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פֶּסַח וְקָדָשִׁים מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אֶלָּא הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר – אֶפְשָׁר, הֵיכָא דְּלָא אֶפְשָׁר – לָא אֶפְשָׁר. הָכָא נָמֵי, הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר – אֶפְשָׁר, הֵיכָא דְּלָא אֶפְשָׁר – לָא אֶפְשָׁר.
alors, en ce qui concerne l’offrande pascale et la viande sacrificielle que l’on est tenu de manger, que peut-on dire ? Plutôt, selon Rabbi Meir, il n’y a pas d’autre choix que de dire : Là où il est possible d’examiner la situation, cela est possible, et on ne suit pas la majorité ; là où il n’est pas possible d’examiner la situation, cela n’est pas possible, et on suit la majorité. Si tel est le cas, ici aussi, selon les Sages, on ne peut pas prouver à partir des sources ci-dessus que l’on suit ab initio une majorité non quantifiable, car peut-être que là où il est possible d’examiner la situation, cela est possible, et là où il n’est pas possible d’examiner la situation, cela n’est pas possible, et on suit la majorité.
אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַב: רָאָה אֶחָד שֶׁשָּׁחַט, אִם רָאָהוּ מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף – מוּתָּר לֶאֱכוֹל מִשְּׁחִיטָתוֹ, וְאִם לָאו – אָסוּר לֶאֱכוֹל מִשְּׁחִיטָתוֹ.
§ Rav Naḥman dit que Rav dit : Dans le cas d’une personne qui a vu quelqu’un qui a abattu un animal, si la personne l’a vu l’abattre de manière continue du début à la fin de l’acte, il lui est permis de manger de son abattage, et sinon, il lui est interdit de manger de son abattage.
הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּיָדַע דִּגְמִיר, לְמָה לִי רָאָה? וְאִי דְּיָדַע דְּלָא גְּמִיר, פְּשִׁיטָא!
La Guemara demande : Quelles sont les circonstances ? Si c’est un cas l’observateur sait qu’il est compétent dans les halakhot de l’abattage rituel, pourquoi faut-il que l’observateur ait vu l’abattage ? Même s’il ne l’a pas vu abattre, l’observateur peut se fier à son abattage. Et si l’observateur sait qu’il n’est pas compétent dans les halakhot de l’abattage rituel, il est évident que ce n’est que si la personne l’a vu abattre du début à la fin qu’il lui est permis de manger de son abattage.
וְאֶלָּא, דְּלָא יְדַע אִי גְּמִיר אִי לָא גְּמִיר, לֵימָא: רוֹב מְצוּיִין אֵצֶל שְׁחִיטָה מוּמְחִין הֵן.
Au contraire, c’est אולי un cas l’observateur ne sait pas s’il est compétent ou s’il ne l’est pas. Mais si tel est le cas, disons : La majorité de ceux qui sont associés à l’abattage rituel sont des experts dans les halakhot de l’abattage rituel, et l’on peut se fier à son abattage rituel.
מִי לָא תַּנְיָא: הֲרֵי שֶׁמָּצָא תַּרְנְגוֹלֶת שְׁחוּטָה בַּשּׁוּק, אוֹ שֶׁאָמַר לִשְׁלוּחוֹ ״צֵא שְׁחוֹט״, וְהָלַךְ וּמָצָא שָׁחוּט – חֶזְקָתוֹ שָׁחוּט.
N’est-il pas enseigné dans une baraita : Dans un cas où quelqu’un a trouvé une poule abattue au marché, ou lorsqu’on a dit à son agent : Sors et abats une poule, et il est allé et a trouvé la poule abattue sans savoir qui l’a abattue, son statut présumé est qu’elle a été abattue correctement.
אַלְמָא אָמְרִינַן: רוֹב מְצוּיִין אֵצֶל שְׁחִיטָה מוּמְחִין הֵן. הָכָא נָמֵי לֵימָא: רוֹב מְצוּיִין אֵצֶל שְׁחִיטָה מוּמְחִין הֵן!
Apparemment, nous disons : La majorité de ceux associés à l’abattage rituel sont des experts. Ici aussi, dans un cas où l’on ne sait pas s’il est compétent, disons : La majorité de ceux associés à l’abattage rituel sont des experts.
לְעוֹלָם דְּיָדַע דְּלָא גְּמִיר, וּכְגוֹן דִּשְׁחַט קַמַּן חַד סִימָן שַׁפִּיר. מַהוּ דְּתֵימָא: מִדְּהַאי שַׁפִּיר הָךְ נָמֵי שַׁפִּיר, קָא מַשְׁמַע לַן: הַאי אִתְרְמוֹיֵי אִיתְרְמִי לֵיהּ, אִידַּךְ – שֶׁמָּא שָׁהָה שֶׁמָּא דָּרַס.
