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תָּלוּשׁ וּלְבַסּוֹף חִבְּרוֹ לְעִנְיַן שְׁחִיטָה מַאי?
Dans le cas d’une lame qui était détachée et qu’on a finalement fixée, en ce qui concerne l’abattage rituel, quelle est la halakha ?
תָּא שְׁמַע: הָיָה צוֹר יוֹצֵא מִן הַכּוֹתֶל, אוֹ שֶׁהָיָה קָנֶה עוֹלֶה מֵאֵלָיו וְשָׁחַט בּוֹ – שְׁחִיטָתוֹ פְּסוּלָה.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée d’une baraita : S’il y avait un silex sortant d’un mur ou un roseau poussant du sol de lui-même, et qu’il ait abattu avec cela, son abattage n’est pas valide. Puisque le mur lui-même était fait de pierres qui avaient été détachées puis rattachées, l’abattage n’est pas valide.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? בְּכוֹתֶל מְעָרָה. דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי דּוּמְיָא דְּ״קָנֶה עוֹלֶה מֵאֵלָיו״, שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara rejette cette preuve : De quoi s’agit-il ici ? Il s’agit du cas de la paroi d’une grotte qui a toujours été attachée. Le langage de la baraitaest également précis à l’appui de cette explication, car le tannaenseigne le cas du silex qui émerge d’une paroi juxtaposé à, et donc semblable au, cas d’un roseau qui pousse du sol de lui-même, qui lui aussi a toujours été attaché. La Guemara confirme : En effet, apprends-en que tel est le cas.
תָּא שְׁמַע: נָעַץ סַכִּין בַּכּוֹתֶל וְשָׁחַט בָּהּ – שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁרָה. שָׁאנֵי סַכִּין, דְּלָא מְבַטֵּל לֵיהּ.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée d’une baraita : Si quelqu’un a fixé un couteau dans un mur et a abattu avec celui-ci, son abattage est valide. Le couteau avait été détaché puis rattaché, et l’abattage est valide. La Guemara rejette la preuve : La raison pour laquelle l’abattage est valide est qu’un couteau est différent, car il ne le subsume pas au mur.
תָּא שְׁמַע: בִּמְחוּבָּר לַקַּרְקַע שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁרָה. דִּלְמָא פָּרוֹשֵׁי קָא מְפָרֵשׁ לַהּ – מַאי ״מְחוּבָּר לַקַּרְקַע״? סַכִּין, דְּלָא מְבַטֵּל לֵיהּ.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée d’un point antérieur dans cette baraita : Si quelqu’un a abattu avec un objet qui est attaché au sol, son abattage est valide. Il s’agit d’un cas où l’objet a été détaché puis attaché, car plus loin dans la baraita un cas est cité où la lame a toujours été attachée et l’abattage n’est pas valide. La Guemara rejette la preuve : Peut-être que l’expression qui suit dans la baraita : Si quelqu’un a fiché un couteau dans un mur, explique le cas précédent. Et en conséquence, que signifie attaché au sol ? Il s’agit du cas d’un couteau, car il ne le subsume pas au mur. Mais s’il a fiché un silex dans un mur et a abattu avec lui, son abattage serait valide. Par conséquent, il n’y a pas de preuve tirée de cette baraita.
אָמַר מָר: נָעַץ סַכִּין בַּכּוֹתֶל וְשָׁחַט בָּהּ, שְׁחִיטָתוֹ כְּשֵׁרָה. אָמַר רַב עָנָן אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁהַסַּכִּין לְמַעְלָה וְצַוַּאר בְּהֵמָה לְמַטָּה, אֲבָל סַכִּין לְמַטָּה וְצַוַּאר בְּהֵמָה לְמַעְלָה – חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא יִדְרוֹס.
§ Le Maître a dit dans la baraita : Si quelqu’un a fiché un couteau dans un mur et a abattu avec celui-ci, son abattage est valide. Rav Anan dit que Shmuel dit : Le tannaa enseigné cette halakhaseulement dans un cas où le couteau est en haut et le cou de l’animal est en bas, et il soulève la tête de l’animal et la fait aller et venir sur la lame. Mais dans un cas où le couteau est en bas et le cou de l’animal est en haut, l’abattage n’est pas valide, parce que nous craignons qu’il n’appuie sur le couteau, en raison du poids de l’animal, coupant ainsi les simanim sans faire aller et venir le couteau, ce qui invalide l’abattage.
וְהָא קָתָנֵי: בֵּין שֶׁהַסַּכִּין לְמַטָּה וְצַוַּאר בְּהֵמָה לְמַעְלָה, בֵּין שֶׁהַסַּכִּין לְמַעְלָה וְצַוַּאר בְּהֵמָה לְמַטָּה!
