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הַפֵּאָה, וְהַבִּכּוּרִים, וְהָרֵאָיוֹן, וּגְמִילוּת חֲסָדִים, וְתַלְמוּד תּוֹרָה.
La production au coin du champ qui doit être laissée non moissonnée, qui est donnée aux pauvres [pe’a] ; et les prémices, qui sont apportées au Temple ; et la comparution au Temple lors des fêtes de pèlerinage ; et les actes de bonté bienveillante ; et l’étude de la Torah.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כִּסְבוּרִין אָנוּ לוֹמַר, הָרֵאָיוֹן אֵין לוֹ שִׁיעוּר — לְמַעְלָה, אֲבָל יֵשׁ לוֹ שִׁיעוּר — לְמַטָּה, עַד שֶׁבָּא רַבִּי אוֹשַׁעְיָא בְּרַבִּי, וְלִימֵּד: הָרֵאָיוֹן אֵין לוֹ שִׁיעוּר לֹא לְמַעְלָה וְלֹא לְמַטָּה. אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים: הָרְאִיָּיה מָעָה כֶּסֶף, וְהַחֲגִיגָה שְׁתֵּי כֶסֶף.
Rabbi Yoḥanan a dit : Nous pensions dire que la mitsva de comparution au Temple n’a pas de mesure maximale, mais qu’elle a une mesure minimale ; jusqu’à ce que vienne le distingué Rabbi Oshaya et enseigne : La mitsva de comparution n’a ni mesure maximale ni mesure minimale. Cependant, les Sages disent : l’holocauste de comparution doit valoir une ma’a d’argent, et l’offrande de paix de la fête deux pièces d’argent.
מַאי הָרֵאָיוֹן? רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: רְאִיַּית פָּנִים בַּעֲזָרָה, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: רְאִיַּית פָּנִים בְּקׇרְבָּן.
§ Quel est le commandement de comparution auquel cette michna fait référence ? Rabbi Yoḥanan a dit : C’est le commandement de la comparution du visage d’une personne dans la cour du Temple. On peut se présenter au Temple aussi souvent qu’on le souhaite au cours d’une fête. Et Reish Lakish a dit : Il s’agit de la comparution du visage d’une personne dans le Temple avec une offrande. Il n’y a pas de mesure à cet égard, car chaque fois qu’une personne se présente au Temple pendant une fête, elle doit apporter une offrande.
בָּעִיקָּר הָרֶגֶל, כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּרְאִיַּית פָּנִים בְּקׇרְבָּן. כִּי פְּלִיגִי בִּשְׁאָר יְמוֹת הָרֶגֶל: כׇּל הֵיכָא דַּאֲתָא וְאַיְיתִי — כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּמְקַבְּלִינַן מִינֵּיהּ, כִּי פְּלִיגִי דַּאֲתָא וְלָא אַיְיתִי.
La Guemara explique : Essentiellement, c’est-à-dire le premier jour de la Fête de pèlerinage, tout le monde est d’accord pour dire que l’apparition du visage d’une personne doit être accompagnée d’une offrande. Lorsqu’ils sont en désaccord, cela concerne le reste des jours de la Fête de pèlerinage, c’est-à-dire la question de savoir si celui qui se présente doit ou non offrir une offrande. En outre, partout, c’est-à-dire dans tout cas où quelqu’un vient et apporte une offrande, tout le monde est d’accord pour dire que nous l’acceptons de sa part. Lorsqu’ils sont en désaccord, c’est lorsqu’il vient et n’apporte pas d’offrande. Cet homme est-il obligé d’apporter une offrande ou non ?
דְּרַבִּי יוֹחָנָן סָבַר: רְאִיַּית פָּנִים בָּעֲזָרָה, דְּכׇל אֵימַת דְּאָתֵי לָא צָרִיךְ לְאֵתוֹיֵי, רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: רְאִיַּית פָּנִים בְּקׇרְבָּן, דְּכׇל אֵימַת דְּאָתֵי צָרִיךְ לְאֵתוֹיֵי.
La Guemara explique que Rabbi Yoḥanan soutient que la mitsva consiste simplement en la présentation du visage d’une personne dans la cour du Temple. Par conséquent, on n’a pas besoin d’apporter une offrande chaque fois qu’on vient au Temple. Reish Lakish a dit que la mitsva est la présentation du visage d’une personne avec une offrande, ce qui signifie que chaque fois qu’on vient, on doit apporter une offrande avec soi.
אֵיתִיבֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: ״וְלֹא יֵרָאוּ פָנַי רֵיקָם״! אֲמַר לֵיהּ: בְּעִיקַּר הָרֶגֶל.
Reish Lakish souleva une objection à l’opinion de Rabbi Yoḥanan. Le verset déclare : « Trois fois par an tu célébreras une fête pour Moi… et nul ne paraîtra devant Moi les mains vides » (Exode 23:14–15). Ce verset indique qu’il faut apporter une offrande chaque fois que l’on paraît au Temple. Rabbi Yoḥanan lui dit : Cette obligation ne s’applique que le jour principal de la fête de pèlerinage, mais non pendant les autres jours de la fête.
אֵיתִיבֵיהּ: ״וְלֹא יֵרָאוּ פָנַי רֵיקָם״ — בִּזְבָחִים. אַתָּה אוֹמֵר בִּזְבָחִים, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּעוֹפוֹת וּמְנָחוֹת? וְדִין הוּא: נֶאֶמְרָה חֲגִיגָה לַהֶדְיוֹט, וְנֶאֶמְרָה רְאִיָּיה לַגָּבוֹהַּ. מָה חֲגִיגָה הָאֲמוּרָה לַהֶדְיוֹט — זְבָחִים, אַף רְאִיָּיה הָאֲמוּרָה לַגָּבוֹהַּ — זְבָחִים.
Reish Lakish souleva une objection à l’opinion de Rabbi Yoḥanan à partir d’une baraita : « Et nul ne paraîtra devant Moi les mains vides. » Cela enseigne que les pèlerins de la fête doivent se présenter avec des offrandes animales. Dis-tu qu’ils doivent se présenter avec des offrandes animales, ou peut-être seulement avec des offrandes d’oiseaux ou des offrandes de farine ? Et il est possible de déterminer la réponse par déduction logique : Il est dit qu’il faut apporter un sacrifice de paix de fête pour qu’une personne ordinaire en mange, et il est dit qu’il faut apporter un holocauste de comparution, qui est pour Dieu. De même que le sacrifice de paix de fête mentionné pour une personne ordinaire désigne des offrandes animales, de même l’holocauste de comparution qui est mentionné comme étant entièrement sacrifié pour Dieu désigne des offrandes animales.
וּמָה הֵן זְבָחִים — עוֹלוֹת. אַתָּה אוֹמֵר עוֹלוֹת, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא שְׁלָמִים? וְדִין הוּא: נֶאֶמְרָה חֲגִיגָה לַהֶדְיוֹט, וְנֶאֶמְרָה רְאִיָּיה לַגָּבוֹהַּ. מָה חֲגִיגָה הָאֲמוּרָה לַהֶדְיוֹט — בְּרָאוּי לוֹ, אַף רְאִיָּיה הָאֲמוּרָה לַגָּבוֹהַּ — בְּרָאוּי לוֹ.
Et quelles sont ces offrandes animales que les pèlerins de la Fête sacrifient à Dieu ? Des holocaustes. Dis-tu qu’il s’agit d’holocaustes, ou peut-être n’est-ce que des offrandes de paix ? Et il est possible de déterminer la réponse par déduction logique : Il est dit qu’il faut apporter une offrande de paix de la Fête pour un homme ordinaire, et il est dit qu’il faut apporter un holocauste de comparution, qui est uniquement pour Dieu. De même que l’offrande de paix de la Fête qui est dite pour un homme ordinaire désigne une offrande qu’il lui est approprié de manger, c’est-à-dire une offrande de paix, de même l’holocauste de comparution dont il est dit qu’il est pour Dieu désigne une offrande qui est appropriée pour Lui, c’est-à-dire un holocauste, entièrement consumé sur l’autel.
וְכֵן בְּדִין: שֶׁלֹּא יְהֵא שׁוּלְחָנְךָ מָלֵא, וְשׁוּלְחַן רַבְּךָ רֵיקָם. אֲמַר לֵיהּ: בְּעִיקַּר הָרֶגֶל.
