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מוּתָּר מִיָּד, מִפְּנֵי שֶׁהֵן מַחְלִיפִין.
cela est permis immédiatement, en raison du fait qu'ils échangent le pain levé interdit en leur possession contre du pain levé permis appartenant à des non-Juifs immédiatement après Pessa'h.
סַבְרוּהָ, הָא מַנִּי? רַבִּי יְהוּדָה הִיא, דְּאָמַר: חָמֵץ אַחַר הַפֶּסַח דְּאוֹרָיְיתָא, וְקָתָנֵי: מִפְּנֵי שֶׁהֵן מַחְלִיפִין, אַלְמָא לָא שָׁבֵיק הֶתֵּירָא וְאָכֵיל אִיסּוּרָא.
Les Sages qui ont cité cette preuve ont supposé que cettebaraita est conforme à l’opinion de qui ? Ils ont supposé qu’elle est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, qui dit : le pain levé qui n’a pas été éliminé avant Pessa'h est interdit après Pessa'h selon la loi de la Torah. La Guemara commente : Et néanmoins, il est enseigné que cela est permis en raison du fait que les transgresseurs échangent leur pain levé contre celui des gentils. Apparemment, même celui qui commet des transgressions ne délaisse pas intentionnellement ce qui est permis pour manger ce qui est interdit, lorsque la nourriture permise est facilement accessible.
מִמַּאי? דִּלְמָא רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר: חָמֵץ אַחַר הַפֶּסַח דְּרַבָּנַן, וְכִי מְקִילִּינַן – בִּדְרַבָּנַן, בִּדְאוֹרָיְיתָא – לָא מְקִילִּינַן!
La Guemara demande : D'où dans la baraita cela peut-il être prouvé ? Peut-être la baraitaest-elle conforme à l'opinion de Rabbi Shimon, qui dit : le pain levé qui n'a pas été éliminé avant Pessa'h est interdit après Pessa'h par la loi rabbinique. Et, en conséquence, lorsque nous sommes indulgents, c'est à l'égard des interdictions de loi rabbinique, tandis que à l'égard des interdictions de la loi de la Torah, par exemple l'interdiction d'une carcasse non abattue rituellement, nous ne sommes pas indulgents.
וְתִיהְוֵי נָמֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן, מִי קָתָנֵי ״שֶׁאֲנִי אוֹמֵר הֶחְלִיפוּ״? מִפְּנֵי שֶׁמַּחְלִיפִין קָתָנֵי, דְּוַדַּאי מַחְלִיפִין. וּמָה בִּדְרַבָּנַן לָא שָׁבֵיק הֶתֵּירָא וְאָכֵיל אִיסּוּרָא, בִּדְאוֹרָיְיתָא לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?
La Guemara répond : Et que la baraitasoit même conforme à l’opinion de Rabbi Shimon. Est-ce que le tannaenseigne : Comme je dis qu’ils ont échangé leur pain levé contre le pain levé d’un non-Juif, ce qui indiquerait qu’il s’agit d’une supposition ? Il enseigne : Du fait que ils échangent, comme un énoncé de fait, car ils échangent certainement. Et si, dans les cas impliquant des interdictions de loi rabbinique, le transgresseur ne délaisse pas intentionnellement le permis pour manger l’interdit, alors dans les interdictions de loi de la Torah, n’est-ce pas à plus forte raison qu’il ne délaisserait pas le permis au profit de l’interdit ?
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ, הַכֹּל שׁוֹחֲטִין, וַאֲפִילּוּ כּוּתִי, וַאֲפִילּוּ עָרֵל, וַאֲפִילּוּ יִשְׂרָאֵל מְשׁוּמָּד. הַאי עָרֵל הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא מֵתוּ אֶחָיו מֵחֲמַת מִילָּה – הַאי יִשְׂרָאֵל מְעַלְּיָא הוּא! אֶלָּא פְּשִׁיטָא מְשׁוּמָּד לַעֲרֵלוּת, וְקָא סָבַר מְשׁוּמָּד לְדָבָר אֶחָד לָא הָוֵי מְשׁוּמָּד לְכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ.
