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אוֹתוֹ צַדִּיק, ״וַעֲבָדוּם וְעִנּוּ אֹתָם״ — קִייֵּם בָּהֶם, ״וְאַחֲרֵי כֵן יֵצְאוּ בִּרְכֻשׁ גָּדוֹל״ — לֹא קִייֵּם בָּהֶם.
cette personne juste, Abraham, ne dira pas : Dieu a accompli Sa déclaration : « Et ils seront réduits en esclavage et affligés, » mais Dieu n’a pas accompli Sa déclaration : « Et ensuite, ils sortiront avec de grandes richesses. » Comme Dieu l’a dit à Abraham : « Sache avec certitude que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera pas le leur, et ils seront réduits en esclavage et affligés pendant quatre cents ans. Et aussi la nation qui les asservira, Je la jugerai. Et ensuite, ils sortiront avec de grandes richesses » (Torah 15:13–14).
אָמְרוּ לוֹ: וּלְוַאי שֶׁנֵּצֵא בְּעַצְמֵנוּ! מָשָׁל: לְאָדָם שֶׁהָיָה חָבוּשׁ בְּבֵית הָאֲסוּרִים וְהָיוּ אוֹמְרִים לוֹ בְּנֵי אָדָם: מוֹצִיאִין אוֹתְךָ לְמָחָר מִבֵּית הָאֲסוּרִין, וְנוֹתְנִין לְךָ מָמוֹן הַרְבֵּה, וְאוֹמֵר לָהֶם: בְּבַקָּשָׁה מִכֶּם, הוֹצִיאוּנִי הַיּוֹם, וְאֵינִי מְבַקֵּשׁ כְּלוּם.
L’école de Rabbi Yannai poursuit : Israël dit à Moïse : Si seulement nous pouvions sortir par nous-mêmes. La Guemara propose une parabole au sujet de quelqu’un qui était incarcéré en prison, et des gens lui disaient : Nous promettons, demain nous te libérerons et nous te donnerons beaucoup d’argent. Il leur dit : Je vous en supplie, libérez-moi aujourd’hui et je ne demande rien. De même, Israël préféra partir immédiatement les mains vides plutôt que de partir plus tard avec de grandes richesses.
״וַיַּשְׁאִלוּם״, אָמַר רַבִּי אַמֵּי: מְלַמֵּד שֶׁהִשְׁאִילוּם בְּעַל כָּרְחָם. אִיכָּא דְאָמְרִי בְּעַל כָּרְחָם דְּמִצְרַיִם, וְאִיכָּא דְאָמְרִי בְּעַל כָּרְחָם דְּיִשְׂרָאֵל.
En ce qui concerne le butin pris à l’Égypte décrit dans le verset : « Et le Seigneur accorda à la nation grâce aux yeux de l’Égypte, et ils leur donnèrent ce qu’ils demandèrent et ils dépouillèrent l’Égypte » (Exode 12:36), Rabbi Ami a dit : Cela enseigne que les Égyptiens leur donnèrent ce qu’ils demandèrent contre leur volonté. Il y a une controverse concernant la question : Contre la volonté de qui ? Certains disent que cela fut donné contre la volonté des Égyptiens, et certains disent que cela fut donné contre la volonté d’Israël. Le partisan de chaque position cite un appui à son opinion.
מַאן דְּאָמַר בְּעַל כָּרְחָם דְּמִצְרַיִם — דִּכְתִיב: ״וּנְוַת בַּיִת תְּחַלֵּק שָׁלָל״. מַאן דְּאָמַר בְּעַל כָּרְחָם דְּיִשְׂרָאֵל — מִשּׁוּם מַשּׂוֹי.
Celui qui a dit que cela a été donné contre la volonté des Égyptiens cite le verset décrivant la sortie d’Israël d’Égypte, comme il est écrit : « Et celle qui demeure à la maison partage le butin » (Psaumes 68:13). Ce que la femme dans le verset demandait à sa compagne était en réalité un butin pris contre la volonté d’un ennemi. Celui qui a dit que cela a été donné contre la volonté d’Israël soutient qu’ils ne voulaient pas des ustensiles à cause du fardeau de porter une lourde charge au cours d’un long voyage.
״וַיְנַצְּלוּ אֶת מִצְרָיִם״. אָמַר רַבִּי אַמֵּי מְלַמֵּד שֶׁעֲשָׂאוּהָ כִּמְצוּדָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגָן, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר, עֲשָׂאוּהָ כִּמְצוּלָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגִים.
