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לָא יָלְפִינַן. וַאֲתָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְמֵימַר: יָלְפִינַן חוּץ מִפְּנִים, וַאֲתָא רַבִּי יוֹסֵי לְמֵימַר: אֲפִילּוּ בִּפְנִים נָמֵי ״זֶה מְחַשֵּׁב וְזֶה עוֹבֵד״ לָא אָמְרִינַן.
nous ne déduisons pas de cette manière. Et Rabbi Eliezer vient dire que nous déduisons les halakhot de l’abattage non sacré à l’extérieur du Temple à partir des halakhot de l’abattage des animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple, et par conséquent l’intention du gentil invalide l’abattage non sacré. Et Rabbi Yosei vient dire que même à l’intérieur du Temple, dans un cas où ce propriétaire a une intention impropre et que cet autre individu est en train d’effectuer l’abattage, nous ne disons pas que l’intention du propriétaire invalide l’abattage.
אִתְּמַר: הַשּׁוֹחֵט אֶת הַבְּהֵמָה לִזְרוֹק דָּמָהּ לַעֲבוֹדָה זָרָה, וּלְהַקְטִיר חֶלְבָּהּ לַעֲבוֹדָה זָרָה – רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: פְּסוּלָה, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: מוּתֶּרֶת.
§ Il a été déclaré qu’il existe une controverse amoraïque concernant celui qui a abattu un animal afin de asperger son sang pour l’idolâtrie, ou brûler sa graisse pour l’idolâtrie. Rabbi Yoḥanan dit : L’abattage n’est pas valide, et il est interdit de tirer profit de l’animal. Rabbi Shimon ben Lakish dit : L’abattage est valide et tirer profit de l’animal est permis.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר פְּסוּלָה: מְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְיָלְפִינַן חוּץ מִפְּנִים.
La Guemara développe. Rabbi Yoḥanan dit : L’abattage n’est pas valide et il est interdit de tirer profit de l’animal. Il soutient que l’on transfère l’intention d’un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel. Si, au moment d’abattre un animal sacrificiel, quelqu’un a l’intention d’accomplir l’un des autres rites sacrificiels de manière impropre, l’offrande est invalidée. Et Rabbi Yoḥanan soutient que nous dérivons les halakhot de l’abattage non consacré à l’extérieur du Temple des halakhot de l’abattage des animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple. Puisque cette intention invalide l’abattage des animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple, elle invalide également l’abattage des animaux non consacrés à l’extérieur du Temple.
רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר מוּתֶּרֶת: אֵין מְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְלָא גָּמְרִינַן חוּץ מִפְּנִים.
Reish Lakish dit : L’abattage est valide, et tirer profit de l’animal est permis. Il soutient que l’on ne transfère pas l’intention d’un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel. Par conséquent, lorsqu’on abat l’animal, seule l’intention d’effectuer l’abattage de manière incorrecte invalide l’offrande, mais l’intention d’effectuer un autre rite sacrificiel de manière incorrecte n’invalide pas l’offrande. Et Reish Lakish soutient que nous ne dérivons pas les halakhot de l’abattage non sacré à l’extérieur du Temple à partir des halakhot de l’abattage des animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple.
וְאָזְדוּ לְטַעְמַיְיהוּ, דְּאִתְּמַר: שְׁחָטָהּ לִשְׁמָהּ לִזְרוֹק דָּמָהּ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ – רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: פְּסוּלָה, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: כְּשֵׁרָה.
Et Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish suivent leur ligne habituelle de raisonnement, comme il a été déclaré : Si quelqu’un a abattu une offrande expiatoire pour elle-même, mais avec l’intention d’asperger son sang non pour elle-même mais pour un autre type d’offrande, Rabbi Yoḥanan dit que l’offrande est invalide, et Rabbi Shimon ben Lakish dit que l’offrande est valide.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר פְּסוּלָה: מְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְגָמְרִינַן מִמַּחְשֶׁבֶת פִּיגּוּל. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר כְּשֵׁרָה: אֵין מְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְלָא גָּמְרִינַן מִמַּחְשֶׁבֶת פִּיגּוּל.
La Guemara développe : Rabbi Yoḥanan dit que l’offrande est invalide. Il soutient que l’on transfère l’intention d’un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel, et la raison est que nous dérivons la halakha de l’abattage d’une offrande expiatoire non pour elle-même de la halakha de l’intention de piggul, c’est-à-dire l’accomplissement de l’un des rites sacrificiels avec l’intention d’asperger le sang de l’offrande au-delà du temps qui lui est imparti. Et Rabbi Shimon ben Lakish dit que l’offrande est valide parce qu’il soutient que l’on ne transfère pas l’intention d’un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel, et la raison est que nous ne dérivons pas la halakha de toute autre intention impropre de la halakha de l’intention de piggul.
