מַאי דִּכְתִיב ״וַאֲנִי תְפִלָּתִי לְךָ ה׳ עֵת רָצוֹן״. אֵימָתַי עֵת רָצוֹן — בְּשָׁעָה שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִין.
Quel est le sens de ce qui est écrit : « Mais quant à moi, que ma prière s’adresse à Toi, Seigneur, en un temps favorable ; ô Dieu, dans l’abondance de Ta miséricorde, réponds-moi avec la vérité de Ton salut » (Psaumes 69:14) ? Il semble que l’individu prie pour que ses prières coïncident avec un moment particulier de faveur Divine. Quand est un temps favorable ? C’est au moment où la congrégation prie. Il est bénéfique de prier avec la congrégation, car Dieu ne manque pas de répondre aux supplications de la congrégation.
רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר מֵהָכָא: ״כֹּה אָמַר ה׳ בְּעֵת רָצוֹן עֲנִיתִיךָ״.
Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit que la qualité unique de la prière communautaire se déduit d’ici : « Ainsi a dit le Seigneur : au temps favorable Je t’ai répondu, et au jour du salut Je t’ai aidé » (Isaïe 49:8).
רַבִּי אַחָא בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר מֵהָכָא: ״הֶן אֵל כַּבִּיר וְלֹא יִמְאָס״: וּכְתִיב: ״פָּדָה בְשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקְּרָב לִי כִּי בְרַבִּים הָיוּ עִמָּדִי״.
Rabbi Aḥa, fils de Rabbi Ḥanina, a dit que cela est dérivé d’ici : « Voici, Dieu est puissant, Il ne méprise personne » (Job 36:5). Il adopte une lecture alternative du verset : « Voici, Dieu ne méprisera pas » la prière des « puissants », c’est-à-dire de la communauté. Et il est écrit : « Il a racheté mon âme en paix afin que nul ne vienne contre moi ; car ils étaient nombreux avec moi. Dieu les entendra et leur répondra… » (Psaumes 55:19–20). Ce verset enseigne que la prière a été exaucée parce qu’ils étaient nombreux avec moi lorsqu’elle a été offerte.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁאֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מוֹאֵס בִּתְפִלָּתָן שֶׁל רַבִּים שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֶן אֵל כַּבִּיר וְלֹא יִמְאָס״, וּכְתִיב: ״פָּדָה בְשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקְּרָב לִי״ וְגוֹ׳, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: כָּל הָעוֹסֵק בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים וּמִתְפַּלֵּל עִם הַצִּבּוּר — מַעֲלֶה אֲנִי עָלָיו כְּאִילּוּ פְּדָאַנִי, לִי וּלְבָנַי, מִבֵּין אוּמּוֹת הָעוֹלָם.
Cette dernière preuve a également été enseignée dans une baraita. Rabbi Natan dit : D’où savons-nous que le Saint, béni soit-Il, ne méprise pas la prière de la multitude ? Comme il est dit : « Voici, Dieu ne méprise pas le puissant », et il est écrit : « Il a racheté mon âme en paix, afin que nul ne vienne contre moi ; car ils étaient nombreux avec moi. » Rabbi Natan interprète cela non pas comme David parlant de lui-même, mais comme Dieu parlant à Israël. Le Saint, béni soit-Il, dit : Quiconque s’adonne à l’étude de la Torah, qui est appelée paix dans le verset : « Toutes ses voies sont paix » (Proverbes 3:17) ; aux actes de bonté, et prie avec la congrégation, Je lui attribue du mérite comme s’il avait racheté Moi et Mes enfants d’entre les nations du monde.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כָּל מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּית הַכְּנֶסֶת בְּעִירוֹ, וְאֵינוֹ נִכְנָס שָׁם לְהִתְפַּלֵּל, נִקְרָא ״שָׁכֵן רַע״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ עַל כָּל שְׁכֵנַי הָרָעִים הַנֹּגְעִים בַּנַּחֲלָה אֲשֶׁר הִנְחַלְתִּי אֶת עַמִּי אֶת יִשְׂרָאֵל״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁגּוֹרֵם גָּלוּת לוֹ וּלְבָנָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִנְנִי נֹתְשָׁם מֵעַל אַדְמָתָם וְאֶת בֵּית יְהוּדָה אֶתּוֹשׁ מִתּוֹכָם״.
