סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וַאֲסִירִי בְּגִיזָּה וַעֲבוֹדָה, דָּמָן לִבְעֵי קְבוּרָה, קָמַשְׁמַע לַן.
Il pourrait vous venir à l’esprit de dire : Puisque le bénéfice tiré d’animaux consacrés disqualifiés est interdit en ce qui concerne leur laine et leur travail, peut-être que le bénéfice tiré de leur sang est également interdit, et qu’il nécessite l’inhumation. Par conséquent, le verset nous enseigne que le bénéfice tiré de leur sang est permis.
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״וְדַם חֲלָלִים יִשְׁתֶּה״ – פְּרָט לְדַם קִילּוּחַ, שֶׁאֵינוֹ מַכְשִׁיר אֶת הַזְּרָעִים.
L’école de Rabbi Yishmael a enseigné que le verset : « Et boit le sang des carcasses, » d’où l’on déduit que le sang d’un animal qui a été tué rend les aliments susceptibles à l’impureté rituelle, sert à exclure le sang qui jaillit en jet en raison de la pression artérielle au moment de l’abattage alors que l’animal est encore vivant, qui ne rend pas les semences susceptibles à l’impureté rituelle.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַשּׁוֹחֵט וְהִתִּיז דָּם עַל הַדַּלַּעַת – רַבִּי אוֹמֵר: הוּכְשַׁר, רַבִּי חִיָּיא אוֹמֵר: תּוֹלִין.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne celui qui abat un animal et a éclaboussé du sang de l’abattage sur une courge de terouma, Rabbi Yehouda HaNassi dit : La courge est rendue susceptible à l’impureté rituelle. Rabbi Ḥiyya dit : Si la courge est entrée en contact avec une source d’impureté, on laisse la question en suspens, car il y a un doute quant à savoir si le sang l’a rendue susceptible à l’impureté.
אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: מֵאַחַר שֶׁרַבִּי אוֹמֵר הוּכְשַׁר, וְרַבִּי חִיָּיא אוֹמֵר תּוֹלִין, אָנוּ עַל מִי נִסְמוֹךְ? בֹּאוּ וְנִסְמוֹךְ עַל דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן, שֶׁהָיָה רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: שְׁחִיטָה מַכְשֶׁרֶת וְלֹא דָּם.
Rabbi Oshaya a dit : Puisque Rabbi Yehuda HaNasi dit que la gourde est rendue susceptible à l’impureté rituelle et que Rabbi Ḥiyya dit qu’on laisse la question en suspens, sur qui devons-nous nous appuyer ? Venez, appuyons-nous sur la déclaration de Rabbi Shimon, car Rabbi Shimon avait l’habitude de dire : C’est l’abattage rituel qui rend l’animal susceptible, et non le sang.
אָמַר רַב פָּפָּא: הַכֹּל מוֹדִים הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ לְדָם מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף – כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּמַכְשַׁיר. כִּי פְּלִיגִי בְּנִתְקַנֵּחַ הַדָּם בֵּין סִימָן לְסִימָן, רַבִּי סָבַר: יֶשְׁנָהּ לִשְׁחִיטָה מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף, וְהַאי דַּם שְׁחִיטָה הוּא.
Rav Pappa a dit en explication : Tout le monde, Rabbi Yehuda HaNasi et Rabbi Ḥiyya, convient que là où il y a du sang sur la courge pendant tout l’abattage de manière continue du début à la fin, tout le monde, aussi bien Rabbi Shimon ben Lakish, qui dit : L’abattage n’est défini que comme l’achèvement de son accomplissement, que Rabbi Yoḥanan, qui dit : L’abattage est défini du début à la fin de son accomplissement, convient que le sang rend la courge susceptible à l’impureté, conformément à l’opinion des Sages, qui sont en désaccord avec Rabbi Shimon. Là où ils sont en désaccord, c’est dans un cas où le sang est essuyé de la courge entre la coupe d’un siman et de l’autre siman. Rabbi Yehuda HaNasi soutient que l’abattage est défini du début à la fin de son accomplissement, et ce sang qui a éclaboussé la courge est du sang d’abattage.
רַבִּי חִיָּיא סָבַר: אֵינָהּ לִשְׁחִיטָה אֶלָּא בַּסּוֹף, וְהַאי דַּם מַכָּה הוּא, וּמַאי ״תּוֹלִין״? תּוֹלִין הַדָּבָר עַד גְּמַר שְׁחִיטָה – אִי אִיתֵיהּ לְדָם בְּסוֹף שְׁחִיטָה מַכְשִׁיר, וְאִי לָא – לֹא מַכְשִׁיר.
Rabbi Ḥiyya soutient que l’abattage rituel est défini seulement comme l’achèvement de son accomplissement, et ceci est du sang d’une blessure, qui ne rend pas les aliments susceptibles à l’impureté rituelle. Et quel est le sens de la décision de Rabbi Ḥiyya selon laquelle on laisse la question en suspens ? Cela signifie que l’on laisse la question en suspens jusqu’à l’achèvement de l’abattage rituel. S’il y a du sang restant sur la courge à l’achèvement de l’abattage rituel, le sang rend la courge susceptible à l’impureté rituelle, et sinon, le sang ne rend pas la courge susceptible à l’impureté rituelle.
