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אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: זוֹכֶה לַבְּרָכוֹת הַלָּלוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לוּא הִקְשַׁבְתָּ לְמִצְוֹתָי וַיְהִי כַנָּהָר שְׁלוֹמֶךָ וְצִדְקָתְךָ כְּגַלֵּי הַיָּם. וַיְהִי כַחוֹל זַרְעֶךָ וְצֶאֱצָאֵי מֵעֶיךָ״ וְגוֹ׳.
En ce qui concerne cette récompense, Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Celui qui attend dans la synagogue que l’autre termine sa prière mérite les bénédictions suivantes, comme il est dit : « Si seulement tu avais écouté Mes mitsvot, alors ta paix serait comme un fleuve, et ta justice comme les vagues de la mer. Ta descendance serait comme le sable, et le fruit de tes entrailles comme ses grains ; son nom ne serait ni retranché ni détruit de devant Moi » (Isaïe 48:18–19). L’explication de ce passage repose sur la similitude étymologique entre le mot mitzva et le mot tzevet, qui signifie groupe. S’il tient compagnie à l’autre personne et ne l’abandonne pas après sa prière, toutes les bénédictions qui apparaissent plus loin dans le verset s’accompliront en lui (Talmidei Rabbeinu Yona).
תַּנְיָא, אַבָּא בִּנְיָמִין אוֹמֵר: אִלְמָלֵי נִתְּנָה רְשׁוּת לָעַיִן לִרְאוֹת — אֵין כׇּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לַעֲמוֹד מִפְּנֵי הַמַּזִּיקִין.
Dans une autre baraita il a été enseigné que Abba Binyamin dit : Si l’œil recevait la permission de voir, aucune créature ne pourrait supporter l’abondance et l’omniprésence des démons et continuer à vivre sans en être affectée.
אָמַר אַבָּיֵי: אִינְהוּ נְפִישִׁי מִינַּן, וְקָיְימִי עֲלַן כִּי כִּסְלָא לְאוּגְיָא.
De même, Abaye a dit : Ils sont plus nombreux que nous et ils se tiennent au-dessus de nous comme des monticules de terre entourant une fosse.
אָמַר רַב הוּנָא: כֹּל חַד וְחַד מִינַּן, אַלְפָא מִשְּׂמָאלֵיהּ וּרְבַבְתָּא מִיַּמִּינֵיהּ.
Rav Huna a dit : Chacun de nous a mille démons à sa gauche et dix mille à sa droite. Dieu protège l’homme de ces démons, comme il est dit dans le verset : « Mille tomberont à ton côté, et dix mille à ta droite ; ils ne s’approcheront pas de toi » (Psaumes 91:7).
אָמַר רָבָא: הַאי דּוּחְקָא דְּהָוֵי בְּכַלָּה — מִנַּיְיהוּ הָוֵי. הָנֵי בִּרְכֵי דְּשָׁלְהִי — מִנַּיְיהוּ. הָנֵי מָאנֵי דְרַבָּנַן דְּבָלוּ — מֵחוּפְיָא דִידְהוּ. הָנֵי כַּרְעֵי דְּמִנַּקְפָן — מִנַּיְיהוּ.
Résumant les effets des démons, Rava dit :
L’entassement au kalla, les rassemblements pour l’étude de la Torah pendant Eloul et Adar, vient des démons ;
ces genoux qui sont fatigués même si l’on ne s’est pas efforcé viennent des démons ;
ces vêtements des Sages qui s’usent, bien qu’ils ne fassent pas de travail physique, sont dus au frottement avec les démons ;
ces pieds qui font mal viennent des démons.
