קוֹדֶם שֶׁנִּבְרָא הָעוֹלָם, וְלֹא נִבְרְאוּ. עָמַד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וּשְׁתָלָן בְּכׇל דּוֹר וָדוֹר, וְהֵן הֵן עַזֵּי פָנִים שֶׁבַּדּוֹר.
avant la création du monde, mais ils ne furent pas créés. La Torah était censée avoir été donnée mille générations après la création du monde, comme il est écrit : « Il a ordonné Sa parole pour mille générations » (Psaumes 105:8), mais Dieu l’a donnée plus tôt, après seulement vingt-six générations, de sorte que neuf cent soixante-quatorze générations auraient dû être créées, mais ne le furent pas. Le Saint, béni soit-Il, agit en implantant quelques-uns d’entre eux dans chaque génération, et ce sont les insolents de la génération, car ils appartenaient à des générations qui n’auraient pas dû être créées du tout.
וְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: ״אֲשֶׁר קוּמְּטוּ״ — לִבְרָכָה הוּא דִּכְתִיב. אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁמְּקַמְּטִין עַצְמָן עַל דִּבְרֵי תוֹרָה בָּעוֹלָם הַזֶּה, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְגַלֶּה לָהֶם סוֹד לָעוֹלָם הַבָּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נָהָר יוּצַק יְסוֹדָם״.
Et Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit que le verset : « Qui furent arrachés [kumtu] » (Job 22:16), est écrit comme une bénédiction, car le verset ne fait pas référence à des gens vils et maudits, mais aux bénis. Ce sont les érudits de la Torah, qui se ratatinent [mekamtin], c’est-à-dire s’humilient, eux-mêmes sur les paroles de la Torah dans ce monde. Le Saint, béni soit-Il, leur révèle un secret dans le Monde à Venir, comme il est dit : « Dont le fondement [yesodam] fut répandu comme un ruisseau » (Job 22:16), impliquant qu’Il leur accordera une connaissance abondante des choses secrètes [sod].
אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְחִיָּיא בַּר רַב: בַּר אַרְיָא! תָּא אֵימָא לָךְ מִילְּתָא מֵהָנֵי מִילֵּי מְעַלְּיָיתָא דַּהֲוָה אָמַר אֲבוּךְ: כֹּל יוֹמָא וְיוֹמָא נִבְרָאִין מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מִנְּהַר דִּינוּר, וְאָמְרִי שִׁירָה וּבָטְלִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״חֲדָשִׁים לַבְּקָרִים רַבָּה אֱמוּנָתֶךָ״. וּפְלִיגָא דְּרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי. דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: כׇּל דִּיבּוּר וְדִיבּוּר שֶׁיּוֹצֵא מִפִּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נִבְרָא מִמֶּנּוּ מַלְאָךְ אֶחָד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בִּדְבַר ה׳ שָׁמַיִם נַעֲשׂוּ וּבְרוּחַ פִּיו כׇּל צְבָאָם״.
Shmuel dit à Ḥiyya bar Rav : Fils de grands hommes, viens et je te dirai quelque chose des grandes choses que ton père avait coutume de dire : Chaque jour, les anges de service sont créés à partir du fleuve Dinur, et ils récitent un chant à Dieu puis immédiatement cessent d’exister, comme il est dit : « Elles sont nouvelles chaque matin ; grande est Ta fidélité » (Lamentations 3:23), indiquant que de nouveaux anges louent Dieu chaque matin. La Guemara commente : Et cette opinion est en désaccord avec celle de Rabbi Shmuel bar Naḥmani, car Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yonatan a dit : À chaque parole qui sort de la bouche du Saint, béni soit-Il, un ange est créé, comme il est dit : « Par la parole du Seigneur les cieux ont été faits, et par le souffle de Sa bouche toute leur armée » (Psaumes 33:6). L’armée des cieux, ce sont les anges, qui, selon lui, sont créés de la bouche de Dieu, et non du fleuve Dinur.
כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״לְבוּשֵׁיהּ כִּתְלַג חִיוָּר וּשְׂעַר רֵישֵׁיהּ כַּעֲמַר נְקֵא״. וּכְתִיב: ״קְוֻצּוֹתָיו תַּלְתַּלִּים שְׁחוֹרוֹת כָּעוֹרֵב״! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּישִׁיבָה, כָּאן בַּמִּלְחָמָה. דְּאָמַר מָר: אֵין לְךָ נָאֶה בִּישִׁיבָה אֶלָּא זָקֵן, וְאֵין לְךָ נָאֶה בַּמִּלְחָמָה אֶלָּא בָּחוּר.
§ La Guemara continue de concilier des versets qui semblent se contredire : Un verset déclare : « Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête comme de la laine blanche pure » (Daniel 7:9), et il est écrit : « Ses boucles sont ondulées, noires comme le corbeau » (Cantique des Cantiques 5:11). La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Ici le verset de Daniel fait référence au moment où Il est dans l’académie céleste, tandis que là-bas le verset du Cantique des Cantiques parle du moment où Il est en guerre, car le Maître a dit : Il n’y a personne de plus approprié pour étudier la Torah dans une académie qu’un vieillard, et il n’y a personne de plus approprié pour faire la guerre qu’un jeune homme. Une métaphore différente est donc utilisée pour décrire Dieu en chaque occasion.
כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״כׇּרְסְיֵהּ שְׁבִיבִין דִּינוּר״, וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״עַד דִּי כׇרְסָוָן רְמִיו וְעַתִּיק יוֹמִין יְתִיב״! לָא קַשְׁיָא: אֶחָד לוֹ וְאֶחָד לְדָוִד. כִּדְתַנְיָא: אֶחָד לוֹ וְאֶחָד לְדָוִד, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. אָמַר לוֹ רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי: עֲקִיבָא, עַד מָתַי אַתָּה עוֹשֶׂה שְׁכִינָה חוֹל?! אֶלָּא: אֶחָד לְדִין וְאֶחָד לִצְדָקָה.
La Guemara pose une autre question : Un verset déclare : « Son trône était des flammes de feu » (Daniel 7:9), et une autre expression dans le même verset déclare : « Jusqu’à ce que des trônes furent placés, et qu’un Ancien des jours s’assit, » impliquant l’existence de deux trônes. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Un trône est pour Lui et un est pour David, comme cela est enseigné dans une baraita à ce sujet : Un trône pour Lui et un pour David ; c’est l’opinion de Rabbi Akiva. Rabbi Yossei HaGelili lui dit : Akiva, combien de temps profaneras-tu la Présence divine, en la présentant comme si quelqu’un pouvait s’asseoir à côté de Lui ? Au contraire, les deux trônes sont désignés à des fins différentes : L’un pour le jugement et l’autre pour la justice.
קַיבְּלַהּ מִינֵּיהּ, אוֹ לָא קַיבְּלַהּ מִינֵּיהּ? תָּא שְׁמַע: אֶחָד לְדִין וְאֶחָד לִצְדָקָה, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. אָמַר לוֹ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: עֲקִיבָא, מָה לְךָ אֵצֶל הַגָּדָה! כְּלָךְ מִדַּבְּרוֹתֶיךָ אֵצֶל נְגָעִים וְאֹהָלוֹת. אֶלָּא: אֶחָד לְכִסֵּא וְאֶחָד לִשְׁרַפְרַף. כִּסֵּא — לֵישֵׁב עָלָיו, שְׁרַפְרַף — לַהֲדוֹם רַגְלָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַשָּׁמַיִם כִּסְאִי וְהָאָרֶץ הֲדוֹם רַגְלָי״.
