שָׁלֹשׁ טוּמְאוֹת פּוֹרְשׁוֹת מִן הַמֵּת, שְׁתַּיִם בְּכׇל אַחַת וּשְׁלִישִׁית אֵין בָּהֶן, וְאֵלּוּ הֵן: מְלֹא תַרְוָוד רָקָב, וְעֶצֶם כִּשְׂעוֹרָה, וְגוֹלֵל וְדוֹפֵק.
Les parties d’un cadavre qui transmettent l’impureté comprennent une quantité de chair de la taille d’une olive, un membre complet, la majorité des os d’un cadavre, et la majorité des os essentiels de son squelette, à savoir ses jambes, sa colonne vertébrale et ses côtes. Tous ceux-ci transmettent l’impureté par contact, transport et dans une tente. Il existe aussi trois sources d’impureté qui dérivent d’un cadavre, chacune desquelles transmet l’impureté de deux manières mais ne transmet pas l’impureté d’une troisième manière. Et les voici : une pleine louche de poussière provenant d’un cadavre, et un os de la taille d’un grain d’orge, ainsi qu’une couverture de tombe [golel] et une paroi de tombe [dofek] sur laquelle repose la couverture.
מְלֹא תַרְוָוד רָקָב – מְטַמֵּא בְּמַשָּׂא וּבְאֹהֶל, וְאֵינוֹ מְטַמֵּא בְּמַגָּע, וְהֵיכָן מַגָּעוֹ? עִם אַחַת מֵהֶן.
Une pleine louche de poussière transmet l’impureté par portage et dans une tente, mais elle ne transmet pas l’impureté par contact, car il est impossible de toucher simultanément toutes les particules de poussière. Et où parmi ces sources d’impureté la transmission de l’impureté par contact s’applique-t-elle ? Elle s’applique à l’une de ces deux autres sources d’impureté, c’est-à-dire un os de la taille d’un grain d’orge et la couverture ou la paroi d’une tombe.
עֶצֶם כִּשְׂעוֹרָה – מְטַמֵּא בְּמַשָּׂא וּבְמַגָּע, וְאֵינוֹ מְטַמֵּא בְּאֹהֶל, וְהֵיכָן אׇהֳלוֹ? עִם אַחַת מֵהֶן.
Un os de la taille d'un grain d’orge transmet l’impureté par le port et par le contact, mais ne transmet pas l’impureté dans une tente. Cette halakha a été transmise à Moïse au Sinaï. Et où parmi ces sources d’impureté l’impureté est-elle transmise dans une tente ? C’est avec l’une de ces deux autres sources d’impureté.
הַגּוֹלֵל וְדוֹפֵק – מְטַמֵּא בְּמַגָּע וּבְאֹהֶל, וְאֵינוֹ מְטַמֵּא בְּמַשָּׂא, וְהֵיכָן מַשָּׂאוֹ? עִם אֶחָד מֵהֶן.
Une couverture de tombe et un mur de tombe transmettent l’impureté par contact et dans une tente, mais ne transmettent pas l’impureté par portage. Cette halakha aussi a été transmise à Moïse au Sinaï. Et où parmi ces sources d’impureté l’impureté est-elle transmise par portage ? C’est avec l’une de ces deux autres sources d’impureté. On peut déduire de la déclaration de Rabbi Shimon selon laquelle une pleine louche de poussière transmet l’impureté dans une tente mais non par contact, qu’il est en désaccord avec Rabbi Yosei et soutient que le fait de faire écran au-dessus n’est pas de la même catégorie que le toucher.
קוּלִית נְבֵלָה וְקוּלִית הַשֶּׁרֶץ וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: ״בְּנִבְלָתָהּ״ – וְלֹא בְּקוּלִית סְתוּמָה.
§La michna enseigne : En ce qui concerne l’os de la cuisse d’une carcasse non abattue et l’os de la cuisse d’un animal rampant, celui qui les touche lorsqu’ils sont scellés reste rituellement pur, car l’os lui-même ne transmet pas l’impureté. À ce sujet, les Sages ont enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Celui qui touchera sa carcasse sera impur jusqu’au soir » (Lévitique 11:39). Le mot « carcasse » indique que celui qui touche la carcasse est impur, mais celui qui touche un os de cuisse scellé ne l’est pas.
