בִּשְׁלָמָא לְתַנָּא דִּידַן, דִּתְנָא, תְּנָא וּדְשַׁיַּיר – אָתְיָא בְּזֶה הַכְּלָל, אֶלָּא לְתַנָּא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל דְּאָמַר: שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה טְרֵפוֹת וְתוּ לֵיכָּא, וְהָא אִיכָּא בְּהֵמָה שֶׁנֶּחְתְּכוּ רַגְלֶיהָ מִן הָאַרְכּוּבָּה וּלְמַעְלָה טְרֵפָה? סָבַר לֵיהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר, דְּאָמַר: יְכוֹלָה הִיא לִיכּוֹוֹת וְלִחְיוֹת.
Certes, en ce qui concerne le tanna de notre michna, on peut dire que les cas de tereifot qu’il a enseignés explicitement dans la michna, il les a enseignés, et tout cas qu’il a omis relève de l’énoncé général commençant par : Tel est le principe. Mais en ce qui concerne le tanna de l’école de Rabbi Yishmaël, qui a dit : Dix-huit tereifot, il faut demander : Et n’y en a-t-il pas davantage de cas de tereifot ? Mais n’y a-t-il pas les quatre cas représentés par le moyen mnémotechnique beit, samekh, gimmel, reish, dont le premier est enseigné dans une michna (76a) : Un animal dont les pattes arrière ont été sectionnées à partir de l’articulation de la jambe et au-dessus est une tereifa ? La Guemara répond : Le tanna de l’école de Rabbi Yishmaël soutient conformément à l’opinion de Rabbi Shimon ben Elazar, qui dit : La jambe sectionnée peut être cautérisée et l’animal vivra. Par conséquent, une telle blessure ne rend pas l’animal tereifa.
אַף עַל גַּב דִּיכוֹלָה לִיכּוֹוֹת וְלִחְיוֹת, לְמַאן קָאָמַר? לְתַנָּא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, תַּנָּא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל טְרֵפָה חַיָּה סְבִירָא לֵיהּ! אֶלָּא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר, דְּאָמַר: ״כְּשֵׁרָה הִיא״.
La Guemara objecte : Mais même si l’on soutient que la patte sectionnée peut être cautérisée et que l’animal vivra, cela ne signifie pas que l’animal ne soit pas une tereifa. Selon qui est la question : Mais n’y a-t-il pas les cas de beit, samekh, gimmel, reish, énoncés ? Elle est énoncée selon le tanna de l’école de Rabbi Yishmael, qui soutient qu’il n’y a que dix-huit tereifot. Mais le tanna de l’école de Rabbi Yishmael soutient qu’une tereifa peut vivre. Si tel est le cas, le fait que l’animal puisse vivre si le moignon de son membre sectionné est cautérisé n’a aucune incidence sur la question de savoir s’il est une tereifa. Plutôt, dis que le tanna s’accorde avec l’opinion de Rabbi Shimon ben Elazar dans la mesure où il dit qu’un animal dont la patte a été sectionnée est casher. Toutefois, il n’est pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle la raison est que l’animal peut survivre.
וְהָאִיכָּא חִסָּרוֹן בַּשִּׁדְרָה, דִּתְנַן: כַּמָּה חִסָּרוֹן בַּשִּׁדְרָה? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: שְׁתֵּי חוּלְיוֹת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חוּלְיָא אַחַת; וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: וְכֵן לִטְרֵפָה.
La Guemara objecte : Mais n’y a-t-il pas le cas d’une déficience de la colonne vertébrale ? Comme nous l’avons appris dans une michna (Oholot 2:3) : Quelle quantité est considérée comme une déficience de la colonne vertébrale d’un cadavre, de sorte qu’il ne soit pas considéré comme un cadavre complet pour transmettre l’impureté dans une tente ? Beit Shammaï disent : Deux vertèbres manquantes, et Beit Hillel disent : Une vertèbre. Et Rav Yehouda dit que Shmuel dit : De même que Beit Shammaï et Beit Hillel sont en désaccord au sujet de l’impureté rituelle, de même aussi ils sont en désaccord au sujet d’une tereifa, c’est-à-dire que, selon Beit Hillel, un animal auquel il manque une seule vertèbre est une tereifa. Cela n’est pas inclus dans le décompte de Rabbi Yishmael.
הֶמְסֵס וּבֵית הַכּוֹסוֹת, דְּקָא חָשְׁבַתְּ לְהוּ בְּתַרְתֵּי, חַשְׁבִינְהוּ בַּחֲדָא, אַפֵּיק חֲדָא וְעַיֵּיל חֲדָא.
La Guemara répond : Le feuillet ou le réseau qui ont été perforés dans leurs parois extérieures, que tu comptes comme deux cas distincts, doivent être comptés comme un seul cas. En conséquence, un cas a été retiré du compte des dix-huit tereifot et un cas a été ajouté, c’est-à-dire le cas d’une déficience de la colonne vertébrale, et il n’y a toujours que dix-huit cas.
וְהָאִיכָּא גְּלוּדָה? סָבַר לַהּ כְּרַבִּי מֵאִיר דְּמַכְשַׁיר.
