נְקוּבַת הַוֶּושֶׁט וּפְסוּקַת הַגַּרְגֶּרֶת!
Un animal qui a un œsophage perforé, où la perforation traverse la paroi de l’œsophage, ou un animal avec une trachée sectionnée. Selon cette michna, la trachée sectionnée rend l’animal tereifa et non une carcasse non abattue rituellement. Si Rabbi Akiva a reconsidéré son opinion et a concédé à Rabbi Yeshevav, selon l’opinion de quel tanna est cette michna ?
אָמַר רָבָא: לָא קַשְׁיָא, כָּאן שֶׁשָּׁחַט וּלְבַסּוֹף פָּסַק, כָּאן שֶׁפָּסַק וּלְבַסּוֹף שָׁחַט. שָׁחַט וּלְבַסּוֹף פָּסַק – נִפְסֶלֶת בִּשְׁחִיטָה הִיא, פָּסַק וּלְבַסּוֹף שָׁחַט – כִּי דָּבָר אַחֵר גָּרַם לָהּ לִיפָּסֵל דָּמְיָא.
Rava dit : Ce n’est pas difficile. Ici, la michna fait référence à un cas où l’on a coupé l’œsophage et finalement sectionné la trachée d’une manière non conforme. Là-bas, la michna du chapitre suivant fait référence à un cas où il a sectionné la trachée d’une manière non conforme, et finalement coupé l’œsophage. S’il a coupé l’œsophage et finalement sectionné la trachée, l’animal a été rendu impropre pendant son abattage rituel ; par conséquent, il prend le statut d’une carcasse non abattue rituellement, selon le principe de Rabbi Yeshevav. Mais s’il a sectionné la trachée et finalement coupé l’œsophage, c’est comme si une autre chose avait causé que l’animal devienne impropre ; par conséquent, il prend le statut d’une tereifa.
אֵיתִיבֵיהּ רַב אַחָא בַּר הוּנָא לְרָבָא: שָׁחַט אֶת הַוֶּושֶׁט וּפָסַק אֶת הַגַּרְגֶּרֶת, פָּסַק אֶת הַגַּרְגֶּרֶת וְאַחַר כָּךְ שָׁחַט אֶת הַוֶּושֶׁט – נְבֵלָה!
Rav Aḥa bar Huna souleva une objection contre Rava à partir d’une baraita : Si quelqu’un a coupé l’œsophage puis a sectionné la trachée, ou si quelqu’un a sectionné la trachée puis a coupé l’œsophage, l’animal est une carcasse non abattue rituellement. Apparemment, contrairement à la déclaration de Rava, l’ordre n’a pas d’importance, et même si la trachée est sectionnée en premier, l’animal prend le statut d’une carcasse non abattue rituellement.
אֵימָא: וּכְבָר שָׁחַט אֶת הַוֶּושֶׁט מֵעִיקָּרָא.
Rava a dit : Dis que le dernier cas dans la baraita ne signifie pas qu’il a ensuite coupé l’œsophage ; il s’agit plutôt d’un cas où quelqu’un a sectionné la trachée et avait déjà coupé l’œsophage dès le départ.
אֲמַר לֵיהּ: שְׁתֵּי תְּשׁוּבוֹת בַּדָּבָר, חֲדָא דְּהַיְינוּ קַמַּיְיתָא, וְעוֹד הָא תְּנַן ״וְאַחַר כָּךְ״!
Rav Aḥa bar Huna lui dit : Il y a deux réfutations de l’affirmation, c’est-à-dire de ta tentative de répondre à la difficulté tirée de la baraita : L’une est que, si le second cas dans la baraita est celui où il a d’abord coupé l’œsophage, alors cela est identique au premier cas dans la baraita. Et de plus, n’avons-nous pas appris explicitement dans la baraita : Ou si quelqu’un a sectionné la trachée et a coupé l’œsophage ensuite, l’animal est une carcasse non abattue rituellement ?
אֶלָּא אָמַר רָבָא: אֵלּוּ אֲסוּרוֹת קָתָנֵי, וְיֵשׁ מֵהֶן נְבֵלוֹת, וְיֵשׁ מֵהֶן טְרֵפוֹת.
Au contraire, Rava a dit : L’emploi du terme : Tereifot, dans la michna du chapitre suivant, ne vise pas à exclure les carcasses non abattues ; plutôt, le tanna enseigne ce terme dans un sens général, c’est-à-dire : Ces blessures servent à rendre un animal interdit ; et il y en a certaines parmi elles qui sont des carcasses non abattues, par exemple, un animal dont la trachée est sectionnée, et il y en a certaines parmi elles qui sont des tereifot.