La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné explicitement dans la baraita : Avec tout objet qui coupe, on peut abattre rituellement, que ce soit avec une lame attachée au sol ou avec une lame détachée du sol ; que le couteau soit en bas et le cou de l’animal en haut, ou que le couteau soit en haut et le cou de l’animal en bas ?
אָמַר רַב זְבִיד: לִצְדָדִין קָתָנֵי, סַכִּין לְמַטָּה וְצַוַּאר בְּהֵמָה לְמַעְלָה – בְּתָלוּשׁ, סַכִּין לְמַעְלָה וְצַוַּאר בְּהֵמָה לְמַטָּה – בִּמְחוּבָּר. רַב פָּפָּא אָמַר: בְּעוֹפָא דְּקַלִּיל.
Rav Zevid a dit : La baraita est enseignée de manière disjonctive : Dans le cas où le couteau est en bas et le cou de l’animal est en haut, l’abattage est valide lorsque la lame est détachée. Dans le cas où le couteau est en haut et le cou de l’animal est en bas, l’abattage est valide même lorsque la lame est attachée. Rav Pappa a dit : La baraita qui enseigne qu’on peut abattre même lorsque le couteau attaché est en bas fait référence à l’abattage d’un oiseau, qui est léger, et il n’y a pas lieu de craindre que le poids de l’oiseau amène l’abatteur à presser le cou de l’oiseau contre le couteau.
אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַבִּי יִצְחָק, וְאָמְרִי לַהּ בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: חֲמִשָּׁה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בִּקְרוּמִית שֶׁל קָנֶה: אֵין שׁוֹחֲטִין בָּהּ, וְאֵין מָלִין בָּהּ, וְאֵין מְחַתְּכִין בָּהּ בָּשָׂר, וְאֵין מְחַצְּצִין בָּהּ שִׁינַּיִם, וְאֵין מְקַנְּחִים בָּהּ.
§ Rav Ḥisda dit que Rabbi Yitzḥak dit, et certains disent que cela a été enseigné dans une baraita : Cinq choses ont été dites au sujet de la tige d’un roseau, qui est utilisée pour couper en raison de son tranchant. On ne peut ni abattre avec elle, de crainte que des échardes ne s’en détachent et ne se logent dans les simanim, invalidant l’abattage ; ni pratiquer la circoncision avec elle pour la même raison, en raison du danger potentiel ; ni couper de la viande avec elle, de peur que des échardes ne se logent dans la viande et ne mettent en danger celui qui la mange ; ni se curer les dents avec elle, de peur de se blesser ; ni s’essuyer avec elle après avoir fait ses besoins.
אֵין שׁוֹחֲטִין בָּהּ, וְהָתַנְיָא: בַּכֹּל שׁוֹחֲטִין, בֵּין בְּצוֹר, בֵּין בִּזְכוּכִית, בֵּין בִּקְרוּמִית שֶׁל קָנֶה! אָמַר רַב פָּפָּא: בְּסִימוֹנָא דְּאַגְמָא.
La baraita enseigne : On ne peut pas abattre avec cela. La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans une autre baraita : Avec n’importe quel objet tranchant on peut abattre un animal, que ce soit avec un silex, ou avec des éclats de verre, ou avec la tige d’un roseau ? Rav Pappa a dit : Là-bas, il s’agit d’un type spécifique de roseau qui pousse dans un marais, et qui, en séchant, devient une surface lisse et dure.
וְאֵין מְחַתְּכִין בָּהּ בָּשָׂר. רַב פָּפָּא מְחַתֵּךְ בַּהּ קִרְבֵי דָגִים, דְּזִיגִי. רַבָּה בַּר רַב הוּנָא מְחַתֵּךְ בַּהּ עוֹפָא דְּרַכִּיךְ.
La baraita enseigne : On ne doit pas non plus couper de la viande avec cela. Rav Pappa coupe avec la tige d’un roseau les entrailles de poisson, qui sont transparentes, de sorte que toute écharde serait visible. Rabba bar Rav Huna coupe avec cela la viande d’un oiseau, qui est tendre et ne fera pas éclater la tige du roseau.
וְאֵין מְקַנְּחִין בַּהּ, תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם דְּאָמַר מָר: הַמְקַנֵּחַ בְּדָבָר שֶׁהָאוּר שׁוֹלֶטֶת בּוֹ שִׁינָּיו נוֹשְׁרוֹת. אָמַר רַב פָּפָּא: קִינּוּחַ פִּי מַכָּה קָאָמְרִינַן.
