שַׁלְפּוּחִית שֶׁלָּהּ – כְּשֵׁרָה. הִתְלִיעַ כָּבֵד שֶׁלָּהּ – זֶה הָיָה מַעֲשֶׂה, וְעָלוּ עָלֶיהָ בְּנֵי עַסְיָא שְׁלֹשָׁה רְגָלִים לְיַבְנֶה, לְרֶגֶל שְׁלִישִׁי הִתִּירוּהָ לָהֶם.
Si son utérus a été retiré, l’animal est casher. Si son foie a été infesté par des vers, à ce sujet il y eut un incident, et les habitants d’Asie Mineure montèrent à trois reprises au grand Sanhédrin de Yavne pour s’enquérir de la halakha. Lors des deux premières fois, ils ne reçurent pas de réponse ; à la troisième fois, après délibération du Sanhédrin, ils leur permirent l’animal .
אָמַר רַב יוֹסֵף בַּר מִנְיוֹמֵי אָמַר רַב נַחְמָן: רֵיאָה הַסְּמוּכָה לַדּוֹפֶן – אֵין חוֹשְׁשִׁין לָהּ, הֶעֶלְתָה צְמָחִים – חוֹשְׁשִׁין לָהּ. מָר יְהוּדָה מִשְּׁמֵיהּ דַּאֲבִימִי אָמַר: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה – חוֹשְׁשִׁין לָהּ.
§ Rav Yosef bar Minyumi dit que Rav Naḥman dit : En ce qui concerne un poumon adjacent, c’est-à-dire attaché, aux côtes dans la paroi thoracique, il n’est pas nécessaire de se préoccuper de la possibilité qu’il se soit attaché à la suite d’une perforation du poumon plutôt que d’une blessure quelconque à la paroi thoracique. Mais si des kystes remplis de pus ont poussé sur le poumon lui-même dans la zone de son attache à la paroi thoracique, il faut se préoccuper de la possibilité qu’il ait été perforé, et que cela ait donné naissance aux kystes. Mar Yehuda dit au nom d’Avimi : Dans ce cas comme dans cet autre cas, qu’il y ait ou non des kystes sur le poumon, il faut se préoccuper de la possibilité que le poumon ait été perforé.
הֵיכִי עָבְדִינַן? אָמַר רָבָא: רָבִין בַּר שְׁבָא אַסְבְּרַהּ לִי, מַיְיתִינַן סַכִּינָא דַּחֲלִישׁ פּוּמֵּיהּ וּמְפָרְקִינַן לַהּ; אִי אִיכָּא רֵיעוּתָא בְּדוֹפֶן – תָּלֵינַן בָּתַר דּוֹפֶן, וְאִי לָא – מֵחֲמַת רֵיאָה הִיא, וּטְרֵפָה, וְאַף עַל גַּב דְּלָא קָא מַפְּקָא זִיקָא.
La Guemara demande : Comment procédons-nous à un examen pour déterminer si la lésion se trouve dans la paroi thoracique ou dans le poumon ? Rava a dit : Ravin bar Sheva m’a expliqué la procédure : nous apportons un couteau dont le tranchant est aiguisé et fin, et nous séparons le poumon de la paroi thoracique. S’il y a un défaut, une blessure ou une maladie, dans la paroi thoracique, nous attribuons l’adhérence au défaut de la paroi thoracique. Et sinon, nous présumons que l’adhérence est due à un défaut dans le poumon, et l’animal est une tereifa. Et telle est la halakhamême si le poumon n’expulse pas d’air lorsqu’on le gonfle, car on suppose qu’une croûte a recouvert la perforation, et une croûte n’empêche pas que l’animal soit considéré comme une tereifa.
רַב נְחֶמְיָה בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף בָּדֵיק לַהּ בְּפָשׁוֹרֵי. אֲמַר לֵיהּ מָר זוּטְרָא בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב פַּפֵּי לְרָבִינָא: הָא דְּרַב נְחֶמְיָה בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף, אַתּוּן אַהָא מַתְנִיתוּ לַהּ, אֲנַן אַדְּרָבָא מַתְנֵינַן לַהּ, דְּאָמַר רָבָא: הָנֵי תַּרְתֵּי אוּנֵּי דְּרֵיאָה דִּסְרִיכָן לַהֲדָדֵי לֵית לְהוּ בְּדִיקוּתָא לְאַכְשׁוֹרֵי. רַב נְחֶמְיָה בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף בָּדֵיק לַהּ בְּפָשׁוֹרֵי.
