וְאֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה.
mais ils n’ont pas la capacité d’établir un statut halakhique au moyen de la pensée.
אֲמַר לֵיהּ: מַחְשָׁבָה גְּרֵידְתָּא לָא קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ, כִּי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ – מַחְשַׁבְתּוֹ נִיכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשָׂיו.
Rabbi Ḥiyya bar Abba dit à Rabbi Ami : En ce qui concerne un cas d’établissement d’un statut halakhique au moyen de la pensée seule, Rabbi Yoḥanan ne soulève pas de dilemme. Lorsqu’il soulève un dilemme, c’est à propos d’un cas où sa pensée est discernable à travers ses actes.
כְּגוֹן דַּהֲוָה קָיְימָא עוֹלָה בַּדָּרוֹם, וְאַתְיַיהּ בַּצָּפוֹן וְשַׁחְטַהּ, מַאי? מִדְּאַתְיַיהּ בַּצָּפוֹן וְשַׁחְטַהּ אִיכַּוֵּין לַהּ, אוֹ דִילְמָא מָקוֹם הוּא דְּלָא אִיתְרְמִי לֵיהּ?
Par exemple, dans un cas où un animal apporté comme holocauste se tenait au sud de la cour du Temple et un mineur l’a conduit au nord de la cour, l’endroit désigné pour son abattage, et l’a abattu là, quelle est la halakha ? Peut-on conclure du fait qu’il l’a conduit au nord et l’a abattu là que son intention était de sacrifier l’animal en tant qu’holocauste ; ou peut-être a-t-il déplacé l’animal vers le nord parce qu’il ne se trouvait pas de place disponible pour lui au sud ?
הָא נָמֵי אַמְרַהּ רַבִּי יוֹחָנָן חֲדָא זִימְנָא, דִּתְנַן: הַמַּעֲלֶה פֵּירוֹתָיו לַגַּג מִפְּנֵי הַכְּנִימָה, וְיָרַד עֲלֵיהֶם טַל – אֵינָן בְּ״כִי יוּתַּן״, וְאִם נִתְכַּוֵּין לְכָךְ – הֲרֵי הֵן בְּ״כִי יוּתַּן״.
Rabbi Ami demanda : Mais en ce qui concerne cette question également, Rabbi Yoḥanan a déjà dit une résolution définitive une fois, comme nous l’avons appris dans une michna (Makhshirin 6:1) : Dans le cas de quelqu’un qui monte sa récolte sur le toit pour la protéger des insectes, et que la rosée est tombée dessus, la récolte n’entre pas dans la catégorie du verset : « Mais quand de l’eau est mise sur la semence » (Lévitique 11:38), d’où l’on déduit que la récolte ne devient susceptible à l’impureté rituelle que si elle est humidifiée par l’un des sept liquides et que son propriétaire y consent. Et si, après avoir monté la récolte sur le toit, il avait l’intention que la récolte soit humidifiée par la rosée, la récolte entre dans la catégorie du verset : « Mais quand de l’eau est mise sur la semence ».
הֶעֱלוּם חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן, אַף עַל פִּי שֶׁנִּתְכַּוְּונוּ לְכָךְ, אֵינָן בְּ״כִי יוּתַּן״, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה וְאֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה.
Cette michna continue : Dans le cas où un sourd-muet, une personne mentalement incapable ou un mineur ont monté le produit sur le toit, même s’ils avaient l’intention que le produit soit humidifié par la rosée, le produit n’entre pas dans la catégorie du verset « Mais lorsque de l’eau est mise sur la semence » en raison du fait qu’ils ont la capacité d’accomplir une action mais n’ont pas la capacité d’une pensée ayant une efficacité halakhique.
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא הִיפֵּךְ בָּהֶן, אֲבָל הִיפֵּךְ בָּהֶן – הֲרֵי זֶה בְּ״כִי יוּתַּן״.
