הָכִי קָאָמַר: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה לְרַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּשּׁוּק, שֶׁאַף רַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי לֹא נֶחְלַק עָלָיו אֶלָּא בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת, אֲבָל בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּשּׁוּק מוֹדֵי לֵיהּ, וְנִרְאִין כּוּ׳.
La Guemara explique : Ceci est ce que Rabbi Yehuda HaNasi est en train de dire : L’affirmation de Rabbi Yehuda paraît correcte à Rabbi Ḥanina, fils de Rabbi Yosei HaGelili, dans un cas où quelqu’un les a trouvés dans un tas d’ordures qui se trouve sur un marché, car Rabbi Ḥanina, fils de Rabbi Yosei HaGelili, est en désaccord avec Rabbi Yehuda seulement dans un cas où quelqu’un les a trouvés dans un tas d’ordures qui se trouve dans la maison. Mais dans un cas où il les a trouvés dans un tas d’ordures qui se trouve sur un marché, il concède à Rabbi Yehuda. Et l’affirmation de Rabbi Ḥanina, fils de Rabbi Yosei HaGelili, paraît correcte à Rabbi Yehuda dans un cas où il les a trouvés dans la maison, car il concède à Rabbi Ḥanina dans ce cas.
חוּץ מֵחֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן, שֶׁמָּא יְקַלְקְלוּ אֶת שְׁחִיטָתָן. ״שֶׁמָּא קִלְקְלוּ״ לָא קָתָנֵי, אֶלָּא ״שֶׁמָּא יְקַלְקְלוּ״. אָמַר רָבָא: זֹאת אוֹמֶרֶת אֵין מוֹסְרִין לָהֶן חוּלִּין לְכַתְּחִלָּה.
§ La michna a énoncé : Tous abattent un animal, c’est-à-dire peuvent effectuer un abattage valable selon la halakha, et leur abattage est valable, sauf un sourd-muet, un imbécile et un mineur, de peur qu’ils ne gâchent leur abattage. La Guemara en déduit : Le tannan’enseigne pas : En raison de la crainte qu’ils aient gâché leur abattage, au passé ; au contraire, il enseigne : De peur qu’ils ne gâchent leur abattage, au futur. Rava dit : Cela veut dire qu’on ne leur confie pas d’animaux non consacrés pour l’abattage ab initio, même sous la supervision d’autrui.
וְכוּלָּן שֶׁשָּׁחֲטוּ וַאֲחֵרִים רוֹאִים אוֹתָם, שְׁחִיטָתָן כְּשֵׁרָה. מַאן תְּנָא דְּלָא בָּעֵינַן כַּוָּונָה לִשְׁחִיטָה?
La michna continue : Et pour tous ceux-là, lorsqu’ils ont abattu un animal et que d’autres les voient et les surveillent, leur abattage est valide, y compris même un sourd-muet, un déficient mental et un mineur, qui n’ont pas la compétence requise et dont l’intention n’a pas d’effet halakhique. La Guemara demande : Qui est le tanna qui a enseigné que nous n’exigeons pas d’intention pour l’abattage ?
אָמַר רָבָא: רַבִּי נָתָן הִיא, דְּתָנֵי אוֹשַׁעְיָא זְעֵירָא דְּמִן חַבְרַיָּא: זָרַק סַכִּין לְנוֹעֳצָהּ בַּכּוֹתֶל, וְהָלְכָה וְשָׁחֲטָה כְּדַרְכָּהּ – רַבִּי נָתָן מַכְשִׁיר, וַחֲכָמִים פּוֹסְלִין. הוּא תָּנֵי לַהּ, וְהוּא אָמַר לַהּ: הֲלָכָה כְּרַבִּי נָתָן.
Rava a dit : C’est l’opinion de Rabbi Natan, comme l’a enseigné Oshaya, le plus jeune du groupe des Sages, dans une baraita, en disant : Si quelqu’un a lancé un couteau pour l’enfoncer dans le mur, et au cours de son vol le couteau est allé et a abattu rituellement un animal de la manière appropriée, Rabbi Natan considère l’abattage valide, et les Sages considèrent l’abattage non valide. Oshaya enseigne la baraita et dit à son sujet : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Natan, selon laquelle il n’est pas nécessaire d’avoir l’intention d’accomplir un acte d’abattage valide.
וְהָא בָּעֵינַן מוֹלִיךְ וּמֵבִיא? שֶׁהָלְכָה וּבָאָה כְּדַרְכָּהּ.
La Guemara demande : Comment l’abattage dans la baraita pourrait-il être valide ? Mais n’exigeons-nous pas que l’abatteur déplace le couteau d’avant en arrière sur la gorge de l’animal ? Lorsqu’on lance un couteau, il va dans une direction et ne revient pas. La Guemara répond : Le cas dans la baraita est celui où le couteau est allé et a coupé la gorge de l’animal, a ricoché contre le mur et est revenu pour couper de nouveau la gorge de la manière appropriée .
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, בָּעֵי רַבִּי יוֹחָנָן: קָטָן יֵשׁ לוֹ מַחְשָׁבָה, אוֹ אֵין לוֹ מַחְשָׁבָה?
§ Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan soulève un dilemme : Dans les questions qui exigent pensée et intention, un mineur a-t-il une pensée ayant une efficacité halakhique, ou n’a-t-il pas une pensée ayant une efficacité halakhique ?
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַמֵּי: וְתִיבְּעֵי לֵיהּ מַעֲשֶׂה? מַאי שְׁנָא מַעֲשֶׂה דְּלָא קָא מִבַּעְיָא לֵיהּ – דִּתְנַן: ״יֵשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה״? מַחְשָׁבָה נָמֵי לָא תִּיבְּעֵי לֵיהּ, דִּתְנַן: ״אֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה״!
Rabbi Ami dit à Rabbi Ḥiyya bar Abba : Et que Rabbi Yoḥanan soulève ce dilemme au sujet de l’action d’un mineur, à savoir si l’action d’un mineur qui indique une intention est effective. Qu’est-ce qui distingue l’action d’un mineur pour que Rabbi Yoḥanan ne soulève pas de dilemme ? Est-ce en raison du fait que nous avons appris dans une michna (Kelim 17:15) : un sourd-muet, un déficient mental et un mineur ont la capacité d’accomplir une action ayant une efficacité halakhique ? En ce qui concerne la pensée, qu’il ne soulève pas non plus ce dilemme, puisque nous avons appris dans la même michna : Ils n’ont pas la capacité d’une pensée ayant une efficacité halakhique.
דִּתְנַן: הָאַלּוֹן, וְהָרִמּוֹן, וְהָאֱגוֹז שֶׁחֲקָקוּם תִּינוֹקוֹת לָמוֹד בָּהֶן עָפָר, אוֹ שֶׁהִתְקִינוּם לְכַף מֹאזְנַיִם – טְמֵאִין, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה,
Comme nous l’avons appris dans cette michna : En ce qui concerne un gland, une grenade ou une noix, que des mineurs ont évidés afin de mesurer de la terre avec eux ou qu’ils ont fixés à une balance, le statut halakhique de ces coquilles est celui d’ustensiles, et elles sont susceptibles d’impureté rituelle. En revanche, si les mineurs ont simplement pensé à utiliser les coquilles pour mesurer ou peser, contrairement aux adultes, ils ne transforment pas ainsi ces coquilles en ustensiles. La raison de cette distinction est due au fait qu’ils ont la capacité d’accomplir une action,