La Guemara demande : Rabbi Akiva a-t-il accepté ce reproche de sa part, ou ne l’a-t-il pas accepté de sa part ? La Guemara apporte une preuve : Viens et écoute l’enseignement suivant d’une autre baraita : Un trône est pour le jugement et un est pour la justice ; telle est la déclaration de Rabbi Akiva. Rabbi Elazar ben Azarya lui dit : Akiva, que fais-tu à t’occuper de l’étude de aggada ? Ce n’est pas ton domaine d’expertise. Emporte [kelakh] tes paroles vers les sujets des plaies et des tentes. C’est-à-dire qu’il vaut mieux que tu enseignes les halakhot de l’impureté de la lèpre et de l’impureté des morts, qui relèvent de ton domaine d’expertise. Plutôt, concernant les deux trônes : L’un est pour un siège et l’un est pour un petit siège. Le siège est pour s’asseoir, et le petit siège est pour Son marchepied, comme il est dit : « Les cieux sont Mon siège, et la terre Mon marchepied » (Isaïe 66:1).
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה קְלָלוֹת קִילֵּל יְשַׁעְיָה אֶת יִשְׂרָאֵל, וְלֹא נִתְקָרְרָה דַּעְתּוֹ עַד שֶׁאָמַר לָהֶם הַמִּקְרָא הַזֶּה: ״יִרְהֲבוּ הַנַּעַר בַּזָּקֵן וְהַנִּקְלֶה בַּנִּכְבָּד״.
§ La Guemara a déclaré plus tôt que celui qui étudie les secrets de la Torah doit être « un chef de cinquante et un homme de faveur » (Isaïe 3:3), mais elle n’a pas expliqué la signification de ces exigences. Elle revient maintenant pour analyser ce verset en détail. Lorsque Rav Dimi vint d’Israël en Babylonie, il dit : Isaïe a maudit Israël de dix-huit malédictions, et son esprit ne s’est pas apaisé, c’est-à-dire qu’il n’était pas satisfait, jusqu’à ce qu’il leur dise la grande malédiction du verset suivant : « L’enfant se comportera avec insolence contre la personne âgée, et le vil contre l’honorable » (Isaïe 3:5).
שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה קְלָלוֹת, מַאי נִינְהוּ? דִּכְתִיב: ״כִּי הִנֵּה הָאָדוֹן ה׳ צְבָאוֹת מֵסִיר מִירוּשָׁלִַם וּמִיהוּדָה מַשְׁעֵן וּמַשְׁעֵנָה כֹּל מִשְׁעַן לֶחֶם וְכֹל מִשְׁעַן מָיִם גִּבּוֹר וְאִישׁ מִלְחָמָה שׁוֹפֵט וְנָבִיא וְקוֹסֵם וְזָקֵן. שַׂר חֲמִשִּׁים וּנְשׂוּא פָנִים וְיוֹעֵץ וַחֲכַם חֲרָשִׁים וּנְבוֹן לָחַשׁ. וְנָתַתִּי נְעָרִים שָׂרֵיהֶם וְתַעֲלוּלִים יִמְשְׁלוּ בָם וְגוֹ׳״.
La Guemara demande : Quelles sont ces dix-huit malédictions ? La Guemara répond : Comme il est écrit : « Car voici, le Maître, l’Éternel des armées, ôtera de Jérusalem et de Juda soutien et appui, tout soutien de pain et tout soutien d’eau ; l’homme vaillant et l’homme de guerre ; le juge, et le prophète, et le devin, et l’ancien ; le chef de cinquante, et l’homme de considération, et le conseiller, et le charmeur habile, et l’enchanteur expert. Et je leur donnerai des enfants pour princes, et des nourrissons domineront sur eux » (Isaïe 3:1–4). Les dix-huit éléments énumérés dans ces versets seront retirés à Israël.
״מַשְׁעֵן״ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי מִקְרָא. ״מַשְׁעֵנָה״ — אֵלּוּ בַּעְלֵי מִשְׁנָה, כְּגוֹן רַבִּי יְהוּדָה בֶּן תֵּימָא וַחֲבֵירָיו. פְּלִיגִי בַּהּ רַב פָּפָּא וְרַבָּנַן, חַד אָמַר: שֵׁשׁ מֵאוֹת סִדְרֵי מִשְׁנָה, וְחַד אָמַר: שְׁבַע מֵאוֹת סִדְרֵי מִשְׁנָה.