וְלִיחְשׁוֹב נָמֵי דְּחִזְקִיָּה, דְּאָמַר חִזְקִיָּה: עֲשָׂאָהּ גִּיסְטְרָא – נְבֵלָה, וְלִיחְשׁוֹב נָמֵי דְּרַבִּי אֶלְעָזָר, דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: נִטְּלָה יָרֵךְ וְחָלָל שֶׁלָּהּ – נְבֵלָה.
La Guemara objecte à cette interprétation : Si la michna énumère les circonstances qui rendent l’animal une carcasse non abattue rituellement, que le tannaprenne aussi en compte la circonstance de Ḥizkiyya, comme le dit Ḥizkiyya : Si quelqu’un a rendu l’animal comme un tesson en le coupant en deux dans le sens de la largeur, son statut halakhique est celui d’une carcasse non abattue rituellement même alors qu’il convulse avant sa mort. Et que le tannaprenne aussi en compte la circonstance de Rabbi Elazar, comme Rabbi Elazar l’a dit : Si la cuisse, la patte arrière de l’animal, a été retirée et que sa cavité est visible (voir 21a), c’est une carcasse non abattue rituellement.
כִּי קָתָנֵי נְבֵלָה, דְּלָא מְטַמְּאָה מֵחַיִּים, אֲבָל נְבֵלָה דִּמְטַמְּאָה מֵחַיִּים – לָא קָתָנֵי.
La Guemara explique : Lorsque la michna enseigne le cas d’une carcasse non abattue rituellement, il s’agit d’un cas où l’animal n’acquiert pas ce statut et transmet l’impureté tant qu’il est vivant. Mais le tannan’enseigne pas le cas d’une carcasse non abattue rituellement où l’animal acquiert ce statut et transmet l’impureté tant qu’il est vivant, par exemple, les cas de Ḥizkiyya et de Rabbi Elazar.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: כָּאן – שֶׁשָּׁחַט בִּמְקוֹם חֲתָךְ, כָּאן – שֶׁשָּׁחַט שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם חֲתָךְ. שָׁחַט בִּמְקוֹם חֲתָךְ – נִפְסְלָה בִּשְׁחִיטָה הִיא, שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם חֲתָךְ – כִּי דָּבָר אַחֵר גָּרַם לָהּ לִיפָּסֵל דָּמְיָא.
Rabbi Shimon ben Lakish a résolu l’apparente contradiction entre la michna ici et la michna en 42a, et a dit : Ici, le tanna fait référence à un cas où l’on a coupé l’œsophage au même endroit que la coupure initiale dans la trachée. Là-bas, en 42a, le tanna fait référence à un cas où il a coupé l’œsophage pas au même endroit que la coupure initiale dans la trachée. La raison de cette distinction est que si l’on a coupé l’œsophage au même endroit que la coupure initiale dans la trachée, il s’agit d’un animal qui a été rendu impropre pendant son abattage rituel et il prend le statut d’une carcasse non abattue rituellement. En revanche, s’il a coupé l’œsophage pas au même endroit que la coupure initiale dans la trachée, c’est comme un cas où une autre cause a rendu l’animal impropre. Par conséquent, couper l’œsophage en fait une tereifa et l’empêche de transmettre l’impureté rituelle.
וּמִי אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ הָכִי? וְהָאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: שָׁחַט אֶת הַקָּנֶה וְאַחַר כָּךְ נִיקְּבָה הָרֵיאָה כְּשֵׁרָה! אַלְמָא כְּמַאן דְּמַנְּחָא בְּדִיקּוּלָא דָּמְיָא, הָכָא נָמֵי כְּמַאן דְּמַנְּחָא בְּדִיקּוּלָא דָּמְיָא.
La Guemara demande : Et Rabbi Shimon ben Lakish a-t-il vraiment dit cela, que l’abattage peut être efficace pour empêcher l’impureté après que la trachée a été sectionnée ? Mais Rabbi Shimon ben Lakish ne dit-il pas : Si quelqu’un a coupé la trachée et que le poumon a ensuite été perforé avant qu’il ne coupe l’œsophage, l’animal est apte à la consommation ? Apparemment, après avoir coupé la trachée, le statut des poumons, dont l’existence dépend de la trachée, est comme celui d’un objet placé dans un panier ; ils ne sont pas pertinents pour déterminer le statut de l’animal. Ici aussi, lorsque la trachée est sectionnée au début de l’abattage, la trachée doit être considérée comme un objet placé dans un panier, en ce sens que l’animal est considéré comme n’ayant qu’un seul siman, l’œsophage, et que la coupe d’un seul siman n’affecte pas le statut de l’animal.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לָא קַשְׁיָא, כָּאן קוֹדֶם חֲזָרָה, כָּאן לְאַחַר חֲזָרָה, וּמִשְׁנָה לֹא זָזָה מִמְּקוֹמָהּ.