Continuant à exalter la prière communautaire, Reish Lakish a dit : Celui qui a une synagogue à proximité dans sa ville mais n’y entre pas pour y prier est appelé un mauvais voisin, comme il est dit : « Ainsi parle le Seigneur : Quant à tous Mes mauvais voisins qui touchent à Mon héritage que J’ai fait hériter à Mon peuple Israël, voici, Je les arracherai de dessus leur terre, et J’arracherai la maison de Juda du milieu d’eux » (Jérémie 12:14). Celui qui ne fait que toucher, mais n’entre pas dans le lieu de prière, Mon héritage, est considéré comme un mauvais voisin. Et de plus, il est puni en ce qu’il provoque pour lui-même et pour ses enfants l’exil, comme il est dit : « Voici, Je les arracherai de dessus leur terre, et J’arracherai la maison de Juda du milieu d’eux. »
אֲמַרוּ לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן: אִיכָּא סָבֵי בְּבָבֶל. תְּמַהּ וַאֲמַר: ״לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם עַל הָאֲדָמָה״ כְּתִיב, אֲבָל בְּחוּצָה לָאָרֶץ — לָא? כֵּיוָן דְאָמְרִי לֵיהּ מְקַדְּמִי וּמְחַשְּׁכִי לְבֵי כְנִישְׁתָּא, אֲמַר: הַיְינוּ דְּאַהֲנִי לְהוּ.
La Guemara rapporte que lorsque les Sages dirent à Rabbi Yoḥanan qu’il y a des anciens en Babylonie, il fut perplexe et dit : Il est écrit : « Afin que vos jours se prolongent, ainsi que les jours de vos enfants, sur la terre que le Seigneur a juré à vos ancêtres de leur donner, comme les jours des cieux au-dessus de la terre » (Deutéronome 11:21) ; des jours prolongés en Eretz Yisrael mais non en dehors de la Terre. Pourquoi donc les habitants de Babylonie vivent-ils longtemps ? Lorsqu’on lui dit que les gens de Babylonie vont tôt le matin et vont tard le soir à la synagogue, il dit : C’est cela qui leur était efficace pour prolonger leur vie.
דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי לִבְנֵיהּ: קַדִּימוּ וְחַשִּׁיכוּ וְעַיִּילוּ לְבֵי כְנִישְׁתָּא, כִּי הֵיכִי דְּתוֹרְכוּ חַיֵּי. אָמַר רַבִּי אַחָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי קְרָא — ״אַשְׁרֵי אָדָם שֹׁמֵעַ לִי לִשְׁקֹד עַל דַּלְתֹתַי יוֹם יוֹם לִשְׁמוֹר מְזוּזֹת פְּתָחָי״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״כִּי מֹצְאִי מָצָא חַיִּים״.
Comme Rabbi Yehoshua ben Levi l’a dit à ses fils : Allez tôt et partez tard et entrez dans la synagogue, afin que vos vies soient prolongées. Et Rabbi Aḥa, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Sur quel verset cela est-il fondé ? Comme il est dit : « Heureux l’homme qui M’écoute, veillant chaque jour à Mes portes, gardant les poteaux de Mes entrées » (Proverbes 8:34). Et la récompense pour cela est écrite ensuite : « Car celui qui Me trouve trouve la vie et obtient la faveur du Seigneur » (Proverbes 8:35).
אָמַר רַב חִסְדָּא: לְעוֹלָם יִכָּנֵס אָדָם שְׁנֵי פְתָחִים בְּבֵית הַכְּנֶסֶת. שְׁנֵי פְתָחִים סָלְקָא דַעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא, שִׁיעוּר שְׁנֵי פְתָחִים, וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל.
Sur la base de ce verset, Rav Ḥisda a dit : Une personne doit toujours entrer de deux seuils dans la synagogue. Cette déclaration n’est pas claire. Immédiatement, la Guemara demande : Te viendrait-il à l’esprit que Rav Ḥisda voulait dire qu’il faut entrer littéralement par deux portes ? Et si une synagogue n’a qu’une seule porte ? Au contraire, corrige sa déclaration et dis que Rav Ḥisda voulait dire que l’on doit entrer d’une distance de deux portes dans la synagogue puis prier. En entrant d’une distance de deux portes, on accomplit le verset : En gardant près des poteaux de Mes portes, au pluriel.
