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אֵינוֹ מֵהֶם. אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרָבָא: מָר לָא בְּהֶסְתֵּר פָּנִים אִיתֵיהּ, וְלָא בִּ״וְהָיָה לֶאֱכוֹל״ אִיתֵיהּ! אֲמַר לְהוּ: מִי יָדְעִיתוּ כַּמָּה מְשַׁדַּרְנָא בְּצִנְעָא בֵּי שַׁבּוּר מַלְכָּא? אֲפִילּוּ הָכִי, יְהַבוּ בֵּיהּ רַבָּנַן עֵינַיְיהוּ. אַדְּהָכִי שַׁדּוּר דְּבֵי שַׁבּוּר מַלְכָּא וְגַרְבוּהוּ. אֲמַר: הַיְינוּ דְּתַנְיָא, אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: כׇּל מָקוֹם שֶׁ״נָּתְנוּ חֲכָמִים עֵינֵיהֶם״ — אוֹ מִיתָה אוֹ עוֹנִי.
n’est pas de parmi eux. Les Sages dirent à Rava : Maître, tu n’es pas sujet à la dissimulation de la face de Lui, car tes prières sont entendues, et tu n’es pas sujet à : « Et ils seront dévorés », car les autorités ne prennent rien de toi. Il leur dit : Savez-vous combien de présents j’envoie en secret à la maison du roi Shapur ? Bien qu’il puisse sembler que la monarchie ne me prenne rien, en réalité je suis contraint de donner de nombreux pots-de-vin. Malgré cela, les Sages regardèrent Rava avec suspicion. Pendant ce temps, des messagers de la maison du roi Shapur envoyèrent chercher Rava et l’emprisonnèrent afin de lui extorquer davantage d’argent. Rava dit : C’est comme il est enseigné dans une baraitaRabban Shimon ben Gamliel a dit : Partout où les Sages portaient leur regard sur quelqu’un, cela entraînait soit la mort, soit la pauvreté.
״וְאָנֹכִי הַסְתֵּר אַסְתִּיר פָּנַי בַּיּוֹם הַהוּא״, אָמַר רָבָא, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אַף עַל פִּי שֶׁהִסְתַּרְתִּי פָּנַי מֵהֶם — ״בַּחֲלוֹם אֲדַבֶּר בּוֹ״. רַב יוֹסֵף אָמַר: יָדוֹ נְטוּיָה עָלֵינוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְצֵל יָדִי כִּסִּיתִיךָ״.
Au sujet du verset : « Et Je cacherai Ma face en ce jour-là » (Deutéronome 31:18), Rava a dit que le Saint, béni soit-Il, a dit : Bien que J’aie caché Ma face d’eux et que Ma Présence divine ne soit pas révélée, néanmoins : « Je lui parle dans un rêve » (Nombres 12:6). Rav Yosef a dit : Sa main est étendue, veillant sur nous, comme il est dit : « Et Je t’ai couvert de l’ombre de Ma main » (Isaïe 51:16).
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה הֲוָה קָאֵי בֵּי קֵיסָר, אַחְוִי לֵיהּ הָהוּא מִינָא: עַמָּא דְּאַהְדְּרִינְהוּ מָרֵיהּ לְאַפֵּיהּ מִינֵּיהּ. אַחְוִי לֵיהּ: יָדוֹ נְטוּיָה עָלֵינוּ. אֲמַר לֵיהּ קֵיסָר לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: מַאי אַחְוִי לָךְ? עַמָּא דְּאַהְדְּרִינְהוּ מָרֵיהּ לְאַפֵּיהּ מִינֵּיהּ, וַאֲנָא מַחְוֵינָא לֵיהּ יָדוֹ נְטוּיָה עָלֵינוּ.
La Guemara raconte : Rabbi Yehoshua ben Ḥananya se tenait dans la maison de César. Un certain hérétique, qui était également présent, lui fit un geste, indiquant que le sien était la nation dont le Maître, Dieu, a détourné Son visage d’elle . Rabbi Yehoshua lui fit un geste que Sa main est étendue sur nous pour nous protéger. César dit à Rabbi Yehoshua : Que t’a-t-il signifié par geste, et comment as-tu répondu ? Il répondit : Il a indiqué que le mien est la nation dont le Maître a détourné Son visage, et je lui ai fait signe que Sa main est étendue sur nous.