יָכוֹל אֲפִילּוּ נִיקְּבָה? תַּלְמוּד לוֹמַר ״הַנּוֹגֵעַ … יִטְמָא״, אֶת שֶׁאֶפְשָׁר לִיגַּע – טָמֵא, וְאֶת שֶׁאִי אֶפְשָׁר לִיגַּע – טָהוֹר.
On aurait pu penser que même celui qui touche un os de cuisse perforé reste pur. C’est pourquoi le verset déclare : « Celui qui touche sa carcasse [benivlatah] sera impur, » indiquant que celui qui touche une partie de l’animal par laquelle il est possible de toucher la chair, qui a le statut halakhique de carcasse non abattue [neveila], est impur, mais celui qui touche une partie de l’animal par laquelle il est impossible de toucher la chair reste pur. Par conséquent, celui qui touche une couche protectrice, comme l’extérieur d’un os de cuisse scellé, ne devient pas impur, puisqu’il est impossible de toucher la moelle.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא לְאַבָּיֵי: אֶלָּא מֵעַתָּה, בְּהֵמָה בְּעוֹרָהּ לֹא תְּטַמֵּא? פּוֹק חֲזִי כַּמָּה נְקָבִים יֵשׁ בָּהּ!
Rabbi Zeira dit à Abaye : Si c’est ainsi, celui qui touche la couche protectrice d’une carcasse, à travers laquelle il est impossible de toucher la chair même de la carcasse, ne devient pas impur, un animal encore dans sa peau ne devrait pas transmettre l’impureté, puisqu’on peut toucher la peau, qui constitue une couche protectrice, mais non la chair. Abaye répondit : Sors et vois combien d’orifices il y a dans le corps d’un animal par lesquels on peut toucher la chair, par exemple les yeux, les narines et la bouche.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְרָבָא: אֶלָּא מֵעַתָּה, כּוּלְיָא בְּחֶלְבָּהּ לֹא תְּטַמֵּא? תָּא חֲזִי כַּמָּה חוּטִין נִמְשָׁכִין הֵימֶנָּה.
De même, Rav Pappa dit à Rava : S'il en est ainsi, que celui qui touche la couche protectrice d'une carcasse à travers laquelle il est impossible de toucher la chair de la carcasse elle-même ne devient pas impur, le rein d'une carcasse entièrement couvert de sa graisse ne devrait pas transmettre l'impureté par contact. Rava répondit : Viens et vois combien de tendons sortent du rein qu'il est possible de toucher.
בָּעֵי רַב אוֹשַׁעְיָא: חִישֵּׁב עָלֶיהָ לְנוֹקְבָהּ וְלֹא נִיקְּבָה, מַהוּ? מְחוּסַּר נְקִיבָה כִּמְחוּסַּר מַעֲשֶׂה דָּמֵי, אוֹ לָא?
§La michna a enseigné que la halakha distingue entre un os de la cuisse scellé et un os perforé provenant d’une carcasse ou d’un animal rampant. À ce sujet, Rav Oshaya soulève un dilemme : quelle est la halakha si quelqu’un avait l’intention de perforer l’os de la cuisse mais ne l’a pas encore perforé ? Voici le dilemme : un os de la cuisse dépourvu de perforation est-il considéré comme dépourvu de l’action nécessaire pour transmettre l’impureté, et conserve-t-il donc son statut d’os de la cuisse scellé, ou non ?
הֲדַר פַּשְׁטַהּ: מְחוּסַּר נְקִיבָה לָאו כִּמְחוּסַּר מַעֲשֶׂה דָּמֵי.
Le rabbin Oshaya résout alors le dilemme : Un os de la cuisse dépourvu de perforation n'est pas considéré comme dépourvu de l'action nécessaire pour transmettre l'impureté. Si quelqu'un a l'intention de le perforer, il transmet l'impureté immédiatement.
מַתְנִי׳ בֵּיצַת הַשֶּׁרֶץ הַמְרוּקֶּמֶת טְהוֹרָה, נִיקְּבָה כׇּל שֶׁהוּא – טָמֵא. עַכְבָּר שֶׁחֶצְיוֹ בָּשָׂר וְחֶצְיוֹ אֲדָמָה – הַנּוֹגֵעַ בַּבָּשָׂר טָמֵא, בָּאֲדָמָה טָהוֹר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף הַנּוֹגֵעַ בָּאֲדָמָה שֶׁכְּנֶגֶד הַבָּשָׂר טָמֵא.