Et Rabbi Yoḥanan dit : Le tanna a enseigné cette halakha seulement dans un cas où le mineur ne les a pas retournés. Mais s’il les a retournés, indiquant qu’il veut qu’ils soient humidifiés par la rosée, le produit entre dans la catégorie du verset : « Mais lorsque de l’eau est mise sur la semence. » Il est évident que Rabbi Yoḥanan statue que, lorsque l’intention d’un mineur est apparente à travers ses actes, elle a une efficacité halakhique.
הָכִי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ: דְּאוֹרָיְיתָא אוֹ דְּרַבָּנַן?
Rabbi Ḥiyya bar Abba dit à Rabbi Ami que c’est le dilemme que Rabbi Yoḥanan soulève : Dans un cas où l’intention d’un mineur est claire à travers ses actes, le fait que sa pensée soit effective relève-t-il de la loi de la Torah ou de la loi rabbinique ? C’est une version de l’échange entre Rabbi Ḥiyya bar Abba et Rabbi Ami.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מַתְנֵי הָכִי: אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, בָּעֵי רַבִּי יוֹחָנָן: קָטָן יֵשׁ לוֹ מַעֲשֶׂה אוֹ אֵין לוֹ מַעֲשֶׂה?
Rav Naḥman bar Yitzḥak enseigne leur échange de cette manière. Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan soulève un dilemme : En ce qui concerne un mineur, a-t-il la capacité d’accomplir un acte ayant une efficacité halakhique ou n’a-t-il pas la capacité d’accomplir un tel acte ?
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַמֵּי: וְתִיבְּעֵי לֵיהּ מַחְשָׁבָה! מַאי שְׁנָא מַחְשָׁבָה דְּלָא קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ? דִּתְנַן: אֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה. מַעֲשֶׂה נָמֵי לָא תִּיבְּעֵי לֵיהּ, דִּתְנַן: יֵשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה.
Rabbi Ami dit à Rabbi Ḥiyya bar Abba : Et que Rabbi Yoḥanan soulève ce dilemme au sujet de la pensée d’un mineur. Qu’est-ce qui distingue la pensée d’un mineur pour que Rabbi Yoḥanan ne soulève pas de dilemme ? Est-ce en raison du fait que nous avons appris dans une michna (Kelim 17:15) : Un sourd-muet, un imbécile et un mineur n’ont pas la capacité d’une pensée effective ? En ce qui concerne l’action, qu’il ne soulève pas non plus ce dilemme, puisque nous avons appris dans la même michna : Ils ont la capacité d’accomplir une action.
הָכִי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ: דְּאוֹרָיְיתָא אוֹ דְּרַבָּנַן? וּפָשֵׁיט: יֵשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה, וַאֲפִילּוּ מִדְּאוֹרָיְיתָא, אֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה, וַאֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנַן. מַחְשַׁבְתּוֹ נִיכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשָׂיו – מִדְּאוֹרָיְיתָא אֵין לוֹ, מִדְּרַבָּנַן יֵשׁ לוֹ.
Rabbi Ḥiyya bar Abba dit à Rabbi Ami que tel est le dilemme que Rabbi Yoḥanan soulève : Le fait que leurs actes soient effectifs et que leur pensée soit sans effet est-il selon la loi de la Torah, de sorte que l’acte d’un mineur serait par conséquent effectif même en ce qui concerne le sacrifice d’un holocauste, ou bien ce fait relève-t-il de la loi rabbinique et n’est-il qu’une simple rigueur ? Et Rabbi Yoḥanan résout le dilemme : Ils ont la capacité d’accomplir un acte et celui-ci est effectif, même selon la loi de la Torah. Mais ils n’ont pas la capacité d’avoir une pensée effective, même selon la loi rabbinique. Néanmoins, dans un cas où sa pensée est apparente à partir de ses actes, selon la loi de la Torah il n’a pas de pensée effective, et selon la loi rabbinique il a une pensée effective.
