וְכוּלְּהוּ כְּתִיבִי בְּאֶדְרָעֵיהּ.
dans les phylactères de la tête, où il y a quatre compartiments séparés. Et tous les versets sont écrits ensemble sur un seul parchemin dans les phylactères du bras, qui n’ont qu’un seul compartiment.
אָמַר רָבִין בַּר רַב אַדָּא, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הָרָגִיל לָבֹא לְבֵית הַכְּנֶסֶת וְלֹא בָּא יוֹם אֶחָד, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְשָׁאֵיל בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִי בָכֶם יְרֵא ה׳ שֹׁמֵעַ בְּקוֹל עַבְדּוֹ אֲשֶׁר הָלַךְ חֲשֵׁכִים וְאֵין נֹגַהּ לוֹ״.
De plus, Ravin bar Rav Adda a dit que Rabbi Yitzḥak a dit : Celui qui a l’habitude de venir à la synagogue et n’est pas venu un jour, le Saint, béni soit-Il, prend de ses nouvelles, pour ainsi dire, afin de déterminer ce qui lui est arrivé, comme il est dit : « Qui parmi vous craint le Seigneur ? Qui entend la voix de Son serviteur ? Même s’il marche dans les ténèbres et n’a pas de lumière, qu’il ait confiance dans le nom du Seigneur et s’appuie sur son Dieu » (Isaïe 50:10). En d’autres termes, Dieu demande : qui parmi vous craint le Seigneur et pourtant n’est pas venu entendre la voix de Son serviteur, l’officiant, qui s’occupe du service de Dieu ? C’est celui qui est sorti avant l’aube et marche dans les ténèbres avant la prière.
אִם לִדְבַר מִצְוָה הָלַךְ — נוֹגַהּ לוֹ, וְאִם לִדְבַר הָרְשׁוּת הָלַךְ — אֵין נוֹגַהּ לוֹ.
Si c’est pour une mitzva pour laquelle il est allé et s’est absenté de la prière à la synagogue, alors, malgré l’obscurité, il y a de la lumière pour lui, l’aura de sa mitzva le protégera. Mais si c’est pour une affaire facultative, quelque objectif profane, pour laquelle il est allé et s’est absenté de la prière à la synagogue, alors, même lorsque le jour commence, il n’y a pas de lumière pour lui (Maharsha).
״יִבְטַח בְּשֵׁם ה׳״ מַאי טַעְמָא? — מִשּׁוּם דַּהֲוָה לֵיהּ לִבְטוֹחַ בְּשֵׁם ה׳, וְלָא בְּטַח.
Le verset continue : « Qu’il ait confiance dans le nom du Seigneur. » La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle Dieu est si rigoureux avec cette personne ? La Guemara répond : Parce qu’il aurait dû se reposer sur le nom du Seigneur, et avoir confiance qu’il ne subirait aucune perte s’il reportait le traitement de ses affaires profanes jusqu’après la prière à la synagogue, et il ne s’est pas reposé sur Dieu.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּשָׁעָה שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּא בְּבֵית הַכְּנֶסֶת, וְלֹא מָצָא בָּהּ עֲשָׂרָה — מִיָּד הוּא כּוֹעֵס, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מַדּוּעַ בָּאתִי וְאֵין אִישׁ קָרָאתִי וְאֵין עוֹנֶה״.
Sur ce même sujet, Rabbi Yoḥanan a dit : Lorsque le Saint, béni soit-Il, entre dans une synagogue et n’y trouve pas dix personnes, Il se met immédiatement en colère, comme il est dit : « Pourquoi, quand Je suis venu, n’y avait-il personne ? Quand J’ai appelé, il n’y avait personne pour répondre…Voici, par Ma réprimande, J’assèche la mer, Je fais des fleuves un désert » (Isaïe 50:2).
אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ, אָמַר רַב הוּנָא: כׇּל הַקּוֹבֵעַ מָקוֹם לִתְפִלָּתוֹ — אֱלֹהֵי אַבְרָהָם בְּעֶזְרוֹ.
Concernant un autre aspect de la constance de la prière, Rabbi Ḥelbo a dit que Rav Huna a dit : Celui qui fixe un lieu permanent pour sa prière, le Dieu d’Abraham l’assiste. Puisque la prière est parallèle au service du Temple, fixer un lieu permanent pour ce rite sacré est un signe de respect (Rabbi Yoshiyahu Pinto). Le Dieu d’Abraham l’assiste parce que cette coutume pieuse évoque la conduite d’Abraham.
וּכְשֶׁמֵּת, אוֹמְרִים לוֹ: ״אֵי עָנָיו, אֵי חָסִיד, מִתַּלְמִידָיו שֶׁל אַבְרָהָם אָבִינוּ״.
Lorsqu’il meurt, ceux qui font l’éloge funèbre de celui qui a fixé un lieu permanent pour sa prière disent à son sujet : « Où est l’humble, où est le pieux, parmi les disciples de notre père Abraham ? » Vraisemblablement, celui qui fixe un lieu permanent pour la prière est un disciple d’Abraham à tous égards, y compris l’humilité et la piété (Rabbin Yoshiyahu Pinto).
וְאַבְרָהָם אָבִינוּ מְנָא לַן דִּקְבַע מָקוֹם? דִּכְתִיב: ״וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר אֶל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר עָמַד שָׁם״, וְאֵין ״עֲמִידָה״ אֶלָּא תְּפִלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּעֲמֹד פִּינְחָס וַיְפַלֵּל״.
La Guemara demande : D’où apprenons-nous qu’Abraham notre père a fixé un lieu déterminé pour sa prière ? La Guemara répond : Comme il est écrit : « Abraham se leva de bon matin et alla à l’endroit où il s’était tenu devant Dieu » (Genèse 19:27), et le verbe « se tenir debout » ne signifie rien d’autre que la prière, comme il est dit : « Et Pinhas se leva et pria » (Psaumes 106:30).
אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ, אָמַר רַב הוּנָא: הַיּוֹצֵא מִבֵּית הַכְּנֶסֶת אַל יַפְסִיעַ פְּסִיעָה גַסָּה. אָמַר אַבָּיֵי: לָא אֲמַרַן, אֶלָּא לְמִיפַּק. אֲבָל לְמֵיעַל — מִצְוָה לְמִרְהַט, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נִרְדְּפָה לָדַעַת אֶת ה׳״.
Rabbi Ḥelbo a dit que Rav Huna a dit : Celui qui quitte la synagogue ne doit pas faire de grands pas, car cela donne l’impression qu’il est pressé de partir. Abaye a expliqué la déclaration de Rav Huna et a dit : Cette halakha a été dite seulement au sujet du fait de sortir de la synagogue, où de grands pas paraissent particulièrement irrespectueux. Cependant, en ce qui concerne le fait d’entrer dans une synagogue, c’est une mitzva de courir, et il est permis de se hâter et de faire de grands pas (Rabbi Yoshiyahu Pinto). Comme il est dit : « Apprenons à connaître, efforçons-nous avec empressement de connaître le Seigneur » (Osée 6:3). Celui qui entre avec empressement dans une synagogue montre son enthousiasme à suivre la voie de Dieu.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: מֵרֵישׁ כִּי הֲוָה חֲזֵינָא לְהוּ לְרַבָּנַן דְּקָא רָהֲטִי לְפִרְקָא בְּשַׁבְּתָא, אָמֵינָא: ״קָא מְחַלַּיִין רַבָּנַן שַׁבְּתָא״. כֵּיוָן דִּשְׁמַעְנָא לְהָא דְּרַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לְעוֹלָם יָרוּץ אָדָם לִדְבַר הֲלָכָה וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַחֲרֵי ה׳ יֵלְכוּ כְּאַרְיֵה יִשְׁאָג״ וְגוֹ׳, אֲנָא נָמֵי רָהֵיטְנָא.