וּצְרִיכָא, דְּאִי אִיתְּמַר בְּהָא, בְּהָא קָאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, מִשּׁוּם דְּחוּץ מִפְּנִים לָא יָלְפִינַן, אֲבָל פְּנִים מִפְּנִים – אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן.
La Guemara note : Et il est nécessaire d’énoncer le différend entre Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish dans les deux cas. Car, si cela n’était énoncé seulement au sujet de ce cas de quelqu’un qui abat un animal afin d’asperger son sang pour l’idolâtrie, on pourrait conclure que c’est précisément dans ce cas que Rabbi Shimon ben Lakish affirme son opinion selon laquelle l’abattage est valide, en raison du fait que nous ne dérivons pas les halakhot de l’abattage non consacré à l’extérieur du Temple des halakhot de l’abattage des animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple. Mais, dans le cas de quelqu’un qui abat une offrande au nom d’une autre offrande, où nous dériverions les halakhot de l’abattage des animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple des halakhot d’un autre cas d’abattage des animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple, dis que Reish Lakish concède à Rabbi Yoḥanan que l’offrande est invalide.
וְאִי אִתְּמַר בְּהָךְ, בְּהַהִיא קָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, אֲבָל בְּהָא – אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, צְרִיכָא.
Et si leur différend a été énoncé au sujet de ce cas de quelqu’un qui abat une offrande au nom d’une autre offrande, on pourrait peut-être conclure que c’est précisément dans ce cas que Rabbi Yoḥanan a dit que l’offrande est invalide, car il soutient que l’on déduit les halakhot de l’abattage des animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple des halakhot d’un autre cas d’abattage d’animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple. Mais dans cet autre cas de quelqu’un qui abat un animal afin d’asperger son sang pour l’idolâtrie, disons que Rabbi Yoḥanan concède à Rabbi Shimon ben Lakish que l’offrande est valide, du fait que les halakhot de l’abattage non sacré à l’extérieur du Temple ne sont pas déduites des halakhot de l’abattage des animaux sacrificiels à l’intérieur du Temple. Il est donc nécessaire d’énoncer le différend entre Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish dans les deux cas.
מֵתִיב רַב שֵׁשֶׁת: אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: קַל וָחוֹמֶר הַדְּבָרִים, וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁמַּחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּמוּקְדָּשִׁין – אֵין הַכֹּל הוֹלֵךְ אֶלָּא אַחַר הָעוֹבֵד, מְקוֹם שֶׁאֵין מַחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּחוּלִּין – אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא יְהֵא הַכֹּל הוֹלֵךְ אֶלָּא אַחַר הַשּׁוֹחֵט?
Rav Sheshet soulève une objection à la fois contre Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish à partir de l’énoncé de la michna concernant celui qui abat pour un gentil lorsque l’intention du gentil est vouée au culte des idoles. Rabbi Yosei dit : La question de l’intention du gentil n’est pas pertinente dans ce cas, comme on peut le déduire au moyen d’un raisonnement a fortiori. Si dans un cas où l’intention au moment d’abattre l’animal invalide l’abattage, c’est-à-dire pour des animaux sacrificiels, comme lorsqu’on abat une offrande avec l’intention de la sacrifier au-delà du temps qui lui est assigné, tout dépend uniquement de l’intention du prêtre qui accomplit le service et non de l’intention du propriétaire, alors dans un cas où l’intention n’invalide pas l’abattage, c’est-à-dire pour des animaux non consacrés, n’est-il pas juste que tout dépende uniquement de l’intention de celui qui abat l’animal ?
מַאי ״אֵין מַחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּחוּלִּין״? אִילֵּימָא דְּלָא פָּסְלָה כְּלָל, אֶלָּא זְבִיחָה דַּעֲבוֹדָה זָרָה דְּמִיתַּסְרָא, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?
Rav Sheshet explique : Quel est le sens de : L’intention n’invalide pas l’abattage d’animaux non consacrés ? Si nous disons que cela signifie que l’intention n’invalide aucunement l’abattage d’animaux non consacrés, alors comment peut-on trouver un cas d’abattage avec l’intention d’idolâtrie où l’animal est interdit ?