הַאי מַאן דְּבָעֵי לְמִידַּע לְהוּ לַיְיתֵי קִיטְמָא נְהִילָא, וְנַהְדַּר אַפּוּרְיֵיהּ, וּבְצַפְרָא חָזֵי כִּי כַּרְעֵי דְתַרְנְגוֹלָא. הַאי מַאן דְּבָעֵי לְמֶחֱזִינְהוּ, לַיְתֵי שִׁלְיְיתָא דְּשׁוּנָּרְתָּא אוּכַּמְתָּא בַּת אוּכַּמְתָּא בּוּכְרְתָא בַּת בּוּכְרְתָא, וְלִיקְלְיֵהּ בְּנוּרָא, וְלִשְׁחֲקֵיהּ, וְלִימְלֵי עֵינֵיהּ מִנֵּיהּ, וְחָזֵי לְהוּ. וְלִשְׁדְּיֵיהּ בְּגוּבְתָּא דְפַרְזְלָא, וְלַחְתְּמֵיהּ בְּגוּשְׁפַּנְקָא דְפַרְזְלָא, דִּילְמָא גָּנְבִי מִנֵּיהּ, וְלַחְתּוֹם פּוּמֵּיהּ, כִּי הֵיכִי דְּלָא לִיתַּזַּק. רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי עֲבַד הָכִי, חֲזָא וְאִתַּזַּק, בְּעוֹ רַבָּנַן רַחֲמֵי עֲלֵיהּ, וְאִתַּסִּי.
Celui qui cherche à savoir que les démons existent doit placer de la cendre fine autour de son lit, et le matin les empreintes des démons apparaissent comme des empreintes de poulets, dans la cendre. Celui qui cherche à les voir doit prendre le placenta d’une chatte noire primogéniture, née d’une chatte noire primogéniture, le brûler au feu, le broyer et le mettre dans ses yeux, et il les verra. Il doit ensuite placer la cendre dans un tube de fer scellé avec un sceau de fer [gushpanka], de peur que les démons ne la lui volent, et ensuite sceller l’ouverture afin qu’il ne soit pas blessé. Rav Beivai bar Abaye accomplit cette procédure, vit les démons et fut blessé. Les Sages prièrent pour obtenir miséricorde en sa faveur et il fut guéri.
תַּנְיָא, אַבָּא בִּנְיָמִין אוֹמֵר: אֵין תְּפִלָּה שֶׁל אָדָם נִשְׁמַעַת אֶלָּא בְּבֵית הַכְּנֶסֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לִשְׁמֹעַ אֶל הָרִנָּה וְאֶל הַתְּפִלָּה״. בִּמְקוֹם רִנָּה — שָׁם תְּהֵא תְּפִלָּה.
Il a été enseigné dans une baraita que Abba Binyamin a dit : La prière d’une personne n’est pleinement entendue que dans une synagogue, comme il est dit au sujet de la prière du roi Salomon dans le Temple : « Pourtant, tourne-Toi vers la prière de Ton serviteur et vers sa supplication, Seigneur mon Dieu, pour écouter le chant et la prière que Ton serviteur adresse devant Toi en ce jour » (I Rois 8:28). Le verset suivant conclut : « Pour entendre la prière que Ton serviteur dirige vers ce lieu » (I Rois 8:29). Nous voyons que la prière d’une personne est entendue spécifiquement dans le Temple, dont la synagogue est un microcosme (Rav Yoshiyahu Pinto). On peut en déduire que dans un lieu de chant, une synagogue où les louanges de Dieu sont chantées, là doit être la prière.
אָמַר רָבִין בַּר רַב אַדָּא, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִנַּיִן שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מָצוּי בְּבֵית הַכְּנֶסֶת — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים נִצָּב בַּעֲדַת אֵל״.
En expliquant la déclaration d’Abba Binyamin, Ravin bar Rav Adda a dit que rabbi Yitzḥak a dit : D’où est-il dérivé que le Saint, béni soit-Il, se trouve dans une synagogue ? Comme il est dit : « Dieu se tient dans l’assemblée de Dieu ; au milieu des juges Il juge » (Psaumes 82:1). L’assemblée de Dieu est l’endroit où les gens se rassemblent pour chanter les louanges de Dieu, et Dieu se trouve parmi Son assemblée.
