אֶלָּא הָנָךְ תַּרְתֵּי דְּאַפֵּקְתְּ, לָא תַּפֵּיק.
La Guemara répond : Au contraire, si l’on compte de cette manière, il faut dire que ces deux cas que tu as retirés, c’est-à-dire un animal dont les pattes arrière ont été sectionnées et un autre dont la peau a été retirée, ne les retire pas. Le compte restera alors à dix-huit.
אָמַר עוּלָּא: שְׁמֹנָה מִינֵי טְרֵפוֹת נֶאֶמְרוּ לוֹ לְמֹשֶׁה בְּסִינַי – נְקוּבָה, וּפְסוּקָה, נְטוּלָה, וַחֲסוּרָה, קְרוּעָה, וּדְרוּסָה, נְפוּלָה, וּשְׁבוּרָה. לְאַפּוֹקֵי לָקוּתָא דְּרָכִישׁ בַּר פָּפָּא.
§ Oulla dit : Huit types de tereifot ont été énoncés à Moïse au Sinaï, et tous les cas mentionnés dans la Mishna et ailleurs relèvent de ces catégories : Un animal dont l’organe a été perforé ou sectionné, retiré ou auquel il manque une partie, un animal qui a été déchiré ou griffé par des bêtes sauvages, ou qui est tombé ou a été brisé. La Guemara note : Cette liste est établie à l’exclusion d’un organe malade, que Rakhish bar Pappa a mentionné au sujet d’un rein. Oulla ne considère pas cela comme une tereifa.
אָמַר חִיָּיא בַּר רָבָא: שְׁמֹנָה טְרֵפוֹת יֵשׁ בִּנְקוּבָה, אִם תֹּאמַר תֵּשַׁע – מָרָה רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה קָתָנֵי לַהּ, דְּתַנְיָא: נִיקְּבָה הַקֵּיבָה, נִיקְּבוּ הַדַּקִּים – טְרֵפָה, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף נִיקְּבָה הַמָּרָה.
Ḥiyya bar Rava dit : Il y a huit tereifot dans la catégorie d’un organe perforé : un œsophage perforé, la membrane du cerveau, le cœur, le poumon, la caillette, l’intestin, le rumen interne, et le réticulum ou le feuillet perforé vers l’extérieur. Et si vous dites qu’il y en a neuf, parce qu’une vésicule biliaire perforée est également mentionnée dans la michna, on peut dire qu’en ce qui concerne la vésicule biliaire, seul Rabbi Yosei, fils de Rabbi Yehuda, l’enseigne, et c’est l’opinion d’un individu. Comme il est enseigné dans une baraita : Si la caillette a été perforée, ou si les intestins ont été perforés, c’est une tereifa. Rabbi Yosei, fils de Rabbi Yehuda, dit : Même si la vésicule biliaire a été perforée, c’est une tereifa.
(הִלְכוֹת חָבֵר כְּזַיִת מָרָה וְקוּרְקְבָן – סִימָן).
§ La Guemara fournit un moyen mnémotechnique pour les déclarations suivantes de Rabbi Yitzḥak, fils de Rabbi Yosef : Halakhot, ami, volume d’une olive, vésicule biliaire et gésier.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה.
Rabbi Yitzḥak, fils de Rabbi Yosef, dit que Rabbi Yoḥanan n'est pas d'accord avec l'affirmation de Ḥiyya bar Rava et dit : La halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yosei, fils de Rabbi Yehuda, selon laquelle une vésicule biliaire perforée rend l'animal tereifa.
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאי אַהְדַּרוּ לֵיהּ חַבְרֵיהּ לְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה? ״יִשְׁפּוֹךְ לָאָרֶץ מֵרָרָתִי״, וַעֲדַיִין אִיּוֹב קַיָּים. אָמַר לָהֶם: אֵין מַזְכִּירִין מַעֲשֵׂה נִסִּים, דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי ״יְפַלַּח כִּלְיוֹתַי וְלֹא יַחְמוֹל״ – מִי קָא חָיֵי? אֶלָּא נִיסָּא שָׁאנֵי, דִּכְתִיב: ״רַק אֶת נַפְשׁוֹ שְׁמֹר״. הָכָא נָמֵי נִיסָּא שָׁאנֵי.