אֲמַרוּ לֵיהּ לְהָהוּא מִינָא: מַאי אַחְוִיית לֵיהּ? עַמָּא דְּאַהְדְּרִינְהוּ מָרֵיהּ מִינֵּיהּ. וּמַאי אַחְוִי לָךְ? לָא יָדַעְנָא. אֲמַרוּ: גַּבְרָא דְּלָא יָדַע מַאי מַחְווּ לֵיהּ, בְּמָחוֹג יַחְוֵי קַמֵּי מַלְכָּא?! אַפְּקוּהוּ וְקַטְלוּהוּ.
Les membres de la maison de César dirent à cet hérétique : Que lui as-tu signifié par geste ? Il leur dit : J’ai fait signe que c’est la nation dont le Maître a détourné Sa face d’elle. Ils demandèrent : Et que t’a-t-il signifié par geste ? Il leur dit : Je ne sais pas ; je n’ai pas compris. Ils dirent : Comment un homme qui ne sait pas ce que les autres lui signifient par gestes peut-il oser faire des gestes en présence du roi ? Ils le firent sortir et le tuèrent.
כִּי קָא נִיחָא נַפְשֵׁיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה, אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן: מַאי תֶּיהְוֵי עֲלַן מִמִּינָאֵי? אָמַר לָהֶם: ״אָבְדָה עֵצָה מִבָּנִים נִסְרְחָה חׇכְמָתָם״. כֵּיוָן שֶׁאָבְדָה עֵצָה מִבָּנִים — נִסְרְחָה חׇכְמָתָן שֶׁל אוּמּוֹת הָעוֹלָם.
La Guemara raconte : Lorsque Rabbi Yehoshua ben Ḥananya était mourant, les Sages lui dirent : Que deviendrons-nous face à la menace des hérétiques, lorsqu’il n’y aura plus de sage comme toi pour les réfuter ? Il leur dit que le verset déclare : « N’y a-t-il plus de sagesse à Teiman ? Le conseil a-t-il péri chez les prudents ? Leur sagesse s’est-elle évanouie ? » (Jérémie 49:7). Il expliqua : Puisque le conseil a péri chez les prudents, au sein du peuple juif, la sagesse des nations du monde s’est également évanouie, et il n’y aura pas parmi elles de sages supérieurs.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״וַיֹּאמֶר נִסְעָה וְנֵלֵכָה וְאֵלְכָה לְנֶגְדֶּךָ״.
Et si tu le souhaites, dis plutôt que la même idée peut être tirée d’ici : « Et il dit : Partons en voyage, allons, et j’irai correspondant à toi » (Genèse 33:12). De même que le peuple juif monte et descend, de même les nations du monde montent et descendent simultanément, et elles n’auront jamais d’avantage.
רַבִּי אִילָא הֲוָה סָלֵיק בְּדַרְגָּא דְּבֵי רַבָּה בַּר שֵׁילָא. שַׁמְעֵיהּ לְיָנוֹקָא דַּהֲוָה קָא קָרֵי: ״כִּי הִנֵּה יוֹצֵר הָרִים וּבוֹרֵא רוּחַ וּמַגִּיד לְאָדָם מַה שִּׂיחוֹ״. אָמַר: עֶבֶד שֶׁרַבּוֹ מַגִּיד לוֹ מַה שִּׂיחוֹ תַּקָּנָה יֵשׁ לוֹ?! מַאי ״מַה שִּׂיחוֹ״? אָמַר רַב: אֲפִילּוּ שִׂיחָה יְתֵירָה שֶׁבֵּין אִישׁ לְאִשְׁתּוֹ מַגִּידִים לוֹ לְאָדָם בִּשְׁעַת מִיתָה.
La Guemara rapporte que Rabbi Ila montait les escaliers dans la maison de Rabba bar Sheila, un maître d’enfants. Il entendit un enfant qui lisait un verset à voix haute : « Car voici, Celui qui forme les montagnes, crée le vent, et déclare à l’homme quelle est sa parole » (Amos 4:13). Rabbi Ila dit : En ce qui concerne un serviteur dont le maître lui déclare quelle est sa parole appropriée, y a-t-il un remède pour lui ? La Guemara demande : Que signifie l’expression : « quelle est sa parole » ? Rav a dit : Même la parole frivole qui se tient entre un homme et sa femme avant d’avoir des relations est déclarée à une personne au moment de la mort, et elle devra en rendre compte.