״עַל זֹאת יִתְפַּלֵּל כָּל חָסִיד אֵלֶיךָ לְעֵת מְצֹא״, אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: ״לְעֵת מְצֹא״ זוֹ אִשָּׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מָצָא אִשָּׁה מָצָא טוֹב״.
Ayant mentionné le verset : « Car quiconque Me trouve trouve la vie », la Guemara cherche à en clarifier le sens. Il est dit : « C’est pourquoi tout homme pieux Te priera au temps de trouver, afin que les eaux débordantes ne l’atteignent pas » (Psaumes 32:6). En ce qui concerne l’expression, le temps de trouver, Rabbi Ḥanina a dit : Le temps de trouver fait référence au moment où l’on doit trouver une femme, et où l’on doit prier pour trouver une femme convenable à épouser. Comme il est dit : « Celui qui trouve [matza] une femme trouve [matza] le bien et obtient la faveur du Seigneur » (Proverbes 18:22).
בְּמַעְרְבָא כִּי נָסֵיב אִינָשׁ אִתְּתָא, אָמְרִי לֵיהּ הָכִי: ״מָצָא״ אוֹ ״מוֹצֵא״? ״מָצָא״ דִּכְתִיב: ״מָצָא אִשָּׁה מָצָא טוֹב וַיָּפֶק רָצוֹן מֵה׳״, ״מוֹצֵא״ דִּכְתִיב: ״וּמוֹצֶא אֲנִי מָר מִמָּוֶת אֶת הָאִשָּׁה״ וְגוֹ׳.
En Eretz Yisrael, la coutume voulait que lorsqu’un homme épousait une femme, on lui demande : matza ou motzeh ? En d’autres termes, on demandait au marié si le passage approprié pour sa femme est le verset ci-dessus des Proverbes qui commence par le mot matza, comme il est écrit : « Celui qui trouve une femme trouve le bien et obtient la faveur du Seigneur » ou si le verset plus approprié est celui qui commence par le mot motzeh, comme il est écrit : « Et je trouve [motzeh] la femme plus amère que la mort » (Ecclésiaste 7:26).
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: ״לְעֵת מְצֹא״ — זוֹ תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מֹצְאִי מָצָא חַיִּים״ וְגוֹ׳.
Rabbi Natan dit : Le temps de trouver fait référence au temps de trouver la Torah, comme il est dit dans un verset se référant à la Torah : « Celui qui me trouve trouve la vie. » La Torah est l’objet le plus recherché.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר — ״לְעֵת מְצֹא״ זוֹ מִיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַמָּוֶת תּוֹצָאוֹת״.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Le temps de trouver fait référence à la mort. Il faut prier pour que, lorsque la mort viendra, on quitte le monde en paix, comme il est dit : « Issues [totzaot] de la mort » (Psaumes 68:21). La déclaration de Rav Naḥman bar Yitzḥak repose sur la similarité étymologique entre totzaot et matza, trouver.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: תְּשַׁע מֵאוֹת וּשְׁלֹשָׁה מִינֵי מִיתָה נִבְרְאוּ בָּעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַמָּוֶת תּוֹצָאוֹת״, ״תּוֹצָאוֹת״ בְּגִימַטְרִיָּא הָכִי הָווּ. קָשָׁה שֶׁבְּכֻלָּן — אַסְכָּרָא, נִיחָא שֶׁבְּכֻלָּן — נְשִׁיקָה. אַסְכָּרָא דָּמְיָא כְּחִיזְרָא בִּגְבָבָא דְעַמְרָא דִּלְאַחוֹרֵי נַשְׁרָא, וְאִיכָּא דְאָמְרִי כְּפִיטּוּרֵי בְּפִי וֶשֶׁט, נְשִׁיקָה דָּמְיָא כְּמִשְׁחַל בִּנִיתָא מֵחֲלָבָא.