Disons que la baraita suivante appuie l’opinion de Rava : Tous pratiquent l’abattage, même un Samaritain, même un incirconcis, et même un transgresseur juif. La Guemara demande : Cet incirconcis, quelles sont les circonstances ? Si nous disons qu’il s’agit d’un homme incirconcis dont les frères sont morts à cause de la circoncision et que l’on craint qu’il subisse un sort semblable, il est clair qu’il peut pratiquer l’abattage, car c’est un Juif à part entière et nullement un transgresseur. Au contraire, il est évident qu’il est un transgresseur en ce qui concerne le fait de rester incirconcis, puisqu’il refuse d’être circoncis, et le tannamaintient qu’il peut néanmoins abattre un animal, car un transgresseur concernant une seule chose n’est pas un transgresseur à l’égard de toute la Torah.
אֵימָא סֵיפָא, וַאֲפִילּוּ יִשְׂרָאֵל מְשׁוּמָּד. הַאי מְשׁוּמָּד הֵיכִי דָמֵי? אִי מְשׁוּמָּד לְדָבָר אַחֵר – הַיְינוּ מְשׁוּמָּד לַעֲרֵלוּת, אֶלָּא לָאו מְשׁוּמָּד לְאוֹתוֹ דָּבָר, וְכִדְרָבָא.
Dis la clause finale de la baraita : Et même un transgresseur juif. Ce transgresseur, quelles sont les circonstances ? S’il est un transgresseur concernant une autre question que le fait de manger des carcasses d’animaux non abattus rituellement, cela est identique au cas d’un transgresseur à l’égard du fait de rester incirconcis. Au contraire, n’est-ce pas qu’il est un transgresseur concernant cette même question de manger des carcasses non abattues, et la baraita est conforme à l’opinion de Rava, qui a dit que l’on peut même se fier, ab initio, à l’abattage d’un transgresseur juif dont la transgression est qu’il mange des carcasses d’animaux non abattus pour satisfaire son appétit ?
לָא, לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: מְשׁוּמָּד לְאוֹתוֹ דָּבָר לָא, מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דְּדָשׁ בֵּיהּ – כְּהֶתֵּירָא דָּמֵי לֵיהּ. אֶלָּא מְשׁוּמָּד לַעֲבוֹדָה זָרָה, וְכִדְרַב עָנָן, דְּאָמַר רַב עָנָן אָמַר שְׁמוּאֵל: יִשְׂרָאֵל מְשׁוּמָּד לַעֲבוֹדָה זָרָה מוּתָּר לֶאֱכוֹל מִשְּׁחִיטָתוֹ.
La Guemara rejette cette preuve : Non, en réalité je te dirai : l’abattage rituel d’un transgresseur concernant la même question n’est pas valide. Quelle en est la raison ? C’est que, puisqu’il s’est habitué à commettre cette transgression, c’est comme un acte permis pour lui, et l’on craint qu’il ne fasse pas du tout attention à abattre l’animal correctement. Au contraire, le transgresseur mentionné dans la baraita est un transgresseur à l’égard de l’idolâtrie, et cela est conforme à l’opinion de Rav Anan, car Rav Anan dit que Shmuel dit : En ce qui concerne un Juif qui est un transgresseur à l’égard de l’idolâtrie, il est permis de manger de ce qu’il abat rituellement.
גּוּפָא, אָמַר רַב עָנָן אָמַר שְׁמוּאֵל: יִשְׂרָאֵל מְשׁוּמָּד לַעֲבוֹדָה זָרָה מוּתָּר לֶאֱכוֹל מִשְּׁחִיטָתוֹ, שֶׁכֵּן מָצִינוּ בִּיהוֹשָׁפָט מֶלֶךְ יְהוּדָה שֶׁנֶּהֱנָה מִסְּעוּדַת אַחְאָב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּזְבַּח לוֹ אַחְאָב צֹאן וּבָקָר לָרֹב וְלָעָם אֲשֶׁר עִמּוֹ וַיְסִיתֵהוּ לַעֲלוֹת אֶל רָמַת גִּלְעָד״.
§ La Guemara analyse l'affaire elle-même : Rav Anan dit que Shmuel dit : En ce qui concerne un Juif qui est un transgresseur en matière d'idolâtrie, il est permis de manger de ce qu'il abat, comme nous le trouvons au sujet de Josaphat, roi de Juda, qui prit part au festin préparé par Achab, roi d'Israël, qui était un transgresseur en matière d'idolâtrie, comme il est dit : « Et Achab sacrifia pour lui des brebis et du gros bétail en abondance, ainsi que pour le peuple qui était avec lui, et l'incita à monter avec lui à Ramoth-Galaad » (II Chroniques 18:2).