La Guemara poursuit en clarifiant le sens homilétique de ces termes : « Soutien » ; ce sont les maîtres de la Torah. « Bâton » ; ce sont les maîtres de la Michna, tels que Rabbi Yehuda ben Teima et ses collègues. La Guemara intervient : Rav Pappa et les Rabbins étaient en désaccord à ce sujet. L’un d’entre eux a dit : Ils maîtrisaient six cents ordres de Michna, et l’autre a dit : sept cents ordres de Michna, dont seulement six subsistent aujourd’hui.
״כֹּל מִשְׁעַן לֶחֶם״ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי תַלְמוּד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְכוּ לַחֲמוּ בְלַחֲמִי וּשְׁתוּ בְּיַיִן מָסָכְתִּי״. ״וְכֹל מִשְׁעַן מָיִם״ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי אַגָּדָה, שֶׁמּוֹשְׁכִין לִבּוֹ שֶׁל אָדָם כַּמַּיִם בְּאַגָּדָה. ״גִּבּוֹר״ — זֶה בַּעַל שְׁמוּעוֹת. ״וְאִישׁ מִלְחָמָה״ — זֶה שֶׁיּוֹדֵעַ לִישָּׂא וְלִיתֵּן בְּמִלְחַמְתָּהּ שֶׁל תּוֹרָה. ״שׁוֹפֵט״ — זֶה דַּיָּין שֶׁדָּן דִּין אֱמֶת לַאֲמִיתּוֹ. ״נָבִיא״ — כְּמַשְׁמָעוֹ. ״קוֹסֵם״ — זֶה מֶלֶךְ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קֶסֶם עַל שִׂפְתֵי מֶלֶךְ״. ״זָקֵן״ — זֶה שֶׁרָאוּי לִישִׁיבָה.
« Tout soutien de pain »; ce sont les maîtres du Talmud, comme il est dit : « Venez, mangez de mon pain, et buvez du vin que j’ai mêlé » (Proverbes 9:5). « Et tout soutien d’eau »; ce sont les maîtres de l’aggada, qui attirent le cœur des gens comme l’eau au moyen de l’aggada. « L’homme puissant »; c’est le maître de la tradition halakhique, celui qui maîtrise les halakhot transmises par ses rabbins. « Et l’homme de guerre »; c’est celui qui sait prendre part au discours de Torah, produisant des enseignements novateurs dans la guerre de Torah. « Un juge »; c’est un juge qui rend un jugement vrai avec vérité. « Un prophète »; comme l’indique le sens littéral. « Un devin »; c’est un roi. Pourquoi est-il appelé devin ? Car il est dit : « Une sentence divine est sur les lèvres du roi » (Proverbes 16:10). « Un ancien »; c’est quelqu’un qui est apte à la fonction de chef d’académie.
״שַׂר חֲמִשִּׁים״ — אַל תִּקְרֵי ״שַׂר חֲמִשִּׁים״, אֶלָּא ״שַׂר חוּמָּשִׁין״. זֶה שֶׁיּוֹדֵעַ לִישָּׂא וְלִיתֵּן בַּחֲמִשָּׁה חוּמְשֵׁי תוֹרָה. דָּבָר אַחֵר: ״שַׂר חֲמִשִּׁים״ — כִּדְרַבִּי אֲבָהוּ. דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: מִכָּאן שֶׁאֵין מַעֲמִידִין מְתוּרְגְּמָן עַל הַצִּבּוּר פָּחוֹת מֵחֲמִשִּׁים שָׁנָה. ״וּנְשׂוּא פָּנִים״ — זֶה שֶׁנּוֹשְׂאִין פָּנִים לְדוֹרוֹ בַּעֲבוּרוֹ. לְמַעְלָה, כְּגוֹן רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא. לְמַטָּה, כְּגוֹן רַבִּי אֲבָהוּ בֵּי קֵיסָר.