En ce qui concerne la suite du verset : « Et ils vidèrent l’Égypte », dit Rabbi Ami : Cela indique qu’ils firent de l’Égypte comme un piège dans lequel il n’y a pas de grain servant d’appât pour attirer les oiseaux. Reish Lakish dit : Ils firent de l’Égypte comme un abîme dans la mer sans poissons.
״אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה״, אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה, לֵךְ אֱמוֹר לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל: אֲנִי הָיִיתִי עִמָּכֶם בְּשִׁעְבּוּד זֶה, וַאֲנִי אֶהְיֶה עִמָּכֶם בְּשִׁעְבּוּד מַלְכֻיוֹת.
La Guemara poursuit la discussion de la promesse de rédemption d’Égypte que Dieu fit à Moïse au buisson ardent. Lorsque Moïse demanda à Dieu quoi dire quand Israël lui demanderait le nom de Dieu, « et Dieu dit à Moïse : ‘Je serai qui je serai,’ et Il dit : ‘Ainsi tu diras aux enfants d’Israël : Je serai m’a envoyé vers vous’ » (Exode 3:14). Le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse d’aller dire à Israël : J’étais avec vous dans cet asservissement, et dans cette rédemption, et Je serai avec vous dans l’asservissement des royaumes à l’avenir.
אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, דַּיָּה לַצָּרָה בִּשְׁעָתָהּ. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: לֵךְ אֱמוֹר לָהֶם ״אֶהְיֶה שְׁלָחַנִי אֲלֵיכֶם״.
Moïse dit devant Lui : Maître de l’Univers, il leur suffit d’endurer. Que la souffrance future soit endurée en son temps fixé. Il n’est pas nécessaire de mentionner leur futur asservissement. Le Saint, béni soit-Il, fut d’accord avec Moïse et lui dit : Va et dis aux enfants d’Israël seulement ceci : « Je Serai » m’a envoyé vers vous.
״עֲנֵנִי ה׳ עֲנֵנִי״. אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: לָמָה אָמַר אֵלִיָּהוּ עֲנֵנִי שְׁתֵּי פְּעָמִים? מְלַמֵּד שֶׁאָמַר אֵלִיָּהוּ לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, ״עֲנֵנִי״ — שֶׁתֵּרֵד אֵשׁ מִן הַשָּׁמַיִם וְתֹאכַל כָּל אֲשֶׁר עַל הַמִּזְבֵּחַ, וַ״עֲנֵנִי״ — שֶׁתַּסִּיחַ דַּעְתָּם, כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ מַעֲשֵׂה כְשָׁפִים הֵם. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה הֲסִבֹּתָ אֶת לִבָּם אֲחוֹרַנִּית״:
Après avoir expliqué l’usage du double langage de « Je serai ce que Je serai », la Guemara poursuit en expliquant le double langage employé par Élie sur le mont Carmel : « Réponds-moi, Seigneur, réponds-moi, afin que ce peuple sache que Tu es le Seigneur, Dieu, et que Tu as ramené leurs cœurs en arrière » (I Rois 18:37). Rabbi Abbahu dit : Pourquoi Élie a-t-il dit “réponds-moi” deux fois ? Cette répétition enseigne qu’Élie dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, réponds-moi afin qu’un feu descende du ciel et consume tout ce qui est sur l’autel, et réponds-moi afin que Tu détournes leur esprit d’imaginer des explications alternatives à ce dont ils ont été témoins, afin qu’ils ne disent pas qu’il s’agissait d’actes de sorcellerie. Comme il est dit qu’Élie a dit : « Et Tu as ramené leurs cœurs en arrière », Dieu peut aussi les ramener sur la bonne voie.
מַתְנִי׳ מֵאֵימָתַי קוֹרִין אֶת שְׁמַע בְּשַׁחֲרִית? מִשֶּׁיַּכִּיר בֵּין תְּכֵלֶת לְלָבָן. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בֵּין תְּכֵלֶת לְכָרָתֵי. וְגוֹמְרָהּ, עַד הָנֵץ הַחַמָּה, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר עַד שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת, שֶׁכֵּן דֶּרֶךְ מְלָכִים לַעֲמוֹד בְּשָׁלֹשׁ שָׁעוֹת.