אִינִי? וְהָא רַב כָּהֲנָא הֲוָה גָּנֵי תּוּתֵי פּוּרְיֵיהּ דְּרַב, וְשַׁמְעֵיהּ דְּסָח וְצָחַק וְעָשָׂה צְרָכָיו. אֲמַר: דָּמֵי פּוּמֵּיהּ דְּרַב כְּמַאן דְּלָא טְעִים לֵיהּ תַּבְשִׁילָא. אֲמַר לֵיהּ: כָּהֲנָא, פּוֹק! לָאו אוֹרַח אַרְעָא!
La Guemara demande : Est-ce bien le cas ? Est-il interdit à un homme de parler de cette manière avec sa femme ? Rav Kahana n’était-il pas couché sous le lit de Rav, et n’a-t-il pas entendu Rav bavarder et rire avec sa femme, et satisfaire ses besoins, c’est-à-dire avoir des relations avec elle. Rav Kahana dit à voix haute : La bouche de Rav est comme celle de quelqu’un qui n’a jamais mangé de plat cuit, c’est-à-dire que son comportement est empreint de désir. Rav lui dit : Kahana, sors, car cela n’est pas une conduite appropriée. Cela montre que Rav lui-même se livrait à des propos frivoles avant les relations.
לָא קַשְׁיָא: כָּאן דִּצְרִיךְ לְרַצּוֹיַהּ, הָא דְּלָא צְרִיךְ לְרַצּוֹיַהּ.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Ici, là où ce type de parole est permis, il s’agit d’une situation où il doit apaiser sa femme avant les relations, et par conséquent cette parole est appropriée. Cependant, cette déclaration, selon laquelle cela est interdit, se réfère à une situation où il n’a pas besoin de l’apaiser. Dans ces circonstances, il est interdit d’engager avec sa femme une conversation excessivement légère.
״וְאִם לֹא תִשְׁמָעוּהָ בְּמִסְתָּרִים תִּבְכֶּה נַפְשִׁי מִפְּנֵי גֵוָה״, אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר אִינְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: מָקוֹם יֵשׁ לוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וּמִסְתָּרִים שְׁמוֹ. מַאי ״מִפְּנֵי גֵוָה״? אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק: מִפְּנֵי גַּאֲווֹתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל שֶׁנִּיטְּלָה מֵהֶם וְנִתְּנָה לַגּוֹיִם. רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: מִפְּנֵי גַּאֲווֹתָהּ שֶׁל מַלְכוּת שָׁמַיִם.
Le verset déclare : « Mais si vous ne l’écoutez pas, mon âme pleurera en secret [bemistarim] à cause de votre orgueil » (Jérémie 13:17). Rav Shmuel bar Inya a dit au nom de Rav : Le Saint, béni soit-Il, a un endroit où Il pleure, et son nom est Mistarim. Que signifie « à cause de votre orgueil » ? Rav Shmuel bar Yitzḥak a dit : Dieu pleure à cause de l’orgueil du peuple juif, qui lui a été retiré et donné aux nations gentiles. Rav Shmuel bar Naḥmani a dit : Il pleure à cause de l’orgueil du royaume des Cieux, qui a été retiré du monde.
וּמִי אִיכָּא בְּכִיָּה קַמֵּיהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא? וְהָאָמַר רַב פָּפָּא: אֵין עֲצִיבוּת לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹד וְהָדָר לְפָנָיו עוֹז וְחֶדְוָה בִּמְקוֹמוֹ״! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּבָתֵּי גַוָּאֵי, הָא בְּבָתֵּי בַרָאֵי.
La Guemara demande : Mais y a-t-il des pleurs devant le Saint, béni soit-Il ? Rav Pappa n’a-t-il pas dit : Il n’y a pas de tristesse devant le Saint, béni soit-Il, comme il est dit : « Honneur et majesté sont devant Lui ; force et joie sont dans Son lieu » (I Chroniques 16:27) ? La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Cette déclaration, selon laquelle Dieu pleure, fait référence aux chambres les plus intérieures, où Il peut pleurer en secret, tandis que cette déclaration, selon laquelle Il ne pleure pas, fait référence aux chambres extérieures.
וּבְבָתֵּי בַרָאֵי לָא? וְהָא כְּתִיב: ״וַיִּקְרָא אֲדֹנָי ה׳ צְבָאוֹת בַּיּוֹם הַהוּא לִבְכִי וּלְמִסְפֵּד וּלְקׇרְחָה וְלַחֲגוֹר שָׂק״! שָׁאנֵי חֻרְבַּן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, דַּאֲפִילּוּ מַלְאֲכֵי שָׁלוֹם בְּכוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֵן אֶרְאֶלָּם צָעֲקוּ חוּצָה מַלְאֲכֵי שָׁלוֹם מַר יִבְכָּיוּן״.