וּמִנַּיִן לַעֲשָׂרָה שֶׁמִּתְפַּלְּלִין שֶׁשְּׁכִינָה עִמָּהֶם — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים נִצָּב בַּעֲדַת אֵל״.
Et d’où est-il déduit que dix personnes qui prient, la Présence divine est avec elles ? Comme il est dit : « Dieu se tient dans l’assemblée de Dieu », et le nombre minimal de personnes constituant une assemblée est un quorum de dix.
וּמִנַּיִן לִשְׁלֹשָׁה שֶׁיּוֹשְׁבִין בַּדִּין שֶׁשְּׁכִינָה עִמָּהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּקֶרֶב אֱלֹהִים יִשְׁפֹּט״.
D’où est-il dérivé que lorsque trois personnes siègent en jugement, la Présence divine est avec elles ? Cela est dérivé de ce même verset, comme il est dit : « Au milieu des juges, Il juge, » et le nombre minimal de juges constituant un tribunal est de trois.
וּמִנַּיִן לִשְׁנַיִם שֶׁיּוֹשְׁבִין וְעוֹסְקִין בַּתּוֹרָה שֶׁשְּׁכִינָה עִמָּהֶם — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָז נִדְבְּרוּ יִרְאֵי ה׳ אִישׁ אֶל רֵעֵהוּ וַיַּקְשֵׁב ה׳״ וְגוֹ׳.
D’où est-il déduit que deux personnes qui s’assoient et s’adonnent à l’étude de la Torah, la Présence divine est avec elles ? Comme il est dit : « Alors ceux qui craignaient le Seigneur se parlèrent l’un à l’autre, et le Seigneur fut attentif, et entendit, et un livre de souvenir fut écrit devant Lui pour ceux qui craignent le Seigneur et qui pensent à Son nom » (Malachie 3:16). La Présence divine écoute tous deux individus craignant Dieu qui se parlent l’un à l’autre.
מַאי ״וּלְחֹשְׁבֵי שְׁמוֹ״? אָמַר רַב אָשֵׁי: חָשַׁב אָדָם לַעֲשׂוֹת מִצְוָה, וְנֶאֱנַס, וְלֹא עֲשָׂאָהּ — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ.
À propos de ce verset, la Guemara demande : Quel est le sens de l’expression, « Et ceux qui pensent à Son nom » ? Rav Ashi a dit : Si une personne avait l’intention d’accomplir une mitsva, mais qu’en raison de circonstances indépendantes de sa volonté, elle ne l’a pas accomplie, le verset lui en attribue le mérite comme si elle l’avait accomplie, car elle fait partie de ceux qui pensent à Son nom.
וּמִנַּיִן שֶׁאֲפִילּוּ אֶחָד שֶׁיּוֹשֵׁב וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה שֶׁשְּׁכִינָה עִמּוֹ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּכָל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר אַזְכִּיר אֶת שְׁמִי אָבוֹא אֵלֶיךָ וּבֵרַכְתִּיךָ״.
La Guemara revient à la déclaration de Ravin bar Rav Adda : Et d’où est-il dérivé que même lorsqu’une seule personne s’assied et s’adonne à l’étude de la Torah, la Présence divine est avec elle ? Comme il est dit : “En tout lieu où Je ferai mentionner Mon Nom, Je viendrai à toi et Je te bénirai” (Exode 20:21) ; Dieu bénit même une seule personne qui mentionne le nom de Dieu, une référence à l’étude de la Torah (Iyyun Ya’akov).
וְכִי מֵאַחַר דַּאֲפִילּוּ חַד, תְּרֵי מִבַּעְיָא?! תְּרֵי — מִכַּתְבָן מִלַּיְיהוּ בְּסֵפֶר הַזִּכְרוֹנוֹת, חַד — לָא מִכַּתְבָן מִלֵּיהּ בְּסֵפֶר הַזִּכְרוֹנוֹת.