Rabbi Zeira a dit : Au début, lorsque je voyais les Sages courir vers le cours du Rabbi le Chabbat, je disais : Ces Sages profanent le Chabbat. Il est interdit de courir le Chabbat par égard pour la sainteté du jour. Une fois que j’ai entendu ce qu’a dit Rabbi Tanḥum selon lequel Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : On doit toujours courir pour une question de halakha, même le Chabbat, comme il est dit : « Ils marcheront après le Seigneur, qui rugira comme un lion » (Osée 11:10). En d’autres termes, on doit se hâter comme si l’on était poursuivi par un lion (Birkat Hashem), moi aussi, je cours.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: אַגְרָא דְפִרְקָא — רִהֲטָא.
Rabbi Zeira a dit : La récompense pour assister au cours est pour courir. Puisque la plupart des personnes assistant au cours ne comprenaient pas pleinement la matière enseignée, la récompense principale pour la présence était accordée pour leur intention d’entendre la Torah enseignée, comme en témoignait leur empressement à arriver.
אָמַר אַבָּיֵי: אַגְרָא דְכַלָּה — דּוּחְקָא.
De même, Abaye a dit : La récompense pour assister au kalla est pour la cohue. En raison de la grande foule, l’étude était difficile, de sorte que la récompense principale était accordée pour leurs efforts afin d’entendre et de comprendre une partie quelconque de l’enseignement.
אָמַר רָבָא: אַגְרָא דִשְׁמַעְתָּא — סְבָרָא.
De même, Rava a dit : La récompense pour l’étude des traditions halakhiques des amora’im est pour l’analyse logique, car la récompense principale pour l’étude du Talmud n’était pas accordée pour la connaissance des conclusions halakhiques, mais pour le raisonnement logique qui a conduit à ces conclusions.
אָמַר רַב פָּפָּא: אַגְרָא דְבֵי טַמְיָא — שְׁתִיקוּתָא.
Rav Pappa a dit : La principale récompense pour le fait d’assister à une maison de deuil [bei tammaya] est le silence, qui est la manière optimale pour ceux qui consolent les endeuillés d’exprimer leur empathie.
אָמַר מָר זוּטְרָא: אַגְרָא דְתַעֲנִיתָא — צִדְקְתָא.
Mar Zutra a dit : La principale récompense du jeûne est pour la charité donnée aux pauvres le jour du jeûne (voir Isaïe 58).
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אַגְרָא דְהֶסְפֵּדָא — דַּלּוֹיֵי.
Rav Sheshet a dit : La principale récompense pour prononcer une oraison funèbre est de faire en sorte que les personnes présentes élèvent la voix et pleurent, car cela accroît la peine ressentie pour le défunt.
אָמַר רַב אָשֵׁי: אַגְרָא דְבֵי הִלּוּלֵי — מִילֵּי.
Rav Ashi a dit : La principale récompense pour participer à un mariage est pour les paroles, c’est-à-dire les bons vœux dont les invités comblent les mariés.
אָמַר רַב הוּנָא: כׇּל הַמִּתְפַּלֵּל אֲחוֹרֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת נִקְרָא ״רָשָׁע״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״סָבִיב רְשָׁעִים יִתְהַלָּכוּן״.
Revenant au sujet de la déférence envers la synagogue, la Guemara rapporte que Rav Houna a dit : Celui qui prie derrière la synagogue est appelé méchant, car tandis que toute la congrégation est tournée dans une direction pour prier, lui se tourne dans la direction opposée, donnant l’impression qu’il traite la synagogue et sa congrégation avec mépris. Comme il est dit : « Les méchants tournent tout autour, quand la bassesse est exaltée parmi les fils des hommes » (Psaumes 12:9). En d’autres termes, seuls les méchants tournent autour de la synagogue pour prier.