Et Rabbi Yitzḥak, fils de Rabbi Yosef, dit que Rabbi Yoḥanan dit : Que lui ont répondu les collègues de Rabbi Yosei, fils de Rabbi Yehuda ? Ils ont répondu que Job a dit : « Il répand ma bile sur la terre » (Job 16:13), et pourtant Job était toujours vivant. Il est donc évident qu’une personne dont la vésicule biliaire est perforée peut vivre. Rabbi Yosei leur dit : Job a été maintenu en vie par un miracle, et on ne mentionne pas les actes miraculeux comme preuve pour une règle générale. Car, si vous ne dites pas cela, alors l’autre expression du verset : « Il fend mes reins et n’épargne pas », pose aussi problème. Est-ce qu’une personne aux reins fendus vit ? Au contraire, un miracle est différent, comme il est écrit que Dieu dit à Satan au sujet de Job : « Seulement, épargne sa vie » (Job 2:6). Dans des circonstances naturelles, Job aurait dû mourir de ses blessures, mais dans ce cas il a été maintenu en vie par un miracle. Ici aussi, concernant la vésicule biliaire, il faut dire qu’un miracle est différent, et on ne peut pas en tirer de preuve.
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הָאוֹמֵר כְּזַיִת.
Et le rabbin Yitzḥak, fils du rabbin Yosef, dit que le rabbin Yoḥanan dit : La halakha est conforme à l’avis de celui qui dit que, si le foie d’un animal a été retiré mais qu’il en reste un volume d’olive, il est casher.
וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כִּסְתַם מִשְׁנָה, וּתְנַן: נִיטְּלָה הַכָּבֵד וְלֹא נִשְׁתַּיֵּיר הֵימֶנָּה כְּלוּם – הָא נִשְׁתַּיֵּיר כְּשֵׁרָה, אַף עַל גַּב דְּלָא הָוֵי כְּזַיִת! אָמוֹרָאֵי נִינְהוּ וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן.
La Guemara demande : Et Rabbi Yoḥanan dit-il vraiment cela ? Mais Rabba bar bar Ḥana ne dit-il pas que Rabbi Yoḥanan dit : La halakha est toujours conforme à une michna non attribuée ; et nous avons appris dans la michna : Si le foie a été retiré et qu’il n’en est rien resté, l’animal est une tereifa ? On peut en déduire que si une partie en est restée, l’animal est casher même si ce qui reste ne constitue pas le volume d’une olive. La Guemara répond : Ce sont des amora’im, et ils sont en désaccord au sujet de l’opinion de Rabbi Yoḥanan quant à savoir s’il soutient que la halakha est toujours conforme à une michna non attribuée.
דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מָרָה שֶׁנִּיקְּבָה, וְכָבֵד סוֹתַמְתָּהּ – כְּשֵׁרָה.
La Guemara apporte une autre déclaration selon laquelle Rabbi Yitzḥak, fils de Rabbi Yosef, dit que Rabbi Yoḥanan dit : Si la vésicule biliaire a été perforée à un endroit où elle était adjacente au foie, et que le foie scelle l’orifice, l’animal est casher, même si une vésicule biliaire perforée rend normalement l’animal tereifa selon Rabbi Yoḥanan.
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק בְּרַבִּי יוֹסֵף אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: נִיקַּב הַקּוּרְקְבָן וְכִיס שֶׁלּוֹ קַיָּים – כָּשֵׁר.
Et Rabbi Yitzḥak, fils de Rabbi Yosef, dit que Rabbi Yoḥanan dit : Bien que la michna en 56a enseigne que si le gésier d’un oiseau a été perforé, il est une tereifa, si le gésier a été perforé mais que sa membrane intérieure est intacte, l’oiseau est casher.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: נִיקַּב הַכִּיס וְקוּרְקְבָן קַיָּים, מַאי? תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב נַחְמָן: נִיקַּב זֶה בְּלֹא זֶה – כָּשֵׁר. אָמַר רָבָא: שְׁנֵי עוֹרוֹת יֵשׁ לוֹ לַוֶּושֶׁט, חִיצוֹן אָדוֹם וּפְנִימִי לָבָן, נִיקַּב זֶה בְּלֹא זֶה – כָּשֵׁר. לְמָה לִי לְמֵימַר חִיצוֹן אָדוֹם וּפְנִימִי לָבָן? דְּאִי חַלֵּיף – טְרֵפָה.
