אֲבָל אַגַּבַּהּ, אֲפִילּוּ כְּטַרְפָּא דְאָסָא – טְרֵפָה.
Mais si c’est à l’arrière du poumon, même si c’est aussi petit qu’une feuille de myrte, l’animal est une tereifa.
אָמַר רַפְרָם: הַאי רֵיאָה דְּדָמְיָא לְאוּפְתָּא – טְרֵפָה. אִיכָּא דְּאָמְרִי בַּחֲזוּתָא, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי בְּגִישְׁתָּא. אִיכָּא דְּאָמְרִי דִּנְפִיחָה, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי דִּפְחִיזָא, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי דְּשִׁיעָא, דְּלֵית לַהּ חִיתּוּכָא דְאוּנֵּי.
§ Rafram dit : Ce poumon, qui ressemble à un éclat de bois, rend l’animal une tereifa. Il y a ceux qui disent que la ressemblance réside dans son apparence, c’est-à-dire s’il est pâle comme le bois. Et il y a ceux qui disent qu’elle réside dans son toucher, c’est-à-dire s’il est dur comme le bois. Il y a ceux qui disent qu’il est gonflé. Et il y a ceux qui disent qu’il est léger. Et il y a ceux qui disent qu’il est entièrement lisse, sans division en lobes.
אָמַר רָבָא: כְּכוּחְלָא – כְּשֵׁרָה, כִּדְיוֹתָא – טְרֵפָה, דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: שָׁחוֹר אָדוֹם הוּא, אֶלָּא שֶׁלָּקָה.
§ Rava dit : Si le poumon a pris une couleur sombre comme du fard à paupières, l’animal est casher. Si sa couleur est noire comme de l’encre, l’animal est une tereifa. Comme le dit Rabbi Ḥanina : Le sang menstruel qui paraît noir est en réalité rouge, sauf qu’il s’est altéré. La couleur noire est donc un signe d’altération, et l’on présume que le poumon est défectueux.
יְרוּקָּה – כְּשֵׁרָה, מִדְּרַבִּי נָתָן. אֲדוּמָּה – כְּשֵׁרָה, מִדְּרַבִּי נָתָן. דְּתַנְיָא: רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: פַּעַם אַחַת הָלַכְתִּי לִכְרַכֵּי הַיָּם, בָּאתָה אִשָּׁה אַחַת לְפָנַי שֶׁמָּלָה בְּנָהּ רִאשׁוֹן וָמֵת, שֵׁנִי וָמֵת, שְׁלִישִׁי – הֱבִיאַתּוּ לְפָנַי. רְאִיתִיו שֶׁהָיָה אָדוֹם, אָמַרְתִּי לָהּ: בִּתִּי, הַמְתִּינִי לוֹ עַד שֶׁיִּבָּלַע בּוֹ דָּמוֹ. הִמְתִּינָה לוֹ וּמָלָה אוֹתוֹ וְחָיָה, וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ נָתָן הַבַּבְלִי עַל שְׁמִי.
La Guemara continue : Si le poumon était vert, l’animal est casher, comme on peut le déduire de l’épisode de Rabbi Natan. Et s’il était rouge, il est casher, comme on peut le déduire de l’épisode de Rabbi Natan. Comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Natan dit : Une fois, je suis allé dans les villes d’outre-mer, où une femme se présenta devant moi ; elle avait circoncis son premier fils et il mourut, puis elle circoncit son deuxième fils et il mourut, et, craignant que la circoncision de son troisième fils ne cause également sa mort, elle me l’amena. Je vis qu’il était rouge, alors je lui dis : Ma fille, attends pour lui jusqu’à ce que son sang soit absorbé en lui. Elle attendit jusqu’à ce que son sang soit absorbé en lui puis le circoncit, et il survécut. Et on l’appelait Natan le Babylonien d’après mon nom. Cet incident indique qu’un poumon rouge peut guérir.