La Guemara demande : Puisque la Présence divine repose même sur une personne qui s’adonne à l’étude de la Torah, était-il nécessaire de dire que la Présence divine repose sur deux personnes qui étudient la Torah ensemble ? La Guemara répond : Il y a une différence entre eux. Deux personnes, leurs paroles de Torah sont inscrites dans le livre du souvenir, comme il est dit : « Et un livre du souvenir fut écrit » ; cependant, les paroles de Torah d’une seule personne ne sont pas inscrites dans un livre du souvenir.
וְכִי מֵאַחַר דַּאֲפִילּוּ תְּרֵי, תְּלָתָא מִבַּעְיָא?! מַהוּ דְּתֵימָא: דִּינָא שְׁלָמָא בְּעָלְמָא הוּא, וְלָא אָתְיָא שְׁכִינָה, קָמַשְׁמַע לָן דְּדִינָא נָמֵי הַיְינוּ תּוֹרָה.
La Guemara continue : Puisque la Présence divine repose même sur deux personnes qui s’adonnent à l’étude de la Torah, est-il nécessaire de mentionner trois ? La Guemara répond : Ici aussi, un verset particulier est nécessaire, de peur que tu ne dises que le jugement sert simplement à maintenir la paix parmi les gens, et que la Présence divine ne vient pas reposer sur ceux qui siègent en jugement, puisqu’ils ne sont pas engagés dans l’étude de la Torah. Ravin bar Rav Adda nous enseigne que siéger en jugement est aussi Torah.
וְכִי מֵאַחַר דַּאֲפִילּוּ תְּלָתָא, עֲשָׂרָה מִבַּעְיָא?! עֲשָׂרָה — קָדְמָה שְׁכִינָה וְאָתְיָא. תְּלָתָא — עַד דְּיָתְבִי.
La Guemara demande : Puisque la Présence divine repose même sur trois, est-il nécessaire de mentionner dix ? La Guemara répond : La Présence divine arrive avant un groupe de dix, comme l’indique le verset : « Dieu se tient dans l’assemblée de Dieu », ce qui enseigne que, lorsque les dix individus qui composent une assemblée arrivent, la Présence divine est déjà là. Cependant, pour un groupe de trois juges, la Présence divine n’arrive pas avant qu’ils ne s’assoient et ne commencent leurs délibérations, comme dans : au milieu des juges, Il juge. Dieu les aide dans leur jugement, mais n’arrive pas avant eux.
אָמַר רַבִּי אָבִין בַּר רַב אַדָּא, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִנַּיִן שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַנִּיחַ תְּפִילִּין שֶׁנֶּאֱמַר: ״נִשְׁבַּע ה׳ בִּימִינוֹ וּבִזְרוֹעַ עֻזּוֹ״.
La Guemara cite une autre déclaration aggadique : Rabbi Avin bar Rav Adda a dit que Rabbi Yitzḥak a dit : D’où est-il dérivé que le Saint, béni soit-Il, porte des phylactères ? Comme il est dit : « Le Seigneur a juré par Sa main droite et par le bras de Sa force » (Isaïe 62:8). Puisqu’il est d’usage de jurer sur des objets sacrés, on comprend que Sa main droite et le bras de Sa force sont les objets sacrés sur lesquels Dieu a juré.
״בִּימִינוֹ״ — זוֹ תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִימִינוֹ אֵשׁ דָּת לָמוֹ״, ״וּבִזְרוֹעַ עֻזּוֹ״ — אֵלּוּ תְּפִילִּין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״ה׳ עֹז לְעַמּוֹ יִתֵּן״.
Plus précisément, « Sa main droite » fait référence à la Torah, comme cela est déclaré en décrivant le don de la Torah : « De Sa main droite, une loi de feu pour Son peuple » (Deutéronome 33:2). « Le bras de Sa force », Sa main gauche, fait référence aux phylactères, comme cela est déclaré : « Le Seigneur a donné de la force à Sa nation » (Psaumes 29:11), sous la forme de la mitsva des phylactères.