Il a aussi été enseigné dans une baraita : Neuf cent trois types de mort ont été créés dans le monde, comme il est dit : « Issues [totzaot] de la mort », et cela, 903, est la valeur numérique [gimatriya] de totzaot. La Guemara explique que la plus difficile de toutes ces sortes de mort est le croup [askara], tandis que la plus facile est le baiser de la mort. Le croup est comme une épine emmêlée dans une toison de laine, qui, lorsqu’on la retire à rebours, déchire la laine. Certains disent que le croup est comme des cordes à l’entrée de l’œsophage, qu’il serait presque impossible d’insérer et atrocement douloureux de retirer. Le baiser de la mort est comme retirer un cheveu du lait. Il faut prier pour ne pas mourir d’une mort douloureuse.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״לְעֵת מְצֹא״ — זוֹ קְבוּרָה. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא, מַאי קְרָא ״הַשְּׂמֵחִים אֱלֵי גִיל יָשִׂישׂוּ כִּי יִמְצְאוּ קָבֶר״. אָמַר רַבָּה בַּר רַב שֵׁילָא, הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: לִיבְעֵי אִינָשׁ רַחֲמֵי אֲפִילּוּ עַד זִיבּוּלָא בָּתְרָיְיתָא שְׁלָמָא.
Rabbi Yoḥanan a dit : Le temps de trouver fait référence à un enterrement digne, pour lequel il convient de prier. À l’appui de l’interprétation de Rabbi Yoḥanan, Rabbi Ḥanina a dit : Quel est le verset qui enseigne que le temps de trouver fait référence à l’enterrement ? « Ceux qui se réjouissent avec exultation et sont contents lorsqu’ils peuvent trouver une tombe » (Job 3:22), car il existe des situations dans lesquelles une personne est soulagée lorsque son corps trouve une tombe où reposer. Rabba bar Rav Sheila a dit, tel est le sens du dicton populaire : Une personne devrait même prier pour la miséricorde jusqu’à la dernière pelletée de terre soit jetée sur sa tombe.
מָר זוּטְרָא אָמַר: ״לְעֵת מְצֹא״ — זֶה בֵּית הַכִּסֵּא. אָמְרִי בְּמַעְרְבָא: הָא דְּמָר זוּטְרָא עֲדִיפָא מִכֻּלְּהוּ.
Mar Zutra a dit : Le temps de trouver fait référence au fait de trouver des latrines. Comme la plupart des endroits ne disposaient pas d’un système d’égouts, on était contraint de se soulager à l’extérieur de la ville. En raison de ce désagrément, trouver un endroit approprié était appelé par Mar Zutra le temps de trouver. En Occident, Eretz Yisrael, on dit : Cette explication de Mar Zutra est préférable à toutes les autres, car le terme motza est explicitement associé dans la Torah (voir II Rois 10:27) aux latrines (Rabbi Abraham Moshe Horovitz).
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַפְרָם בַּר פָּפָּא: לֵימָא לָן מָר מֵהָנֵי מִילֵּי מְעַלְּיָיתָא דְּאָמְרַתְּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא בְּמִילֵּי דְבֵי כְנִישְׁתָּא.
Revenant au sujet central du traité, Rava dit à Rafram bar Pappa : Que le Maître nous dise quelques-unes de ces déclarations remarquables que tu as dites au nom de Rav Ḥisda concernant les questions de la synagogue.
אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַב חִסְדָּא: מַאי דִּכְתִיב, ״אֹהֵב ה׳ שַׁעֲרֵי צִיּוֹן מִכֹּל מִשְׁכְּנוֹת יַעֲקֹב״: אוֹהֵב ה׳ שְׁעָרִים הַמְצוּיָּינִים בַּהֲלָכָה, יוֹתֵר מִבָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּמִבָּתֵּי מִדְרָשׁוֹת.
Rafram lui dit, Rav Ḥisda a dit ce qui suit : Quel est le sens du verset : « Le Seigneur aime les portes de Sion [Tziyyon] plus que toutes les demeures de Jacob » (Psaumes 87:2) ? Cela signifie que le Seigneur aime les portes distinguées [metzuyanim] par l’étude de la halakha, car ce sont les portes de Sion, les portes éminentes, plus que les synagogues et les maisons d’étude. Bien que ces lieux soient les plus éminents parmi les demeures de Jacob, on n’y étudie pas la halakha.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעוּלָּא: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אֵין לוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעוֹלָמוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל הֲלָכָה בִּלְבַד.