אָמַר אַבָּיֵי: לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא מַהְדַּר אַפֵּיהּ לְבֵי כְּנִישְׁתָּא, אֲבָל מַהְדַּר אַפֵּיהּ לְבֵי כְּנִישְׁתָּא — לֵית לָן בַּהּ.
Abaye a dit : Cettehalakha n’a été dite que dans un cas où l’on ne tourne pas son visage vers la synagogue. Mais là où il tourne son visage vers la synagogue et prie, nous n’avons pas d’interdiction dans ce cas.
הַהוּא גַבְרָא דְּקָא מְצַלֵּי אֲחוֹרֵי בֵּי כְּנִישְׁתָּא, וְלָא מַהְדַּר אַפֵּיהּ לְבֵי כְּנִישְׁתָּא. חֲלַף אֵלִיָּהוּ. חַזְיֵיהּ, אִידְּמִי לֵיהּ כְּטַיָּיעָא, אֲמַר לֵיהּ: כְּדוּ בָר קָיְימַתְּ קַמֵּי מָרָךְ?! שְׁלַף סַפְסֵרָא וְקַטְלֵיהּ.
Pour renforcer la gravité de cette interdiction, la Guemara rapporte : Un certain individu pria derrière la synagogue et ne se tourna pas pour faire face à la synagogue.Élie le Prophète passa par là et le vit. Il lui apparut comme un Arabe [taya’a]. Élie dit : « Est-ce ainsi [kadu bar] que tu te tiens devant ton Maître ? » Élie tira une épée et le tua.
אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מֵרַבָּנַן לְרַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי, וְאָמְרִי לַהּ רַב בִּיבִי לְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַאי ״כְּרֻם זֻלּוּת לִבְנֵי אָדָם״?
Rav Houna a déjà expliqué le début du verset : « Les méchants marchent tout autour. » La Guemara explique la fin du verset : « Quand la bassesse est exaltée parmi les fils des hommes. » L’un des Sages dit à Rav Beivai bar Abaye, et certains disent que Rav Beivai dit à Rav Naḥman bar Yitzḥak : Quel est le sens de : « Quand la bassesse est exaltée parmi les fils des hommes » ?
אֲמַר לֵיהּ: אֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁעוֹמְדִים בְּרוּמוֹ שֶׁל עוֹלָם, וּבְנֵי אָדָם מְזַלְזְלִין בָּהֶן.
Il lui dit : Ce sont des choses de la plus haute importance, exaltées, c’est-à-dire des mitzvot ou la prière, que les gens pourtant traitent avec mépris, bassesse parmi les fils des hommes.
רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר דְאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: כֵּיוָן שֶׁנִּצְטָרֵךְ אָדָם לַבְּרִיּוֹת, פָּנָיו מִשְׁתַּנּוֹת כִּכְרוּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כְּרֻם זֻלּוּת לִבְנֵי אָדָם״.
Rabbi Yoḥanan et son élève, Rabbi Elazar, ont tous deux donné une explication alternative de ce verset : Dès qu’une personne a besoin de l’aide des autres et perd sa dignité à leurs yeux, bassesse parmi les fils des hommes, son visage change et devient comme un kerum, comme il est dit : « Quand [kerum] la bassesse est exaltée parmi les fils des hommes. »
מַאי ״כְּרוּם״? כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: עוֹף אֶחָד יֵשׁ בִּכְרַכֵּי הַיָּם, וּ״כְרוּם״ שְׁמוֹ, וְכֵיוָן שֶׁחַמָּה זוֹרַחַת מִתְהַפֵּךְ לְכַמָּה גְּווֹנִין.