MICHNA :À partir de quand récite-t-on le Shema le matin ? À partir du moment où une personne peut distinguer entre le bleu azur [tekhelet] et le blanc.
Rabbi Eliezer dit : À partir du moment où l’on peut distinguer entre le bleu azur et le vert poireau.
Et il faut achever la récitation du Shemaavant la fin de la période du lever, c’est-à-dire le lever du soleil, lorsque le soleil commence à briller.
Rabbi Yehoshua dit : On peut réciter le Shema du matinjusqu’à trois heures du jour, car cela est encore considéré comme le moment du lever, car il est d’usage chez les rois de se lever de leur sommeil à trois heures du jour.
הַקּוֹרֵא מִכָּאן וְאֵילָךְ — לֹא הִפְסִיד, כְּאָדָם הַקּוֹרֵא בַּתּוֹרָה.
Bien qu’il y ait un laps de temps fixé pour la récitation du Shema, celui qui récite le Shema à partir de ce moment-là ne perd rien. Bien qu’il n’accomplisse pas la mitsva de réciter le Shema au moment prescrit, il est néanmoins considéré comme quelqu’un qui lit la Torah, et il est récompensé en conséquence.
גְּמָ׳ מַאי בֵּין תְּכֵלֶת לְלָבָן? אִילֵּימָא בֵּין גְּבָבָא דְעַמְרָא חִיוָּרָא לִגְבָבָא דְעַמְרָא דִתְכֵלְתָּא — הָא בְּלֵילְיָא נָמֵי מִידָּע יָדְעִי. אֶלָּא, בֵּין תְּכֵלֶת שֶׁבָּהּ לְלָבָן שֶׁבָּהּ.
GUEMARA : La michna a déclaré que le moment de la récitation du Shema du matin commence lorsqu’on peut distinguer entre le bleu azur et le blanc. La Guemara demande : À quoi renvoie l’expression entre le bleu azur et le blanc ? Si vous dites que cela signifie distinguer entre un tas de laine blanche et un tas de laine bleu azur, ne connaîtrait-on pas la différence la nuit aussi ? Plutôt, cela doit être une référence aux franges rituelles faites avec des fils bleu azur (voir Nombres 15:38) avec des fils blancs, et il faut pouvoir distinguer entre les fils bleu azur dans les franges rituelles et les fils blancs dans les franges rituelles.
En ce qui concerne le début du moment de la récitation du Shema du matin, une baraita cite des opinions supplémentaires non citées dans la michna.
תַּנְיָא: רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מִשֶּׁיַּכִּיר בֵּין זְאֵב לְכֶלֶב. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: בֵּין חֲמוֹר לְעָרוֹד. וַאֲחֵרִים אוֹמְרִים: מִשֶּׁיִּרְאֶה אֶת חֲבֵרוֹ רָחוֹק אַרְבַּע אַמּוֹת, וְיַכִּירֶנּוּ.
Il a été enseigné dans une baraita :
Rabbi Meïr dit que le jour commence lorsqu’on peut distinguer entre deux animaux semblables, par exemple, un loup et un chien.
Rabbi Akiva donne un signe différent, et dit que le jour commence lorsqu’il y a assez de lumière pour distinguer entre un âne et un âne sauvage.
Et Aḥerim disent : Lorsqu’on peut voir une autre personne, qui n’est qu’une connaissance (Talmud de Jérusalem), à une distance de quatre coudées et la reconnaître.
אָמַר רַב הוּנָא: הֲלָכָה כַּאֲחֵרִים. אָמַר אַבָּיֵי: לִתְפִילִּין כַּאֲחֵרִים. לִקְרִיאַת שְׁמַע כְּוָתִיקִין. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן וָתִיקִין הָיוּ גּוֹמְרִין אוֹתָהּ עִם הָנֵץ הַחַמָּה.
Rav Houna a dit : La halakha est conforme à Aḥerim. Abaye a dit : En ce qui concerne le moment à partir duquel on peut mettre les phylactères, une mitsva obligatoire seulement le jour, la halakha est conforme à Aḥerim. Mais en ce qui concerne la récitation duShema, on doit se conduire conformément à la coutume des vatikin, des personnes pieuses qui étaient scrupuleuses dans l’accomplissement des mitsvot. Comme Rabbi Yoḥanan a dit : Les vatikin achevaient la récitation du Shema au lever du soleil, et l’on doit agir en conséquence.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: וָתִיקִין הָיוּ גּוֹמְרִין אוֹתָהּ עִם הָנֵץ הַחַמָּה, כְּדֵי שֶׁיִּסְמוֹךְ גְּאוּלָּה לִתְפִלָּה, וְנִמְצָא מִתְפַּלֵּל בַּיּוֹם.