« Un chef de cinquante », ne lis pas cela comme « sar ḥamishim », mais lis-le comme « sar ḥumashin » ; c’est quelqu’un qui sait mener une discussion au sujet des cinq livres de [ḥamisha ḥumshei] la Torah. Alternativement, « un chef de cinquante » doit être compris selon Rabbi Abbahu, car Rabbi Abbahu a dit : D’ici nous apprenons qu’on ne peut pas nommer un transmetteur au-dessus du public pour transmettre des paroles de Torah ou des enseignements des Sages s’il a moins de cinquante ans. « Et l’homme de faveur » ; c’est quelqu’un pour qui de la faveur est accordée à sa génération. La Guemara fournit différents exemples de cela : Certains obtiennent de la faveur en haut, comme Rabbi Ḥanina ben Dosa, dont les prières pour sa génération recevaient invariablement une réponse. D’autres obtiennent de la faveur en bas, par exemple : Rabbi Abbahu, qui plaidait la cause d’Israël dans la maison de l’empereur.
״יוֹעֵץ״ — שֶׁיּוֹדֵעַ לְעַבֵּר שָׁנִים וְלִקְבּוֹעַ חֳדָשִׁים. ״וְחָכָם״ — זֶה תַּלְמִיד הַמַּחְכִּים אֶת רַבּוֹתָיו. ״חֲרָשִׁים״ — בְּשָׁעָה שֶׁפּוֹתֵחַ בְּדִבְרֵי תוֹרָה הַכֹּל נַעֲשִׂין כְּחֵרְשִׁין. ״וְנָבוֹן״ — זֶה הַמֵּבִין דָּבָר מִתּוֹךְ דָּבָר. ״לָחַשׁ״ — זֶה שֶׁרָאוּי לִמְסוֹר לוֹ דִּבְרֵי תוֹרָה שֶׁנִּיתְּנָה בְּלַחַשׁ.
« Le conseiller »; cela fait référence à quelqu’un qui sait comment intercaler les années et déterminer les mois, grâce à son expertise des phases de la lune et du calcul du cycle annuel. « Le rusé » ; c’est un élève qui rend ses rabbins sages par ses questions. « Charmeur [ḥarashim] »; cela fait référence à quelqu’un de si sage que, lorsqu’il commence à parler de questions de Torah, tous ceux qui l’écoutent sont comme sourds [ḥershin], car ils sont incapables de comprendre la profondeur de ses remarques. « L’habile » ; c’est quelqu’un qui comprend quelque chose de nouveau à partir d’autre chose qu’il a apprise. « Enchanteur [laḥash] » ; cela fait référence à quelqu’un qui est digne de recevoir des paroles de la Torah données à voix basse [laḥash], c’est-à-dire les secrets de la Torah, qui lui sont transmis.
״וְנָתַתִּי נְעָרִים שָׂרֵיהֶם״. מַאי ״וְנָתַתִּי נְעָרִים שָׂרֵיהֶם״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֵלּוּ בְּנֵי אָדָם שֶׁמְּנוֹעָרִין מִן הַמִּצְוֹת.
La Guemara continue d’interpréter ce verset : « Et je ferai des enfants leurs princes » (Isaïe 3:4). La Guemara demande : Quel est le sens de « Et je ferai des enfants [ne’arim] leurs princes » ? Rabbi Elazar a dit : Ce sont des gens dépourvus [meno’arin] de mitzvot ; de telles personnes deviendront les dirigeants de la nation.
״וְתַעֲלוּלִים יִמְשְׁלוּ בָּם״ — אָמַר רַב פָּפָּא בַּר יַעֲקֹב: תַּעֲלֵי בְּנֵי תַעֲלֵי. וְלֹא נִתְקָרְרָה דַּעְתּוֹ, עַד שֶׁאָמַר לָהֶם: ״יִרְהֲבוּ הַנַּעַר בַּזָּקֵן וְהַנִּקְלֶה בַּנִּכְבָּד״ — אֵלּוּ בְּנֵי אָדָם שֶׁמְּנוֹעָרִין מִן הַמִּצְוֹת, יִרְהֲבוּ בְּמֵי שֶׁמְּמוּלָּא בְּמִצְוֹת כְּרִמּוֹן. ״וְהַנִּקְלֶה בַּנִּכְבָּד״ — יָבֹא מִי שֶׁחֲמוּרוֹת דּוֹמוֹת עָלָיו כְּקַלּוֹת, וְיִרְהֲבוּ בְּמִי שֶׁקַּלּוֹת דּוֹמוֹת עָלָיו כַּחֲמוּרוֹת.