וּמַאי ״בֹּאוּ וְנִסְמוֹךְ עַל דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן״? לְרַבִּי שִׁמְעוֹן לֹא מַכְשִׁיר, לְרַבִּי חִיָּיא מַכְשִׁיר!
La Guemara demande : Et que signifie la déclaration de Rabbi Oshaya : Venez et appuyons-nous sur la déclaration de Rabbi Shimon ? Selon Rabbi Shimon, le sang de l’abattage ne rend pas les aliments susceptibles à l’impureté rituelle, tandis que selon Rabbi Ḥiyya, le sang de l’abattage rend la courge susceptible à l’impureté rituelle.
בְּנִתְקַנֵּחַ מִיהוּ אַשְׁווֹ לַהֲדָדֵי, מָר לָא מַכְשִׁיר, וּמָר לָא מַכְשִׁיר, הֲוָה לֵיהּ רַבִּי חַד, וְאֵין דְּבָרָיו שֶׁל אֶחָד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם.
La Guemara répond que dans un cas où le sang est essuyé de la gourde avant la conclusion de l’abattage, en tout état de cause, les opinions de Rabbi Shimon et de Rabbi Ḥiyya correspondent l’une à l’autre : Un Sage soutient que le sang de l’abattage ne rend pas la gourde susceptible à l’impureté rituelle et l’autre Sage soutient que le sang de l’abattage ne rend pas la gourde susceptible à l’impureté rituelle. Il en résulte que Rabbi Yehuda HaNasi, qui soutient que le sang de l’abattage rend la gourde susceptible à l’impureté rituelle, est un Sage exprimant une opinion individuelle, et l’affirmation d’un Sage n’a pas de poids dans un endroit où elle est contestée par deux Sages.
רַב אָשֵׁי אָמַר: ״תּוֹלִין״ לְעוֹלָם מַשְׁמַע, וְנִתְקַנֵּחַ לְרַבִּי חִיָּיא סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ, אִי יֶשְׁנָהּ לִשְׁחִיטָה מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף, אוֹ אֵינָהּ לִשְׁחִיטָה אֶלָּא בַּסּוֹף, וּמַאי ״תּוֹלִין״? לֹא אוֹכְלִין וְלֹא שׂוֹרְפִין.
Rav Ashi a dit que l’expression : On laisse la question en suspens, indique qu’elle reste en suspens pour toujours. Il s’agit d’une incertitude halakhique fondamentale pour laquelle il n’existe pas de résolution. Et dans le cas où le sang est essuyé de la gourde avant l’achèvement de l’abattage, la halakha n’est pas claire. Cela s’explique par le fait que Rabbi Ḥiyya doute que l’abattage soit défini du début à la fin de son accomplissement ou que l’abattage ne soit défini que comme la conclusion de son accomplissement. Et quel est le sens de sa décision selon laquelle on laisse la question en suspens ? Cela signifie que si une source d’impureté entre en contact avec la gourde après que le sang en a été essuyé, on ne peut ni manger la gourde, car elle est peut-être une teruma impure, ni la brûler, car elle est peut-être pure.
וּמַאי ״בֹּאוּ וְנִסְמוֹךְ עַל דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן״? לְרַבִּי שִׁמְעוֹן לֹא מַכְשִׁיר, לְרַבִּי חִיָּיא סְפֵיקָא, לְעִנְיַן שְׂרֵיפָה מִיהוּ שָׁווּ לַהֲדָדֵי: (ומר) [וּלְמָר] לָא שָׂרְפִינַן, (ומר) [וּלְמָר] לָא שָׂרְפִינַן.
La Guemara demande : Et, selon cette explication, quel est le sens de la déclaration de Rabbi Oshaya : Venez, et appuyons-nous sur la déclaration de Rabbi Shimon ? Selon Rabbi Shimon, le sang de l’abattage ne rend pas les aliments susceptibles à l’impureté rituelle, tandis que selon Rabbi Ḥiyya, il y a une incertitude quant au statut de la courge. La Guemara répond qu’en ce qui concerne la question de la combustion, en tout état de cause, les opinions de Rabbi Shimon et de Rabbi Ḥiyya correspondent l’une à l’autre : Un Sage, Rabbi Shimon, ne brûle pas la courge, parce qu’elle n’a pas été rendue susceptible à l’impureté, et l’autre Sage, Rabbi Ḥiyya, ne brûle pas la courge, en raison de l’incertitude.
הָוֵה לֵיהּ רַבִּי חַד, וְאֵין דְּבָרָיו שֶׁל אֶחָד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם, וְהָכִי קָאָמַר: כְּגוֹן זֹאת תּוֹלִין – לֹא אוֹכְלִין וְלֹא שׂוֹרְפִין.