La Guemara répond : En réalité, il s’agit d’un cas l’observateur sait que celui qui abat n’est pas versé dans les halakhot de l’abattage, et où il a abattu correctement un siman devant nous. De peur que tu ne dises : Du fait que ce siman a été abattu correctement, cet autre siman a lui aussi été abattu correctement ; par conséquent, Rav nous enseigne qu’il n’en est pas ainsi. Car, peut-être que ce siman se trouva avoir été abattu correctement par lui, mais en ce qui concerne l’autre siman, peut-être a-t-il interrompu l’abattage ou peut-être a-t-il appuyé sur le couteau, invalidant l’abattage.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב דִּימִי בַּר יוֹסֵף מֵרַב נַחְמָן: הָאוֹמֵר לִשְׁלוּחוֹ ״צֵא וּשְׁחוֹט״, וְהָלַךְ וּמָצָא שָׁחוּט, מַהוּ? אָמַר לוֹ: חֶזְקָתוֹ שָׁחוּט. הָאוֹמֵר לִשְׁלוּחוֹ ״צֵא וּתְרוֹם״, וְהָלַךְ וּמָצָא תָּרוּם, מַאי? אֲמַר לֵיהּ: אֵין חֶזְקָתוֹ תָּרוּם.
Rav Dimi bar Yosef souleva un dilemme devant Rav Naḥman : En ce qui concerne quelqu’un qui dit à son agent : Va et abats une poule, et il alla et trouva la poule abattue, quelle est la halakha ? Rav Naḥman lui dit : Son statut présumé est qu’elle a été abattue correctement. Et il souleva un autre dilemme : En ce qui concerne quelqu’un qui dit à son agent : Va et prélève la teruma pour moi, et il alla et trouva que la teruma avait été prélevée de sa production, quelle est la halakha ? Rav Naḥman lui dit : Son statut présumé n’est pas que la teruma a été prélevée.
מָה נַפְשָׁךְ, אִי חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ – אֲפִילּוּ תְּרוּמָה נָמֵי, וְאִי אֵין חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ – אֲפִילּוּ שְׁחִיטָה נָמֵי לָא.
Rav Dimi bar Yosef objecta : Quelle que soit la manière dont on le considère, ta décision pose problème. S'il y a une présomption qu'un agent accomplit sa mission assignée, cela devrait être le cas même en ce qui concerne la terouma ; et s'il n'y a pas de présomption qu'un agent accomplit sa mission assignée, il ne devrait y avoir aucune telle présomption même en ce qui concerne l'abattage rituel.
אֲמַר לֵיהּ: לְכִי תֵּיכוּל עֲלַהּ כּוֹרָא דְמִלְחָא, לְעוֹלָם אֵין חֲזָקָה שָׁלִיחַ עוֹשֶׂה שְׁלִיחוּתוֹ, וּשְׁחִיטָה – אִי נָמֵי דִּילְמָא אִינָשׁ אַחֲרִינָא שְׁמַע וַאֲזַל שְׁחַט – רוֹב מְצוּיִין אֵצֶל שְׁחִיטָה מוּמְחִין הֵן. תְּרוּמָה – דִּילְמָא אִינָשׁ אַחֲרִינָא שְׁמַע וַאֲזַל תְּרַם, הָוֵה לֵיהּ תּוֹרֵם שֶׁלֹּא מִדַּעַת, וְהַתּוֹרֵם שֶׁלֹּא מִדַּעַת – אֵין תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה.
Rav Naḥman dit à Rav Dimi sur le ton de la plaisanterie : Après que tu auras mangé un kor de sel à ce sujet, et analysé longuement la question, tu pourras comprendre la différence. En réalité, il n’y a pas de présomption qu’un agent accomplisse sa mission assignée, et dans le cas de l’abattage rituel, même si peut-être une autre personne a entendu qu’il donnait des instructions à l’agent et que cette personne est allée et a abattu le poulet, l’abattage serait valide, parce que la majorité de ceux qui sont associés à l’abattage rituel sont des experts. En revanche, dans le cas de la terouma, si peut-être une autre personne a entendu qu’il donnait des instructions à l’agent et puis est allée et a séparé sa terouma, elle devient quelqu’un qui désigne une terouma sans la connaissance du propriétaire de la récolte ; et en ce qui concerne quelqu’un qui désigne une terouma sans la connaissance du propriétaire de la récolte, sa terouma n’est pas une terouma.
לֵימָא: רוֹב מְצוּיִין אֵצֶל שְׁחִיטָה מוּמְחִין הֵן תַּנָּאֵי הִיא? דְּתַנְיָא: הֲרֵי שֶׁאָבְדוּ לוֹ גְּדָיָיו וְתַרְנְגוֹלָיו וְהָלַךְ וּמְצָאָן שְׁחוּטִים – רַבִּי יְהוּדָה אוֹסֵר, רַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי מַתִּיר. אָמַר רַבִּי: נִרְאִין דְּבָרִים שֶׁל רַבִּי יְהוּדָה שֶׁמְּצָאָן בְּאַשְׁפָּה, וְדִבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי שֶׁמְּצָאָן בְּבַיִת.