La baraita enseigne : Ni s’essuyer avec cela après s’être soulagé. La Guemara objecte : Déduis qu’on ne peut pas s’essuyer avec cela car le Maître a dit : Celui qui s’essuie avec un objet inflammable, ses dents inférieures, c’est-à-dire le rectum qui maintient les intestins en place, tombent. Rav Pappa dit en explication : La référence dans la baraita ne concerne pas le fait de s’essuyer après s’être soulagé. Au contraire, nous parlons du fait de nettoyer le sang ou la saleté de l’ouverture d’une plaie.
הַכֹּל שׁוֹחֲטִין, וּלְעוֹלָם שׁוֹחֲטִין. הַכֹּל שׁוֹחֲטִין – הַכֹּל בִּשְׁחִיטָה, וַאֲפִילּוּ עוֹף.
§ La michna enseigne : Tous pratiquent l’abattage [hakkol shoḥatin] et l’on peut toujours abattre. La Guemara interprète l’expression : Tous pratiquent l’abattage [hakkol shoḥatin], comme signifiant que tous les animaux sont inclus dans la mitsva de l’abattage, même un oiseau.
לְעוֹלָם שׁוֹחֲטִין, מַאן תַּנָּא? אָמַר רַבָּה: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל הִיא, דְּתַנְיָא: ״כִּי יַרְחִיב ה׳ אֱלֹהֶיךָ אֶת גְּבוּלְךָ כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר לָךְ וְאָמַרְתָּ אֹכְלָה בָשָׂר וְגוֹ׳״, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: לֹא בָּא הַכָּתוּב אֶלָּא לְהַתִּיר לָהֶם בְּשַׂר תַּאֲוָה.
Concernant l’affirmation : On peut toujours abattre, qui est le tanna qui a enseigné cette halakha ? Rabba a dit : C’est Rabbi Yishmaël, comme cela est enseigné dans une baraita au sujet du verset : « Lorsque le Seigneur ton Dieu élargira ton territoire, comme Il te l’a promis, et que tu diras : Je mangerai de la viande…tu pourras manger de la viande selon tout le désir de ton âme » (Deutéronome 12:20), Rabbi Yishmaël dit : Le verset vient seulement permettre la consommation de la viande de désir non sacrificielle au peuple juif.
שֶׁבַּתְּחִלָּה, נֶאֱסַר לָהֶם בְּשַׂר תַּאֲוָה, מִשֶּׁנִּכְנְסוּ לָאָרֶץ הוּתַּר לָהֶם בְּשַׂר תַּאֲוָה.
Ainsi, au début, la viande de désir leur était interdite, et quiconque voulait manger de la viande offrait l’animal en offrande. Après que le prêtre avait aspergé le sang, il lui était permis de manger la viande. Lorsqu’ils entrèrent en Eretz Yisrael, la viande de désir leur fut permise, et ils pouvaient abattre et manger de la viande partout où ils le souhaitaient.
וְעַכְשָׁיו שֶׁגָּלוּ, יָכוֹל יַחְזְרוּ לְאִיסּוּרָן הָרִאשׁוֹן? לְכָךְ שָׁנִינוּ: לְעוֹלָם שׁוֹחֲטִין.
Rabba a ajouté : Et maintenant que le peuple juif a été exilé, aurait-on pu penser qu'ils retournent à leur interdiction initiale ? C'est pourquoi nous avons appris dans la michna : On peut toujours abattre de la viande non sacrificielle.
מַתְקֵיף לַהּ רַב יוֹסֵף: הַאי ״לְעוֹלָם שׁוֹחֲטִין״, ״לְעוֹלָם שׁוֹחֲטִין וְאוֹכְלִין״ מִבְּעֵי לֵיהּ! וְעוֹד, מֵעִיקָּרָא מַאי טַעְמָא אִיתְּסַר – מִשּׁוּם דְּהָווּ מְקָרְבִי לְמִשְׁכָּן, וּלְבַסּוֹף מַאי טַעְמָא אִישְׁתְּרוֹ – דַּהֲווֹ מְרַחֲקִי מִמִּשְׁכָּן,
Rav Yosef objecte à cela. Si tel est le cas, cette expression : On peut toujours abattre, est inappropriée ; le tanna aurait dû enseigner : On peut toujours abattre et manger, car la question de la permission concerne principalement la consommation de la viande, et non l’abattage de l’animal. Et de plus, au départ, quelle est la raison pour laquelle la viande de désir était interdite ? C’était parce que dans le désert, ils étaient proches du Tabernacle et pouvaient prendre part à la viande sacrificielle de la table de Dieu. Et finalement, quelle est la raison pour laquelle la viande de désir a été permise ? La raison était que en Eretz Yisrael ils étaient éloignés du Tabernacle.

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