וְדִלְמָא מִיזְבָּח זְבַח, מֵיכַל לָא אֲכַל! ״וַיְסִיתֵהוּ״ כְּתִיב, וְדִלְמָא בִּדְבָרִים, אֵין הֲסָתָה בִּדְבָרִים.
La Guemara soulève une objection : Et peut-être Achab a abattu les animaux, mais Josaphat n’a pas mangé de la viande de ces animaux. La Guemara explique : Il est écrit : « Et il l’incita », ce qui indique qu’il y avait un élément de persuasion impliquant vraisemblablement de la nourriture. La Guemara conteste cette explication : Et peut-être Achab l’a incité par ses paroles. La Guemara répond : Il n’y a pas d’incitation par des paroles.
וְלָא? וְהָכְתִיב: ״כִּי יְסִיתְךָ אָחִיךָ״! בַּאֲכִילָה וּבִשְׁתִיָּה, וְהָכְתִיב: ״וַתְּסִיתֵנִי בוֹ לְבַלְּעוֹ חִנָּם״! לְמַעְלָה שָׁאנֵי.
La Guemara demande : Et n’y a-t-il pas d’incitation par des paroles ? Mais n’est-il pas écrit : « Si ton frère… t’incite en secret, en disant : Allons servir d’autres dieux » (Deutéronome 13:7) ? La Guemara répond : Là aussi, l’incitation se fait par la nourriture et par la boisson. La Guemara demande : Mais n’est-il pas écrit que Dieu dit à Satan, qui accusa Job : « Et tu M’as incité contre lui, pour le détruire gratuitement » (Job 2:3) ? Il est clair que Satan n’a pas incité Dieu avec de la nourriture et de la boisson. La Guemara répond : L’incitation contre le Très-Haut est différente, car le terme y est employé métaphoriquement. En revanche, l’incitation à l’égard des gens implique nourriture et boisson.
וְדִלְמָא מִשְׁתָּא אִשְׁתִּי, מֵיכַל לָא אֲכַל? מַאי שְׁנָא שְׁתִיָּה – דְּאָמְרִינַן: מְשׁוּמָּד לַעֲבוֹדָה זָרָה לָא הָוֵי מְשׁוּמָּד לְכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, אֲכִילָה נָמֵי – מְשׁוּמָּד לַעֲבוֹדָה זָרָה לָא הָוֵי מְשׁוּמָּד לְכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ.
La Guemara objecte : Et peut-être Josaphat a-t-il bu au festin mais n’a pas mangé. La Guemara répond : Quelle différence y a-t-il dans le fait de boire du vin avec Achab pour que cela soit permis ? Cela serait permis parce que nous disons : Un transgresseur en matière d’idolâtrie n’est pas considéré comme un transgresseur à l’égard de toute la Torah, et par conséquent son vin n’est pas interdit. En ce qui concerne le fait de manger la nourriture d’un transgresseur aussi, un transgresseur en matière d’idolâtrie n’est pas considéré comme un transgresseur à l’égard de toute la Torah. Par conséquent, la viande d’un animal qu’il abat n’est pas interdite.
הָכִי הַשְׁתָּא? שְׁתִיָּה – סְתָם יֵינָן הוּא, וַעֲדַיִין לֹא נֶאֱסַר יֵינָן שֶׁל גּוֹיִם, אֲבָל אֲכִילָה – אֵימָא לָךְ: מְשׁוּמָּד לַעֲבוֹדָה זָרָה הֲוֵי מְשׁוּמָּד לְכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ.
La Guemara demande : Comment peut-on comparer ces cas ? En ce qui concerne le fait de boire, le vin d’Achab est considéré comme du vin ordinaire de non-Juifs, et le vin ordinaire des non-Juifs n’avait pas encore été interdit, car les Sages n’ont promulgué ce décret que plusieurs générations plus tard. Il était donc permis à Josaphat de boire le vin d’Achab. Mais en ce qui concerne le fait de manger, je te dirai ceci : un transgresseur en matière d’idolâtrie est considéré comme un transgresseur à l’égard de toute la Torah. Il était donc interdit à Josaphat de manger la viande des animaux abattus par Achab.
אִיבָּעֵית אֵימָא: לָאו אוֹרְחֵיהּ דְּמַלְכָּא מִשְׁתְּיָא בְּלָא מֵיכְלָא, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: ״וַיִּזְבַּח … וַיְסִיתֵהוּ״ כְּתִיב, בַּמָּה הֱסִיתוֹ – בִּזְבִיחָה.