Au contraire, Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : La contradiction apparente n’est pas difficile. Là-bas (42a), où il est dit qu’un animal dont la trachée a été sectionnée est une tereifa, la michna présente l’opinion de Rabbi Akiva avant sa rétractation. Ici, la michna présente l’opinion de Rabbi Akiva après sa rétractation. Et, même si Rabbi Akiva s’est rétracté, une michna ne bouge pas de sa place. Une fois que cette version de la michna a été étudiée dans la maison d’étude, elle est restée précieuse, même si elle n’est plus en vigueur.
גּוּפָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: שָׁחַט אֶת הַקָּנֶה וְאַחַר כָּךְ נִיקְּבָה הָרֵיאָה – כְּשֵׁרָה. אָמַר רָבָא: לָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אֶלָּא בְּרֵיאָה, הוֹאִיל וְחַיֵּי רֵיאָה תְּלוּיִן בַּקָּנֶה, אֲבָל בִּבְנֵי מֵעַיִים – לָא.
§ La Guemara traite de la question elle-même qui a été citée précédemment. Rabbi Shimon ben Lakish dit : Si quelqu’un a coupé la trachée et que le poumon a ensuite été perforé avant qu’il ne coupe l’œsophage, l’animal est apte à la consommation. Rava a dit : Rabbi Shimon ben Lakish énonce ce principe uniquement en ce qui concerne le poumon, car la fonction du poumon dépend de la trachée. Une fois la trachée sectionnée, c’est comme si les poumons avaient été retirés de l’animal. Mais en ce qui concerne les entrailles qui ont été perforées après que la trachée a été coupée mais avant que l’abattage ne soit achevé, non, l’animal devient une tereifa, parce que la fonction des entrailles ne dépend pas de la trachée.
מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי זֵירָא: מֵאַחַר שֶׁנּוֹלְדוּ בָּהּ סִימָנֵי טְרֵפָה הִתַּרְתָּ, מָה לִי בְּרֵיאָה, מָה לִי בִּבְנֵי מֵעַיִים!
Rabbi Zeira objecte à la distinction de Rava. Puisque, lorsque des signes indiquant qu’elle était une tereifa sont apparus chez l’animal après le début de l’abattage, tu as permis l’animal et considéré l’abattage comme valide, quelle différence cela fait-il pour moi si la perforation était dans le poumon, et quelle différence cela fait-il pour moi si la perforation était dans les entrailles ? Dans les deux cas, l’animal ne devrait pas être considéré comme une tereifa si les signes sont apparus une fois que l’abattage a commencé.
וַהֲדַר בֵּיהּ רַבִּי זֵירָא, דְּבָעֵי רַבִּי זֵירָא: נִיקְּבוּ בְּנֵי מֵעַיִים בֵּין סִימָן לְסִימָן, מַהוּ? מִי מִצְטָרֵף סִימָן רִאשׁוֹן לְסִימָן שֵׁנִי לְטַהֲרָהּ מִידֵי נְבֵלָה, אוֹ לָא?
Mais Rabbi Zeira se rétracta de son objection, car Rabbi Zeira soulève un dilemme : si les entrailles ont été perforées entre la coupe du premier siman et du second siman, quelle est la halakha ? Le premier siman s’unit-il au second siman pour purifier l’animal de l’impureté d’une carcasse non abattue rituellement ou non ?
וְאָמְרִינַן: לָאו הַיְינוּ דְּבָעֵי אִילְפָא: הוֹצִיא עוּבָּר אֶת יָדוֹ בֵּין סִימָן לְסִימָן, מַהוּ?
Et nous disons : N’est-ce pas là le dilemme que soulève Ilfa : si un fœtus a étendu sa patte avant hors de l’utérus pendant que la mère était abattue, entre la coupe du premier siman, la trachée, et du second siman, l’œsophage, conférant ainsi à la patte avant le statut de tereifa, quelle est la halakha ?