בְּעָא מִינֵּיהּ שְׁמוּאֵל מֵרַב הוּנָא: מִנַּיִן לַמִּתְעַסֵּק בְּקָדָשִׁים שֶׁהוּא פָּסוּל? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁחַט אֶת בֶּן הַבָּקָר״, שֶׁתְּהֵא שְׁחִיטָה לְשֵׁם בֶּן בָּקָר. אָמַר לוֹ: זוֹ בְּיָדֵינוּ הִיא, לְעַכֵּב מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לִרְצוֹנְכֶם תִּזְבָּחֻהוּ״, לְדַעְתְּכֶם זְבוּחוּ.
§ Shmuel demanda à Rav Huna : D’où est-il dérivé, au sujet de celui qui agit sans en avoir conscience dans l’abattage de sacrifices, c’est-à-dire qu’il a abattu sans avoir du tout l’intention d’accomplir l’acte d’abattage, que l’offrande est disqualifiée ? Rav Huna lui dit que cela est dérivé d’un verset, comme il est dit : « Et il abattra le jeune taureau » (Lévitique 1:5), indiquant que l’abattage doit être fait pour le jeune taureau, c’est-à-dire en sachant qu’il accomplit un acte d’abattage. Shmuel lui dit : cela, nous l’avons déjà reçu comme une halakha établie, qu’il faut avoir l’intention d’abattre l’animal ab initio. Mais d’où est-il dérivé que l’intention d’abattre est indispensable même a posteriori ? Cela est dérivé d’un verset, car le verset dit : « Vous l’abattrez selon votre volonté » (Lévitique 19:5), indiquant : Abattez l’animal avec votre intention, c’est-à-dire sous la forme d’une action délibérée.
מַתְנִי׳ שְׁחִיטַת נׇכְרִי נְבֵלָה, וּמְטַמְּאָה בְּמַשָּׂא.
MICHNA :L’abattage effectué par un gentil rend l’animal une charogne non abattue rituellement, et la charogne transmet l’impureté rituelle par le transport.
גְּמָ׳ נְבֵלָה – אִין, אִיסּוּר הֲנָאָה – לָא. מַאן תַּנָּא? אָמַר רַבִּי חִיָּיא בְּרַבִּי אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: דְּלָא כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּאִי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר – הָאָמַר: סְתָם מַחְשֶׁבֶת נׇכְרִי לַעֲבוֹדָה זָרָה.
GUEMARA : L’abattage rend l’animal une carcasse non abattue rituellement, oui ; un objet dont tirer profit est interdit, non. Qui est le tanna qui a enseigné la michna ? Rabbi Ḥiyya, fils de Rabbi Abba, a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Cela n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer, car, si c’était conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer, ne dit-il pas : La pensée non spécifiée d’un gentil est pour l’idolâtrie.
רַבִּי אַמֵּי אָמַר: הָכִי קָתָנֵי, שְׁחִיטַת נׇכְרִי – נְבֵלָה, הָא דְּמִין – לַעֲבוֹדָה זָרָה. תְּנֵינָא לְהָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: שְׁחִיטַת מִין לַעֲבוֹדָה זָרָה, פִּיתּוֹ – פַּת כּוּתִי, יֵינוֹ – יֵין נֶסֶךְ, סְפָרָיו – סִפְרֵי קוֹסְמִין, פֵּירוֹתָיו – טְבָלִין, וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף
Rabbi Ami a dit que c’est ce que la michna enseigne : l’abattage effectué par un gentil rend l’animal comme une carcasse non abattue rituellement, mais l’abattage effectué par un hérétique est pour le culte de l’idolâtrie. La Guemara fait remarquer : Nous apprenons d’une déduction dans la michna ce que les Sages ont enseigné explicitement dans une baraita : L’abattage effectué par un hérétique est pour le culte de l’idolâtrie et il est interdit d’en tirer profit ; le statut halakhique de son pain est celui du pain d’un Samaritain, le statut de son vin est celui du vin utilisé pour une libation dans le culte idolâtre ; ses rouleaux sacrés qu’il écrit sont des rouleaux de sorciers et c’est une mitsva de les brûler ; sa production est une production non prélevée même s’il a séparé la terouma et les dîmes, et certains disent : Même