וְשׁוּב פַּעַם אַחַת הָלַכְתִּי לִמְדִינַת קַפּוֹטְקְיָא, בָּאתָה אִשָּׁה לְפָנַי, שֶׁמָּלָה בְּנָהּ רִאשׁוֹן וָמֵת, שֵׁנִי וָמֵת, שְׁלִישִׁי הֱבִיאַתּוּ לְפָנַי, רְאִיתִיו שֶׁהָיָה יָרוֹק, הֵצַצְתִּי בּוֹ וְלֹא הָיָה בּוֹ דַּם בְּרִית, אָמַרְתִּי לָהּ: בִּתִּי, הַמְתִּינִי לוֹ עַד שֶׁיִּפּוֹל בּוֹ דָּמוֹ, הִמְתִּינָה לוֹ וּמָלָה אוֹתוֹ וְחָיָה, וְהָיוּ קוֹרִין אוֹתוֹ נָתָן הַבַּבְלִי עַל שְׁמִי.
Rabbi Natan raconta en outre : Et à une autre occasion, je suis allé dans la province de Cappadoce, et une femme se présenta devant moi ; elle avait circoncis son premier fils et il était mort, puis elle avait circoncis son deuxième fils et il était mort. Craignant que la circoncision de son troisième fils ne cause également sa mort, elle me l’amena. Je vis qu’il était vert, c’est-à-dire pâle. Je le regardai et vis qu’il n’avait pas en lui le sang de la circoncision, c’est-à-dire qu’il avait une déficience de sang telle qu’aucun sang ne sortirait de la circoncision. Je lui dis : Ma fille, attends jusqu’à ce que son sang entre en lui. Elle attendit jusqu’à ce que son sang augmente et alors elle le circoncit, et il survécut. Et on l’appelait Natan le Babylonien d’après mon nom. Cet incident indique qu’un poumon vert peut également guérir.
אָמַר רַב כָּהֲנָא: כְּכַבְדָּא – כְּשֵׁרָה, כְּבִשְׂרָא – טְרֵפָה, וְסִימָנָיךְ: ״וּבָשָׂר בַּשָּׂדֶה טְרֵפָה״.
Rav Kahana dit : Si le poumon a une apparence comme le foie, l’animal est casher. S’il a une apparence comme de la chair, l’animal est une tereifa. Et votre moyen mnémotechnique pour vous souvenir que ce dernier cas est une tereifa est le verset : « Vous ne mangerez aucune chair déchirée dans les champs [tereifa] » (Exode 22:30).
אָמַר רַב סַמָּא בְּרֵיהּ דְּרָבָא: הַאי רֵיאָה דְּדָמְיָא כִּכְשׁוּתָא, וּכְמוֹרִיקָא, וּכְגוֹן בֵּיעֲתָא – טְרֵפָה. אֶלָּא יְרוּקָּה דִּכְשֵׁרָה הֵיכִי דָּמְיָא? כְּכַרָּתֵי.
Rav Sama, fils de Rava, dit : Ce poumon dont l’apparence ressemble à la cuscute, ou au safran, ou qui a une couleur jaune comme celle du jaune d’œuf, rend l’animal tereifa. Puisque toutes ces apparences sont diverses nuances de vert, la Guemara demande : Mais le poumon vert qui est casher, à quoi ressemble-t-il ? La Guemara répond : Il est comme un poireau.
אָמַר רָבִינָא: אָטוּם בְּרֵיאָה, מַיְיתִינַן סַכִּינָא וְקָרְעִינַן לַהּ, אִי אִית בַּהּ מוּגְלָא – וַדַּאי מֵחֲמַת מוּגְלָא הוּא, וּכְשֵׁרָה, וְאִי לָא – מוֹתְבִינַן עֲלַהּ גַּדְפָּא אוֹ רוּקָּא, אִי מְבַצְבְּצָא – כְּשֵׁרָה, וְאִי לָא – טְרֵפָה.
§ Ravina dit : S’il y avait une zone scellée dans le poumon qui ne se gonfle pas, nous prenons un couteau et la déchirons. S’il y a du pus dans la zone scellée, alors elle a été certainement scellée à cause du pus, et l’animal est casher. Mais si nous ne trouvons pas de pus là, nous plaçons une plume ou de la salive sur l’ouverture et gonflons le poumon. Si la salive fait des bulles ou que la plume bouge, l’animal est casher, puisqu’un peu d’air atteint bien la zone, et sinon, il y a un défaut dans le poumon, et l’animal est une tereifa.