Il a également été enseigné dans une baraita : Les vatikin achevaient la récitation du Shema au lever du soleil afin de juxtaposer la bénédiction de la rédemption, qui suit immédiatement la récitation du Shema, à la prière, et prier pendant le jour.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: מַאי קְרָאָה — ״יִירָאוּךָ עִם שָׁמֶשׁ וְלִפְנֵי יָרֵחַ דּוֹר דּוֹרִים״.
Concernant cette coutume des vatikin, Rabbi Zeira a dit : Quel verset est la source de cette tradition ? « Ils Te craindront avec le soleil, et devant la lune de génération en génération » (Psaumes 72:5). Ce verset indique que l’on doit exprimer sa crainte du Ciel, ils Te craindront, immédiatement avant le lever du soleil, avec le soleil.
הֵעִיד רַבִּי יוֹסֵי בֶּן אֶלְיָקִים מִשּׁוּם קְהָלָא קַדִּישָׁא דְבִירוּשָׁלַיִם: כָּל הַסּוֹמֵךְ גְּאוּלָּה לִתְפִלָּה אֵינוֹ נִזּוֹק כָּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ.
Rabbi Yosei ben Elyakim a témoigné au nom de la sainte communauté de Jérusalem, un titre accordé à un groupe particulier de Sages qui y vivaient, que celui qui juxtapose rédemption et prière au lever du soleil ne subira aucun mal pendant toute la journée.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: אִינִי?! וְהָא אֲנָא סְמַכִי וְאִיתְּזַקִי! אֲמַר לֵיהּ: בְּמַאי אִיתְּזַקְתְּ — דְּאַמְטֵיִית אָסָא לְבֵי מַלְכָּא. הָתָם נָמֵי מִבְּעֵי לָךְ לְמֵיהַב אַגְרָא לְמִחְזֵי אַפֵּי מַלְכָּא, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לְעוֹלָם יִשְׁתַּדֵּל אָדָם לָרוּץ לִקְרַאת מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל. וְלֹא לִקְרַאת מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל בִּלְבַד, אֶלָּא אֲפִילּוּ לִקְרַאת מַלְכֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם, שֶׁאִם יִזְכֶּה — יַבְחִין בֵּין מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל לְמַלְכֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם!
Rabbi Zeira dit : Est-ce bien ainsi ? N’ai-je pas juxtaposé rédemption et prière et pourtant ai-je subi un préjudice ? Rabbi Yossei ben Elyakim demanda à Rabbi Zeira : Comment as-tu subi un préjudice ? En apportant une branche de myrte au palais du roi ? La Guemara fait référence à la responsabilité de Rabbi Zeira, en tant que l’un des membres respectés de la communauté, de participer à une délégation qui apporta une couronne de myrte en cadeau au roi, un honneur douteux auquel Rabbi Zeira ne portait aucun intérêt. Cependant, là aussi, tu as dû payer un prix pour voir le visage du roi, comme l’a dit Rabbi Yoḥanan : On doit toujours s’efforcer de courir à la rencontre des rois d’Israël afin de les voir dans leur gloire. Et non seulement faut-il courir à la rencontre des rois d’Israël, mais même à la rencontre des rois des nations du monde, afin que, s’il a le privilège d’être témoin de la rédemption d’Israël, il distingue entre les rois d’Israël et les rois des nations du monde, pour voir combien le roi juif sera plus grand et comment sa royauté se manifestera. Par conséquent, ce fut un privilège pour Rabbi Zeira qu’il lui ait été permis de voir le visage du roi.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אִלָּעָא לְעוּלָּא: כִּי עָיְילַתְּ לְהָתָם שְׁאֵיל בִּשְׁלָמָא דְּרַב בְּרוֹנָא אֲחִי בְּמַעֲמַד כָּל הַחֲבוּרָה, דְּאָדָם גָּדוֹל הוּא וְשָׂמֵחַ בְּמִצְוֹת. זִימְנָא חֲדָא סְמַךְ גְּאוּלָּה לִתְפִלָּה וְלָא פְּסֵיק חוּכָא מִפּוּמֵּיהּ כּוּלֵּיהּ יוֹמָא.