« Et des enfants [ta’alulim] domineront sur eux » ; Rav Pappa bar Ya’akov a dit :Ta’alulim signifie renards [ta’alei], fils de renards. En d’autres termes, des gens inférieurs tant par leurs actes que par leur lignée. Et l’esprit du prophète Isaïe ne s’apaisa pas jusqu’à ce qu’il leur dise : « L’enfant se conduira avec insolence contre l’ancien, et le vil contre l’honorable » (Isaïe 3:5). « L’enfant » [na’ar] ; ce sont des gens dépourvus de mitzvot, qui se conduiront avec insolence envers quelqu’un aussi rempli de mitzvot qu’une grenade. « Et le vil [nikleh] contre l’honorable [nikhbad] » ; cela signifie que celui pour qui les transgressions graves [kaved] sont comme des légères [kalot] à ses yeux viendra et se conduira avec insolence envers celui pour qui même les transgressions légères sont comme des graves à ses yeux.
אָמַר רַב קַטִּינָא: אֲפִילּוּ בִּשְׁעַת כִּשְׁלוֹנָהּ שֶׁל יְרוּשָׁלָיִם — לֹא פָּסְקוּ מֵהֶם בַּעֲלֵי אֲמָנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי יִתְפֹּשׂ אִישׁ בְּאָחִיו בֵּית אָבִיו שִׂמְלָה לְךָ קָצִין תִּהְיֶה לָנוּ״. דְּבָרִים שֶׁבְּנֵי אָדָם מִתְכַּסִּין כְּשִׂמְלָה, יֶשְׁנָן תַּחַת יָדֶךָ.
§ La Guemara poursuit son explication du chapitre dans Isaïe. Rav Ketina a dit : Même au moment de la chute de Jérusalem, des hommes dignes de confiance ne cessèrent pas d’exister parmi son peuple, comme il est dit : « Car un homme saisira son frère de la maison de son père, et dira : Tu as un manteau, sois notre chef » (Isaïe 3:6). La Guemara explique qu’ils s’approchaient de quelqu’un et lui disaient : Des choses que les gens prennent soin de garder couvertes comme avec un manteau, c’est-à-dire des paroles de Torah qui sont couvertes et cachées, sont sous ta main, car tu es un expert à leur sujet.
״וְהַמַּכְשֵׁלָה הַזֹּאת״. מַאי ״וְהַמַּכְשֵׁלָה הַזֹּאת״ — דְּבָרִים שֶׁאֵין בְּנֵי אָדָם עוֹמְדִין עֲלֵיהֶן אֶלָּא אִם כֵּן נִכְשָׁל בָּהֶן — ״יֶשְׁנָן תַּחַת יָדֶךָ״. ״יִשָּׂא בַיּוֹם הַהוּא לֵאמֹר לֹא אֶהְיֶה חוֹבֵשׁ וּבְבֵיתִי אֵין לֶחֶם וְאֵין שִׂמְלָה לֹא תְשִׂימוּנִי קְצִין עָם״. ״יִשָּׂא״ — אֵין יִשָּׂא אֶלָּא לְשׁוֹן שְׁבוּעָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תִשָּׂא אֶת שֵׁם ה׳ אֱלֹהֶיךָ״. ״לֹא אֶהְיֶה חוֹבֵשׁ״ — לֹא הָיִיתִי מֵחוֹבְשֵׁי בֵּית הַמִּדְרָשׁ. ״וּבְבֵיתִי אֵין לֶחֶם וְאֵין שִׂמְלָה״ — שֶׁאֵין בְּיָדִי לֹא מִקְרָא וְלֹא מִשְׁנָה וְלֹא גְּמָרָא.