La Guemara demande : Et Dieu ne pleure-t-Il pas dans les chambres extérieures ? N’est-il pas écrit : « En ce jour-là, le Seigneur, le Dieu des armées, appela aux pleurs, au deuil, à la tonsure et au port du sac » (Isaïe 22:12) ? La Guemara répond : La destruction du Temple est différente, car même les anges de paix ont pleuré, comme il est dit : « Voici, leurs vaillants crient au dehors ; les anges de paix pleurent amèrement » (Isaïe 33:7).
״וְדָמֹעַ תִּדְמַע וְתֵרַד עֵינִי דִּמְעָה כִּי נִשְׁבָּה עֵדֶר ה׳״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שָׁלֹשׁ דְּמָעוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? אַחַת עַל מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן, וְאַחַת עַל מִקְדָּשׁ שֵׁנִי, וְאַחַת עַל יִשְׂרָאֵל שֶׁגָּלוּ מִמְּקוֹמָן. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: אַחַת עַל בִּיטּוּל תּוֹרָה.
Le verset continue : « Et mon œil pleurera amèrement, et versera des larmes, car le troupeau du Seigneur a été emmené en captivité » (Jérémie 13:17). Rabbi Elazar a dit : Pourquoi ces trois références aux larmes dans le verset ? L’une est pour le Premier Temple ; l’une est pour le Second Temple ; et l’une est pour le peuple juif qui a été exilé de son lieu. Et il y a ceux qui disent : La dernière une est pour la négligence inévitable de l’étude de la Torah à la suite de l’exil.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר עַל יִשְׂרָאֵל שֶׁגָּלוּ, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״כִּי נִשְׁבָּה עֵדֶר ה׳״, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר עַל בִּיטּוּל תּוֹרָה — מַאי ״כִּי נִשְׁבָּה עֵדֶר ה׳״? כֵּיוָן שֶׁגָּלוּ יִשְׂרָאֵל מִמְּקוֹמָן — אֵין לְךָ בִּיטּוּל תּוֹרָה גָּדוֹל מִזֶּה.
La Guemara demande : Soit, selon celui qui a dit que la dernière larme est pour le peuple juif qui a été exilé, cela correspond à ce qui est écrit : « Car le troupeau du Seigneur a été emmené en captivité. » Cependant, selon celui qui a dit que cette larme est pour la négligence dans l’étude de la Torah, quel est le sens de : « Car le troupeau du Seigneur a été emmené en captivité » ? La Guemara répond : Puisque le peuple juif a été exilé de son lieu, il n’y a pas de négligence involontaire plus grande dans l’étude de la Torah que celle qui a été causée par cela.
תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁלֹשָׁה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בּוֹכֶה עֲלֵיהֶן בְּכׇל יוֹם: עַל שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה וְאֵינוֹ עוֹסֵק, וְעַל שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲסוֹק בְּתוֹרָה וְעוֹסֵק, וְעַל פַּרְנָס הַמִּתְגָּאֶה עַל הַצִּבּוּר.
Les Sages ont enseigné qu’il existe trois types de personnes pour lesquelles le Saint, béni soit-Il, pleure chaque jour : Pour celui qui est capable de s’adonner à l’étude de la Torah et ne s’y adonne pas ; et pour celui qui n’est pas capable de s’adonner à l’étude de la Torah mais qui, malgré cela, fait des efforts et s’y adonne ; et pour un dirigeant qui domine la communauté.
רַבִּי הֲוָה נָקֵיט סֵפֶר קִינוֹת וְקָא קָרֵי בְּגַוֵּיהּ, כִּי מְטָא לְהַאי פְּסוּקָא ״הִשְׁלִיךְ מִשָּׁמַיִם אֶרֶץ״ — נְפַל מִן יְדֵיהּ, אֲמַר: מֵאִיגָּרָא רָם לְבֵירָא עַמִּיקְתָּא.
La Guemara raconte : Rabbi Yehouda HaNassi tenait le livre des Lamentations et y lisait. Lorsqu’il arriva au verset : « Il a précipité du ciel sur la terre la beauté d’Israël » (Lamentations 2:1), dans sa détresse, le livre tomba de sa main. Il dit : D’un toit élevé à une fosse profonde, c’est-à-dire qu’il est terrible de tomber du ciel à la terre.