La Guemara rapporte que Rav Neḥemya, fils de Rav Yosef, examina un tel poumon en le gonflant dans de l’eau tiède pour voir si des bulles apparaîtraient. Mar Zutra, fils de Rav Huna, fils de Rav Pappi, dit à Ravina : Concernant cet épisode de Rav Neḥemya, fils de Rav Yosef, vous l’enseignez comme portant sur ce cas d’un poumon attaché à la paroi thoracique. Mais nous l’enseignons comme portant sur le cas de Rava, comme Rava le dit : Ces deux lobes du poumon qui adhèrent l’un à l’autre n’ont aucun moyen d’inspection pour les déclarer casher. Pourtant, Rav Neḥemya, fils de Rav Yosef, examina un tel poumon en le gonflant dans de l’eau tiède. Si aucune bulle n’apparaissait, il déclarait le poumon casher.
מַתְקֵיף לַהּ רַב אָשֵׁי: הַאי מַאי? בִּשְׁלָמָא הָכָא תָּלֵינַן בְּדוֹפֶן, וּכְשֵׁרָה, אֲבָל הָתָם – אִי הַאי נְקִיב – טְרֵפָה, וְאִי הַאי נְקִיב – טְרֵפָה.
Rav Ashi objecte à cela : Qu’est-ce que c’est ? Comment un animal dont les lobes du poumon ont adhéré l’un à l’autre peut-il être permis au moyen d’une telle inspection ? Certes, ici, dans le cas d’un poumon attaché à la paroi thoracique, nous attribuons l’adhérence à une lésion de la paroi thoracique plutôt que du poumon, et l’animal est casher. Mais là-bas, dans le cas d’une adhérence entre deux lobes, que peut-on dire ? Si ce lobe a été perforé, l’animal est une tereifa, et si cet autre lobe a été perforé, l’animal est une tereifa. Même si une croûte recouvre la perforation et empêche l’apparition de bulles, l’animal reste une tereifa.
וּמִי אָמַר רַב נַחְמָן הָכִי? וְהָאָמַר רַב יוֹסֵף בַּר מִנְיוֹמֵי אָמַר רַב נַחְמָן: רֵיאָה שֶׁנִּקְּבָה וְדוֹפֶן סוֹתַמְתָּהּ – כְּשֵׁרָה! לָא קַשְׁיָא, הָתָם בִּמְקוֹם רְבִיתָא, הָכָא שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם רְבִיתָא.
Rav Naḥman a déclaré que, s’il y a des kystes sur le poumon dans la zone de son attache à la paroi thoracique, il faut craindre la possibilité que le poumon ait été perforé. Il est donc évident que, si le poumon a été perforé, l’animal est une tereifa. La Guemara demande : Et Rav Naḥman a-t-il vraiment dit cela ? Mais Rav Yosef bar Minyumi ne dit-il pas que Rav Naḥman dit : Si le poumon a été perforé mais que la paroi thoracique scelle la perforation, l’animal est casher ? La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Là-bas, Rav Naḥman parle d’un poumon attaché à la paroi thoracique à l’endroit où il croît [revita] naturellement. Dans ce cas, si la paroi thoracique scelle la perforation, elle restera scellée, et l’animal peut vivre. Mais ici, Rav Naḥman parle d’un poumon attaché à la paroi thoracique pas à l’endroit où il croît.
וְהֵיכָא מְקוֹם רְבִיתָא? חִיתּוּכֵי דְּאוּנֵּי.
La Guemara précise : Et où est l’endroit où cela pousse ? C’est la zone de la séparation des lobes, c’est-à-dire la partie avant du poumon où les lobes sont adjacents à la paroi thoracique de tous les côtés.
גּוּפָא, אָמַר רַב יוֹסֵף בַּר מִנְיוֹמֵי אָמַר רַב נַחְמָן: רֵיאָה שֶׁנִּקְּבָה וְדוֹפֶן סוֹתַמְתָּהּ – כְּשֵׁרָה. אָמַר רָבִינָא: וְהוּא דִּסְבִיךְ בְּבִשְׂרָא. אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף לְרָבִינָא: וְאִי לָא סְבִיךְ מַאי? טְרֵפָה, אַלְמָא אָמְרִינַן נְקוּבָה הִיא. אִי הָכִי, כִּי סְבִיךְ נָמֵי!