Rabbi El’a dit à Oulla avant qu’Oulla ne parte pour la Babylonie : Quand tu iras en Babylonie, prends des nouvelles de mon frère, Rav Berouna, en présence de tout le groupe, car c’est un grand homme qui se réjouit des mitsvot, et il convient qu’on lui accorde du respect. La Guemara apporte la preuve qu’il était bien un grand homme qui se réjouissait des mitsvot : Une fois, Rav Berouna a juxtaposé rédemption et prière au lever du soleil, conformément à la coutume des vatikin (Tossafot), et le rire et la joie ne quittèrent pas sa bouche de toute la journée.
הֵיכִי מָצֵי סָמֵיךְ? וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בַּתְּחִלָּה הוּא אוֹמֵר: ״ה׳ שְׂפָתַי תִּפְתָּח״, וּלְבַסּוֹף הוּא אוֹמֵר: ״יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְגוֹ׳״!
En pratique, la Guemara demande : Comment peut-on juxtaposer la rédemption et la prière ? Rabbi Yoḥanan n’a-t-il pas dit : Au début de la prière, on dit : « Seigneur, ouvre mes lèvres, afin que ma bouche proclame Ta louange » (Psaumes 51:17), et à la fin de la prière on dit : « Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant Toi, Seigneur, mon Rocher et mon Rédempteur » (Psaumes 19:15). Si tel est le cas, le premier verset constitue une interruption entre la rédemption et la prière.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: תְּהֵא בִּתְפִלָּה שֶׁל עַרְבִית.
Rabbi Elazar a dit : Que ce verset, « Seigneur, ouvre mes lèvres », soit récité seulement dans la prière du soir et non dans la prière du matin.
וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵיזֶהוּ בֶּן הָעוֹלָם הַבָּא — זֶהוּ הַסּוֹמֵךְ גְּאוּלָּה שֶׁל עַרְבִית לִתְפִלָּה שֶׁל עַרְבִית!
La Guemara demande : Rabbi Yoḥanan n’a-t-il pas dit : Qui est digne de une place dans le Monde à venir ? Celui qui juxtapose la rédemption de la prière du soir à la prière du soir. Par conséquent, ce verset des Psaumes ne doit pas non plus être récité avant la prière du soir.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: תְּהֵא בִּתְפִלַּת הַמִּנְחָה.
Au contraire, Rabbi Elazar a dit : Que ce verset : « Seigneur, ouvre mes lèvres », ne soit récité que לפני la prière de l’après-midi.
רַב אָשֵׁי אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא אַכּוּלְּהוּ, וְכֵיוָן דְּקַבְעוּהָ רַבָּנַן בִּתְפִלָּה — כִּתְפִלָּה אֲרִיכְתָּא דָּמְיָא.
Rav Ashi a dit une autre explication : Même si tu dis que Rabbi Yoḥanan soutient que « Seigneur, ouvre mes lèvres » est récité avant toutes les prières, y compris les prières du matin et du soir. Puisque les Sages ont institué ce verset, il est considéré comme une prière prolongée ; il fait partie intégrante des prières, et si la rédemption est juxtaposée à ce verset, cela n’est pas différent du cas où la rédemption serait juxtaposée directement à la prière.
דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, עַרְבִית הֵיכִי מָצֵי סָמֵיךְ, וְהָא בָּעֵי לְמֵימַר ״הַשְׁכִּיבֵנוּ״! אֶלָּא כֵּיוָן דְּתַקִּינוּ רַבָּנַן הַשְׁכִּיבֵנוּ — כִּגְאוּלָּה אֲרִיכְתָּא דָּמְיָא. הָכִי נָמֵי כֵּיוָן דְּקַבְעוּהָ רַבָּנַן בִּתְפִלָּה — כִּתְפִלָּה אֲרִיכְתָּא דָּמְיָא.
Rav Ashi soutient son affirmation : Car si tu ne dis pas cela, comment peut-on juxtaposer la rédemption de la prière du soir à la prière du soir ? Ne faut-il pas réciter : Fais-nous coucher [hashkivenu] après la rédemption ? Au contraire, puisque les Sages ont institué la récitation de : Fais-nous coucher, elle est considérée comme une bénédiction prolongée de la rédemption. De même, puisque les Sages ont institué ce verset dans la prière, il est considéré comme une prière prolongée.