Qu’est-ce que le kerum auquel faisaient référence Rabbi Yoḥanan et Rabbi Elazar ? Lorsque Rav Dimi arriva en Babylonie depuis Eretz Yisrael, il dit : Il y a un oiseau dans les villes au bord de la mer appelé kerum et, lorsque le soleil se lève, l’oiseau change de plusieurs couleurs. De même, celui qui devient dépendant des autres rougit de honte.
רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי דְאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: כְּאִלּוּ נִדּוֹן בִּשְׁנֵי דִינִים, אֵשׁ וּמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִרְכַּבְתָּ אֱנוֹשׁ לְרֹאשֵׁנוּ בָּאנוּ בָאֵשׁ וּבַמַּיִם״.
Rabbi Ami et Rabbi Asi ont tous deux dit : Celui qui devient dépendant des autres, c’est comme s’il avait été puni de deux châtiments : le feu et l’eau. Comme il est dit : « Tu as fait monter des hommes sur nos têtes ; nous sommes passés par le feu et par l’eau » (Psaumes 66:12).
וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ, אָמַר רַב הוּנָא: לְעוֹלָם יְהֵא אָדָם זָהִיר בִּתְפִלַּת הַמִּנְחָה, שֶׁהֲרֵי אֵלִיָּהוּ לֹא נַעֲנָה אֶלָּא בִּתְפִלַּת הַמִּנְחָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בַּעֲלוֹת הַמִּנְחָה וַיִּגַּשׁ אֵלִיָּהוּ הַנָּבִיא וַיֹּאמַר וְגוֹ׳ עֲנֵנִי ה׳ עֲנֵנִי״.
Et Rabbi Ḥelbo dit que Rav Huna a dit : On doit toujours être vigilant au sujet de la prière de l’après-midi, car la prière d’Élie n’a été exaucée que lors de la prière de l’après-midi, comme il est dit : « Et il arriva, au moment de l’offrande de l’après-midi, qu’Élie le prophète s’approcha et dit : Seigneur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, qu’il soit connu en ce jour que Tu es Dieu en Israël, que je suis Ton serviteur, et que j’ai fait toutes ces choses selon Ta parole. Réponds-moi, Seigneur, réponds-moi, afin que ce peuple sache que Toi, Seigneur, Tu es Dieu » (I Rois 18:36–37). Parce qu’Élie a été exaucé lors de la prière de l’après-midi, elle a une importance particulière.
״עֲנֵנִי״ — שֶׁתֵּרֵד אֵשׁ מִן הַשָּׁמַיִם, וַ״עֲנֵנִי״ — שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ מַעֲשֵׂה כְשָׁפִים הֵם.
Au passage, la Guemara explique pourquoi il était nécessaire qu’Élie répète : « Réponds-moi, Seigneur, réponds-moi » : le premier réponds-moi était la demande que le feu descende des cieux, tandis que le second réponds-moi était la demande que Israël accepte une foi complète en Dieu et ne dise pas que le feu descendant des cieux était un acte de sorcellerie.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אַף בִּתְפִלַּת עַרְבִית, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תִּכּוֹן תְּפִלָּתִי קְטֹרֶת לְפָנֶיךָ מַשְׂאַת כַּפַּי מִנְחַת עָרֶב״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: אַף תְּפִלַּת שַׁחֲרִית, שֶׁנֶּאֱמַר: ״ה׳ בֹּקֶר תִּשְׁמַע קוֹלִי, בֹּקֶר אֶעֱרׇךְ לְךָ וַאֲצַפֶּה״.
Rabbi Yoḥanan a dit : Il faut être vigilant également en ce qui concerne la prière du soir, comme il est dit : « Que ma prière s’élève devant Toi comme l’encens, l’élévation de mes mains comme l’offrande du soir » (Psaumes 141:2).
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Il faut être vigilant également en ce qui concerne la prière du matin, comme il est dit : « Seigneur, le matin Tu entendras ma voix ; le matin je disposerai ma prière devant Toi et j’attendrai » (Psaumes 5:4).
וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ, אָמַר רַב הוּנָא: כׇּל הַנֶּהֱנֶה מִסְּעוּדַת חָתָן וְאֵינוֹ מְשַׂמְּחוֹ עוֹבֵר בַּחֲמִשָּׁה קוֹלוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קוֹל שָׂשׂוֹן וְקוֹל שִׂמְחָה קוֹל חָתָן וְקוֹל כַּלָּה קוֹל אוֹמְרִים הוֹדוּ אֶת ה׳ צְבָאוֹת״.
Et Rabbi Ḥelbo a dit que Rav Huna a dit : Quiconque profite du festin d’un marié sans le réjouir transgresse les cinq voix mentionnées dans ce verset, comme il est dit : « La voix de la joie et la voix de l’allégresse, la voix du marié et la voix de la mariée, et la voix de ceux qui disent : Rendez grâce au Seigneur des armées, car le Seigneur est bon, car Sa miséricorde dure à toujours, même de ceux qui apportent une offrande de reconnaissance à la maison du Seigneur. Car Je rétablirai la captivité du pays comme au commencement, dit le Seigneur » (Jérémie 33:11). Ces cinq voix dans le contexte d’un marié et d’une mariée correspondent aux cinq voix mentionnées dans le contexte de la révélation au Sinaï, car dans le Cantique des Cantiques, le jour de la révélation au Sinaï est évoqué par l’expression : le jour de Son mariage (Rabbi Yoshiyahu Pinto, Maharsha).
וְאִם מְשַׂמְּחוֹ מַה שְּׂכָרוֹ? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: זוֹכֶה לַתּוֹרָה שֶׁנִּתְּנָה בַּחֲמִשָּׁה קוֹלוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בִּהְיוֹת הַבֹּקֶר וַיְהִי קֹלֹת וּבְרָקִים וְעָנָן כָּבֵד עַל הָהָר וְקֹל שׁוֹפָר וְגוֹ׳. וַיְהִי קוֹל הַשֹּׁפָר וְגוֹ׳ וְהָאֱלֹהִים יַעֲנֶנּוּ בְקוֹל״.
Quelle est sa récompense s’il fait se réjouir le marié ? Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : il a le privilège d’acquérir la Torah, qui a été donnée avec cinq voix, comme il est dit : « Et il advint le troisième jour, au matin, qu’il y eut des sons [kolot], des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne, et la voix du shofar » (Exode 19:16). Le pluriel kolot indique au moins deux sons, tandis que « la voix du shofar » en ajoute un. Le passage continue : « Et lorsque la voix du shofar devenait de plus en plus forte, Moïse parlait et Dieu lui répondait par une voix » (Exode 19:19). Avec les trois voix précédentes, le second shofar et la voix par laquelle Dieu répondit à Moïse portent le total à cinq voix lors de la révélation au Sinaï.
אִינִּי? וְהָא כְּתִיב ״וְכׇל הָעָם רוֹאִים אֶת הַקּוֹלוֹת״!
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? N’est-il pas aussi écrit : « Et toute la nation voyait les voix, ainsi que les torches et le son du shofar » (Exode 20:15) ? Il est clair que plus de cinq voix sont mentionnées au sujet de la révélation au Sinaï.
אוֹתָן קוֹלוֹת, דְּקוֹדֶם מַתַּן תּוֹרָה הֲווֹ.
La Guemara répond : Ces voix ont été entendues avant le don de la Torah, elles ne sont donc pas incluses dans ce calcul des voix.
רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר: כְּאִילּוּ הִקְרִיב תּוֹדָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מְבִאִים תּוֹדָה בֵּית ה׳״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: כְּאִילּוּ בָּנָה אַחַת מֵחוּרְבוֹת יְרוּשָׁלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר ״כִּי אָשִׁיב אֶת שְׁבוּת הָאָרֶץ כְּבָרִאשׁוֹנָה אָמַר ה׳״.
