אָמַר קְרָא ״וְשָׁחַט״ וְחוּקָּה: בִּשְׁחִיטָה אִין, בַּעֲרִיפָה לָא.
La Guemara répond que le verset déclare au sujet de la vache rousse : « Et il l’égorgera » (Nombres 19:3), et il mentionne le terme statut : « Ceci est le statut de la Torah » (Nombres 19:2), indiquant que par l’abattage, oui, la vache rousse est rendue apte ; par la rupture de la nuque, la vache rousse n’est pas rendue apte.
וְכֹל הֵיכָא דִּכְתִיב בֵּיהּ חוּקָּה, לָא דָּרְשִׁינַן קַל וָחוֹמֶר? וְהָא גַּבֵּי יוֹם הַכִּפּוּרִים, דִּכְתִיב בֵּיהּ חוּקָּה, וְתַנְיָא: ״וְעָשָׂהוּ חַטָּאת״ – הַגּוֹרָל עוֹשֶׂה חַטָּאת, וְאֵין הַשֵּׁם עוֹשֶׂה חַטָּאת.
La Guemara demande : Et est-ce bien le cas que partout où le terme « statut » est écrit au sujet d’une certaine question, nous n’apprenons pas d’inférence a fortiori ? Mais qu’en est-il de Yom Kippour, au sujet duquel il est écrit : « Et cela sera pour vous un statut perpétuel » (Lévitique 16:34), et pourtant il est enseigné dans une baraita : « Et Aaron fera avancer le bouc sur lequel le sort est tombé pour le Seigneur, et il l’offrira comme offrande expiatoire » (Lévitique 16:9). Le verset indique que le tirage au sort rend le bouc offrande expiatoire, mais une désignation verbale du bouc avec le statut d’offrande expiatoire ne le rend pas offrande expiatoire.
שֶׁיָּכוֹל, וַהֲלֹא דִּין הוּא: וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁלֹּא קִדֵּשׁ הַגּוֹרָל, קִדֵּשׁ הַשֵּׁם, מְקוֹם שֶׁקִּדֵּשׁ הַגּוֹרָל, אֵינוֹ דִּין שֶׁקִּדֵּשׁ הַשֵּׁם? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְעָשָׂהוּ חַטָּאת״, הַגּוֹרָל עוֹשֶׂה חַטָּאת, וְאֵין הַשֵּׁם עוֹשֶׂה חַטָּאת.
La baraita continue : Un verset est nécessaire pour enseigner cette halakha, car on aurait pu penser que la conclusion opposée est correcte : Cela ne pourrait-il pas être déduit par une inférence a fortiori : Si, dans un cas où le tirage au sort ne sanctifie pas l’animal par une désignation spécifique, comme dans le cas de deux oiseaux apportés par une femme après l’accouchement, et que néanmoins une désignation verbale de cette offrande la sanctifie, dans un cas où le tirage au sort sanctifie l’animal à Yom Kippour, n’est-il pas logique qu’une désignation verbale comme offrande expiatoire la sanctifie ? Par conséquent, le verset déclare : « Et en fera une offrande expiatoire ; » le tirage au sort rend le bouc offrande expiatoire, mais une désignation verbale d’offrande expiatoire ne rend pas le bouc offrande expiatoire.
טַעְמָא דִּכְתַב רַחֲמָנָא ״וְעָשָׂהוּ חַטָּאת״, הָא לָאו הָכִי דָּרְשִׁינַן קַל וָחוֹמֶר!
La Guemara déduit : La raison pour laquelle l’inférence par kal va’homer n’est pas apprise est que le Miséricordieux écrit : « Et il l’offrira comme offrande expiatoire. » Mais autrement, nous apprendrions une inférence par kal va’homer, malgré le fait que « statut » est écrit au sujet du service de Yom Kippour.
מַיעֵט רַחֲמָנָא גַּבֵּי עֶגְלָה הָעֲרוּפָה, ״זֹאת״ בַּעֲרִיפָה, וְאֵין אַחֶרֶת בַּעֲרִיפָה.