Et ce concept, selon lequel la halakha est la quête la plus sublime, s’exprime dans ce que Rabbi Ḥiyya bar Ami a dit au nom de Ulla : Depuis le jour où le Temple, où la Présence divine résidait dans ce monde, a été détruit, le Saint, béni soit-Il, n’a plus que un seul lieu dans Son monde où Il révèle exclusivement Sa présence ; seulement les quatre coudées où l’étude de la halakha est entreprise.
וְאָמַר אַבָּיֵי: מֵרֵישׁ הֲוָה גָּרֵיסְנָא בְּגוֹ בֵּיתָא וּמְצַלֵּינָא בְּבֵי כְנִישְׁתָּא. כֵּיוָן דִּשְׁמַעְנָא לְהָא דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעוּלָּא — מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ אֵין לוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעוֹלָמוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל הֲלָכָה בִּלְבַד — לָא הֲוָה מְצַלֵּינָא אֶלָּא הֵיכָא דְּגָרֵיסְנָא.
Cette déclaration a des ramifications pratiques. Abaye a dit : Au début, j’étudiais à la maison et je priais à la synagogue. Une fois que j’ai entendu ce que Rabbi Ḥiyya bar Ami a dit au nom de Ulla : Depuis le jour où le Temple a été détruit, le Saint, béni soit-Il, n’a plus qu’un seul lieu dans Son monde, seulement les quatre coudées de la halakha, j’ai alors compris l’importance des quatre coudées de la halakha, et je ne prie que là où j’étudie.
רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי אַף עַל גַּב דַּהֲווֹ לְהוּ תְּלֵיסַר בֵּי כְנִישְׁתָּא בִּטְבֶרְיָא לָא מְצַלּוּ אֶלָּא בֵּינֵי עַמּוּדֵי, הֵיכָא דַּהֲווֹ גָּרְסִי.
De même, la Guemara rapporte que Rabbi Ami et Rabbi Assi, malgré le fait qu’ils avaient treize synagogues à Tibériade, ne priaient qu’entre les colonnes où ils étudiaient.
וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעוּלָּא: גָּדוֹל הַנֶּהֱנֶה מִיגִיעוֹ יוֹתֵר מִיְּרֵא שָׁמַיִם, דְּאִילּוּ גַּבֵּי יְרֵא שָׁמַיִם כְּתִיב ״אַשְׁרֵי אִישׁ יָרֵא אֶת ה׳״, וְאִילּוּ גַּבֵּי נֶהֱנָה מִיגִיעוֹ כְּתִיב: ״יְגִיעַ כַּפֶּיךָ כִּי תֹאכֵל אַשְׁרֶיךָ וְטוֹב לָךְ״. ״אַשְׁרֶיךָ״ — בָּעוֹלָם הַזֶּה, ״וְטוֹב לָךְ״ — לָעוֹלָם הַבָּא, וּלְגַבֵּי יְרֵא שָׁמַיִם, ״וְטוֹב לָךְ״ לָא כְּתִיב בֵּיהּ.
Et Rabbi Ḥiyya bar Ami a dit au nom de Ulla : Celui qui tire profit du fruit de son dur labeur est plus grand qu’une personne craignant Dieu, c’est-à-dire quelqu’un tellement absorbé par sa crainte de Dieu qu’il reste inactif et ne travaille pas. Car au sujet d’une personne craignant Dieu, il est écrit : « Heureux est l’homme qui craint le Seigneur, qui désire ardemment Ses mitsvot » (Psaumes 112:1), tandis qu’au sujet de celui qui tire profit du fruit de son dur labeur, il est écrit : « Du labeur de tes mains tu vivras ; tu es heureux, et le bien t’adviendra » (Psaumes 128:2). La Guemara explique ce verset comme signifiant que tu es heureux dans ce monde, et le bien t’adviendra dans le Monde à venir. Et au sujet d’une personne craignant Dieu, il est écrit à son sujet heureux est l’homme, mais et le bien t’adviendra n’est pas écrit à son sujet.
וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּעוּלָּא: לְעוֹלָם יָדוּר אָדָם בִּמְקוֹם רַבּוֹ, שֶׁכָּל זְמַן שֶׁשִּׁמְעִי בֶּן גֵּרָא קַיָּים, לֹא נָשָׂא שְׁלֹמֹה אֶת בַּת פַּרְעֹה.