אָמַר רַב יוֹסֵף: קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בָּרֵיאָה – אֵינוֹ קְרוּם, וְאָמַר רַב יוֹסֵף: הַאי רֵיאָה דְּאָוְושָׁא, אִי יָדְעִינַן הֵיכָא אָוְושָׁא – מַנְּחִינַן עֲלַהּ גַּדְפָּא אוֹ גִילָא אוֹ רוּקָּא, אִי מְבַצְבְּצָא – טְרֵפָה, וְאִי לָא – כְּשֵׁרָה, וְאִי לָא יָדְעִינַן לַהּ – מַיְיתִינַן מְשִׁיכְלְתָא דְּמַיָּא פָּשׁוֹרֵי וּמוֹתְבִינַן לַהּ בְּגַוַּהּ.
Rav Yosef dit : Une membrane apparue à cause d’une blessure au poumon, c’est-à-dire une croûte qui a recouvert une perforation traversant le poumon, n’est pas considérée comme une véritable membrane, car elle ne dure pas. Et Rav Yosef dit : En ce qui concerne ce poumon qui émet un son lorsqu’on le gonfle, si nous savons d’où il émet un son, nous plaçons une plume, ou de la paille, ou de la salive sur cet endroit. Si la salive fait des bulles lorsque le poumon est gonflé, l’animal est une tereifa, car cela prouve que le poumon est perforé à travers les deux membranes. Et sinon, l’animal est casher. Et si nous ne savons pas d’où il émet un son, nous apportons une bassine d’eau tiède et plaçons le poumon à l’intérieur.
בְּחַמִּימֵי לָא – דְּכָוְוצִי, בְּקָרִירֵי לָא – דִּמְטָרְשִׁי, אֶלָּא בָּדְקִינַן לַהּ בְּפָשׁוֹרֵי. אִי מְבַצְבְּצָא – טְרֵפָה, וְאִי לָא – כְּשֵׁרָה. תַּתָּאָה אִינְּקִיב, עִילָּאָה לָא אִינְּקִיב, וְהַאי דְּאָוְושָׁא – זִיקָא דְּבֵינֵי וּבֵינֵי הוּא.
On ne peut pas le placer dans de l’eau chaude, car cela fait se contracter le poumon, refermant la perforation. Et on ne peut pas le placer dans de l’eau froide, car cela durcit le poumon et peut le faire se fissurer. Au contraire, nous le vérifions dans de l’eau tiède. Si l’eau fait des bulles, l’animal est une tereifa. Et sinon, l’animal est casher, car il est évident que seule la membrane interne est perforée et que la membrane externe n’est pas perforée, et le fait qu’il émette un son est dû à l’air qui se déplace dans l’espace entre les deux membranes.
אָמַר עוּלָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רֵיאָה שֶׁנִּשְׁפְּכָה כְּקִיתוֹן, כְּשֵׁרָה. אַלְמָא קָסָבַר: חִסָּרוֹן מִבִּפְנִים לָא שְׁמֵיהּ חִסָּרוֹן.
§ Oulla dit que Rabbi Yoḥanan dit : Un animal dont un poumon s’est liquéfié et peut être versé comme de l’eau d’une cruche est casher. La Guemara note : De toute évidence, Rabbi Yoḥanan soutient qu’une déficience interne d’un organe n’est pas considérée comme une déficience. Seule une déficience dans la paroi ou la membrane d’un organe rend l’animal tereifa.
אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי אַבָּא לְעוּלָּא: ״הָרֵיאָה שֶׁנִּיקְּבָה אוֹ שֶׁחָסְרָה״. מַאי חָסְרָה? אִילֵימָא מִבַּחוּץ – הַיְינוּ נִיקְּבָה! אֶלָּא לָאו מִבִּפְנִים, וּשְׁמַע מִינַּהּ: חִסָּרוֹן מִבִּפְנִים שְׁמֵיהּ חִסָּרוֹן!
Rabbi Abba souleva une objection à Ulla à partir de la michna, qui déclare : Le poumon qui a été perforé ou auquel il manquait un morceau rend l’animal tereifa. Quel est le cas d’un poumon auquel il manquait un morceau ? Si nous disons qu’il manquait un morceau à l’extérieur, cela revient au même que s’il avait été perforé, puisque toute partie manquante de la paroi du poumon constituerait une perforation. Plutôt, ne s’agit-il pas d’un morceau manquant à l’intérieur ? Si tel est le cas, apprends de la michna qu’une déficience interne d’un organe est considérée comme une déficience qui rend l’animal tereifa.