MICHNA :L’œuf d’un animal rampant dans lequel du tissu d’un embryon s’est développé, et celui qui entre en contact avec l’œuf, sont rituellement purs, car l’animal rampant impur est hermétiquement scellé. Mais si quelqu’un a perforé l’œuf d’un trou de n’importe quelle taille, celui qui entre en contact avec l’œuf est rituellement impur. Dans le cas d’une souris qui pousse de la terre et est moitié chair moitié terre, celui qui touche la moitié qui est chair est impur ; celui qui touche la moitié qui est terre est pur. Rabbi Yehouda dit : Même celui qui touche la moitié qui est terre là où elle est adjacente à la chair est rituellement impur.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״הַטְּמֵאִים״ – לְרַבּוֹת בֵּיצַת הַשֶּׁרֶץ וְקוּלִית הַשֶּׁרֶץ.
GUEMARA : La michna déclare que, dans le cas d’un œuf d’un animal rampant dans lequel du tissu embryonnaire s’est développé, s’il est perforé, alors celui qui le touche est rituellement impur. À ce sujet, les Sages ont enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Ceux-ci sont les impurs pour vous parmi tout ce qui rampe ; quiconque les touche lorsqu’ils sont morts sera impur jusqu’au soir » (Lévitique 11:31). L’expression « les impurs » est interprétée comme incluant l’œuf d’un animal rampant et l’os de la cuisse d’un animal rampant dans la catégorie des sources d’impureté.
יָכוֹל אֲפִילּוּ לֹא רִיקְּמָה? תַּלְמוּד לוֹמַר ״הַשֶּׁרֶץ״ – מָה שֶׁרֶץ שֶׁרִקֵּם, אַף בֵּיצַת הַשֶּׁרֶץ שֶׁרִקְּמָה.
On aurait pu penser que même un œuf dans lequel du tissu d’un embryon ne s’est pas développé transmet l’impureté. Par conséquent, le verset déclare : « Ce qui rampe », indiquant que de même qu’un animal rampant a du tissu développé, de même seul l’œuf d’un animal rampant dans lequel du tissu d’un embryon s’est développé transmet l’impureté.
יָכוֹל אֲפִילּוּ לֹא נִיקְּבוּ? תַּלְמוּד לוֹמַר ״הַנּוֹגֵעַ … יִטְמָא״, אֶת שֶׁאֶפְשָׁר לִיגַּע – טָמֵא, וְאֶת שֶׁאִי אֶפְשָׁר לִיגַּע – טָהוֹר.
On aurait pu penser que, dans le cas d’un œuf dans lequel du tissu d’embryon s’est développé, il transmet l’impureté même s’il n’a pas été perforé. Par conséquent, le verset déclare : « Quiconque touche » ces corps lorsqu’ils sont morts sera impur, indiquant que lorsqu’il est possible de toucher la chair, le contact rend la personne impure ; mais lorsqu’il est impossible de toucher la chair, la personne reste pure.
וְכַמָּה נְקִיבָתָהּ? כְּחוּט הַשַּׂעֲרָה, שֶׁאֶפְשָׁר לִיגַּע כְּחוּט הַשַּׂעֲרָה.
Et quelle taille doit avoir sa perforation pour rendre impur celui qui touche l’œuf ou l’os de la cuisse ? Sa largeur doit être de la taille d’un cheveu, car il est possible de toucher l’intérieur d’un œuf ou de l’os de la cuisse avec un cheveu de sa tête.
עַכְבָּר שֶׁחֶצְיוֹ [וְכוּ׳]. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: וְהוּא שֶׁהִשְׁרִיץ עַל פְּנֵי כּוּלּוֹ. אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַסֵּיפָא – רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף הַנּוֹגֵעַ בָּאֲדָמָה שֶׁכְּנֶגֶד בָּשָׂר טָמֵא, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: וְהוּא שֶׁהִשְׁרִיץ עַל פְּנֵי כּוּלּוֹ.
§La mishna enseigne : Dans le cas d’une souris qui pousse de la terre et est à moitié chair, à moitié terre, celui qui touche la moitié qui est chair est impur. Rabbi Yehoshua ben Levi dit à ce sujet : On devient impur dans un tel cas seulement si la chair de la souris s’est développée sur toute la longueur de la souris, de la tête aux pieds. Certains enseignent la déclaration de Rabbi Yehoshua ben Levi au sujet de la clause finale de la mishna : Rabbi Yehouda dit : Même celui qui touche la moitié qui est terre là où elle est adjacente à la chair est rituellement impur. Rabbi Yehoshua ben Levi dit : On devient impur dans un tel cas seulement si la chair de la souris s’est développée sur toute la longueur de la souris.