La Guemara explique : En réalité, on peut apprendre une inférence a fortiori même dans un cas où la loi est écrite. Néanmoins, en ce qui concerne la génisse à la nuque brisée, le Miséricordieux restreint l’usage de la rupture de la nuque : « Et tous les Anciens de cette ville… laveront leurs mains sur la génisse dont la nuque est brisée” (Deutéronome 21:6). Du pronom relatif « dont » on déduit : Cette génisse est mise à mort par rupture de la nuque, et aucune autre, c’est-à-dire que la génisse rousse n’est pas mise à mort par rupture de la nuque.
וּתְהֵא עֶגְלָה כְּשֵׁרָה בִּשְׁחִיטָה מִקַּל וָחוֹמֶר: וּמָה פָּרָה שֶׁלֹּא הוּכְשְׁרָה בַּעֲרִיפָה – כְּשֵׁרָה בִּשְׁחִיטָה, עֶגְלָה שֶׁכְּשֵׁרָה בַּעֲרִיפָה – אֵינוֹ דִּין שֶׁהוּכְשְׁרָה בִּשְׁחִיטָה? אָמַר קְרָא: ״וְעָרְפוּ הָעֶגְלָה״ – בַּעֲרִיפָה אִין, בִּשְׁחִיטָה לָא.
La Guemara objecte : Et qu’il soit déduit que la génisse à la nuque brisée est rendue apte par l’abattage au moyen d’une inférence a fortiori : Si une vache rousse, qui n’est pas rendue apte par la rupture de la nuque, est rendue apte par l’abattage, alors, en ce qui concerne une génisse à la nuque brisée, qui est rendue apte par la rupture de la nuque, n’est-il pas logique qu’elle soit rendue apte par l’abattage ? La Guemara répond que le verset déclare : « Et ils briseront la nuque de la génisse là, dans la vallée » (Deutéronome 21:4). La référence doublée à la rupture de la nuque dans les deux versets indique que par la rupture de la nuque, oui, la génisse peut être mise à mort ; par l’abattage, la génisse ne peut pas être mise à mort.
מַתְנִי׳ כָּשֵׁר בַּכֹּהֲנִים פָּסוּל בַּלְוִיִּם, כָּשֵׁר בַּלְוִיִּם פָּסוּל בַּכֹּהֲנִים.
MICHNA : Il existe un élément grâce auquel les prêtres demeurent aptes et les Lévites sont inaptes, et il existe aussi un élément grâce auquel les Lévites demeurent aptes et les prêtres sont inaptes.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: כֹּהֲנִים, בְּמוּמִין – פְּסוּלִים, בְּשָׁנִים – כְּשֵׁרִים. לְוִיִּם, בְּמוּמִין – כְּשֵׁרִים, בְּשָׁנִים – פְּסוּלִים. נִמְצָא כָּשֵׁר בַּכֹּהֲנִים – פָּסוּל בַּלְוִיִּם, כָּשֵׁר בַּלְוִיִּם – פָּסוּל בַּכֹּהֲנִים.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné dans une baraita, en explication de la michna : Les prêtres sont rendus inaptes au service du Temple par les défauts énumérés dans la Torah (voir Lévitique 21:16–23), mais ils demeurent aptes avec le passage des années, car dès l’instant où ils atteignent la majorité, ils sont aptes au service pour le reste de leur vie. Les Lévites demeurent aptes au service du Temple avec les défauts énumérés dans la Torah, mais deviennent inaptes avec le passage des années, car ils ne sont aptes au service qu’entre l’âge de trente et cinquante ans (voir Nombres 4:47). Il en ressort qu’il existe un élément à l’égard duquel les prêtres demeurent aptes et les Lévites sont inaptes, et il existe un élément à l’égard duquel les Lévites demeurent aptes et les prêtres sont inaptes.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״זֹאת אֲשֶׁר לַלְוִיִּם״ – מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִבֶּן חֲמִשִּׁים שָׁנָה יָשׁוּב״, לָמַדְנוּ לַלְוִיִּם שֶׁהַשָּׁנִים פּוֹסְלִין בָּהֶם. יָכוֹל מוּמִין פּוֹסְלִין בָּהֶם? וְדִין הוּא: וּמָה כֹּהֲנִים שֶׁאֵין הַשָּׁנִים פּוֹסְלִין בָּהֶן, מוּמִין פּוֹסְלִין בָּהֶן – לְוִיִּם שֶׁהַשָּׁנִים פּוֹסְלִין בָּהֶם, אֵינוֹ דִּין שֶׁיְּהוּ מוּמִין פּוֹסְלִין בָּהֶם? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״זֹאת אֲשֶׁר לַלְוִיִּם״ – זֹאת לַלְוִיִּם, וְאֵין אַחֶרֶת לַלְוִיִּם.
La Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils dérivés ? La Guemara répond : C’est comme les Sages l’ont enseigné dans une baraita : « Ceci est ce qui concerne les Lévites » (Nombres 8:24) ; pourquoi le verset doit-il énoncer cela ? Puisqu’il est dit : « Et à partir de l’âge de cinquante ans il reviendra du service » (Nombres 8:25), nous avons appris au sujet des Lévites que le passage des années les disqualifie. On aurait pu penser que les défauts les disqualifient également. Et, en apparence, cela pourrait s’apprendre par inférence logique : Si les prêtres, à l’égard desquels le passage des années ne les disqualifie pas, les défauts les disqualifient, alors dans le cas des Lévites, à l’égard desquels le passage des années les disqualifie, n’est-il pas logique que les défauts les disqualifient ? Par conséquent, le verset déclare : « Ceci est ce qui concerne les Lévites », d’où il est dérivé : « Ceci », le passage des années, est une disqualification qui concerne les Lévites, et il n’y a pas d’autre disqualification qui concerne les Lévites.
יָכוֹל יְהוּ הַכֹּהֲנִים פְּסוּלִין בְּשָׁנִים? וַהֲלֹא דִּין הוּא: וּמָה לְוִיִּם שֶׁאֵין מוּמִין פּוֹסְלִין בָּהֶם – שָׁנִים פּוֹסְלִין בָּהֶם, כֹּהֲנִים שֶׁהַמּוּמִין פּוֹסְלִין בָּהֶם – אֵינוֹ דִּין שֶׁיְּהוּ שָׁנִים פּוֹסְלִין בָּהֶם? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲשֶׁר לַלְוִיִּם״ – וְלֹא אֲשֶׁר לַכֹּהֲנִים.
On aurait pu penser que les prêtres seraient disqualifiés avec le passage des années. Et, en apparence, cela ne pourrait-il pas être déduit au moyen de l’inférence a fortiori suivante : Si les Lévites, à l’égard desquels les défauts ne les disqualifient pas, le passage des années les disqualifie, alors dans le cas des prêtres, à l’égard desquels les défauts les disqualifient, n’est-il pas logique que le passage des années les disqualifie ? Par conséquent, le verset déclare : « Ce qui concerne les Lévites », et non ce qui concerne les prêtres.
יָכוֹל אַף בְּשִׁילֹה וּבְבֵית עוֹלָמִים כֵּן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לַעֲבֹד עֲבֹדַת עֲבוֹדָה וַעֲבֹדַת מַשָּׂא״, לֹא אָמַרְתִּי אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהָעֲבוֹדָה בַּכָּתֵף.
On aurait pu penser que les Lévites étaient disqualifiés avec le passage des années même à Shilo, le lieu permanent du Tabernacle, et dans le Temple éternel. C’est pourquoi le verset déclare : « Pour accomplir le travail du service, et le travail du port de charges » (Nombres 4:47), juxtaposant les deux formes de service lévitique pour enseigner : J’ai énoncé la disqualification due au passage des années seulement à une époque où il y a un service lévitique impliquant de porter le Tabernacle sur leurs épaules.
כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״מִבֶּן חָמֵשׁ וְעֶשְׂרִים שָׁנָה וָמַעְלָה״, וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״מִבֶּן שְׁלֹשִׁים״, אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר שְׁלֹשִׁים, שֶׁכְּבָר נֶאֱמַר חָמֵשׁ וְעֶשְׂרִים, וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר חָמֵשׁ וְעֶשְׂרִים, שֶׁכְּבָר נֶאֱמַר שְׁלֹשִׁים. הָא כֵּיצַד? חָמֵשׁ וְעֶשְׂרִים לְתַלְמוּד, וּשְׁלֹשִׁים לַעֲבוֹדָה.