Quel est le sens de la fin de ce verset : « Et cette pierre d’achoppement » (Isaïe 3:6) ? Les choses que les gens ne peuvent saisir qu’après y avoir trébuché, car elles ne peuvent être comprises qu’au prix de grands efforts, sont sous ta main. Bien qu’ils s’adressent à un individu avec ces paroles, il « jurera ce jour-là, en disant : Je ne serai pas un guérisseur, car dans ma maison il n’y a ni pain ni manteau ; ne faites pas de moi le chef d’un peuple » (Isaïe 3:7). Lorsque le verset déclare : « Jurera [yissa] », yissa n’est rien d’autre qu’une expression de serment, comme il est dit : « Tu ne prendras pas [tissa] le nom du Seigneur ton Dieu en vain » (Exode 20:6). Par conséquent, l’habitant de Jérusalem jure : « Je ne serai pas un guérisseur [ḥovesh] » (Isaïe 3:7), ce qui signifie : Je n’ai jamais été de ceux qui s’assoient [meḥovshei] dans la maison d’étude ; « car dans ma maison il n’y a ni pain ni manteau », puisque je ne possède la connaissance ni de la Torah, ni de la Michna, ni de la Guemara. Cela montre que même au plus bas niveau du déclin spirituel de Jérusalem, ses habitants admettraient la vérité et reconnaîtraient leur ignorance totale.
וְדִלְמָא שָׁאנֵי הָתָם, דְּאִי אָמַר לְהוּ גְּמִירְנָא — אָמְרִי לֵיהּ: אֵימָא לַן! הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר גְּמַר וּשְׁכַח. מַאי ״לֹא אֶהְיֶה חוֹבֵשׁ״ — לֹא אֶהְיֶה חוֹבֵשׁ כְּלָל.
La Guemara soulève une difficulté : Mais peut-être est-ce différent là-bas, car s’il avait dit : J’ai appris, ils lui auraient dit : Dis-nous, et les gens ne mentent pas au sujet de choses qui peuvent être facilement vérifiées. La Guemara rejette cette affirmation : S’il avait été un menteur, il aurait dit qu’il avait appris puis oublié, évitant ainsi la honte. Quel est le sens de « Je ne serai pas un guérisseur », ce qui semble impliquer qu’il avait appris dans le passé ? Cela signifie : Je ne serai pas guérisseur du tout, car je n’ai jamais appris. Par conséquent, il y avait malgré tout des hommes dignes de confiance à Jérusalem.
אִינִי?! וְהָאָמַר רָבָא: לֹא חָרְבָה יְרוּשָׁלַיִם עַד שֶׁפָּסְקוּ מִמֶּנָּה בַּעֲלֵי אֲמָנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׁוֹטְטוּ בְּחוּצוֹת יְרוּשָׁלִַם וּרְאוּ נָא וּדְעוּ וּבַקְשׁוּ בִרְחוֹבוֹתֶיהָ אִם תִּמְצְאוּ אִישׁ אִם יֵשׁ עוֹשֶׂה מִשְׁפָּט מְבַקֵּשׁ אֱמוּנָה וְאֶסְלַח לָהּ״! לָא קַשְׁיָא:
La Guemara soulève une autre difficulté : Est-ce bien ainsi ? Mais Rava n’a-t-il pas dit : Jérusalem n’a pas été détruite jusqu’à ce que les hommes dignes de confiance cessent d’y exister, comme il est dit : « Parcourez les rues de Jérusalem, regardez donc et sachez, et cherchez sur ses places si vous pouvez trouver un homme, s’il en est un qui agisse avec justice, qui recherche la vérité, et Je lui pardonnerai » (Jérémie 5:1), ce qui implique qu’il n’y avait pas de personnes dignes de confiance à cette époque ? La Guemara répond : Cela n’est pas difficile :