Il en résulte que Rabbi Yehouda HaNassi, qui soutient que l’on brûle la courge, puisque le sang de l’abattage rend la courge susceptible à l’impureté rituelle et que le contact avec une source d’impureté la rend impure, est un Sage exprimant une opinion individuelle, et l’affirmation d’un Sage n’a pas d’autorité dans un endroit où elle est contestée par deux Sages. Et c’est ce que Rabbi Ḥiyya dit : Dans un cas comme celui-ci, on laisse la question en suspens ; on ne peut ni manger la courge ni la brûler.
בָּעֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: צָרִיד שֶׁל מְנָחוֹת, מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי, אוֹ אֵין מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי? כִּי מַהְנְיָא חִבַּת הַקֹּדֶשׁ לְאִפְּסוֹלֵי גּוּפֵיהּ, לְמִימְנֵא בֵּיהּ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי – לָא, אוֹ דִלְמָא לָא שְׁנָא?
Rabbi Shimon ben Lakish soulève un dilemme : En ce qui concerne une portion sèche de farine consacrée qui n’a pas été mélangée avec l’huile des offrandes de farine, compte-t-on les degrés descendants d’impureté caractéristiques des autres aliments qui entrent en contact avec une source primaire d’impureté, c’est-à-dire que cet aliment contracte une impureté de premier degré, et l’aliment qui entre en contact avec cet aliment contracte une impureté de second degré ; ou ne compte-t-on pas les degrés descendants d’impureté de premier degré et de second degré ? La Guemara précise : Lorsque l’égard pour la sainteté est efficace pour rendre un élément susceptible à l’impureté, est-il efficace seulement pour invalider cet élément lui-même, mais pour compter les degrés descendants d’impureté de premier et second degré il ne l’est pas ? Ou peut-être qu’une fois qu’il est rendu susceptible à l’impureté, il n’y a pas de différence selon qu’il est rendu susceptible au moyen de l’égard pour la sainteté ou au moyen du contact avec des liquides.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: תָּא שְׁמַע, ״מִכׇּל הָאֹכֶל אֲשֶׁר יֵאָכֵל וְגוֹ׳״ – אוֹכֶל הַבָּא בְּמַיִם – הוּכְשַׁר, אוֹכֶל שֶׁאֵינוֹ בָּא בְּמַיִם – לֹא הוּכְשַׁר.
Rabbi Elazar a dit : Viens et entends une preuve tirée d’une baraita. Il est écrit : « De toute nourriture qui peut être mangée, sur laquelle de l’eau vient, elle sera impure ; et toute boisson qui peut être bue sera impure » (Lévitique 11:34). De ce verset, on déduit : La nourriture qui entre en contact avec l’eau devient susceptible à l’impureté rituelle et au décompte des degrés descendants d’impureté, mais la nourriture qui n’entre pas en contact avec l’eau ne devient pas susceptible à l’impureté rituelle. Apparemment, en ce qui concerne la portion sèche de farine qui n’est pas entrée en contact avec un liquide mais qui est devenue susceptible en raison de l’égard pour la sainteté, on n’y compte pas les degrés descendants d’impureté.
אַטּוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ לֵית לֵיהּ אוֹכֶל הַבָּא בְּמַיִם? רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ הָכִי קָמִיבַּעְיָא לֵיהּ: חִבַּת הַקֹּדֶשׁ כְּאוֹכֶל הַבָּא בְּמַיִם דָּמֵי, אוֹ לָא?
La Guemara demande : Faut-il dire que Rabbi Shimon ben Lakish n’a pas connaissance de la halakha selon laquelle seule la nourriture qui entre en contact avec de l’eau est susceptible d’impureté rituelle ? La Guemara répond : Tel est le dilemme que Rabbi Shimon ben Lakish soulève : Le statut halakhique d’un aliment consacré soumis à l’égard pour la sainteté est-il comme celui d’un aliment qui entre en contact avec de l’eau, de sorte qu’on ne compte pas les degrés descendants d’impureté pour les objets qui entrent en contact avec lui, ou non, son statut halakhique est-il unique ?
רַבִּי אֶלְעָזָר נָמֵי מִיִּתּוּרֵי קְרָאֵי קָאָמַר, מִכְּדֵי כְּתִיב ״וְכִי יֻתַּן מַיִם עַל זֶרַע״, ״מִכׇּל הָאֹכֶל אֲשֶׁר יֵאָכֵל״ לְמָה לִּי?
La Guemara explique que Rabbi Elazar, qui a cité le verset pour résoudre le dilemme de Rabbi Shimon ben Lakish, ne fait pas que citer un verset que Rabbi Shimon ben Lakish connaît. Au contraire, lui aussi énonce également sa preuve à partir de la formulation superflue des versets. Puisqu’il est écrit : « Mais lorsque de l’eau est mise sur la semence, et qu’une partie de leur carcasse tombe dessus, elle est impure pour vous » (Lévitique 11:38), pourquoi ai-je besoin du verset : « De toute nourriture qui peut être mangée, sur laquelle de l’eau vient, elle sera impure » (Lévitique 11:34) ?