La Guemara demande : Mais n’y a-t-il pas le cas de la tereifa mentionné dans la michna en 54a, d’un animal dont la peau a été retirée ? La Guemara répond : Le tanna de l’école de Rabbi Yishmaël est d’accord avec l’opinion de Rabbi Meir, qui considère un tel animal comme casher.
וְהָא אִיכָּא חֲרוּתָא? מָרָה – מַאן קָתָנֵי לַהּ? רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה. אַפֵּיק מָרָה, וְעַיֵּיל חֲרוּתָא.
La Guemara demande : Mais n’y a-t-il pas aussi le cas d’un animal qui est une tereifa à cause d’un poumon ratatiné ? La Guemara répond : La michna enseigne qu’une vésicule biliaire perforée rend l’animal tereifa ; mais qui enseigne cela ? Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, enseigne cela. Par conséquent, le tanna a retiré la vésicule biliaire de la liste, puisque ce n’est que l’opinion d’un seul individu, et a inséré un poumon ratatiné.
וְהָאִיכָּא שַׁב שְׁמַעְתָּתָא, דְּאָמַר רַב מַתְנָא: הַאי בּוּקָא דְּאַטְמָא דְּשַׁף מִדּוּכְתֵּיהּ – טְרֵפָה, וְאָמַר רָכִישׁ בַּר פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: לָקְתָה בְּכוּלְיָא אַחַת – טְרֵפָה, וּתְנַן: נִיטַּל הַטְּחוֹל – כְּשֵׁרָה, וְאָמַר רַב עַוִּירָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא נִיטַּל, אֲבָל נִיקַּב – טְרֵפָה.
La Guemara demande : Mais n’y a-t-il pas les sept halakhot supplémentaires, c’est-à-dire des cas de tereifot, enseignés par des amora’im ? La Guemara énumère les sept halakhot : Comme le dit Rav Mattana : Cette tête du fémur qui a été complètement déboîtée rend l’animal tereifa. Et Rakhish bar Pappa dit au nom de Rav : Si l’animal était malade même d’un seul rein, il est tereifa. Et nous avons appris dans une michna (54a) que si la rate a été retirée l’animal est casher, et au sujet de cette michna, Rav Avira dit au nom de Rava : Ils ont enseigné cela seulement lorsque la rate a été retirée ; mais si elle a été perforée, l’animal est tereifa.
וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר שְׁמוּאֵל: סִימָנִים שֶׁנִּדַּלְדְּלוּ בְּרוּבָּן – טְרֵפָה. וְאָמַר רַבָּה בַּר רַב שֵׁילָא אָמַר רַב מַתְנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: נֶעֶקְרָה צֵלָע מֵעִיקָּרָהּ – טְרֵפָה, וְגוּלְגּוֹלֶת שֶׁנֶּחְבְּסָה בְּרוּבָּה, וּבָשָׂר הַחוֹפֶה אֶת רוֹב הַכָּרֵס בְּרוּבּוֹ – טְרֵפָה.
La Guemara continue : Et Rabba bar bar Ḥana dit que Shmuel dit : Si les deux organes qui doivent être sectionnés lors de l’abattage rituel [simanim], c’est-à-dire la trachée et l’œsophage, ont été en grande partie détachés, l’animal est une tereifa. Et Rabba bar Rav Sheila dit que Rav Mattana dit que Shmuel dit : Si une côte a été arrachée de sa racine, avec la moitié de la vertèbre qui y est attachée, l’animal est une tereifa ; et un crâne qui a été en grande partie écrasé, même si les membranes sont intactes, rend l’animal tereifa ; et si la majorité de la chair qui enveloppe la majorité de la panse a été déchirée, l’animal est une tereifa.
נְקוּבֵי תְּמָנְיָא הָווּ, חַשְׁבִינְהוּ בְּחַד, אַפֵּיק שַׁב, וְעַיֵּיל שַׁב.
La Guemara répond : Il y a huit cas d’organes perforés mentionnés dans la michna qui rendent un animal tereifa. Le tanna de l’école de Rabbi Yishmaël les compte tous comme un seul cas. En conséquence, il a retiré sept cas du compte de dix-huit et a inséré ces sept halakhot.
אִי הָכִי, פְּסוּקֵי נָמֵי תְּרֵי הָווּ, חַשְּׁבִינְהוּ בְּחַד, בָּצַר לְהוּ חֲדָא, וְעוֹד, דְּרַב עַוִּירָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא נָמֵי נְקוּבָה הִיא!
La Guemara objecte : Si tel est le cas, puisqu’il y a aussi deux cas d’organes sectionnés dans la michna, la moelle épinière et la trachée, que le tannales compte comme un seul. Le compte des tereifot se retrouve alors à une unité de moins que dix-huit. En outre, si tous les cas d’organes perforés sont comptés comme un seul, alors on ne peut pas y insérer le cas enseigné par Rav Avira au nom de Rava, à savoir celui d’une rate perforée, puisque c’est aussi un cas d’organe perforé. Si tel est le cas, le compte est inférieur de deux à dix-huit.