§ Puisque la Guemara a cité la déclaration de Rav Naḥman, la Guemara se tourne vers la question elle-même : Rav Yosef bar Minyumi dit que Rav Naḥman dit : Si le poumon a été perforé mais que la paroi thoracique a scellé la perforation, l’animal est casher. À propos de cette déclaration, Ravina a dit : Et ceci n’est la halakha que lorsque le poumon est emmêlé dans la chair de la paroi thoracique, entre les côtes. Rav Yosef dit à Ravina : Et si il n’est pas emmêlé, quelle est la halakha ? L’animal est une tereifa. De toute évidence, nous disons que le poumon est perforé. Mais si c’est le cas, même lorsqu’il est emmêlé, il devrait aussi être considéré comme une tereifa.
דְּהָא תַּנְיָא: נִיקַּב – פָּסוּל, מִפְּנֵי שֶׁהוּא שׁוֹתֵת; נִסְתַּם – כָּשֵׁר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מוֹלִיד, וְזֶהוּ פְּסוּל שֶׁחוֹזֵר לְהֶכְשֵׁירוֹ. וְזֶהוּ לְמַעוֹטֵי מַאי? לָאו לְמַעוֹטֵי כְּהַאי גַוְונָא.
N’est-il pas enseigné dans une baraita : Si le pénis d’un homme a été perforé, il est inapte à épouser une femme juive de lignée appropriée, parce que sa semence est émise faiblement et il ne peut pas procréer, conformément au verset : « Celui dont les parties intimes sont écrasées ou mutilées n’entrera pas dans l’assemblée du Seigneur » (Deutéronome 23:2). Mais si la perforation a été ensuite obturée par de la chair, il est apte, parce que maintenant il peut procréer. Et ceci est un cas de quelqu’un qui était inapte et qui revient à son état antérieur d’aptitude. Rav Yosef poursuit : Lorsque la baraita déclare : Et ceci est, qu’est-ce que cela vient exclure ? Cela ne vient-il pas exclure un cas comme celui-ci, où le poumon a été perforé puis obturé par la paroi thoracique, auquel cas l’animal ne redeviendrait pas casher ?
לָא, לְמַעוֹטֵי קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בָּרֵיאָה, דְּאֵינוֹ קְרוּם.
La Guemara répond : Non, l’expression sert à exclure une membrane apparue à cause d’une blessure au poumon, qui n’est pas considérée comme une membrane pouvant sceller une perforation, car elle est temporaire. En revanche, la chair de la paroi thoracique est considérée comme un scellement permanent sur les poumons et rend l’animal casher.
מַתְקֵיף לַהּ רַב עוּקְבָא בַּר חָמָא: אִילּוּ אִינְּקִיב דּוֹפֶן לַהֲדַהּ, מַאי? טְרֵפָה! לִיתְנֵי נְקוּבַת הַדּוֹפֶן!
Rav Ukva bar Ḥama objecte à la décision de Rav Naḥman selon laquelle, si un poumon a été perforé mais que la paroi thoracique a scellé la perforation, l’animal est casher : Si la chair de la paroi thoracique a été perforée en face de la perforation du poumon, quelle serait la halakha ? L’animal serait une tereifa, puisque l’air peut désormais s’échapper du poumon. Il est donc évident que la question de savoir si l’animal est permis dépend de l’état de la paroi thoracique. Si tel est le cas, que la michna enseigne, en plus de la liste donnée des tereifot : un animal dont la paroi thoracique a été perforée.
וְלִיטַעְמָיךְ, הָא דְּאָמַר רַב יִצְחָק בַּר יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מָרָה שֶׁנִּיקְּבָה וְכָבֵד סוֹתַמְתָּהּ – כְּשֵׁרָה, אִילּוּ אִינְּקִיב כָּבֵד לַהֲדַהּ, מַאי? טְרֵפָה! לִיתְנֵי: נְקוּבַת הַכָּבֵד.
La Guemara répond : Et selon ton raisonnement, on peut aussi demander : La michna enseigne que si la vésicule biliaire a été perforée, l’animal est une tereifa. Ce que Rav Yitzḥak bar Yosef dit, à savoir que Rabbi Yoḥanan dit à ce sujet que si la vésicule biliaire a été perforée mais que le foie a scellé la perforation, l’animal est cachère, est difficile. Si le foie avait été perforé en face de la perforation de la vésicule biliaire, quelle serait la halakha ? L’animal serait une tereifa. Si tel est le cas, que la michna aussi enseigne : Un animal dont le foie a été perforé.