Et de même, on peut apprendre par déduction logique que ta table ne doit pas être pleine de viande alors que la table de ton Maître, c’est-à-dire l’autel, est vide. Cela indique qu’il faut offrir un holocauste chaque fois que l’on paraît dans le Temple, ce qui contredit l’opinion de Rabbi Yoḥanan. Rabbi Yoḥanan lui dit de nouveau : Cette obligation ne s’applique que le principal jour de la fête de pèlerinage.
אֵיתִיבֵיהּ, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שָׁלֹשׁ רְגָלִים בַּשָּׁנָה נִצְטַוּוּ יִשְׂרָאֵל לַעֲלוֹת בָּרֶגֶל: בְּחַג הַמַּצּוֹת וּבְחַג הַשָּׁבוּעוֹת וּבְחַג הַסּוּכּוֹת. וְאֵין נִרְאִין חֲצָאִין, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל זְכוּרְךָ״, וְאֵין נִרְאִין רֵיקָנִים, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא יֵרָאוּ פָנַי רֵיקָם״! אֲמַר לֵיהּ: בְּעִיקַּר הָרֶגֶל.
Reish Lakish souleva une autre objection à l’opinion de Rabbi Yoḥanan. Rabbi Yosei, fils de Rabbi Yehuda, dit : Trois fois par an, le peuple juif reçut l’ordre de monter au Festival de pèlerinage : à Pessa'h, à Shavouot et à Souccot. Ils ne peuvent pas se présenter partiellement, c’est-à-dire seulement une partie du peuple, car il est dit : « Tous tes mâles » (Exode 23:17). Et ils ne peuvent pas se présenter les mains vides, car il est dit : « Et nul ne se présentera devant Moi les mains vides » (Exode 23:15). Rabbi Yoḥanan lui dit : Cela aussi fait référence au jour principal du Festival de pèlerinage.
אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: ״יֵרָאֶה״ ״יִרְאֶה״ — מָה אֲנִי בְּחִנָּם, אַף אַתֶּם בְּחִנָּם.
Rabbi Yoḥanan souleva une objection à l’opinion de Reish Lakish à partir d’une baraita : Le verset déclare : « Tous tes mâles paraîtront. » Bien que le verset, tel qu’il est écrit, puisse être lu : « verra [yireh] », il se lit en réalité : « sera vu [yera’e] ». La baraita en déduit que de même que Moi, Dieu, Je viens vous voir gratuitement, puisqu’Il n’a aucune obligation d’apporter une offrande lorsqu’Il vient nous voir au Temple, de même, vous aussi pouvez venir Me voir au Temple gratuitement, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune obligation d’apporter une offrande. La Guemara accepte cette objection et entreprend donc d’expliquer le différend entre Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish d’une autre manière.
אֶלָּא: כֹּל הֵיכָא דַּאֲתָא וְלָא אַיְיתִי — דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּעָיֵיל וּמִתְחֲזֵי וְנָפֵיק, כִּי פְּלִיגִי דַּאֲתָא וְאַיְיתִי.
Au contraire, en ce qui concerne tout cas où quelqu’un vient dans la cour du Temple après le moment initial du premier jour de la Fête et n’apporte pas d’offrande, tous s’accordent à dire qu’on entre, on se présente et on sort sans avoir à apporter d’offrande. Lorsqu’ils sont en désaccord, c’est dans un cas où quelqu’un vient et apporte une offrande.
רַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר: רְאִיַּית פָּנִים בָּעֲזָרָה — רְאִיַּית פָּנִים הוּא דְּאֵין לָהּ שִׁיעוּר, הָא לְקׇרְבָּן — יֵשׁ לָהּ שִׁיעוּר. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: רְאִיַּית פָּנִים — בְּקׇרְבָּן, דַּאֲפִילּוּ קׇרְבָּן נָמֵי אֵין לוֹ שִׁיעוּר.
La Guemara explique : Rabbi Yoḥanan, qui dit que l’apparition mentionnée dans la michna fait référence à l’apparition du visage d’une personne dans la cour du Temple, soutient que c’est cette apparition elle-même qui n’a pas de mesure maximale, c’est-à-dire qu’on peut se présenter aussi souvent qu’on le souhaite sans offrande. Cependant, il y a une mesure maximale, c’est-à-dire un nombre limité d’offrandes, que l’on peut apporter ; une seule offrande d’holocauste de comparution par fête. Et Reish Lakish a dit : L’apparition du visage d’une personne signifie avec une offrande, car même les offrandes n’ont pas de mesure maximale. On peut apporter autant d’offrandes qu’on le souhaite pendant la fête.