רַבִּי וְרַבִּי חִיָּיא הֲווֹ שָׁקְלִי וְאָזְלִי בְּאוֹרְחָא, כִּי מְטוֹ לְהָהוּא מָתָא, אָמְרִי: אִיכָּא צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הָכָא? נֵזִיל וְנַיקְבֵּיל אַפֵּיהּ. אָמְרִי: אִיכָּא צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הָכָא, וּמְאוֹר עֵינַיִם הוּא. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא לְרַבִּי: תִּיב אַתְּ, לָא תְּזַלְזֵל בִּנְשִׂיאוּתָךְ. אֵיזִיל אֲנָא וְאַקְבֵּיל אַפֵּיהּ.
§ La Guemara raconte : Rabbi Yehouda HaNassi et Rabbi Ḥiyya marchaient sur la route. Lorsqu’ils arrivèrent dans une certaine ville, ils dirent : Y a-t-il ici un érudit de la Torah que nous puissions aller saluer ? Les habitants de la ville dirent : Il y a ici un érudit de la Torah, mais il est aveugle. Rabbi Ḥiyya dit à Rabbi Yehouda HaNassi : Toi, assieds-toi ici ; ne rabaisse pas ton statut digne de Nasi pour rendre visite à quelqu’un au-dessous de ta stature. J’irai le saluer.
תַּקְפֵיהּ וַאֲזַל בַּהֲדֵיהּ. כִּי הֲווֹ מִיפַּטְרִי מִינֵּיהּ, אֲמַר לְהוּ: אַתֶּם הִקְבַּלְתֶּם פָּנִים הַנִּרְאִים וְאֵינָן רוֹאִין — תִּזְכּוּ לְהַקְבִּיל פָּנִים הָרוֹאִים וְאֵינָן נִרְאִין. אֲמַר לֵיהּ: אִיכוּ הַשְׁתָּא מְנַעְתַּן מֵהַאי בִּירְכְּתָא.
Rabbi Yehouda HaNassi le saisit et alla avec lui malgré tout, et ensemble ils saluèrent le sage aveugle. Lorsqu’ils le quittaient, il leur dit : Vous avez salué quelqu’un qui est vu et ne voit pas ; puissiez-vous être dignes de saluer Celui qui voit et n’est pas vu. Rabbi Yehouda HaNassi dit à Rabbi Ḥiyya : Maintenant, si je t’avais écouté et n’étais pas allé le saluer, tu m’aurais empêché de recevoir cette béniction.
אֲמַרוּ לֵיהּ: מִמַּאן שְׁמִיעָא לָךְ? מִפִּרְקֵיהּ דְּרַבִּי יַעֲקֹב שְׁמִיעַ לִי, דְּרַבִּי יַעֲקֹב אִישׁ כְּפַר חִיטַּיָּיא הֲוָה מְקַבֵּיל אַפֵּיהּ דְּרַבֵּיהּ כׇּל יוֹמָא. כִּי קַשׁ, אֲמַר לֵיהּ: לָא נִצְטַעַר מָר, דְּלָא יָכֵיל מָר.
Ils dirent à l’érudit aveugle : De qui as-tu entendu que nous sommes dignes de cette bénédiction ? Il leur dit : Je l’ai entendu de l’enseignement de Rabbi Ya’akov, car Rabbi Ya’akov du village de Ḥitiyya saluait son maître chaque jour. Lorsque Rabbi Ya’akov vieillit, son maître lui dit : Ne t’afflige pas, mon Maître, que mon Maître soit incapable de faire l’effort de me saluer. Il vaut mieux que tu ne viennes pas me rendre visite.
אֲמַר לֵיהּ, מִי זוּטַר מַאי דִּכְתִיב בְּהוּ בְּרַבָּנַן: ״וִיחִי עוֹד לָנֶצַח לֹא יִרְאֶה הַשָּׁחַת כִּי יִרְאֶה חֲכָמִים יָמוּתוּ״. וּמָה הָרוֹאֶה חֲכָמִים בְּמִיתָתָן יִחְיֶה — בְּחַיֵּיהֶן עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Rabbi Ya’akov lui dit : Est-ce une chose mineure, ce qui est écrit au sujet des Sages : « Qu’il vive encore toujours, qu’il ne voie pas la fosse. Car il voit que les sages meurent » (Psaumes 49:10–11) ? À cet égard, une inférence a fortiori s’applique : De même que celui qui voit les Sages dans leur mort vivra, à plus forte raison celui qui les voit de leur vivant. De là, l’érudit aveugle apprit l’importance de saluer les érudits de la Torah, c’est pourquoi il bénit les Sages qui étaient venus le saluer.