וּמִנַּיִן שֶׁהַתְּפִילִּין עוֹז הֵם לְיִשְׂרָאֵל — דִּכְתִיב: ״וְרָאוּ כׇּל עַמֵּי הָאָרֶץ כִּי שֵׁם ה׳ נִקְרָא עָלֶיךָ וְיָרְאוּ מִמֶּךָּ״. וְתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַגָּדוֹל אוֹמֵר: אֵלּוּ תְּפִילִּין שֶׁבָּרֹאשׁ.
La Guemara demande : Et d’où est-il dérivé que les phylactères donnent de la force à Israël ? Comme il est écrit : « Et toutes les nations de la terre verront que le nom du Seigneur est appelé sur toi, et elles te craindront » (Deutéronome 28:10). Il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer le Grand dit : Il s’agit d’une référence aux phylactères de la tête, sur lesquels le nom de Dieu est écrit, en accomplissement du verset : « que le nom du Seigneur est appelé sur toi ».
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְרַב חִיָּיא בַּר אָבִין: הָנֵי תְּפִילִּין דְּמָרֵי עָלְמָא מָה כְּתִיב בְּהוּ? אֲמַר לֵיהּ ״וּמִי כְּעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל גּוֹי אֶחָד בָּאָרֶץ״.
Rav Naḥman bar Yitzḥak dit à Rav Ḥiyya bar Avin : Qu’est-il écrit dans les phylactères du Maître du monde ? Rav Ḥiyya bar Avin répondit : Il est écrit : « Qui est comme Ton peuple, Israël, une nation unique sur la terre ? » (I Chroniques 17:21). Les phylactères de Dieu servent, en un certain sens, à Le relier au monde, dont l’essence est Israël.
וּמִי מִשְׁתַּבַּח קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בְּשִׁבְחַיְיהוּ דְּיִשְׂרָאֵל? אִין, דִּכְתִיב: ״אֶת ה׳ הֶאֱמַרְתָּ הַיּוֹם״. וּכְתִיב: ״וַה׳ הֶאֱמִירְךָ הַיּוֹם״, אָמַר לָהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל: אַתֶּם עֲשִׂיתוּנִי חֲטִיבָה אַחַת בָּעוֹלָם, וַאֲנִי אֶעֱשֶׂה אֶתְכֶם חֲטִיבָה אַחַת בָּעוֹלָם.
Rav Naḥman bar Yitzḥak poursuit : Le Saint, béni soit-Il, est-Il glorifié par la gloire d’Israël ? Rav Ḥiyya bar Avin répondit : Oui, comme l’indique la juxtaposition de deux versets ; comme il est dit : « Tu as affirmé aujourd’hui que le Seigneur est ton Dieu, et que tu marcheras dans Ses voies, garderas Ses lois et commandements, et écouteras Sa voix. » Et le verset suivant déclare : « Et le Seigneur a affirmé aujourd’hui que tu es Son trésor, comme Il te l’a dit, afin de garder Ses commandements » (Deutéronome 26:17–18). De ces deux versets, on déduit que le Saint, béni soit-Il, a dit à Israël : Vous M’avez fait une entité unique [ḥativa] dans le monde, en Me distinguant comme séparé et unique. Et, pour cette raison, Je ferai de vous une entité unique dans le monde, et vous serez une nation précieuse, choisie par Dieu.
אַתֶּם עֲשִׂיתוּנִי חֲטִיבָה אַחַת בָּעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ה׳ אֱלֹהֵינוּ ה׳ אֶחָד״, וַאֲנִי אֶעֱשֶׂה אֶתְכֶם חֲטִיבָה אַחַת בָּעוֹלָם״, שֶׁנֶּאֱמַר ״וּמִי כְּעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל גּוֹי אֶחָד בָּאָרֶץ״.