מַאן דְּמַתְנֵי לַהּ אַרֵישָׁא, כׇּל שֶׁכֵּן אַסֵּיפָא, וּמַאן דְּמַתְנֵי לַהּ אַסֵּיפָא – אֲבָל רֵישָׁא, אַף עַל גַּב דְּלָא הִשְׁרִיץ.
Celui qui enseigne la déclaration de Rabbi Yehoshua ben Levi au sujet de la première clause de la michna, à plus forte raison enseigne cette même halakha au sujet de la dernière clause de la michna. Mais celui qui enseigne la déclaration de Rabbi Yehoshua ben Levi au sujet de la dernière clause de la michna soutient qu’elle ne s’applique qu’à cette clause, concernant celui qui touche la moitié qui est terre là où elle est adjacente à la chair, selon Rabbi Yehouda. Mais, selon l’opinion du premier tanna, énoncée dans la première clause de la michna, même si la chair de la souris ne s’est pas développée sur toute la longueur de la souris, celui qui touche la moitié de la souris qui est chair est impur.
תָּנוּ רַבָּנַן: מִתּוֹךְ שֶׁנֶּאֱמַר ״עַכְבָּר״, שׁוֹמֵעַ אֲנִי אֲפִילּוּ עַכְבָּר שֶׁבַּיָּם, שֶׁשְּׁמוֹ עַכְבָּר. וְדִין הוּא: טִימֵּא בְּחוּלְדָּה וְטִימֵּא בְּעַכְבָּר, מָה חוּלְדָּה מִין הַגָּדֵל עַל הָאָרֶץ, אַף עַכְבָּר מִין הַגָּדֵל עַל הָאָרֶץ.
§Les Sages ont enseigné dans une baraita au sujet du verset suivant : « Et voici ceux qui sont impurs pour vous parmi les animaux rampants qui rampent sur la terre : la belette, et la souris, et le grand lézard selon ses espèces » (Lévitique 11:29). Puisque « souris » est mentionnée parmi les animaux rampants qui transmettent l’impureté, j’en déduirais que même une souris de mer, c’est-à-dire une créature marine dont l’apparence ressemble à celle d’une souris, transmet l’impureté parce que son nom est aussi souris. Mais, en apparence, la conclusion opposée pourrait être tirée par inférence logique : le verset considère une belette comme impure et considère une souris comme impure. Par conséquent, de même que la belette est une espèce qui grandit sur la terre, de même la souris à laquelle le verset fait référence est une espèce qui grandit sur la terre ; une souris de mer ne transmet pas l’impureté.
אוֹ כְּלָךְ לְדֶרֶךְ זוֹ: טִימֵּא בְּחוּלְדָּה וְטִימֵּא בְּעַכְבָּר, מָה חוּלְדָּה כֹּל שֶׁשְּׁמָהּ ״חוּלְדָּה״, אַף עַכְבָּר כֹּל שֶׁשְּׁמוֹ ״עַכְבָּר״, אֲפִילּוּ עַכְבָּר שֶׁבַּיָּם שֶׁשְּׁמוֹ ״עַכְבָּר״. תַּלְמוּד לוֹמַר ״עַל הָאָרֶץ״.
Ou bien, peut-être prends cette voie : le verset considère une belette comme impure et considère une souris comme impure ; en conséquence, de même que « belette » désigne tout animal dont le nom est belette, de même, « souris » désigne tout animal dont le nom est souris, même une souris de mer, puisque son nom est aussi souris. C’est pourquoi le verset déclare : « Sur la terre, » indiquant qu’une souris terrestre transmet l’impureté, mais qu’une souris de mer ne la transmet pas.
אִי ״עַל הָאָרֶץ״, יָכוֹל עַל הָאָרֶץ – יְטַמֵּא, יָרַד לְיָם – לֹא יְטַמֵּא,
Si cette halakha est dérivée uniquement de l’expression « sur la terre », on pourrait penser que le verset signifie que toute souris, qu’il s’agisse d’une souris terrestre ou d’une souris de mer, transmet l’impureté lorsqu’elle est sur la terre, mais si elle est descendue dans la mer, elle ne transmet pas l’impureté.