מִכְּדֵי, הַאי ״יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי״ מַשְׁמַע לִבְסוֹף, וּמַשְׁמַע מֵעִיקָּרָא דְּבָעֵינָא לְמֵימַר. מַאי טַעְמָא תַּקְּנוּהוּ רַבָּנַן לְאַחַר שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה בְּרָכוֹת? לֵימְרוּ מֵעִיקָּרָא!
Au sujet du verset par lequel la prière se conclut, la Guemara examine : Or, puisque ce verset : « Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant Toi » peut indiquer la fin de la prière, en demandant à Dieu d’accepter la prière qui vient d’être récitée, et il peut aussi indiquer le début de la prière qu’il veut réciter : Que les paroles de ma bouche que je suis sur le point de réciter soient agréables devant Toi. Si tel est le cas, la question se pose : Pourquoi les Sages ont-ils institué qu’il soit récité après les dix-huit bénédictions qui constituent la Amida ? Qu’il soit récité au début de la prière.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי: הוֹאִיל וְלֹא אֲמָרוֹ דָּוִד אֶלָּא לְאַחַר שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה פָּרָשִׁיּוֹת, לְפִיכָךְ תַּקִּינוּ רַבָּנַן לְאַחַר שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה בְּרָכוֹת.
Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Shimon ben Pazi, a dit : Ce verset est récité après les dix-huit bénédictions qui composent la Amida parce que David n’a dit ce verset qu’après dix-huit chapitres de Psaumes (fin du chap. 19). C’est pourquoi les Sages ont institué de le réciter après les dix-huit bénédictions de la Amida.
הָנֵי שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה?! תְּשַׁע עֶשְׂרֵה הָוְיָן!
La Guemara demande : S'agit-il de ces dix-huit psaumes ? Il y a dix-neuf chapitres qui précèdent ce verset.
״אַשְׁרֵי הָאִישׁ״ וְ״לָמָּה רָגְשׁוּ גוֹיִם״ חֲדָא פָּרָשָׁה הִיא.
La Guemara répond : « Heureux est l’homme, » le premier chapitre des Psaumes, et « Pourquoi les nations sont-elles en tumulte, » le deuxième chapitre, constituent un seul chapitre, de sorte que les dix-neuf chapitres sont en réalité dix-huit.
דְּאָמַר רַבִּי יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי: מֵאָה וְשָׁלֹשׁ פָּרָשִׁיּוֹת אָמַר דָּוִד, וְלֹא אָמַר ״הַלְלוּיָהּ״ עַד שֶׁרָאָה בְּמַפַּלְתָּן שֶׁל רְשָׁעִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יִתַּמּוּ חַטָּאִים מִן הָאָרֶץ וּרְשָׁעִים עוֹד אֵינָם, בָּרְכִי נַפְשִׁי אֶת ה׳ הַלְלוּיָהּ״.
La Guemara cite une preuve que les deux premiers chapitres sont en réalité un seul chapitre. Comme l’a dit Rabbi Yehuda, fils de Rabbi Shimon ben Pazi : David a dit cent trois chapitres, et il n’a pas dit Halleluya dans aucun d’eux jusqu’à ce qu’il voie la chute des méchants. Ce n’est qu’alors que David put dire Halleluya de tout son cœur. Comme il est dit : « Que les pécheurs disparaissent de la terre, et que les méchants ne soient plus. Bénis le Seigneur, mon âme, Halleluya » (Psaumes 104:35).
הָנֵי מֵאָה וְשָׁלֹשׁ? מֵאָה וְאַרְבַּע הָוְיָין! אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ ״אַשְׁרֵי הָאִישׁ״ וְ״לָמָּה רָגְשׁוּ גוֹיִם״ חֲדָא פָּרָשָׁה הִיא.
Ici aussi, la Guemara note que le calcul semble inexact : Sont-ce ces cent trois psaumes ? Il y en a cent quatre. Il faut plutôt conclure de là que « Heureux est l’homme » et « Pourquoi les nations s’agitent-elles » constituent une seule section.
דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן:
Une preuve supplémentaire que ces deux chapitres constituent une seule portion est citée de ce que Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yoḥanan a dit :

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