Et Rabbi Ḥiyya bar Ami dit au nom de Ulla : On doit toujours vivre dans l’endroit où son maître vit ; ainsi, il évitera de fauter. Car tant que Shimi ben Gera, qui selon la tradition était un grand érudit de la Torah et le maître de Salomon (voir Guittin 59a), était en vie, Salomon n’épousa pas la fille de Pharaon. Immédiatement après que la Torah relate la mort de Shimi (I Rois, fin du ch. 2), le mariage de Salomon avec la fille de Pharaon est rapporté (début du ch. 3).
וְהָתַנְיָא אַל יָדוּר!
La Guemara soulève une objection : N’a-t-on pas enseigné dans une baraita que l’on ne doit pas vivre là où vit son maître ?
לָא קַשְׁיָא, הָא דִּכְיִיף לֵיהּ, הָא דְּלָא כְּיִיף לֵיהּ.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Ceci, qui dit qu’une personne doit vivre là où vit son maître, fait référence à un cas où elle est réceptive à son maître et suivra son enseignement et son instruction. Tandis que cettebaraita, qui dit qu’une personne ne doit pas vivre là où vit son maître, fait référence à un cas où elle ne lui est pas réceptive et cela les conduira à se quereller.
אָמַר רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה, אָמַר רַבִּי מְנַחֵם, אָמַר רַבִּי אַמֵּי: מַאי דִּכְתִיב, ״וְעוֹזְבֵי ה׳ יִכְלוּ״ — זֶה הַמַּנִּיחַ סֵפֶר תּוֹרָה וְיוֹצֵא.
La Guemara revient de nouveau au sujet de la synagogue. Rav Houna bar Yehouda a dit que Rabbi Menaḥem a dit que Rabbi Ami a dit : Quelle est la signification halakhique pratique de ce qui est écrit : « Ceux qui abandonnent le Seigneur périront » (Isaïe 1:28) ? Ce verset fait référence à celui qui abandonne le rouleau de la Torah lorsqu'il a été sorti pour être lu et quitte la synagogue, car il semble qu'il fuit Dieu.
רַבִּי אֲבָהוּ נָפֵיק בֵּין גַּבְרָא לְגַבְרָא.
En pratique, la Guemara rapporte que Rabbi Abbahu sortait entre une personne qui lisait la Torah et la personne suivante qui faisait de même. Puisque le rouleau était fermé entre les lecteurs, cela n’était pas considéré comme une marque de mépris.
בָּעֵי רַב פָּפָּא: בֵּין פְּסוּקָא לִפְסוּקָא מַהוּ?
Rav Pappa souleva un dilemme : quelle est la règle concernant le fait de sortir entre un verset et le verset suivant ? Est-il permis de sortir pendant une pause dans la lecture de la Torah alors que le verset était traduit en araméen ?
תֵּיקוּ.
Aucune réponse à cette question n’a été trouvée, donc le dilemme reste non résolu.
רַב שֵׁשֶׁת מַהְדַּר אַפֵּיהּ וְגָרֵיס. אָמַר: אֲנַן בְּדִידַן וְאִינְהוּ בְּדִידְהוּ.
La Guemara rapporte que Rav Sheshet détournait son visage de la Torah pendant qu’elle était lue et étudiait. Expliquant cette pratique, il dit : Nous sommes occupés par la nôtre, l’étude de la Torah orale, et eux sont occupés par la leur, en écoutant la Torah écrite. Puisque Rav Sheshet était engagé dans l’étude de la Torah, il n’est pas considéré comme quelqu’un qui abandonne le Seigneur.
אָמַר רַב הוּנָא בַּר יְהוּדָה, אָמַר רַבִּי אַמֵּי: לְעוֹלָם יַשְׁלִים אָדָם פָּרָשִׁיּוֹתָיו עִם הַצִּבּוּר. שְׁנַיִם מִקְרָא וְאֶחָד תַּרְגּוּם.
Rav Houna bar Yehouda a dit que Rabbi Ami a dit : Une personne doit toujours compléter ses sections de la Torah avec la congrégation. La congrégation lit une section particulière de la Torah chaque Chabbat, et pendant la semaine précédant chaque Chabbat, on est tenu de lire le texte de la Torah de la section hebdomadaire deux fois et la traduction une fois.