La Guemara répond : Si tu veux, dis : Il est clair que Josaphat a mangé au festin, car il n’est pas d’usage pour un roi de boire du vin sans manger. Et si tu veux, dis plutôt : « Et Achab abattit pour lui des brebis et du gros bétail en abondance, ainsi que pour le peuple qui était avec lui, et l’incita », est-il écrit, ce qui indique : Avec quoi Achab a-t-il incité Josaphat ? C’était par l’abattage d’un animal. Apparemment, il est permis de manger d’un animal abattu par un transgresseur en ce qui concerne l’idolâtrie.
וְדִלְמָא עוֹבַדְיָה זְבַח? ״לָרוֹב״ כְּתִיב, עוֹבַדְיָה לָא הֲוָה סָפֵיק.
La Guemara suggère : Et peut-être Abdias, qui était l’intendant de la maison d’Achab et un homme juste, a abattu les animaux. La Guemara rejette cette suggestion : « En abondance » est écrit, et Abdias n’aurait pas réussi à abattre tous les animaux tout seul.
וְדִלְמָא שִׁבְעַת אֲלָפִים זְבוּח, דִּכְתִיב: ״וְהִשְׁאַרְתִּי בְיִשְׂרָאֵל שִׁבְעַת אֲלָפִים כׇּל הַבִּרְכַּיִם אֲשֶׁר לֹא כָרְעוּ לַבַּעַל וְגוֹ׳״, טַמּוֹרֵי הֲווֹ מִיטַּמְּרִי מֵאִיזֶבֶל.
La Guemara suggère : Et peut-être les sept mille justes ont abattu les animaux, comme il est écrit : « Et Je laisserai en Israël sept mille, tous les genoux qui ne se sont pas fléchis devant Baal, et toute bouche qui ne l’a pas embrassé » (I Rois 19:18). La Guemara rejette cette suggestion : Ils se cachaient de Jézabel, l’épouse d’Achab, et ne seraient pas allés au palais pour abattre des animaux pour le festin.
וְדִלְמָא גַּבְרֵי דְאַחְאָב הֲווֹ מְעַלּוּ? לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״מֹשֵׁל מַקְשִׁיב עַל דְּבַר שָׁקֶר כׇּל מְשָׁרְתָיו רְשָׁעִים״.
La Guemara suggère : Et peut-être que, bien qu’Achab fût un idolâtre, les hommes au service d’Achab étaient des gens droits, non idolâtres, et qu’ils ont abattu les animaux. La Guemara rejette cette suggestion : Cette possibilité ne doit pas vous venir à l’esprit, comme il est écrit : « Si un dirigeant prête l’oreille au mensonge, tous ses serviteurs sont méchants » (Proverbes 29:12).
וְדִלְמָא גַּבְרֵי דִּיהוֹשָׁפָט נָמֵי לָא הֲווֹ מְעַלּוּ, זְבוּח גַּבְרֵי דְּאַחְאָב אֲכוּל גַּבְרֵי דִּיהוֹשָׁפָט, זְבוּח עוֹבַדְיָה אֲכַל יְהוֹשָׁפָט.
La Guemara suggère : Et peut-être les hommes au service de Josaphat n’étaient-ils pas non plus intègres, et les animaux que les hommes au service d’Achab ont abattus, les hommes au service de Josaphat les ont mangés, et les animaux qu’Obadia a abattus, Josaphat les a mangés.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, מִדְּ״מוֹשֵׁל מַקְשִׁיב עַל דְּבַר שָׁקֶר כׇּל מְשָׁרְתָיו רְשָׁעִים״, הָא לִדְבַר אֱמֶת – מְשָׁרְתָיו צַדִּיקִים.
La Guemara rejette cette suggestion : Cette possibilité ne doit pas te venir à l’esprit ; du fait qu’il est écrit : « Si un dirigeant prête l’oreille à des paroles mensongères, tous ses serviteurs sont méchants, » on peut en déduire que, si un dirigeant prête l’oreille à des paroles de vérité, tous ses serviteurs sont justes.
וְדִלְמָא זְבוּח גַּבְרֵי דְּאַחְאָב אֲכַל אַחְאָב וְגַבְרֵיהּ, זְבוּח גַּבְרֵי דִּיהוֹשָׁפָט אֲכַל יְהוֹשָׁפָט וְגַבְרֵיהּ?
La Guemara suggère : Et peut-être les animaux que les hommes au service d’Achab ont abattus, Achab et ses hommes les ont mangés, et les animaux que les hommes au service de Josaphat ont abattus, Josaphat et ses hommes les ont mangés.

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