּ בְּנֵי מֵעַיִים דַּאֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אַקְּפִינְהוּ וְלָא אִידְּמוֹ. אֲתָא רַב מְשַׁרְשְׁיָא בְּרֵיהּ, מְמַשְׁמֵשׁ בְּהוּ וְאִידְּמוֹ. אֲמַר לֵיהּ: מְנָא לָךְ הָא? אֲמַר לֵיהּ: כַּמָּה יְדֵי מַשְׁמִשׁוּ בְּהָנֵי מִקַּמֵּי דְּלֵיתֵי לְקַמֵּיהּ דְּמָר. אֲמַר לֵיהּ: חַכִּים בְּרִי בִּטְרֵפוֹת כְּרַבִּי יוֹחָנָן.
La Guemara raconte : Il y avait certains intestins perforés qui furent présentés à Rava. Rava fit d’autres perforations et les compara, mais elles n’étaient pas semblables. Rav Mesharshiyya, son fils, vint et frotta les nouvelles perforations, et elles devinrent semblables. Rav Mesharshiyya déclara donc l’animal casher. Rava lui dit : D’où savais-tu faire cela ? Rav Mesharshiyya lui dit : J’ai raisonné ainsi : Combien de mains ont frotté ces perforations antérieures avant qu’elles ne soient présentées au Maître ? J’ai donc pensé que si je manipulais les nouvelles, peut-être paraîtraient-elles semblables. Rava lui dit : Mon fils est aussi sage en matière de tereifot que Rabbi Yoḥanan.
רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר דְאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: מַקִּיפִים בָּרֵיאָה. אָמַר רָבָא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ עֲרוּגָה, אֲבָל מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה – לָא. וְהִלְכְתָא: אֲפִילּוּ מֵעֲרוּגָה לַעֲרוּגָה, מִדַּקָּה לְדַקָּה, וּמִגַּסָּה לְגַסָּה, אֲבָל לֹא מִגַּסָּה לְדַקָּה, וְלֹא מִדַּקָּה לְגַסָּה.
De même, Rabbi Yoḥanan et Rabbi Elazar disent tous deux : On peut comparer des perforations dans le poumon afin de déterminer si elles se sont produites après l’abattage. Rava a dit : Nous avons dit cela seulement lorsque les deux perforations sont du même côté des poumons. Mais on ne peut pas comparer des perforations d’un côté à l’autre côté. La Guemara tranche : Et la halakha est la suivante : On peut comparer même d’un côté à l’autre côté, et même d’un petit animal à un autre petit animal, ou d’un grand animal à un autre grand animal, mais pas d’un grand animal à un petit animal, ni d’un petit animal à un grand animal.
אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: מַקִּיפִין בַּקָּנֶה. אָמַר רַב פָּפָּא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹתָהּ חוּלְיָא, אֲבָל מֵחוּלְיָא לְחוּלְיָא – לָא. וְהִלְכְתָא: אֲפִילּוּ מֵחוּלְיָא לְחוּלְיָא, וּמִבַּר חוּלְיָא לְבַר חוּלְיָא, אֲבָל לָא מֵחוּלְיָא לְבַר חוּלְיָא, וְלָא מִבַּר חוּלְיָא לְחוּלְיָא.
De même, Abaye et Rava disent tous deux : Il est permis de comparer des zones sectionnées ou perforées dans la trachée. Rav Pappa a dit : Nous avons dit cela seulement lorsque les deux zones se trouvent dans le même segment de la trachée. Mais on ne peut pas comparer d’un segment à un autre segment. La Guemara tranche : Et la halakha est la suivante : On peut même comparer d’un segment à un autre segment, et d’un sous-segment, c’est-à-dire un segment fin entre les segments principaux, à un autre sous-segment, mais non d’un segment à un sous-segment, ni d’un sous-segment à un segment.
אָמַר זְעֵירִי: חַלְחוֹלֶת שֶׁנִּיקְּבָה כְּשֵׁרָה, הוֹאִיל וִירֵיכַיִם מַעֲמִידוֹת אוֹתָהּ. וְכַמָּה? אָמַר רַבִּי אִילְעַי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מְקוֹם הַדֶּבֶק – בְּרוּבּוֹ, שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם הַדֶּבֶק – בְּמַשֶּׁהוּ.
§ Ze’eiri dit : Si le rectum a été perforé, l’animal est casher, puisque les hanches le soutiennent et scellent la perforation. Et cela s’applique à quelle mesure du rectum ? Rabbi Ilai dit que Rabbi Yoḥanan dit : Si le rectum a été perforé à l’endroit où il est attaché aux hanches, même s’il a été perforé dans sa majeure partie, l’animal est casher. Si la perforation n’était pas à l’endroit où il est attaché aux hanches, l’animal est une tereifa s’il a été perforé en quelque quantité que ce soit.
אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרָבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן, אָמַר: לָאו מִי אָמֵינָא לְכוּ לָא תִּתְלוֹ בֵּיהּ
Les Sages ont dit cettehalakhadevant Rava au nom de Rav Naḥman. Rava dit à eux : Ne vous ai-je pas dit de ne pas vous appuyer sur Rav Naḥman