La Guemara suggère : Disons que l’affirmation : La majorité de ceux qui sont associés à l’abattage sont des experts, est un différend entre tannaïm, comme cela est enseigné dans une baraita : Dans un cas où les jeunes chèvres et les coqs de quelqu’un ont été perdus, et le propriétaire est allé et les a trouvés abattus, Rabbi Yehuda considère la viande interdite, tandis que Rabbi Ḥanina, fils de Rabbi Yosei HaGelili, la considère permise. Rabbi Yehuda HaNasi a dit : L’opinion de Rabbi Yehuda paraît correcte dans un cas le propriétaire les a trouvés abattus dans un tas d’ordures, car on craint qu’ils aient été jetés parce que l’abattage n’était pas valide. Et l’opinion de Rabbi Ḥanina, fils de Rabbi Yosei HaGelili, paraît correcte dans un cas où il les a trouvés dans la maison.
מַאי לָאו בְּהָא קָמִיפַּלְגִי, דְּמָר סָבַר: אָמְרִינַן רוֹב מְצוּיִין אֵצֶל שְׁחִיטָה מוּמְחִין הֵן, וּמָר סָבַר: לָא אָמְרִינַן רוֹב מְצוּיִין אֵצֶל שְׁחִיטָה מוּמְחִין הֵן?
N’est-ce pas à propos de cette question qu’ils sont en désaccord, à savoir qu’un Sage, Rabbi Ḥanina, soutient : Nous disons que la majorité de ceux qui sont impliqués dans l’abattage sont des experts, tandis qu’un Sage, Rabbi Yehuda, soutient : Nous ne disons pas que la majorité de ceux qui sont impliqués dans l’abattage sont des experts ?
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא רוֹב מְצוּיִין אֵצֶל שְׁחִיטָה מוּמְחִין הֵן, וּבְבַיִת – דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי, בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּשּׁוּק – דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאָסוּר, כִּי פְּלִיגִי בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת: מָר סָבַר אָדָם עָשׂוּי לְהַטִּיל נִבְלָתוֹ בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת, וּמַר סָבַר אֵין אָדָם עָשׂוּי לְהַטִּיל נִבְלָתוֹ בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Non, le fait est que tout le monde est d’accord sur le fait que la majorité de ceux associés à l’abattage sont des experts, et s’il a trouvé les chevreaux ou les coqs abattus dans la maison, tout le monde est d’accord pour dire que c’est permis de manger la viande. S’il les a trouvés dans un tas d’ordures qui se trouve au marché, tout le monde est d’accord pour dire que c’est interdit de manger la viande. Là où ils sont en désaccord, c’est dans un cas où il les a trouvés dans un tas d’ordures qui se trouve dans la maison. Un Sage, Rabbi Yehouda, soutient : Une personne a tendance à jeter la carcasse de son animal non abattu dans un tas d’ordures qui se trouve dans la maison. Et un Sage, Rabbi Ḥanina, soutient : Une personne n’a pas tendance à jeter la carcasse de son animal non abattu dans un tas d’ordures qui se trouve dans la maison.
אָמַר מָר, אָמַר רַבִּי: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה שֶׁמְּצָאָן בְּאַשְׁפָּה. מַאי אַשְׁפָּה? אִילֵּימָא אַשְׁפָּה שֶׁבְּשׁוּק – הָא אָמְרַתְּ דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּאָסוּר! אֶלָּא לָאו פְּשִׁיטָא בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת.
Le Maître a dit dans la baraita que Rabbi Yehouda HaNassi a dit : L’affirmation de Rabbi Yehouda paraît correcte dans un cas où il les a trouvés dans le tas de rebut. La Guemara demande : À quoi le terme tas de rebut fait-il référence ici ? Si nous disons que la référence est à un tas de rebut sur le marché, n’as-tu pas dit que tout le monde est d’accord pour dire que c’est interdit, et que ce n’est pas seulement l’opinion de Rabbi Yehouda ? Au contraire, il est évident qu’il l’a trouvé sur un tas de rebut qui se trouve dans la maison, et c’est dans ce cas que Rabbi Yehouda HaNassi tranche conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda.
אֵימָא סֵיפָא, וְדִבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי שֶׁמְּצָאָן בְּבַיִת. מַאי בַּיִת? אִילֵּימָא בַּיִת מַמָּשׁ – הָאָמְרַתְּ דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּשְׁרֵי! אֶלָּא פְּשִׁיטָא בְּאַשְׁפָּה שֶׁבַּבַּיִת. קַשְׁיָא דְּרַבִּי אַדְּרַבִּי!
Dis la clause finale de la déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi : Et la déclaration de Rabbi Ḥanina, fils de Rabbi Yossei HaGelili, semble correcte dans un cas où il les a trouvés dans la maison. À quoi le mot maison fait-il référence ici ? Si nous disons que la référence est à une maison réelle, n’as-tu pas dit que tout le monde est d’accord pour dire que c’est permis ? Au contraire, il est évident qu’il l’a trouvé sur un tas d’ordures qui se trouve dans la maison. Si c’est le cas, cela est difficile, car il y a une contradiction entre une déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi, dans laquelle il statue conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda pour interdire la viande dans un cas où elle est trouvée sur un tas d’ordures dans la maison, et une autre déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi, dans laquelle il statue conformément à l’opinion de Rabbi Ḥanina, fils de Rabbi Yossei HaGelili, pour permettre la viande dans ce cas.

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