לָא, לְעוֹלָם מִבַּחוּץ, וּדְקָא אָמְרַתְּ הַיְינוּ נִיקְּבָה – לָא צְרִיכָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן, דְּאָמַר: עַד שֶׁתִּנָּקֵב לְבֵית הַסִּמְפּוֹנוֹת. הָנֵי מִילֵּי נֶקֶב דְּלֵית בֵּיהּ חִסָּרוֹן, אֲבָל נֶקֶב דְּאִית בֵּיהּ חִסָּרוֹן – אֲפִילּוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹדֶה.
La Guemara répond : Non, la michna en réalité parle d’un morceau manquant à l’extérieur. Et concernant ce que tu as dit : C’est la même chose que si elle était perforée, on peut répondre que non, il est nécessaire de mentionner les deux cas afin de tenir compte de l’opinion de Rabbi Shimon dans la michna, qui dit : Ce n’est pas une tereifatant que le poumon n’est pas perforé jusqu’aux bronches. En mentionnant les deux cas, la michna enseigne que cette affirmation de Rabbi Shimon ne s’applique qu’à une petite perforation qui ne constitue pas une déficience. Mais dans le cas d’une perforation si grande qu’elle constitue une déficience, même Rabbi Shimon concède qu’elle rend l’animal tereifa même si la perforation n’atteint pas les bronches.
רַבִּי חֲנַנְיָה חֲלַשׁ, עָל לְגַבֵּיהּ רַבִּי נָתָן וְכׇל גְּדוֹלֵי הַדּוֹר, אַיְיתוֹ קַמֵּיהּ רֵיאָה שֶׁנִּשְׁפְּכָה כְּקִיתוֹן, וְאַכְשְׁרַהּ.
La Guemara raconte que Rabbi Ḥananya tomba malade. Rabbi Natan et tous les éminents sages de la génération entrèrent devant lui pour lui rendre visite. On lui apporta un poumon qui pouvait être versé comme de l’eau d’une cruche, et il jugea l’animal casher.
אָמַר רָבָא: וְהוּא דְּקָיְימִי סִמְפּוֹנוֹת. אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: מְנָא יָדְעִינַן? אֲמַר לֵיהּ: מַיְיתִינַן צָעָא דְּקוּנְיָא, וְשָׁפְכִינַן לַהּ בְּגַוֵּיהּ. אִי אִית בַּהּ שׁוּרְיָיקֵי חִיוָּרֵי – טְרֵפָה, וְאִי לָא – כְּשֵׁרָה.
Rava a dit : Ceci est la halakha seulement si les bronches existent encore et que seule la chair du poumon s’est liquéfiée. Rav Aḥa, fils de Rava, dit à Rav Ashi : Comment savons-nous si les bronches existent encore ? Rav Ashi lui dit : Nous apportons un récipient en terre cuite vernissée sans fissures, afin que le contenu puisse être observé, et nous y versons le poumon. S’il s’y trouve des stries blanches, l’animal est une tereifa, car les stries blanches sont des restes des bronches liquéfiées. Et sinon, l’animal est casher.
אָמַר רַב נַחְמָן: רֵיאָה שֶׁנִּימּוֹקָה וּקְרוּם שֶׁלָּהּ קַיָּים – כְּשֵׁרָה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: רֵיאָה שֶׁנִּימּוֹקָה וּקְרוּם שֶׁלָּהּ קַיָּים, אֲפִילּוּ מַחְזֶקֶת רְבִיעִית – כְּשֵׁרָה. נִיטְּלָה
Rav Naḥman dit : Si le poumon était partiellement atrophié et qu’il ne reste qu’une partie de la chair, mais que sa membrane existe encore, l’animal est casher. La Guemara note : Cela est également enseigné dans une baraita : Si le poumon était atrophié, mais que sa membrane existe encore, même si l’espace laissé par le poumon atrophié peut contenir un quart de log de liquide, l’animal est casher.