רַב אִידִי אֲבוּהּ דְּרַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי הֲוָה רְגִיל דַּהֲוָה אָזֵיל תְּלָתָא יַרְחֵי בְּאוֹרְחָא וְחַד יוֹמָא בְּבֵי רַב, וַהֲווֹ קָרוּ לֵיהּ רַבָּנַן ״בַּר בֵּי רַב דְּחַד יוֹמָא״. חֲלַשׁ דַּעְתֵּיהּ, קָרֵי אַנַּפְשֵׁיהּ: ״שְׂחוֹק לְרֵעֵהוּ אֶהְיֶה וְגוֹ׳״. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן: בְּמָטוּתָא מִינָּךְ, לָא תַּעְנֵישׁ לְהוּ רַבָּנַן.
La Guemara raconte : Rav Idi, père de Rabbi Ya’akov bar Idi, voyageait régulièrement trois mois sur la route pour atteindre la maison d’étude et, comme il repartait immédiatement afin de rentrer chez lui pour la fête de Souccot, il ne passait qu’un seul jour dans l’école de Rav. Et les Sages le qualifiaient avec mépris de : étudiant de Torah pour un jour. Il en fut offensé et lut à son propre sujet le verset suivant : « Je suis comme un objet de moquerie pour mon prochain, un homme qui invoque Dieu, et Il lui répond » (Job 12:4). Rabbi Yoḥanan lui dit : S’il te plaît, ne punis pas les Sages, c’est-à-dire ne te vexe pas et ne sois pas dur envers eux, car cela entraînera leur punition par Dieu.
נְפַק רַבִּי יוֹחָנָן לְבֵי מִדְרְשָׁא וּדְרַשׁ: ״וְאוֹתִי יוֹם יוֹם יִדְרֹשׁוּן וְדַעַת דְּרָכַי יֶחְפָּצוּן״. וְכִי בַּיּוֹם דּוֹרְשִׁין אוֹתוֹ וּבַלַּיְלָה אֵין דּוֹרְשִׁין אוֹתוֹ?! אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה אֲפִילּוּ יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ עָסַק כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ.
Rabbi Yoḥanan quitta Rav Idi et alla à la maison d’étude et enseigna : « Pourtant, ils Me cherchent chaque jour et prennent plaisir à connaître Mes voies » (Isaïe 58:2). Mais est-il possible que ce soit seulement pendant le jour qu’ils Le cherchent et que la nuit ils ne Le cherchent pas ? Quel est le sens de chaque jour ? Au contraire, ce verset vient te dire que, concernant quiconque s’adonne à l’étude de la Torah ne serait-ce qu’un seul jour par an, le verset lui attribue le mérite comme s’il s’était adonné à l’étude de la Torah toute l’année.
וְכֵן בְּמִדַּת פּוּרְעָנוּת, דִּכְתִיב: ״בְּמִסְפַּר הַיָּמִים אֲשֶׁר תַּרְתֶּם אֶת הָאָרֶץ״. וְכִי אַרְבָּעִים שָׁנָה חָטְאוּ? וַהֲלֹא אַרְבָּעִים יוֹם חָטְאוּ! אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: כׇּל הָעוֹבֵר עֲבֵירָה אֲפִילּוּ יוֹם אֶחָד בַּשָּׁנָה — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ עָבַר כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ.
Et de même cela s’applique à l’attribut du châtiment, comme il est écrit : « Selon le nombre des jours pendant lesquels vous avez exploré le pays, quarante jours, pour chaque jour une année, vous porterez vos iniquités » (Nombres 14:34). Mais ont-ils péché pendant quarante ans ? N’ont-ils pas péché seulement pendant quarante jours ? Au contraire, cela vient te dire que quiconque transgresse un péché ne serait-ce qu’un seul jour par an, le verset lui attribue une responsabilité comme s’il avait transgressé toute l’année.
אֵי זֶהוּ קָטָן — כׇּל שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִרְכּוֹב עַל כְּתֵפוֹ שֶׁל אָבִיו. מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי זֵירָא:
§ La michna a enseigné : Qui est un mineur qui est exempté de la mitsva de comparution au Temple ? Tout enfant qui est incapable de monter sur les épaules de son père et de monter de Jérusalem au mont du Temple. Rabbi Zeira objecte vivement à cela :

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