Rabbi Abbahu a dit : La récompense pour avoir réjoui un marié est la même que si l’on avait offert une offrande de reconnaissance dans le Temple, car comme il est dit plus loin dans le verset de Jérémie cité précédemment : « Ceux qui apportent une offrande de reconnaissance à la maison du Seigneur. »
Et Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : La récompense pour avoir réjoui un marié est la même que si l’on avait reconstruit l’une des ruines de Jérusalem, comme il est dit plus loin dans le même verset : « Car Je rétablirai la captivité du pays comme au commencement. »
וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ, אָמַר רַב הוּנָא: כׇּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ יִרְאַת שָׁמַיִם — דְּבָרָיו נִשְׁמָעִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״סוֹף דָּבָר הַכֹּל נִשְׁמָע אֶת הָאֱלֹהִים יְרָא וְגוֹ׳״.
Et Rabbi Ḥelbo dit que Rav Houna dit : Toute personne qui a la crainte du Ciel, ses paroles sont écoutées, comme il est dit : « La fin de la chose, tout ayant été entendu : Crains Dieu et garde Ses commandements ; car c’est là tout l’homme » (Ecclésiaste 12:13). La Guemara explique : « La fin de la chose, tout ayant été entendu » renvoie aux paroles de celui qui « garde Ses commandements ; car c’est là tout l’homme ».
מַאי ״כִּי זֶה כׇּל הָאָדָם״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: כׇּל הָעוֹלָם כֻּלּוֹ לֹא נִבְרָא אֶלָּא בִּשְׁבִיל זֶה.
Concernant la fin de ce verset, la Guemara demande : Que signifie, « car cela est tout l’homme » ? Rabbi Elazar a dit : Le Saint, béni soit-Il, a dit à son sujet : Le monde entier n’a été créé que pour cette personne. C’est la personne ultime pour laquelle toute l’humanité a été créée.
רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא אָמַר: שָׁקוּל זֶה כְּנֶגֶד כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן זוֹמָא אוֹמֵר: כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לֹא נִבְרָא אֶלָּא לִצְווֹת לָזֶה.
Rabbi Abba bar Kahana a dit : La fin de ce verset enseigne que cela équivaut au monde entier, à l’homme tout entier.
Rabbi Shimon ben Azzai, et certains disent Rabbi Shimon ben Zoma, dit : Non seulement il équivaut au monde entier, mais le monde entier a été créé pour servir de compagnons pour lui, afin qu’il ait une société dans laquelle vivre et avec laquelle interagir.
וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ, אָמַר רַב הוּנָא: כׇּל שֶׁיּוֹדֵעַ בַּחֲבֵרוֹ שֶׁהוּא רָגִיל לִיתֵּן לוֹ שָׁלוֹם, יַקְדִּים לוֹ שָׁלוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בַּקֵּשׁ שָׁלוֹם וְרׇדְפֵהוּ״. וְאִם נָתַן לוֹ וְלֹא הֶחֱזִיר — נִקְרָא ״גַּזְלָן״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתֶּם בִּעַרְתֶּם הַכֶּרֶם גְּזֵלַת הֶעָנִי בְּבָתֵּיכֶם״.
Et Rabbi Ḥelbo a dit que Rav Huna a dit : Celui qui sait qu’une autre personne a l’habitude de le saluer n’est pas seulement tenu de répondre à sa salutation, mais il doit le saluer en premier, comme il est dit : « Recherche la paix et poursuis-la » (Psaumes 34:15). Si l’autre personne lui a adressé sa salutation et qu’il n’a pas répondu, il est appelé un voleur, comme il est dit : « C’est vous qui avez dévoré la vigne, le butin du pauvre est dans vos maisons » (Isaïe 3:14). La seule manière de voler un pauvre qui ne possède rien est de le priver de sa dignité en refusant de répondre à sa salutation.