אֶלָּא, כִּי נִיקְּבָה דְּלָאו מִינֵּיהּ מִיטַּרְפָא – לָא קָתָנֵי; הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן דְּלָאו מִינֵּיהּ מִיטַּרְפָא – לָא קָתָנֵי.
Au contraire, il faut dire que la michna n’enseigne pas les cas où l’organe perforé n’est pas celui par lequel l’animal devient une tereifa. Ici aussi, dans le cas d’un poumon scellé par la paroi thoracique, puisque l’organe perforé, c’est-à-dire la paroi thoracique, n’est pas celui par lequel l’animal devient une tereifa, la michna n’enseigne pas cela.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבָּה בַּר בַּר חָנָה מִשְּׁמוּאֵל: הֶעֶלְתָה צְמָחִין, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: כְּשֵׁרָה. אֲמַר לֵיהּ: אַף אֲנִי אוֹמֵר כֵּן, אֶלָּא שֶׁהַתַּלְמִידִים מִזְדַּנְּזִין בַּדָּבָר, דְּאָמַר רַב מַתְנָא: מַלְיָא מוּגְלָא – טְרֵפָה, מַיִם זַכִּים – כְּשֵׁרָה. אֲמַר לֵיהּ: הָהִיא בְּכוּלְיָא אִתְּמַר.
§ Rabba bar bar Ḥana demanda à Shmuel : Si le poumon a développé des kystes remplis de pus, quelle est la halakha ? Shmuel lui dit : L’animal est casher. Rabba bar bar Ḥana lui répondit : Moi aussi, je dis ainsi, que l’animal est casher, sauf que les élèves ont un doute à ce sujet, comme le dit Rav Mattana : Si le kyste était rempli de pus, l’animal est une tereifa ; s’il était rempli de liquide clair, il est casher. Shmuel lui dit : Cette halakha de Rav Mattana a été énoncée au sujet d’un kyste sur le rein, et non sur le poumon.
רַבִּי יִצְחָק בַּר יוֹסֵף הֲוָה קָאָזֵיל בָּתְרֵיהּ דְּרַבִּי יִרְמְיָה בְּשׁוּקָא דְּטַבָּחֵי, חֲזָנְהוּ לְהָנָךְ דְּקָיְימִין צִמְחֵי צִמְחֵי. אֲמַר לֵיהּ: לָא בָּעֵי מָר אוּמְצָא? אֲמַר לֵיהּ: לֵית לִי פְּרִיטֵי. אֲמַר לֵיהּ: אַקְּפַן אֲנָא. אֲמַר לֵיהּ: מָה אֶעֱבֵיד לָךְ, דְּכִי אָתוּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן מְשַׁדַּר לְהוּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּמוֹרֵי בַּהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן לְהֶיתֵּירָא, וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ.
La Guemara rapporte que Rabbi Yitzḥak bar Yosef marchait derrière Rabbi Yirmeya au marché des bouchers. Il vit ces poumons qui étaient remplis de kystes, et il voulut déterminer la halakha à leur sujet. Il dit à Rabbi Yirmeya : Le Maître ne désire-t-il pas un morceau de viande ? Si oui, la viande de ces animaux est en vente. Rabbi Yirmeya, ne voulant pas rendre de décision au sujet de cette viande, lui dit : Je n’ai pas d’argent. Rabbi Yitzḥak bar Yosef lui dit : Je les achèterai pour toi à crédit. Rabbi Yirmeya comprit qu’il ne pouvait pas éviter de rendre une décision, alors il lui dit : Que puis-je faire pour toi ? Car lorsque des gens venaient devant Rabbi Yoḥanan avec de tels poumons, il les envoyait devant Rabbi Yehuda, fils de Rabbi Shimon, qui les instruisait dans de tels cas au nom de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, de permettre la viande à la consommation. Mais Rabbi Yoḥanan lui-même n’est pas de cet avis, et ne permet pas la viande. J’agis avec rigueur conformément à son opinion.
אָמַר רָבָא: כִּי הֲוָה מְסַגֵּינַן בָּתְרֵיהּ דְּרַב נַחְמָן בְּשׁוּקָא
Rava a dit : Lorsque nous marchions derrière Rav Naḥman au marché