אֶלָּא פְּשִׁיטָא מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְהָכִי קָאָמַר: וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁמַּחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּמוּקְדָּשִׁין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה – אֵין הַכֹּל הוֹלֵךְ אֶלָּא אַחַר הָעוֹבֵד, מְקוֹם שֶׁאֵין מַחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּחוּלִּין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, אֶלָּא בְּאוֹתָהּ עֲבוֹדָה – אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא יְהֵא הַכֹּל הוֹלֵךְ אֶלָּא אַחַר הַשּׁוֹחֵט?
Au contraire, il est évident que le sens de cette expression dans la déclaration de Rabbi Yossei est qu’on ne transfère pas l’intention d’un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel, et c’est ce que Rabbi Yossei dit : Si dans un endroit où l’intention invalide, c’est-à-dire chez les animaux sacrificiels, d’un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel, tout suit seulement l’intention de celui qui procède à l’abattage, et l’intention des propriétaires n’a aucune importance, dans un endroit où l’intention n’invalide pas, c’est-à-dire chez les animaux non consacrés, d’un rite à un autre rite mais cela se produit seulement dans le même rite, n’est-il pas juste que tout doive suivre seulement l’intention de celui qui abat l’animal ?
פְּנִים קַשְׁיָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, חוּץ קַשְׁיָא לְרַבִּי יוֹחָנָן!
Selon cette compréhension de la position de Rabbi Yossei dans la michna, le cas de l’abattage d’un animal sacrificiel à l’intérieur du Temple est difficile pour Rabbi Shimon ben Lakish, car, contrairement à son opinion, Rabbi Yossei dit que, dans ce cas, on transfère l’intention d’un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel. Le cas de l’abattage d’un animal non consacré à l’extérieur du Temple est difficile pour Rabbi Yoḥanan, car, contrairement à son opinion, Rabbi Yossei dit que, dans ce cas, on ne transfère pas l’intention d’un rite à un autre rite.
בִּשְׁלָמָא פְּנִים, לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ לָא קַשְׁיָא: הָא מִקַּמֵּי דְּשַׁמְעַהּ מֵרַבִּי יוֹחָנָן, הָא לְבָתַר דְּשַׁמְעַהּ מֵרַבִּי יוֹחָנָן. אֶלָּא חוּץ, קַשְׁיָא לְרַבִּי יוֹחָנָן!
Rav Sheshet poursuit : Soit, le cas de l’intérieur du Temple n’est pas difficile pour Rabbi Shimon ben Lakish, car on peut expliquer qu’il a énoncé cette affirmation, selon laquelle on ne transfère pas l’intention d’un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel, avant d’avoir entendu la michna de Rabbi Yoḥanan, son maître, et qu’il a affirmé que l’on transfère l’intention d’un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel après avoir entendu la michna de Rabbi Yoḥanan. Son désaccord avec Rabbi Yoḥanan se limite au transfert d’intention pour l’idolâtrie d’un rite à l’autre. Mais le cas de l’abattage d’un animal non consacré à l’extérieur du Temple est difficile pour Rabbi Yoḥanan.
הוּא מוֹתֵיב לַהּ וְהוּא מְפָרֵק לַהּ, בְּאַרְבַּע עֲבוֹדוֹת, וְהָכִי קָאָמַר: וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁמַּחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּמוּקְדָּשִׁין בְּאַרְבַּע עֲבוֹדוֹת – אֵין הַכֹּל הוֹלֵךְ אֶלָּא אַחַר הָעוֹבֵד,
Rav Sheshet soulève l’objection et la résout. Ce que Rabbi Yosei a dit, à savoir que l’intention à l’intérieur du Temple invalide l’abattage d’un animal sacrificiel, tandis que l’intention à l’extérieur du Temple n’invalide pas l’abattage d’un animal non consacré, n’est pas lié au transfert d’intention d’un rite à un autre. Rabbi Yosei fait plutôt référence à un cas où l’on a accompli n’importe lequel des quatre rites sacrificiels avec une intention impropre, par exemple manger l’offrande après le temps qui lui est imparti. Et c’est ce que Rabbi Yosei dit : Si dans un endroit où l’intention au moment d’abattre l’animal invalide l’abattage des animaux sacrificiels, si cette intention était présente pendant l’accomplissement de l’un quelconque des quatre rites sacrificiels, à savoir l’abattage, la réception du sang, l’acheminement du sang vers l’autel et l’aspersion du sang sur l’autel, tout dépend uniquement de l’intention du prêtre qui accomplit le service et non de l’intention du propriétaire,

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