Vous M’avez fait une entité unique dans le monde, comme il est dit qu’Israël proclame l’unicité de Dieu en disant : « Écoute, Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un » (Deutéronome 6:4). Et, à cause de cela, Je ferai de vous une entité unique dans le monde, singulière et élevée par la déclaration : « Qui est comme Ton peuple, Israël, une nation unique sur la terre ? » Par conséquent, le Saint, béni soit-Il, est glorifié par la gloire d’Israël, dont les louanges sont écrites dans les phylactères de Dieu.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: תִּינַח בְּחַד בֵּיתָא, בִּשְׁאָר בָּתֵּי מַאי?
Rav Aḥa, fils de Rava, dit à Rav Ashi : Cela s’explique bien en ce qui concerne le contenu de l’un des quatre compartiments des phylactères de tête de Dieu. Cependant, les quatre compartiments des phylactères de tête d’Israël contiennent des passages de la Torah qui louent Dieu. Quels passages à la louange d’Israël sont écrits dans les autres compartiments des phylactères de tête de Dieu ?
אָמַר לֵיהּ: ״כִּי מִי גוֹי גָּדוֹל״, ״וּמִי גּוֹי גָּדוֹל״, ״אַשְׁרֶיךָ יִשְׂרָאֵל״, ״אוֹ הֲנִסָּה אֱלֹהִים״, ״וּלְתִתְּךָ עֶלְיוֹן״.
Rav Ashi lui dit : Dans ces trois compartiments, il est écrit : « Car quelle grande nation y a-t-il, dont Dieu soit proche, comme l’Éternel, notre Dieu, chaque fois que nous L’invoquons ? » (Deutéronome 4:7) ; « Et quelle grande nation y a-t-il, qui ait des lois et des ordonnances justes, comme toute cette Torah que je mets aujourd’hui devant vous ? » (Deutéronome 4:8) ; « Heureux es-tu, Israël, qui est comme toi ? Un peuple sauvé par l’Éternel, le bouclier de ton secours, et qui est l’épée de ton excellence. Et tes ennemis disparaîtront devant toi, et tu fouleras leurs hauteurs » (Deutéronome 33:29) ; « Ou bien Dieu a-t-Il tenté d’aller prendre pour Lui une nation du milieu d’une autre nation, par des épreuves, par des signes et par des prodiges » (Deutéronome 4:34) ; « Et pour t’élever au-dessus de toutes les nations qu’Il a faites, en louange, en renom et en gloire ; afin que tu sois un peuple saint pour l’Éternel, ton Dieu, comme Il l’a dit » (Deutéronome 26:19).
אִי הָכִי, נְפִישִׁי לְהוּ טוּבֵי בָּתֵּי? אֶלָּא: ״כִּי מִי גוֹי גָּדוֹל״ ״וּמִי גּוֹי גָּדוֹל״ דְּדׇמְיָין לַהֲדָדֵי — בְּחַד בֵּיתָא, ״אַשְׁרֶיךָ יִשְׂרָאֵל״ ״וּמִי כְּעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל״ — בְּחַד בֵּיתָא, ״אוֹ הֲנִסָּה אֱלֹהִים״ — בְּחַד בֵּיתָא, ״וּלְתִתְּךָ עֶלְיוֹן״ — בְּחַד בֵּיתָא.
Rav Aḥa, fils de Rava, soulève une objection : Si tous ces versets sont inclus dans les phylactères de tête de Dieu, il y a trop de compartiments, puisque plus de quatre versets de louange ont été énumérés. Au contraire, les passages dans les phylactères de Dieu doivent être disposés comme suit : Les versets « Car quelle grande nation » et « Et quelle grande nation » sont inclus dans un seul compartiment, car ils sont similaires. « Heureux es-tu, Israël » et « Qui est comme ton peuple, Israël » sont dans un compartiment. « Dieu a-t-il tenté » est dans un compartiment et « Et pour t’élever » est dans un compartiment

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