La baraita note qu’un verset déclare : « À partir de vingt-cinq ans et au-dessus » (Nombres 8:24), et un verset déclare : « À partir de trente ans et au-dessus » (Nombres 4:47). Il est impossible de dire trente, puisque vingt-cinq est déjà indiqué, et il est impossible de dire vingt-cinq, puisque trente est déjà indiqué. Comment ces versets peuvent-ils être conciliés ? Vingt-cinq ans est le temps de l’apprentissage et trente celui du service.
מִכָּאן לְתַלְמִיד שֶׁלֹּא רָאָה סִימָן יָפֶה בְּמִשְׁנָתוֹ חָמֵשׁ שָׁנִים – שׁוּב אֵינוֹ רוֹאֶה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שָׁלֹשׁ שָׁנִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְגַדְּלָם שָׁנִים שָׁלֹשׁ״, ״וּלְלַמְּדָם סֵפֶר וּלְשׁוֹן כַּשְׂדִּים״.
De là on déduit que un étudiant qui n’a pas vu de signe positif dans ses études après cinq ans n’en verra plus de résultat productif. Rabbi Yossei dit que la période est de trois ans, comme il est dit au sujet de Daniel et de son groupe, qui furent instruits pour le roi de Babylone : « Et ils devront être élevés pendant trois ans » (Daniel 1:5), « et il devra leur enseigner les livres et la langue des Chaldéens » (Daniel 1:4).
וְאִידַּךְ – שָׁאנֵי לְשׁוֹן כַּשְׂדִּים, דְּקַלִּיל. וְאִידַּךְ – שָׁאנֵי הִלְכוֹת עֲבוֹדָה, דְּתַקִּיפִין.
La Guemara demande : Et comment l'autretanna explique-t-il les versets dans Daniel ? La Guemara répond : Il soutient que les versets dans Daniel ne peuvent pas être cités comme source de ce principe, parce que la langue des Chaldéens est différente, car elle est facile et peut être apprise en moins de temps. La Guemara demande : Et comment l'autretanna, Rabbi Yossei, explique-t-il les versets concernant les Lévites ? La Guemara répond : Il soutient que les halakhot du service du Temple sont différentes, car elles sont difficiles et exigent une période d'étude plus longue.
תָּנוּ רַבָּנַן: כֹּהֵן מִשֶּׁיָּבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת עַד שֶׁיַּזְקִין – כָּשֵׁר לַעֲבוֹדָה, וּמוּמִין פּוֹסְלִין בּוֹ. בֶּן לֵוִי מִבֶּן שְׁלֹשִׁים וְעַד בֶּן חֲמִשִּׁים כָּשֵׁר לַעֲבוֹדָה, וְשָׁנִים פּוֹסְלִין בּוֹ. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? בְּאֹהֶל מוֹעֵד שֶׁבַּמִּדְבָּר, אֲבָל בְּשִׁילֹה וּבְבֵית עוֹלָמִים אֵין נִפְסָלִין אֶלָּא בְּקוֹל. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מַאי קְרָא?
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Un prêtre, depuis le moment où il atteint la puberté et fait pousser deux poils pubiens jusqu’à ce qu’il vieillisse, est apte au service du Temple, et les défauts physiques le disqualifient. Un Lévite, de l’âge de trente ans jusqu’à l’âge de cinquante ans, est apte au service du Temple, et le passage des années le disqualifie. Dans quel cas cette déclaration est-elle dite ? Elle a été dite au sujet de la Tente d’Assignation du Tabernacle dans le désert. Mais en ce qui concerne Shilo et le Temple éternel, les Lévites ne sont disqualifiés que par un changement de voix qui les rend incapables de réciter les chants dans le Temple avec leurs frères. Rabbi Yossei a dit : Quel est le verset d’où cela est dérivé ?