אֵיתִיבֵיהּ: ״הֹקַר רַגְלְךָ מִבֵּית רֵעֶךָ״. הָתָם בְּחַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת.
Rabbi Yoḥanan souleva une objection à l’opinion de Reish Lakish : « Que ton pied soit rare dans la maison de ton prochain, de peur qu’il ne soit rassasié de toi et ne te haïsse » (Proverbes 25:17). On peut déduire de ce verset qu’il ne faut pas apporter de dons supplémentaires, c’est-à-dire des offrandes, à Dieu. La Guemara répond : Là, le verset fait référence aux offrandes expiatoires et aux offrandes de culpabilité, c’est-à-dire qu’il vaut mieux ne pas pécher dès le départ.
כִּדְרַבִּי לֵוִי. דְּרַבִּי לֵוִי רָמֵי, כְּתִיב: ״הֹקַר רַגְלְךָ מִבֵּית רֵעֶךָ״, וּכְתִיב: ״אָבוֹא בֵיתְךָ בְעוֹלוֹת״! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּחַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת, כָּאן בְּעוֹלוֹת וּשְׁלָמִים.
Cette explication est conforme à l’opinion de Rabbi Lévi, car Rabbi Lévi a soulevé une contradiction entre deux versets. Il est écrit : « Que ton pied soit rare dans la maison de ton prochain », et il est écrit : « J’entrerai dans Ta maison avec des holocaustes, j’accomplirai pour Toi mes vœux » (Psaumes 66:13). Rabbi Lévi a expliqué : Ce n’est pas difficile ; ici, le verset fait référence aux offrandes expiatoires et aux offrandes de culpabilité, et là, il fait référence aux holocaustes et aux offrandes de paix, au sujet desquelles on peut en apporter autant qu’on le souhaite.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״הֹקַר רַגְלְךָ מִבֵּית רֵעֶךָ״ — בְּחַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת הַכָּתוּב מְדַבֵּר. אַתָּה אוֹמֵר בְּחַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּעוֹלוֹת וּשְׁלָמִים? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר: ״אָבוֹא בֵיתְךָ בְעוֹלוֹת אֲשַׁלֵּם לְךָ נְדָרָי״ — הֲרֵי עוֹלוֹת וּשְׁלָמִים אָמוּר, הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״הֹקַר רַגְלְךָ מִבֵּית רֵעֶךָ״ — בְּחַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
Cet avis est également enseigné dans une baraita : « Que ton pied soit rare dans la maison de ton prochain. » Le verset parle des offrandes pour le péché et des offrandes de culpabilité. Dis-tu qu’il se réfère aux offrandes pour le péché et aux offrandes de culpabilité, ou peut-être seulement aux holocaustes et aux offrandes de paix ? Lorsqu’il dit : « J’entrerai dans Ta maison avec des holocaustes, j’accomplirai pour Toi mes vœux », les holocaustes et les offrandes de paix sont mentionnés, car ils sont plus agréables à sacrifier à Dieu. Comment, alors, dois-je maintenir le sens du verset : « Que ton pied soit rare dans la maison de ton prochain » ? Le verset parle des offrandes pour le péché et des offrandes de culpabilité.
וְאֵין נִרְאִין חֲצָאִין כּוּ׳. סָבַר רַב יוֹסֵף לְמֵימַר: מַאן דְּאִית לֵיהּ עֲשָׂרָה בָּנִים, לָא לִיסְּקוּ הָאִידָּנָא חַמְשָׁה וּלְמָחָר חַמְשָׁה.
§ Plus tôt, la baraita a enseigné : Le peuple ne peut pas se présenter partiellement, comme l’énonce le verset : « Tous tes mâles » (Exode 23:17). Rav Yosef pensa dire : Celui qui a dix fils ne doit pas laisser cinq monter maintenant et les cinq autres demain. Au contraire, ils doivent tous monter au Temple ensemble.

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