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : si la membrane interne du gésier a été perforée, mais la chair du gésier est intacte, quelle est la halakha ? La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve de ce qu’a dit Rav Naḥman au sujet d’un œsophage perforé : si sa membrane externe et sa membrane interne ont toutes deux été perforées, l’animal est une tereifa ; mais si cette membrane a été perforée sans que cette autre membrane ait été perforée, il est casher. De même, Rava dit : L’œsophage a deux membranes, l’externe rouge, et l’interne blanche. Si cette membrane a été perforée sans que cette autre membrane ait été perforée, l’animal est casher. La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin que Rava précise que l’externe est rouge et l’interne est blanche ? Cela n’est-il pas évident ? La Guemara répond : Cela enseigne que si les deux se sont inversées, c’est-à-dire que la membrane externe est devenue blanche et l’interne rouge, l’animal est une tereifa.
אִבַּעְיָא לְהוּ: נִיקְּבוּ שְׁנֵיהֶם זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה, מַהוּ? אָמַר מָר זוּטְרָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב פָּפָּא: בַּוֶּושֶׁט – כָּשֵׁר, בַּקּוּרְקְבָן – פָּסוּל. מַתְקֵיף לַהּ רַב אָשֵׁי: אַדְּרַבָּה, וֶושֶׁט דְּאָכְלָה בֵּיהּ וּפָעְיָא בֵּיהּ רָוַוח, גָּמְדָא לֵיהּ וּפָשְׁטָה לֵיהּ, זִמְנִין דְּמִיהַנְדְּזִין בַּהֲדֵי הֲדָדֵי; קוּרְקְבָן דְּמֵינָח נָיַיח, כִּדְקָאֵי קָאֵי! אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף לְרַב אָשֵׁי: הָכִי אָמְרִינַן מִשְּׁמֵיהּ דְּמָר זוּטְרָא, דְּאָמַר מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב פָּפָּא כְּוָותָיךְ.
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : si les deux membranes étaient perforées, mais non adjacentes l’une à l’autre, quelle est la halakha ? Mar Zutra dit au nom de Rav Pappa : si cela s’est produit dans l’œsophage, l’animal est casher ; mais si cela s’est produit dans le gésier, il est impropre à la consommation. Rav Ashi objecte à cela : Au contraire, l’œsophage, avec lequel l’animal mange et appelle, est spacieux et souple, et l’animal le contracte et l’étire. Puisque les deux membranes ne sont pas reliées l’une à l’autre, il y a des moments au cours de leur mouvement où les deux trous s’alignent [demihandezin] l’un avec l’autre, créant une perforation entièrement alignée. Mais le gésier, qui est toujours au repos à sa place, reste tel qu’il reste toujours . En conséquence, deux telles perforations ne s’aligneront jamais. Rav Aḥa, fils de Rav Yosef, dit à Rav Ashi : C’est ainsi que nous disons au nom de Mar Zutra, qu’il a bien dit au nom de Rav Pappa conformément à ton objection.
וְאָמַר רַבָּה: קְרוּם שֶׁעָלָה מֵחֲמַת מַכָּה בַּוֶּושֶׁט, אֵינוֹ קְרוּם. וְאָמַר רַבָּה: וֶושֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה מִבַּחוּץ, אֶלָּא בִּפְנִים. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ?
§ Et Rabba dit : Une membrane apparue à cause d’une blessure dans l’œsophage, c’est-à-dire une croûte qui a recouvert une perforation, n’est pas considérée comme une membrane qui empêche l’animal d’être considéré comme une tereifa. Et Rabba dit : On ne peut pas inspecter l’œsophage de l’extérieur pour déterminer si l’animal est une tereifa, car le revêtement extérieur est lui-même rouge, et l’on ne peut donc pas y discerner une rougeur causée par une blessure. Au contraire, il faut l’inspecter de l’intérieur, où le revêtement est blanc. La Guemara demande : Quelle différence cela fait-il à la suite de cette affirmation, c’est-à-dire dans quel cas faut-il vérifier l’œsophage de l’intérieur ?